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COUP DE COEUR

Après cinq ans de vie commune, la routine et la banalité se sont installées dans les rapports de Frannie et Hank. À la suite d’une dispute orageuse, le couple se sépare. Ils partent alors à la découverte de nouveaux visages et d’idylles au charme doux-amer…

Une séparation.

En 1982, deux ans après le succès mondial d’Apocalypse Now, Francis Ford Coppola est attendu au tournant avec son nouveau film. Pourtant, ce dernier prendra une orientation inattendue en se dirigeant vers une comédie musicale d’une heure trente. Comédie musicale mésestimée d’un artiste à l’ambition folle qui fera exploser le budget du film : One From The Heart (Coup de Coeur). Un budget colossal pour l’époque injecté dans la reconstitution d’une artère entière de Las Vegas, un matériel vidéo commandé par le cinéaste depuis une cabine à part… Malgré toutes ces exigences propres à Coppola – qui à l’époque pouvait se le permettre – One From The Heart deviendra malheureusement un échec commercial et critique.

Pourtant, tout dans One From The Heart frôle la perfection. L’histoire d’un couple à la dérive qui, au milieu d’une ville artificielle, va connaître une nuit incroyable. Lui, rêvant de tranquillité, va rencontrer son fantasme personnifié par Leila (magnifique Nastassja Kinski), tandis qu’elle, rêvant d’une vie pleine d’aventures, croisera le chemin de Ray. Au milieu de ce fantastique mélodrame où quatre coeurs s’entrecroisent, Copolla experimente, met son talent au service du septième art. Le tout pour un résultat visuellement impressionnant entre transitions originales, plan aériens, split screen en pagaille… La ville de Las Vegas reconstituée en studio donne à Coppola l’occasion de créer un mouvement perpétuel où l’éclairage chromo est roi. Esthétiquement parfait, One From The Heart est un film sur les fantasmes et illusions, portrait d’un couple d’américains moyens. Eternels seconds rôles, Terri Garr et Frederic Forrest représentent parfaitement cette « normalité », sans artifices.

Mais là où Coup de coeur atteint des sommets, c’est grâce à sa bande-originale, point clé d’une comédie musicale. Plutôt que de faire chanter ses acteurs (en dehors d’une scène époustouflante avec Nastassja Kinski ) comme dans n’importe quelle production du genre, Coppola décide de réfleter les états d’âme des personnages à travers les paroles des morceaux. Morceaux composés et chantés par le duo Tom Waits/Crystal Gayle, dont les voix lancinantes offrent un côté blues au film, propre à l’époque. La BO de One From The Heart se savoure encore et encore, replongeant immédiatemment dans le fantasme de ce Las Vegas.

Véritable échec financier pour Coppola, One From The Heart aura eu besoin de plusieurs années pour se voir conférer le statut de chef d’oeuvre. Un film mésestimé à la technique audacieuse, aux personnages sublimes, à la BO sans fausses notes.




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