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TWIN PEAKS : FIRE WALK WITH ME

Hypnotique

La mort mystérieuse de Teresa Banks dans la tranquille petite ville de Deer Meadow va donner bien du fil a retordre aux agents Dale Cooper et Chester Desmond qui vont mener une enquête en forme de charade et découvrir que bien des citoyens de la ville sont impliqués dans cette affaire. Un an plus tard, ce sont les sept derniers jours de Laura Palmer, qui se termineront par la mort brutale de cette dernière annonçant ainsi le début de Twin Peaks, le soap opera.

Raviver le feu.

Que dire sur Twin Peaks qui n’ait pas déjà été dit ? La ressortie du film en salle chez Potemkine, parallèlement à celle d’Eraserhead, coïncide avec la vague Lynch qui opère depuis quelques semaines en France : rétrospective au Champo à Paris, documentaire sur sa carrière picturale (The Art Life), ressortie en version restaurée de Mulholland Drive, débuts de la saison 3 à Cannes et sur Canal plus…
L’occasion pour tous de se mesurer à l’univers onirique du peintre et sa poésie inquiète, qui prend toute son ampleur dans l’obscurité d’une salle de cinéma.

Twin Peaks : Fire walk with me fonctionne comme un objet presque indépendant de la série dont il est le prequel. S’il révèle certes de nombreuses clés distillées au cours de la série, il reste en marge notamment par sa mise en forme : condensé, plus violent, plus ouvertement terrifiant. Là où la brume et le rêve procurent toujours un certain moelleux à la série, le film ne ménage personne et affronte dramatiquement tous ses démons : drogues dures, délires paranoïaques, possession, sexualités dangereuses et traumatismes enfouis. Une gravité de thème qui se manifeste également dans la BO d’Angelo Badalamenti dont le côté éthéré se teinte plus nettement d’épouvante et de tristesse.

« Mon univers imaginaire est construit sur du mystère et sur de l’atmosphère », raconte Lynch. « Sur des choses que l’on ressent et que peut-être on ne peut pas nommer. Je crois que toutes les histoires depuis que le monde est monde utilisent la violence, le sexe, c’est à dire des émotions négatives. Et les gens se battent avec ces émotions. Et s’il n’y avait pas de combat, il n’y aurait pas d’histoire. »

Revoir Twin Peaks en salle c’est s’offrir une séance d’hypnose, voire d’exorcisme : c’est embrasser l’effroi qui dort pour mieux le comprendre et, finalement, l’apaiser.

Merci à Potemkine pour l’avant-première mondiale du film au Max Linder à Paris, précédée d’une vidéo personnelle de David Lynch adressée au public et suivie d’une soirée au très mysterieux club du Silencio. Après la descente symbolique de quatre ou cinq séries de marches sombres, les murs couverts d’étranges photographies en noir et blanc, la découverte du dédale en laqué noir et bois doré a achevé l’immersion en terres lynchéennes. Comment oublier les rideaux rouges du Black Lodge ?



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