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LE PARFUM VERT

En pleine représentation, devant un public médusé, un comédien de la Comédie-Française est assassiné par empoisonnement. Martin, un des comédiens de la troupe, témoin direct de cet assassinat, est bientôt soupçonné par la police et pourchassé par la mystérieuse organisation qui a commandité le meurtre. Aidé par une dessinatrice de bandes dessinées, Claire, il cherchera à élucider le mystère de cette mort violente au cours d’un voyage très mouvementé en Europe.

Critique du film

Trois ans après Alice et le maire, formidable comédie politique avec Anaïs Demoustier et Fabrice Luchini, Nicolas Pariser est de retour à la Quinzaine des Réalisateurs, cette fois-ci en clôture, avec Le Parfum Vert.

Après la mort (par empoisonnement) d’un autre acteur en pleine représentation, le comédien Martin Rémi est pris en filature puis kidnappé par des mafieux qui le conduisent dans un manoir isolé à Rambouillet. Il y rencontre un mystérieux criminel qui se lance dans de longues tirades sur la politisation de la jeunesse, pour finalement le libérer au petit matin après l’injonction d’un tranquillisant. Une fois de retour à Paris, complètement dérouté par ce qui vient de lui arriver ces dernières heures, il se rend dans une librairie spécialisée dans la bande-dessinée – ayant déduit que son ravisseur devait être un collectionneur de BD.

« C’est là que mes ennuis commencent »

C’est là qu’il rencontre Claire Cahan, une auteure de BD en pleine crise familiale, qui décide de l’accompagner dans sa quête de réponses afin de fuir ses propres tracas. Recherché par les forces de police et mêlé malgré lui à une opération internationale, mais avec la ferme résolution de retrouver Hartz (son ravisseur, à la tête de l’organisation Le Parfum Vert), il se rend à Bruxelles avec sa nouvelle complice. Sans que l’on ne comprenne vraiment les tenants et les aboutissants de cette vaste machination, ils sont finalement pris en charge par les services secrets français. C’est à ce moment de l’intrigue, jusque-là plaisante dans son mélange de fantaisie et de burlesque, que les ennuis commencent.

L’idée de ce nouveau projet, qui a germé alors que Nicolas Pariser attendait que Fabrice Luchini soit disponible pour tourner Alice et le maire, lui est venue après avoir étudié la structure des films d’Alfred Hitchcock – sans qu’il ne porte une admiration sans failles au maître du suspens – et avec le fantasme de diriger un Vincent Lacoste vêtu d’une veste en tweed et d’un pantalon de golf. Influencé par ses lectures de bandes dessinées et particulièrement de l’oeuvre d’Hergé ou de Corto Maltese, Pariser avait pour intention de mettre en scène sa comédie d’espionnage comme un pastiche de ces références écrasantes, sans tomber dans l’exercice de style.

« Quand on est pessimistes, on est toujours agréablement surpris »

En cela, le premier quart du film est une réussite, grâce à l’énergie plaisante du tandem Vincent Lacoste / Sandrine Kiberlain, embrassant pleinement les codes du genre. Malheureusement, tandis que le récit se déploie et que le cinéaste s’en éloigne, Le Parfum Vert tombe dans un faux-rythme, la faute à une mise en scène pas toujours inspirée et à une intrigue bancale qui ne semble pas parvenir à savoir choisir entre son sous-propos sur l’antisémitisme en Europe, le thriller d’espionnage et la comédie sentimentale. Une petite déception pour ce film qui promettait tant mais ne convainc pas totalement.

2022De Nicolas Pariser, avec Vincent LacosteSandrine Kiberlain


Cannes 2022Quinzaine des Réalisateurs