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HOMELESS

La fiche

Réalisé par José Ignacio Navarro Cox, Jorge Campusano – Animation – Chili- 2019 – 1h25

Lorsque la pire crise financière mondiale de l’histoire éclate, un groupe de clochards marginaux affronte la dictature de la dernière société encore debout. Les vagabonds veulent rétablir le système, celui qu’ils méprisent tant, afin de pouvoir remettre leur campement sous un pont.

La critique du film

Qu’y a-t-il de plus actuel que la crise financière, la lutte des classes, et la fin du monde ? Il ne se passe pas une semaine sans qu’un article de presse ne prédise un prochain effondrement des cours boursiers, que des personnes manifestent pour plus d’égalité, ou que les collapsologues, qui ont le vent en poupe, ne distillent leurs prédictions (plus ou moins) scientifiques à la radio.

Il y a tout cela et bien plus, dans Homeless, un film où le sérieux et la blague s’enchaînent à une vitesse record, souvent déconcertante. On débarque chez des mendiants aux personnalités bien trempées, dont le but est de vivre en toute tranquillité, en utilisant Noël comme prétexte à obtenir les restes d’une société toujours plus consumériste. Malheureusement, un hacker efface toute la monnaie virtuelle de la planète, réduisant les êtres humains à une zombification forcée par le manque d’argent. Aidés par un petit garçon qui était aussi milliardaire que malheureux, la bande de sans domiciles va se résoudre à tenter de réparer le système économique, afin de pouvoir vivre à l’intérieur comme avant, avec un sens de l’harmonie bien particulier.

Homeless n’est pas seulement un enchaînement de bons mots et de gags cyniques, on y trouve aussi un nombre incalculable de références au cinéma, du plus bon goût au plus douteux (Divine, de John Waters, par exemple). Le grand méchant lui-même est un avatar de Walt Disney, qui aurait créé Mickey Mouse à partir de son fils hideux, qui à cause d’une malformation génétique est née sous l’apparence d’un rat.

Faussement noir, ce film n’animation ne comporte aucun véritable méchant, donc pas vraiment d’enjeux. On finit par comprendre, si on ne l’a pas saisi d’emblée, que toutes les scènes avec des personnages qui singent des avatars machiavéliques déjà vus par le passé dans d’autres fictions possèdent un envers plus clément envers ses comparses, qu’il utilisera tôt ou tard, le plus souvent dans une démonstration potache. L’idée peut enthousiasmer du début jusqu’à la fin, comme déplaire par un trop plein qui oublie malheureusement de laisser souffler devant l’écran. Homeless souffre de la comparaison avec des fictions plus courtes mais trop proches sur le plan de la construction narrative, comme l’inénarrable South Park.

Restent les caricatures des hommes et femmes politiques que nous connaissons bien, à l’arrière-plan d’une fiction gentillette, qui aurait gagné à adopter un peu plus d’épaisseur qu’elle n’en dispose.



Festival d’Annecy 2019