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SI LE VENT TOMBE

Alain (Grégoire Colin) un auditeur international, vient expertiser l’aéroport d’une petite république auto-proclamée du Caucase afin de donner le feu vert à sa réouverture. Edgar (Hayk Bakhryan) un garçon du coin se livre à un étrange commerce autour de l’aéroport. Au contact de l’enfant et des habitants, Alain découvre cette terre isolée et risque tout pour permettre au pays de s’ouvrir… 

Critique du film

Premier long métrage de la réalisatrice arménienne Nora Martirosyan, Si le vent tombe questionne avec justesse le rapport des hommes face aux frontières et aux contraintes territoriales à travers les yeux d’Alain. Rapidement, il va comprendre que la réouverture de l’aéroport va bien au-delà de pures considérations économiques. L’enjeu est ailleurs : rouvrir l’aéroport, c’est s’affranchir des frontières parfois tracées aléatoirement, mais avant tout placer la petite république du Caucase sur la carte du monde. 

Mais cette volonté n’est pas exemptée de dangers : les tensions armées entre le pays et son voisin se cristallisent autour du traçage des frontières, ce qui pose problème quant à l’éventuelle conclusion de l’audit. Et pourtant, au fil des discussions avec les habitants et des moments partagés avec eux de joie comme d’angoisse, Alain semble se détacher de sa fonction pour vivre des moments affranchis du temps et de frontières. 

Au gré des péripéties de son personnage principal, il émerge du film qu’un territoire est avant tout riche des habitants qui le composent : si Alain paraît parfois effacé, les autres protagonistes lui volent la vedette – Edgar, l’enfant du coin ; le personnel de l’aéroport, les journalistes sur place… Sublimées par une réalisation léchée, les grandes étendues montagneuses, venteuses et quasiment mystiques constituent presque un protagoniste à part entière. Résolument d’actualité, Si le vent tombe, présenté en Sélection officielle du festival de Cannes 2020 mais également à l’ACID est une jolie pépite qui mérite d’être vue sur grand écran ne serait-ce que pour les paysages qu’il comporte. 

Bande-annonce


18 novembre 2020 – De Nora Martirosyan, avec Grégoire ColinHayk Bakhryan