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MON KET

POUR / CONTRE

Dany Versavel a un souci avec son fils : à 15 ans, Sullivan ne veut plus d’un père qui fait le king derrière les barreaux. Pour Dany, son « ket », c’est sa vie, hors de question de le laisser filer. Il décide donc de s’évader de prison prématurément ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, il a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue. Mais là où l’on pouvait craindre le pire, se cache peut être le meilleur…

Embrouille ou pas ?

L’avis de Thomas P.

Que l’on soit bien clairs : Mon ket est cinématographiquement médiocre. En entrant dans la salle pour découvrir la nouvelle compilation d’impostures du très culotté François Damiens, mieux vaut rédire ses  attentes au strict minimum : une tranche de rire et d’inconfort. Car le belge se régale une nouvelle fois de situations saugrenues pour provoquer la gêne, piégeant les clients d’un bureau de tabac, les beaux parents d’une fausse prétendante, l’infirmière d’un service d’urgence… François Damiens reste fidèle à lui-même avec sa caricature de faux-taulard évadé aux méthodes d’éducation et de drague clairement discutables. Résultat : les réactions filmées des protagonistes piégés sont souvent priceless.

Ne vous y trompez pas, Mon ket n’a pas beaucoup plus d’intérêt artistique que les meilleures caméras cachées de François l’embrouille disponibles sur Youtube. Le « scénario » est inexistant et le fil rouge très capillo-tracté et, bien sûr, le produit final est aussi absurde qu’inégal. Mais puisqu’il suscite bien plus de rire qu’une bonne partie des comédies françaises (qui, elles, ont la prétention de croire que leur intrigue est consistante mais finissent pas accumuler de pauvres scénettes faiblardes), il serait dommage de se priver de ce modeste moment de rigolade.

L’avis de Robin S.

Passer du petit au grand écran, c’est déjà fait pour François Damiens. Ce qui est nouveau, c’est d’y transposer son personnage de François L’embrouille, avec un mélange entre prises de fiction et prises en caméra cachée. Dites bonjour à des situations des plus incroyables : les beaux parents, le banquier, le passage chez l’infirmière à se faire retirer des objets insérés dans le colon, et d’autres grands moments qu’on a déjà oubliés. Encore « l’avion » et « je comprends rien aux réseaux sociaux » et on aurait pu attendre le niveau d’un spectacle d’humoriste populaire français. François Damiens utilise son arme de prédilection : l’humour de répétition, l’humour de répétition, et l’humour de répétition. Et lorsque cela ne marche pas, le voilà qui dégaine de sa botte un joker : l’humour de répétition. Si le procédé est déjà lourd ici, sur 20 mots, imaginez sur 90 minutes avec l’odeur de pieds de la voisine de rangée.

Il manque une tendresse, ou une hargne, ou un regard à Mon Ket. Non qu’il faille chercher un sens à tout, encore moins une intellectualisation, exercice foutrement vain ici : mais on ne va pas au ciné comme on regarde une compilation YouTube enregistrée d’un best of de chaîne TNT. Ce n’est certainement pas la relation père-fils balancée là comme un poulet sans tête au milieu de dobermans qui va nous faire penser le contraire. Si on ne rit que très, très peu, voire pas du tout, c’est que les situations manquent clairement de mise en scène : à croire que le monde sera rigolo à son simple contact, François Damiens commet une erreur qualifiée quelque part entre la bêtise et la suffisance. Alors on regarde, on se gratte un peu les bras croisés, les jambes fléchies, souvent gêné de la pire des manières – gêné pour nous, pas pour ce qu’on regarde, ni le personnage qu’on regarde. On essaie de regarder ailleurs, mais François est toujours là pour nous forcer le eye-contact. On s’enfonce dans notre siège, à prier pour que le calvaire s’arrête, désormais acteurs malgré nous d’un mauvais canular qu’on regardera sur une mauvaise chaîne de télé un mauvais jeudi soir.

La fiche
Mon ket affiche

MON KET
Réalisé par François Damiens
Avec François Damiens
Belgique – Comédie

Sortie : 30 mai 2018
Durée : 89 min




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