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HIPPOCRATE

6
Assez bon

Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.

En terrain (in)hospitalier

Le réalisateur Thomas Lilti s’est inspiré de son vécu personnel pour écrire et réaliser Hippocrate, son troisième long-métrage. Médecin et fils de médecin, comme le personnage du film, Benjamin (qui est d’ailleurs le second prénom du réalisateur), il y a donc une grande part autobiographique dans l’histoire de ce personnage soumis à la pression familiale. Pour plus de réalisme, Thomas Lilti a même fait appel à de véritables infirmières sur le tournage et a choisi de tourner son métrage dans l’hôpital où il pratiquait lorsqu’il était médecin. Un film indéniablement personnel dont le premier rôle a été confié au jeune Vincent Lacoste, ayant auparavant fait ses armes dans le registre de la comédie (JC comme Jesus-Christ, Jacky au royaume des filles, Le skylab, Les beaux gosses…).  

Si l’objectif d’Hippocrate était de montrer le quotidien d’un jeune interne, rapidement livré à lui-même en terrain (in)hospitalier, celui-ci est atteint. On suit les premiers pas de Benjamin dans cet établissement parisien où il lui faudra composer avec la présence de son père (bien placé dans la hiérarchie) et celle d’une chef de service devant jongler entre le bien-être des patients et le nombre limité de lits disponibles, tout en gérant les internes qu’elle a sous sa responsabilité. Certaines scènes sont frappantes voire désarmantes de réalisme. Le spectateur découvre plus en détails les coulisses, les enjeux, les aléas et les dilemmes de la médecine…

Sur le versant dramatique, c’est en revanche moins pertinent car plus artificiel avec quelques rebondissements plutôt faciles, dispensables ou prévisibles. Le film peut en revanche s’appuyer sur l’interprétation solide des scènes rôles : Reda Kateb, Jacques Gamblin et Marianne Denicourt compensent le manque d’épaisseur du personnage principal. 

Médecin : malédiction, métier ou vocation ? C’est à cette question que Lilti essaie de répondre pendant une centaine de minutes d’une métrage réalisé avec sincérité et humour, mais aussi avec une certaine maladresse (notamment sur la fin de parcours). Rien de dommageable pour autant, Hippocrate reste un film tout à fait recommandable. 

La fiche
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HIPPOCRATE
Réalisé par Thomas Lilti
Avec Vincent Lacoste, Reda Ketab, Jacques Gamblin…
France – Comédie dramatique
3 Septembre 2014
Durée : 102 min




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[…] La réponse est dans la critique […]
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[…] bénéficie de la participation de comédiens tels que Thierry Levaret (découvert récemment dans Hippocrate) et Hiam Abbass (capable de magnifier un plan par la seule force de sa […]
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[…] que bouleversant dans la peau de Pierre Bergé – et Reda Kateb, très en avant dans Hippocrate. Le premier a été (illogiquement) sacré l’an passé tandis que le second a la côte en ce […]
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[…] pronostic en décrochant une statuette récompensant sa très belle année et sa prestation dans Hippocrate. Enfin, Kevin Azaïs a été salué d’un César du meilleur espoir féminin face à une […]