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SIGNES

A Bucks County, en Pennsylvanie. Après la perte de sa femme, Graham Hess a rendu sa charge de pasteur. Tout en s’occupant de sa ferme, il tente d’élever de son mieux ses deux enfants, Morgan et Bo. Son jeune frère Merrill, une ancienne gloire du base-ball, est revenu vivre avec lui pour l’aider. Un matin, la petite famille découvre l’apparition dans ses champs de gigantesques signes et cercles étranges. Des extra-terrestres seraient-ils à l’origine de tels phénomènes surnaturels ? Graham et Merrill vont s’efforcer de percer le mystère qui entoure ces dessins.

Signes distinctifs.

En 2002, M. Night Shyamalan sort d’une période faste où il a conquis le cœur des cinéphiles avec Sixième Sens et Incassable. Avec son troisième film Signes, il signe une nouvelle fois un morceau de cinéma contemporain qui mêle astucieusement réel et fantastique.

Dans sa perpétuelle envie de réinterpréter les genres, Shyamalan se frotte cette fois-ci au film d’extra-terrestres. Signes ne sera donc pas dans la veine de The Thing ou d’Independance Day et encore moins dans celle de Mars Attack, mais bien le film qui va réinventer le mythe de l’invasion.

Les signes en question sont des « crop circles », des vastes motifs géométriques qu’on retrouve généralement dans des champs de céréales et qui prennent toutes leur signification vue du ciel. Tout à tour canular ou création artistique, beaucoup de ces phénomènes restent malgré tout sans explication et déchainent les passions autour d’une éventuelle origine extra-terrestre. Shyamalan choisit la voie surnaturelle et va utiliser ce mystère pour mettre à mal les croyances de Mel Gibson (après avoir malmené celles de Bruce Willis) en lui confiant le rôle d’un ancien pasteur qui a perdu la foi suite à la mort de sa femme. Confronté à ces signes au milieu de ses champs de maïs, il va devoir affronter une présence inconnue entouré de son frère et de ses deux jeunes enfants.

Avec son économie de moyens, Signes déroule un récit exemplaire où cette invasion aux motifs obscurs (même si c’est logiquement la piste hostile que prend la famille Hess) va être l’occasion pour le paternel de faire son deuil. Comme à son habitude, Shyamalan place des indices ici et là, comme autant de scènes singulières qui prennent tout leur sens dans un climax efficace où le titre ressurgit comme une évidence. C’est grâce à leur interprétation des signes que la famille va pouvoir se relever. Moins vertigineux que le twist de Sixième Sens, celui de Signes est surtout une bombe émotionnelle à la tension parfaite.

Shyamalan s’amuse avec le hors champ, la lumière et le son, pour encore mieux nous traumatiser lorsqu’apparaissent furtivement les dits extra-terrestres, aidé par la musique sacrément efficace de James Newton Howard. C’est d’ailleurs cette gestion incroyable de l’angoisse qui impose Signes comme un remarquable thriller surnaturel. Le film est un modèle d’écriture et de mise en scène avec son lot de scènes mémorables : la vidéo en found footage, la première confrontation avec l’extra-terrestre dans la salle de bain, la cave…

Si le film sait trouver sa bonne dose d’angoisse, il n’est pas en reste côté drame familial. Essentiellement en huis-clos, le récit s’intègre au quotidien de cette famille resserrée à l’amour qui déborde, au milieu du chaos qui se joue à l’extérieur. En fervent catholique assumé, Mel Gibson trouve ici un rôle de composition qui reste encore à ce jour l’une de ses interprétations les plus intenses. Joaquin Phoenix, pas encore passé par la case des récompenses, est clairement attachant en oncle un poil dépassé. Quant aux enfants, ils ont une nouvelle fois un rôle essentiel et sont le catalyseur des réflexions du héros. Ici, Morgan et Bob en frère et sœur soudés, sont d’une justesse rare pour leur âge.

Avec sa construction maligne, Signes joue avec les genres et notre esprit, et se révèle être le plus spielbergien des films de Shyamalan.




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