CRITIQUE INSIDIOUS 4

INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ

Moyen

Le docteur Elise Rainier, la brillante parapsychologue, va affronter le cas le plus effrayant et le plus personnel de son histoire : elle doit intervenir dans sa propre maison…

La fin justifie le moyen.

Insidious 4 : La Dernière Clé est déjà un quatrième opus. Pas mal pour un film créé par James Wan comme un rebond à Dead Silence, et poursuivi avec amour par son pote de Saw, Leigh Whannell. Une saga dans l’ombre d’autres qui marchent mieux, de Paranormal Activity en son temps à Conjuring et son Cinematic Universe désormais avec Annabelle. Alors oui, on ose le « avec amour », parce qu’en face d’Insidious, il y a les détracteurs catégoriques et les doux amateurs. Il y a ceux qui refusent les jumpscares faciles et ceux qui les enlacent avec tendresse. Il n’y a finalement qu’assez peu d’arguments construits de la part des deux camps, si ce n’est un déterminisme qui se joue dès le premier opus – c’est aussi le lot et le fardeau des sagas. Insidious est une licence qui se joue presque à pile ou face, et dont le sort runique s’abat comme une bénédiction ou malédiction suivant la foi du spectateur. Libre à celui-ci d’y voir un bon ou mauvais esprit.

La clef de l’équation

S’il y a presque plus à dire sur la saga dans sa globalité que dans ce dernier épisode, c’est qu’Insidious 4 se veut un joli film somme. L’argument n’est pas à prendre dans le sens creux des critiques peu inspirées, mais bien comme une opération arithmétique simple. On retrouve le trio Lin Shaye – Whannell – Angus Sampson, parfaite moyenne entre porte ouverte sur le paranormal, comique sympathique malgré soi, technologie à bandes magnétiques et perversion des figures familiales. Elise y est confronté à son passé et doit retourner dans sa maison d’enfance pour y fermer les dernières portes ouvertes sur le monde de l’au delà. Multipliant les références à lui même, divisé entre les époques, le film essaie de boucler toutes les boucles d’un coup, quitte à additionner des ellipses sans forcément faire attention à son rythme. Les éléments mythologiques de la saga y passent les uns après les autres, sans trop être appuyés. Conscient depuis longtemps d’être une licence horrifique commerciale du pauvre, Insidious 4 joue plus que jamais avec sa bonhomie, accepte une jolie franchise sur son statut de franchise et provoque quelques jolies peurs – bleues, évidemment.

C’est aussi la béate satisfaction d’Insidious 4 à être le prolongement de lui même qui le fait stagner dans un statu quo. L’heure est à la constante : les amateurs seront ravis, les offensés s’esclafferont. Si le rythme reste toujours aussi soutenu et les sempiternels jumpscares somme toute toujours efficaces et jamais (trop) gratuits, Adam Robitel est encore dans le ventre mou après un Paranormal Activity : Ghost Dimension tenant sur peu de choses, ratant sa chance de prouver qu’il peut apporter la vraie plus value glauque de ce qui reste encore sa référence à ce jour, The Taking Of Deborah Logan. Élève sage dans la petite classe de l’horreur commerciale du professeur Blum, Insidious 4 avait droit à un dernier exposé pour faire remonter sa moyenne moyenne. Il a encore recraché son cours sans en faire beaucoup plus que le strict nécessaire. Ça suffira à contenter le prof et recevoir les encouragements, mais pas à empêcher ceux du fond de se moquer de lui. Bien triste destin que celui des enfants timides.

La fiche
AFFICHE INSIDIOUS 4 FR

INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ
Réalisé par Adam Robitel
Avec Lin Shaye, Leigh Whannell, Angus Sampson
Etats-Unis – Horreur, épouvante
Sortie : 3 janvier 2018
Durée : 
103 min




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