game night critique

GAME NIGHT

Mot compte triple andouilles

Max et Annie organisent chaque semaine leur traditionnelle « Game Night », une soirée de jeux de société entre amis. L’arrivée du frère de Max, Brooks, propose de remplacer les vieux jeux de plateau pour une soirée mémorable…

Les couillons de Catane.

On ne bluffera pas plus longtemps : Game Night, s’il n’est en essence qu’un simple ajout aux comédies US « un couple de classe moyenne, comme vous, voit sa soirée dégénérer dans des proportions épiques, pas du tout comme vous », est tout de même un lancé de dés plutôt réussi. Dans le rôle des maîtres du jeu, le duo John Francis Daley et Jonathan Goldstein, artisans majeurs de Comment Tuer Son Boss et Vive Les Vacances. Les règles sont simples : Game Night se joue avec une joyeuse bande de 7 meeples – comprenez des joyeux ahuris chacun affublé de sa couleur comique, plus quelques jokers. Ils sont plongés dans un « murder party » – comprenez ces jeux de rôle à base de whodunit où chacun démontre ses petits talents d’acteur pour retrouver le véritable assassin. Évidemment, ça tourne mal, et comme souvent dans ces comédies, on peut vous le faire deviner en un mot et un mime : mafia.

Comme vous l’aurez compris si vous n’avez pas sauté directement au second paragraphe et que vous avez déjà joué à autre chose qu’au tarot avec vos grands parents, Game Night tient son fil conducteur par le jeu de société. Premier excellent point, puisque toutes les situations comiques et souvent abracadabrantesques se tiennent par leur métaphore (le mot est sûrement suremployé, mais osons) reprenant un jeu de société connu. Uno, time’s up, pictionnary… Chaque clin d’œil est plutôt subtilement mené, assez vif pour être perçu sans en faire (beaucoup) trop. Du coup, tout s’emboîte à peu près et, sans crier au génie narratif, les incohérences d’action inhérentes à ce genre de comédie trouvent leur salut dans leur cohérence thématique. C’est tout de même plus joliment dit que vu, mais l’idée est là.

À essayer de comprendre ce qui différencie ce Game Night plutôt réussi d’une autre bouse Sandleresque, on pourrait lancer un « j’accuse ! » sur la réalisation du duo Daley / Goldstein. Pas convaincu : quand bien même quelques idées de mise en scène sortent un peu du lot, la qualité du film est plutôt à chercher du côté d’un casting impeccable. Deux valeurs sûres : Rachel McAdams, rompue à l’exercice, et Jason Bateman, rompu à l’exercice. Il est rejoint par son concurrent direct dans la catégorie « série wannabe Breaking Bad, intriguante au lancement, abandonnée au bout de 6 épisodes parce que trop chiant » par Kyle Chandler, dans une bataille Ozark VS Bloodline sans merci. Le vrai bon pari, c’est d’avoir réuni autour des trois un casting impeccable (Billy Magnussen, Lamorne Morris, Kylie Bunbury, Jesse Plemons enfin utilisé en contre-emploi), fonctionnant par paire plutôt que de miser sur des identités dépareillées, et sans processus d’élimination progressive. Sans (trop) se séparer, la bande permet l’inclusion du spectateur. Et comme dans toute bande, il y a ceux qui la mépriseront de loin, par principe, prêts à dévorer leur proie et tous ceux qui l’apprécient, et les bons samaritains partants pour se mentir un peu à eux même et passer un bon moment jusqu’au bout. Soyez villageois, ou soyez loups-garous.

La fiche
game night affiche

GAME NIGHT
Réalisé par John Francis Daley, Jonathan Goldstein
Avec Rachel McAdams, Jason Bateman, Kyle Chandler…
Etats-Unis – Comédie

Sortie : 18 avril 2018
Durée : 100 min




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