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LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT

Delphine et Solange sont deux jumelles de 25 ans, ravissantes et spirituelles. Delphine, la blonde, donne des leçons de danse et Solange, la rousse, des cours de solfège. Elle vivent dans la musique comme d’autres vivent dans la lune et rêvent de rencontrer le grand amour au coin de la rue. Justement des forains arrivent en ville et fréquentent le bar que tient la mère des jumelles. Une grande foire se prépare et un marin rêveur cherche son idéal féminin…

Ré mi fa sol, sol sol ré do

« Nous sommes deux soeurs jumelles, nées sous le signe des gémeaux… » Même si vous n’avez pas vu le film, vous connaissez sans doute la chanson. C’est dire si Les Demoiselles de Rochefort est bien ancré dans l’imaginaire (ou plutôt l’imagier) collectif des Français. Un tour-de-force, d’autant plus que la comédie musicale n’est pas un genre très prisé du cinéma tricolore…

D’abord, Jaques Demy avait déployé Les Parapluies de Cherbourg, en 1964. Un film intégralement chanté – le jeu de mots « en-chanté » ne tardera pas à surgir -, mis en musique par Michel Legrand. Un projet ambitieux, extrêmement difficile à financer, mais couronné de succès : une Palme d’or, 1,3 million d’entrées dans les salles françaises et une carrière internationale.

Forts de ce carton, trois ans plus tard, Demy et Legrand remettent ça. Et donnent naissance aux Demoiselles de Rochefort. Le public répond de nouveau présent (1,3 million d’entrées également) et savoure ce bonbon de couleurs pastel et de mélodies enjouées.

Une première version du scénario prévoyait une mort brutale pour Maxence – le personnage de marin incarné par Jacques Perrin devait périr sous les roues d’un camion – mais finalement, le film se tournera résolument vers l’optimisme. Il est certes bien question, dans une intrigue secondaire, d’un assassinat, mais ce qui reste dans la mémoire du spectateur, c’est davantage les entrechats et chassés croisés amoureux qui agitent les personnages. Tous passent leurs temps à se chercher et à se trouver, parfois sans savoir qu’ils n’attendaient que cette rencontre. Les rues de Rochefort comme des veines où pulse l’amour.

Les Demoiselles est une ode à la comédie musicale. Figurent au casting George Chakiris et Grover Dale, applaudis dans West Side Story quelques années plus tôt, et surtout Gene Kelly, star du genre, qui offre un mémorable numéro de claquettes.

Et puis il y a cette poésie de tous les instants, qui infuse des décors multicolores aux répliques (« Je vais en perm’ à Nantes », « Je me sens quotidienne »…) et achèvent de faire de cette oeuvre un sommet du cinéma de Demy et du cinéma français tout court. Cinquante ans après sa sortie, le film reste une antidote à la morosité. Comme l’enseigne La Chanson d’un été entonnée par les deux « jumelles » : « Si votre coeur vide est trop lourd, si l’ennui menace vos jours… Il faut aimer, aimer la vie, aimer les fleurs, aimer les rires et les pleurs, aimer le jour, aimer la nuit, aimer le soleil et la pluie… » On n’a pas fini d’aimer Les Demoiselles de Rochefort.

Soirée exceptionnelle au Grand Rex pour les 50 ans du film, ce soir. 



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