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ANON

Frustrant

Dans un avenir où l’intimité est abolie, un enquêteur se penche sur le profil d’un tueur en série qui a été effacé de tous les enregistrements visuels.

Ah oui ?

Après avoir débuté sa carrière au firmament, en tutoyant les étoiles avec le somptueux Gattaca et le très percutant Lord of War, et avoir signé le scénario de l’inoubliable The Truman show, Andrew Niccol est rentré dans le rang avec des productions moins mémorables (Time out, Good kill).

En ces temps où la confidentialité est mise à mal par les réseaux sociaux vendant les données personnelles des utilisateurs à de grandes marques (et aux gouvernements), la question de la vie privée est au coeur des réflexions philosophiques et donc de la fiction. Tourné sous les radars durant l’été 2016, Anon marque l’arrivée sur Netflix d’un autre grand cinéaste et le retour à la SF dystopique de Niccol (comme de Clive Owen, figure centrale de l’emblématique Les fils de l’homme) retrouvant des thématiques qui ne cessent de lui revenir en tête, alors que Black Mirror s’est depuis bien infiltré dans la brèche sur ces questions. Anon est donc attendu avec un mélange d’enthousiasme et une certaine retenue, Netflix nous ayant malheureusement trop habitués aux douches froides (Mute, Psychokinesis, The Cloverfield paradox…). Le nouveau long-métrage d’Andrew Niccol rejoindra-t-il plutôt le club très fermé des petites claques d’auteur façon Annihilation ?

Ah non.

Autour de l’argument « si tu n’as rien à cacher, alors tu n’as rien à craindre », les prémices de ce récit dystopique sont plutôt alléchantes mais son développement narratif parait aussi épuré que son esthétisme minimaliste pour pleinement captiver. L’intrigue avance mollement, déroulée avec une certaine indolence empêchant l’empathie. Potentiellement, Anon aurait pourtant tous les ingrédients pour s’affirmer en une proposition efficace et éloquente sur le thème des intéractions entre l’homme et la technologie, mais le sujet autant que les enjeux demeurent insuffisamment fouillés, tandis que le twist final et son épilogue tombent à plat. Frustrant.

Solide dans sa direction artistique, Anon ne fait pas le poids sur la durée et renforce l’amer sentiment qu’Andrew Niccol est devenu vintage un peu trop rapidement en dépit d’une perpétuelle capacité à pointer du doigt des dérives sociétales majeures (ce besoin d’immortaliser ce qui est vécu pour affirmer son existence, cette tendance exacerbée au voyeurisme, l’éthique autour de la confidentialité et de la transparence) et à réclamer deux droits fondamentaux : celui d’exister en tant qu’individu (anonyme) et celui d’être oublié. Malheureusement, Anon pourrait bien suivre cette analogie.

La fiche
psychokinesis affiche

ANON
Réalisé par Andrew Niccol
Avec Clive Owen, Amanda Seyfried, Colm Feore…
Etats-Unis – Science-fiction, thriller

Sortie (Netflix) : 4 mai 2018
Durée : 100 min




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