featured_Good-time-pattinson

GOOD TIME

Électrique

Un braquage qui tourne mal… Connie réussit à s’enfuir mais son frère Nick est arrêté. Alors que Connie tente de réunir la caution pour libérer son frère, une autre option s’offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline.

Les liens du sang.

13 avril 2017, conférence de presse annonçant la Sélection Officielle du 70ème Festival de Cannes. Alors que tout le monde s’attend à entendre les noms de Kathryn Bigelow, Darren Aronofsky ou Alexander Payne, Thierry Frémaux crée la surprise en choisissant Ben et Joshua Safdie parmi les quatre représentants américains. Encore inconnus du grand public en dépit de leurs précédents passages à la Quinzaine des réalisateurs (pour The Pleasure of Being Robbed et Lenny And The Kids), rien ne les prédestinait à rejoindre si tôt les sommets en intégrant la compétition avec un film de genre. Pourtant, après deux premiers longs-métrages prometteurs, le duo était monté en puissance avec l’excellent Heaven Knows What, remarqué à la Mostra de Venise en 2014. Tout était déjà là : une mise en scène fiévreuse, un récit en perpétuelle lutte et des interprètes radicalement habités. Avec Good Time, les frères Safdie retrouvent cette vivacité d’un cinéma incapable d’accepter les concessions, plongé dans une ivresse de sons et de sens.

Dynamitant la (longue) liste de films « clichés d’auteur » jusqu’ici présentés dans une compétition cannoise moribonde, ce polar nocturne vient injecter un sang neuf bienvenu dès son électrique ouverture. On pense, bien sûr, à Martin Scorsese, à Sidney Lumet, à James Gray ou encore à Nicolas Winding Refn pendant ce périple éreintant à travers la ville mais, loin de les occulter, les réalisateurs assument, au contraire, pleinement ces références parfois jugées écrasantes. Malgré un scénario inaccompli, ils y adjoignent leur propre style, une mise en scène au plus près des corps et des visages, pour imposer leur vision de la marginalité. Après une succession de bons choix (chez David Cronenberg, David Michôd ou James Gray), Robert Pattinson crève l’écran dans le rôle principal. Méconnaissable en jeune braqueur pour qui les choses tournent mal, il prouve, une nouvelle fois, l’intensité de son jeu en livrant une prestation mémorable, très largement digne d’emporter un beau prix d’interprétation masculine.

La fiche

GOOD TIME
Réalisé par Ben Safdie, Joshua Safdie
Avec  Robert Pattinson, Jennifer Jason Leigh, Barkhad Abdi…
Etats-Unis – Policier, drame
Sortie : 11 octobre 2017
Durée : 95
 min




Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre