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GINGER & ROSA

4
Inégal

ALORS QUE LA GUERRE FROIDE RENCONTRE LA RÉVOLUTION SEXUELLE DANS LE LONDRES DES ANNÉES 60, L’AMITIÉ DE LONGUE DATE ENTRE DEUX ADOLESCENTES SE VOIT DÉTRUITE SUITE À DES DIVERGENCES DE POINT DE VUE ET DES TRAHISONS PERSONNELLES.

Dans Ginger & Rosa, la peu prolifique Sally Potter (que certains connaissent vaguement depuis le délicat The man who cried) s’intéresse à l’éclosion difficile d’une adolescente britannique, tourmentée par le conflit nucléaire agissant comme une épée de Damocles et par l’ambiguité de sa meilleure amie, Rosa, dont l’éveil au flirt et à la sexualité est moins timide. Si l’on ne peut reprocher à la cinéaste anglaise une réalisation plutôt soignée, on regrettera que celle-ci ne prenne quasiment aucun risque, restant toujours en surface ou adoptant une habile stratégie de l’évitement en ne traitant jamais complètement certaines brèches qu’elle ouvre. Ainsi, cette histoire d’amitié mise à l’épreuve avec le passage à l’âge adulte n’est abordée que trop prudemment, tout comme la quête identitaire de Ginger, qui ne parvient que difficilement à se définir derrière une amie plus émancipée et volage, un père égoïste qui fait du libre-arbitre un principe inflexible de vie et une mère frustrée et malheureuse. On appréciera toutefois la qualité des seconds rôles (Christina Hendricks, Timothy Spall, Annette Bening, Alice Englert) qui offrent chacun à leur façon une rampe à l’épanouissement bien délicat de la jeune et sensible Ginger – interprétée par une Elle Fanning inégale – dans un contexte historique pesant. 

 

SALLY POTTER | DRAMA | UK | 90 MIN | 29 MAI 2013 | ELLE FANNING, CHRISTINA HENDRICKS




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