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MULAN

Lorsque l’Empereur de Chine publie un décret stipulant qu’un homme de chaque famille du pays doit intégrer l’armée impériale pour combattre des envahisseurs venus du nord, Hua Mulan, fille ainée d’un vénérable guerrier désormais atteint par la maladie, décide de prendre sa place au combat. Se faisant passer pour un soldat du nom de Hua Jun, elle se voit mise à l’épreuve à chaque étape du processus d’apprentissage, mobilisant chaque jour un peu plus sa force intérieure pour explorer son véritable potentiel… Commence alors pour Mulan un voyage épique qui transformera la jeune fille en une guerrière aux faits d’armes héroïques, honorée par tout un peuple reconnaissant et faisant la fierté de son père.

Critique du film

On le regrette depuis quelques années – depuis que Disney est lancé dans un interminable cycle de recyclage technologique de ses grands classiques – mais les live action de la firme se multiplient et se ressemblent, sans grande audace vis à vis du matériau originel. Se voulant plus respectueux de la légende, La Ballade de Mulan, Niki Caro s’émancipe en partie du film d’animation Mulan (qui faisait regretter quelques saillies bien sexistes) pour proposer un divertissement plus mature – quitte à frustrer les adorateurs du dessin animé et à transformer leur coqueluche (Mushu) en phoenix – et plus moderne, en offrant davantage de place à la parole des femmes. Sur le papier, en tout cas.

Car si ces intentions louables se retrouvent à l’écran, ça ne fonctionne pas vraiment. On pouvait espérer voir l’influence du female gaze dans le récit et pourtant, Mulan, plutôt que d’être définie et légitimée par ses actes de bravoure, a finalement bien besoin de voix masculines pour lui offrir du poids et s’affirmer – même si la Sorcière l’aidera notamment à embrasser son destin. Ensuite, parce que terriblement calibrée et peu incarnée, cette nouvelle version déroule son programme sans le moindre souffle épique, coincée entre une volonté de modernisation et un cahier des charges écrasant, mais aussi parasitée par une caractérisation paresseuse des protagonistes secondaires (désormais typique chez Disney/Marvel) et de son « bad guy » absolument épouvantable, et une direction d’acteurs incertaine.

Bien sûr, avec des moyens énormes, ce Mulan 2020 ne manque pas d’en mettre plein les yeux – sans trop s’embourber dans le tout-numérique, pour une fois – et reprend les codes du film de sabre, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. S’il n’est pas assuré de séduire vraiment les plus jeunes, et qu’il devrait sortir dans un contexte international tout à fait particulier, Mulan de Niki Caro alterne le bon et le plus gênant pour offrir un divertissement techniquement ambitieux mais sans véritable saveur.

Bande-annonce

25 mars 2020 (repoussé au 22 juillet) – Réalisé par Niki Caro, avec Yifei Liu, Donnie Yen, Gong Li, Jet Li