featured_Ordre-des-medecins

L’ORDRE DES MEDECINS

La fiche
L'ordre des médecins affiche

Réalisé par David Roux – Avec Ryszard Kapuscinski, Akie Kotabe…
France Drame – Sortie : 23 janvier 2019 – Durée : 93 min

Synopsis : Simon, 37 ans, est un médecin aguerri. L’hôpital, c’est sa vie. Il côtoie la maladie et la mort tous les jours dans son service de pneumologie et a appris à s’en protéger. Mais quand sa mère est hospitalisée dans une unité voisine, la frontière entre l’intime et le professionnel se brouille. L’univers de Simon, ses certitudes et ses convictions vacillent…

La critique du film

David Roux est fils de deux médecins. Les hôpitaux, il les a beaucoup fréquentés enfant, quand il allait voir ses parents dans leurs services, l’univers médical ne lui est donc pas étranger. Mais il n’a pas choisi la même voie qu’eux et a donc gardé de la médecine un regard différent de celui des soignants. Cette double casquette transparaît très clairement dans L’Ordre des médecins, où il décrit comment un médecin va remettre en cause ses certitudes lorsque sa mère va se retrouver en stade terminal d’un cancer. Cette histoire s’inspire de celle du frère du réalisateur, lui-même médecin, telle que David Roux l’a perçue au moment de la fin de vie de leur mère.

Dans sa première partie, L’Ordre des médecins décrit assez justement l’univers hospitalier, prenant surtout le point de vue des soignants, s’immisçant dans les salles de soins et les staffs médicaux, mais scrutant également les relations qu’entretiennent les médecins avec leurs patients. Simon, interprété par un Jérémie Renier toujours impeccable, est ainsi un docteur voué à son travail, à ses patients mais qui a su dresser une barrière indéfectible avec eux pour ne jamais tomber dans un affect préjudiciable au bon exercice de son métier et aussi se préserver lui-même.

Il offre une empathie à ses patients mais le plus souvent surtout apparente, comme avec cette jeune fille atteinte de mucoviscidose (et donc à l’espérance de vie très limitée) qu’il n’écoute que d’une oreille lorsqu’elle lui parle d’autre chose que de sa maladie. Simon est presque un robot dans sa façon de travailler, pas toujours tendre avec ses collègues, ses confrères ou les étudiants qu’il encadre. Agathe, son interne (Zita Hanrot, parfaite) apparaît ainsi comme un contre-pied. Médecin en devenir, elle n’a pas encore l’expérience de Simon, ni son assurance, et a un souvent un regard plus nuancé que Simon sur les choses.

Médecin de famille

Et c’est peut-être justement la voie que va devoir prendre Simon lorsqu’il va lui-même se voir confronter à la maladie dans son entourage. Pour sa famille, il est LE médecin, celui vers qui on se tourne quand on est malade, celui qui en sait plus que les autres, celui qui va guérir. Un rôle difficile à porter quand on sait que, cette fois, on ne pourra peut-être rien faire. Une vérité qu’il peut facilement accepter quand il s’agit d’un de ses patients, beaucoup moins quand il s’agit de sa mère. Au point même de remettre en cause le travail de ses confrères. Simon va devoir accepter de tomber la blouse pour revêtir le costume de proche et reprendre son rôle de fils. Et c’est peut-être finalement la malade, sa mère (Marthe Keller, sublime), qui va cette fois aider son fils à guérir et à revoir ses convictions.

L’Ordre des médecins s’inscrit dans la parfaite lignée initiée par Thomas Lilti avec Hippocrate, celle d’un cinéma qui montre un univers médical tel qu’il est réellement, loin des clichés et des fantasmes véhiculés pendant longtemps, et qui touche au plus près des questionnements que peuvent se poser les soignants.



La bande-annonce