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READY PLAYER ONE

Spectaculaire

2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…

Le Big Boss.

Ce Ready player one fera rugir de plaisir les geeks. Gavé de références à la pop-culture, le film aurait pu s’effondrer sous le poids de sa propre nostalgie. Les clins d’oeil aux hits de consoles et films cultes ainsi qu’aux tubes intemporels des années 80-90 sont innombrables, baladant le spectateur des écrans pixelisés d’Atari aux couloirs de Shining en passant par le dance-floor de La fièvre du samedi soir. Il n’en est rien. Même si, clairement, les spectateurs les plus jeunes, pourtant l’une des cibles de Ready player one, risquent de hausser les sourcils quand ils apercevront un Xenomorphe affamé ou un radio-cassette brandi à bouts de bras. 

Ready player one ne manque d’ailleurs pas de brouiller les pistes et n’expose pas vraiment ses intentions sur son propos. Entre la critique de la dimension addictive des outils numériques, éloignant les gamers des interactions humaines, et la célébration enthousiaste de l’univers vidéoludique et de ses innovations, difficile de trancher de façon définitive.

Plutôt bien rythmée, cette adaptation du roman de Cline multiplie les allers-retours entre la réalité grisâtre d’un bidonville industriel et les mondes hyper-colorés de la réalité virtuelle. Ce grand écart est une limite du film, RPO ressemblant à une gigantesque créature hybride, croisant le « live-action » avec la cinématique et le film d’animation. Spielberg rappelle alors le parti-pris d’Ari Folman avec Le congrès, partageant également quelques gènes avec celui-ci.

Last action hero.

Programmé pour sortir seulement deux mois après son très politique et plus « traditionnel » Pentagon papers qui ne manquait pas d’adresser quelques tacles au gouvernement américain en place, Ready player one rappelle combien Steven Spielberg n’a peur de rien ni de personne. Ainsi, il n’a certainement pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit d’aller défier les Disney et Marvel sur leur propre terrain. Si l’on ne peut anticiper la réception publique à venir, et malgré quelques coups d’épées dans l’eau et une trame narrative très classique, le réalisateur de E.T et Jurassic Park s’offre le luxe de rappeler que l’on peut en mettre plein les mirettes sans rendre les scènes d’action illisibles, donnant lieu à quelques séquences virtuoses à couper le souffle.

Ainsi, si Ready player one ne fera peut-être pas figure de jalon référentiel dans l’oeuvre Spielbergienne, même si quelques observateurs y verront un opus testamentaire, ce spectaculaire numéro de voltige rend (mieux que quiconque) hommage à la culture populaire et ne manque pas de rappeler (aux Yes-Men de Kevin Feige) que Papy Steven en a encore sous le capot et reste, du haut des 71 ans, l’un des maitres du game.

La fiche
Battleship island affiche

READY PLAYER ONE
Réalisé par Steven Spielberg
Avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn…
Etats-Unis – Science-fiction, action, aventure

Sortie : 28 mars 2018
Durée : 140 min




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