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BLOW OUT | 3 raisons de (re)voir le film de De Palma

« Blow out », en anglais, signifie explosion. Dans le cas présent, on le traduirait plutôt par « éclatement ». Celui du pneu d’une voiture qui, arrivant à toute berzingue, quitte la route et finit sa course dans la rivière en contrebas. Un mort, une blessée. Jack Terry a tout vu. Ou plutôt tout entendu car cet ingénieur du son était sur place pour enregistrer des bruits d’ambiance. Mais en réécoutant la bande, il se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche… Voilà le point de départ du film de De Palma (1982) qui vient de ressortir en version restaurée. Si le pitch ne suffit pas à vous allécher, voici … trois bonnes raisons de le (re)découvrir à l’occasion de sa diffusion sur France 5 (ou en vidéo chez Carlotta)…

1. Parce que c’est un bon thriller

Impossible de parler de Blow Out sans dire qu’il s’agit d’un remake de Blow Up. Dans le film de Michelangelo Antonioni palmé à Cannes en 1967, un photographe, en découvrant un détail troublant sur un des clichés qu’il vient de développer, pense avoir assisté sans s’en rendre compte à un meurtre. Pour en avoir le cœur net, il agrandit encore et encore ledit détail mais, paradoxalement, ça l’embrouille encore davantage. Le film disserte plus des notions de réalité et de perception qu’il ne lorgne le thriller. Dans Blow Out, le photographe est devenu ingénieur du son et c’est par un bruit étrange sur l’un de ses enregistrements qu’il est intrigué. De Palma signe un thriller captivant, emmené par un John Travolta qui, à l’époque, n’était pas encore ringard. Soit dit en passant, c’est en se souvenant de ce film que Tarantino a songé à l’embaucher pour Pulp Fiction… Suspens et tension sont au rendez-vous mais pour la leçon de philosophie, on repassera. Qui a dit « Tant mieux »?

2. Parce que c’est un vestige de la fin du Nouvel Hollywood

Blow Out est sorti en 1982. Soit quand le Nouvel Hollywood exhalait ses derniers râles à la face d’une Amérique se rêvant plus proprette qu’elle ne l’est. Il est donc l’un des derniers rejetons de cette époque bénie d’un cinéma US qui s’apprêtait à céder aux coups de boutoirs des blockbusters à la créativité en berne (certes, les exceptions à la règle existent). Même s’il n’atteint pas le niveau d’un Conversation secrète – il fait d’ailleurs clairement référence au film de Coppola – ou des Hommes du président, Blow Out entrouvre sa porte à la paranoïa et aux complots politiques.

3. Parce que tout de Palma (ou presque) est dedans

Blow Out, c’est un peu le petit De Palma illustré. Le film condense les principaux motifs et obsessions du réalisateur : la dualité, les faux-semblants, le voyeurisme, les références hitchcockiennes, le film dans le film, sans oublier les inévitables split-screens. Autrement dit, si Blow Out manque à l’appel dans votre liste de visionnage de la filmo du grand Brian, il vous faut rattraper ça au plus vite !





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