creep 2 critique

CREEP 2

Raté

Ce cher Josef, désormais Aaron, personnage ô combien malaisant et tueur en série lunatique, revient sévir avec une nouvelle victime…

Décreepitude.

Au premier visionnage, Creep était un objet indéniablement bizarroïde. Un found footage malsain et singulier de Patrick Brice (The Overnight) avec l’inénarrable Mark Duplass en tueur en série chelou (for lack of a better word). Mou comme un caramel, savoureux, aussi, mais sur le long terme. Le genre de bonbon chiant à manger sur le coup mais laissant un goût durable en se collant au palais et entre les dents. Mark Duplass reprend son rôle, à la fois face à la caméra (toujours en found footage, évidemment) mais également à l’écriture du scénario. Cette fois-ci, son duo est réciproque : plutôt qu’un simple pauvre type en quête de thunes, il se fait accompagner par une simili-réalisatrice de documentaires, Sara (Desiree Akhavan). Au cœur d’une petite crise de la quarantaine, notre weirdo bipolaire préféré joue cartes sur table et inclut entièrement Sara dans ses raisonnements impossibles et les méandres de sa créativité… folle.

C’est avec un plaisir non dissimulé qu’on retrouve Mark Duplass dans un rôle qui lui sied à merveille. En cela, l’introduction menée avec Karan Soni (à découvrir dans Safety Not Guaranteed et la série des frères Duplass Room 104) est particulièrement réjouissante, le spectateur fusionnant de complicité avec un tueur qu’on porte forcément un peu dans le cœur. Et puis… plus rien. Ou plutôt, plus grand chose. La révélation face à la caméra de ses activités défait entièrement la définition du « creep ». Sans malaise dans l’ombre, les jumpscares déjà chers au premier opus perdent toute leur ironie. Les grandes envolées philosophiques sont vidées de leur frisson physique.

Au point où l’on se demande bien ce que Brice et Duplass veulent bien nous raconter. Se fourvoyer sur le sentier de la réflexion méta, ce serait déjà glisser dans la sur-interprétation inutile ; glisser sur les pistes de la création d’une saga à long cours, ce serait se fourvoyer sur l’honnêteté du processus créatif du duo, dont on ne doute pas, et qui serait de plus mal venu connaissant la portée de stricte niche de Creep. Et si, tout bêtement, ils n’ont simplement pas su nous captiver ? Cette fois, pas de caramel. Juste un vieux Schtroumpf en gélatine, qui fait envie de loin, mais qui est juste gélatineux, sans saveur et oublié si tôt avalé. Pourvu que Creep 3, déjà sur les rails, soit plus berlingot que Haribo.

La fiche

creep 2 affiche

CREEP 2
Réalisé par Patrick Brice
Avec Mark Duplass, Desiree Akhavan, Karan Soni…
Etats-Unis – Horreur
Sortie (Netflix) : 23 décembre 2017
Durée : 80 min




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