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CASINO

Est-il encore nécessaire de présenter les travaux du monument Scorsese ? Casino est bel et bien un film mythique, les rédacteurs experts en iGaming ont d’ailleurs remarqué les rediffusions du film provoquent toujours un pic d’inscriptions sur les casinos virtuels…

Casino, c’est aussi un titre qui fait polémique opposant les puristes du genre qui diront que ce n’est pas son meilleur film, mais d’autres aficionados du réalisateur sont totalement conquis par le style inimitable du grand homme. Enfin, inimitable, sauf par lui-même, beaucoup de cinéphiles ont été déçus par la forte ressemblance entre le film Les Affranchis et Casino. Heureusement, le succès d’un film ne dépend pas entièrement des choix du réalisateur, intéressons-nous aux autres aspects de ce film qui est tout de même un classique à voir ou à redécouvrir.

La chute inéluctable du personnage principal, Sam Rothstein (brillamment interprété par Robert de Niro) dans les affres de Las Vegas. L’ouverture du film donne d’ailleurs une idée assez juste sur le déroulement du film. L’ambivalence entre la superficialité du paradis et les bas-fonds très réels de l’enfer est continue pendant tout le film.

Envoyé par la mafia gérer le casino « le Tangiers », Sam grimpe en notoriété, aidé par son bras droit, Nicky (interprété par Joe Pesci). Le problème, c’est que ce-dernier prend des décisions qui l’oriente vers un destin plus sale et dans une criminalité « moins acceptable », si peu qu’il y ait un code d’éthique dans la criminalité…

De son côté, Sam « Ace » Rothstein dirige d’une main de fer le casino et tombe amoureux d’une prostituée, Ginger, incarnée par la sculpturale Sharon Stone. Comme dans les contes d’enfants, le couple se marie et fonde une famille, tout semble leur réussir, à la lumière des paillettes de Las Vegas.

Si on gratte un peu la surface, on s’aperçoit que la respectable épouse et mère n’a jamais oublié son ex, médiocre mac sans ambition. Comme les contes pour enfants ne le montrent pas, la déchéance qu’attend chacun des personnages n’est que plus violente quand on vient du monde doré de la pègre et de l’argent facile.

Le public joue aussi un rôle dans ce film : on se sentirait presque mal à l’aise de savoir ce qu’il se passera ensuite, tout en sachant pertinemment que les augures ne s’amélioreront jamais, bien au contraire… On se sent comme des gamins qui observent des fourmis sous une loupe en plein soleil, partagés entre la fascination morbide pour ce spectacle et la pitié ressentie. Car finalement, si les personnages sont entraînés dans cette spirale infernale, c’est en partie à cause des choix de chacun, mais aussi et surtout à cause de ces apparences, à arborer comme un masque à tout prix… C’est le regard des autres qui fait le succès des uns, et qui les forcent à prendre certains chemins qu’ils n’auraient jamais empruntés dans d’autres circonstances. Casino de Marin Scorsese est-il l’allégorie de la célèbre citation de Sartre, « L’enfer, c’est les autres » ? Cela mérite réflexion(s).

Casino représente une de ces histoires qu’on aime dévorer la première fois, puis déguster les fois d’après pour saisir les riches subtilités du film.


La bande annonce