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PLONGER

Balisé

C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication.

Petite vague.

Après deux films dramatiques particulièrement réussis, qui avaient révélé un regard de cinéaste et une sensibilité étonnantes, Mélanie Laurent a obtenu le succès public qu’on lui connait avec Demain, documentaire humaniste et écologique co-réalisé avec Cyril Dion pour lequel ils reçurent un César. Pour Plonger, Laurent revient à des thématiques plus proches de ses deux premières fictions et raconte le destin de Paz, artiste incomprise qui suffoque dans sa vie quotidienne et ses responsabilités de jeune maman. Cet esprit libre et tourmenté a besoin de prendre le large pour retrouver le souffle de liberté et de créativité.

Visuellement, Plonger est très réussi et confirme Mélanie Laurent en artisane de goût. En ce qui concerne le fond, on ne pourra reprocher à la jeune réalisatrice son manque de cran puisqu’elle ose des personnages peu aimables et égoïstes, chacun à leur façon. Cette crise conjugale qui se joue sous nos yeux vise plutôt juste quand elle sonde l’incapacité à communiquer et la solitude des incompréhensions. Le film en est-il pour autant plaisant à voir ? Cette interrogation à double-tranchant dépendra de qui la reçoit et du passif du spectateur. Quelques-uns pourraient toutefois regretter que cette vision de l’artiste et du couple sente le réchauffé. Ainsi, en dépit de sa direction d’acteurs irréprochable et de son travail sensoriel soigné (chapeau à Arnaud Potier), Plonger peine à garder la tête hors de l’eau du fait d’un scénario un peu répétitif et de trop nombreuses scènes sans intérêt.

En tant qu’étude de l’ambivalence maternelle et l’amour flétri, le film ne s’avère pas particulièrement complexe, particulièrement lorsque ces thèmes suintent dans le dialogue ou lorsque la métaphore du requin (et de son traqueur GPS) devient insistante. De romance au mélodrame domestique puis à l’enquête mystérieuse en bord de mer, Plonger voyage de façon un peu trop programmée alors qu’il tente de révéler les différentes couches de personnages déjà translucides. Le dernier acte n’apporte ainsi pas grand chose à l’entreprise si ce n’est offrir, à nouveau, de superbes séquences pour la rétine. Plutôt limitée dans son observation de la nature humaine, Plonger ressemble à un troisième essai honorable mais pas complètement abouti. Les intentions sont manifestes mais l’immersion ne parvient pas à la catharsis souhaitée. Une sorte de petite vague, gentiment sauvage.

 

La fiche

PLONGER
Réalisé par Mélanie Laurent
Avec Gilles Lellouche, Maria Valverde…
France – Drame
Sortie : 29 novembre 2017
Durée : 
102 min




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