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LES INDESTRUCTIBLES 2

Ludique mais superflu

Notre famille de super-héros préférée est de retour ! Cette fois c’est Hélène qui se retrouve sur le devant de la scène laissant à Bob le soin de mener à bien les mille et une missions de la vie quotidienne et de s’occuper de Violette, Flèche et de bébé Jack-Jack. C’est un changement de rythme difficile pour la famille d’autant que personne ne mesure réellement l’étendue des incroyables pouvoirs du petit dernier… Lorsqu’un nouvel ennemi fait surface, la famille et Frozone vont devoir s’allier comme jamais pour déjouer son plan machiavélique.

Just another superhero movie.

Quatorze ans et plusieurs dizaines de films de super-héros plus tard, Les Indestructibles bénéficie d’une suite signée Brad Bird, de retour au bercail chez Pixar après une excursion sur Mission : Impossible et chez Disney pour le très sous-estimé Tomorrowland. Après un premier volet assez moderne, en amont de la vague Marvel/DC, qui s’interrogeait sur la question de l’intégration des super-héros dans la société, ce retour aux sources ressemble à un léger contre-pied face au schéma désormais bien cramé des héros qui sauvent le monde de la destruction.

Même si la scène d’introduction donne la désagréable sensation d’assister à un sequel d’AvengersLes indestructibles 2 opte pour un ennemi plus virtuel. Dans cette suite, les adversaires sont les écrans. Ceux qui hypnotisent la foule et étouffent la reflexion, ceux qui rendent l’Homme passif face à sa destinée qu’il vit par procuration ou qu’il confie à un omnipotent masqué. Malheureusement, le propos reste superficiel (et assez hypocrite) pour être subversif, à une époque où Disney gave le public de ses franchises super-héroïques.

L’autre intérêt de cette suite réside dans la position que prend Elastigirl, véritable héroïne de ce volet. Certains esprits chagrins y verront probablement un peu d’opportunisme, surtout après le carton de Wonder Woman, mais il demeure louable que Disney-Pixar lui emboîte le pas et fasse des femmes les protagonistes centrales, les sauveuses de la Nation comme les antagonistes maléfiques. L’homme, M. Indestructible, endosse – à contre-coeur – le statut d’homme au foyer. Après la crise existentielle du premier volet, le mâle est cette fois confronté à une autre anxiété : celle de voir les rôles s’inverser et d’accepter que la femme endosse aussi ces responsabilités jadis réservées aux hommes.

Plus comique que le précédent (grâce à son bébé Jack-Jack), Les indestructibles 2 se contente malgré tout d’une intrigue assez grossière, partagée entre les enjeux domestiques et la lutte contre l’Hypnotiseur, peinant à dissimuler ses ficelles et neutralisant ainsi assez vite le suspens autour de l’identité du véritable antagoniste. Tout semble donc s’articuler vers l’épilogue spectaculaire, comme tout film de super-héros, laissant une frustrante sensation de déjà-vu. En 2004, Les indestructibles avait ce quelque chose de rafraîchissant. En 2018, la famille se contente de marcher sur les traces de ses illustres prédécesseurs. En fin de compte, sans son aventure familiale et ses ressorts humoristiques moins forcés que chez ses concurrents, Les indestructibles 2 ressemble à s’y méprendre à un sequel de super-héros lambda. En avait-on besoin ?

La fiche
hérédité affiche

LES INDESTRUCTIBLES 2
Réalisé par Brad Bird
Avec les voix de Gérard Lanvin, Louane Emera…
Etats-Unis – Animation, aventure

Sortie : 4 juillet 2018
Durée : 111 min




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