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LE TRAÎTRE

La fiche

Réalisé par Marco Bellocchio Avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido
Italie Biopic – Sortie : 6 novembre 2019 – Durée : 155 mn

Synopsis : Au début des années 1980, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fuit son pays pour se cacher au Brésil. Pendant ce temps, en Italie, les règlements de comptes s’enchaînent, et les proches de Buscetta sont assassinés les uns après les autres. Arrêté par la police brésilienne puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la mafia : rencontrer le juge Falcone et trahir le serment fait à Cosa Nostra.

La critique du film

Alors que toute la Croisette avait les yeux rivés sur Kechiche et son sulfureux Mektoub, My Love : Intermezzo, Marco Bellocchio tire son épingle de la compétition avec Le Traître, fresque ambitieuse et historique qui retrace vingt ans de l’histoire d’Italie. Centré sur la figure de Tommaso Buscetta, le traître éponyme qui a collaboré avec le juge Falcone, Bellocchio voyage entre l’Italie, le Brésil et les Etats-Unis pour retracer le maxi-procès qui a ébranlé la mafia italienne dans les années 80.

Le pari était risqué, mais Bellocchio le relève avec brio : sur près de deux heures trente, Le traître n’ennuie jamais, malgré la densité de ses personnages et de son intrigue. Bellocchio refuse le romantisme de la mafia et injecte une esthétique baroque à son tableau. Le procès prend alors la forme d’une pièce de théâtre bouffonne, où chaque personnage lutte pour dissimuler la vérité. Le film impressionne par la virtuosité de sa mise en scène qui pose un geste certes classique mais d’une grâce remarquable.

Le Traître fait s’entrecroiser l’Histoire avec celle plus intime de son personnage : Bellocchio parvient à capter la fin d’un monde en pleine déliquescence. Buscetta, hanté par la mort et les regrets devient une figure tragique et anti-héroïque, pour qui la vérité devient l’ultime salut, qui offrirait le prix d’interprétation masculine parfait pour son acteur, Pierfrancesco Favino.



En compétition au festival de Cannes 2019 // Au cinéma le 6 novembre