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2 DAYS IN PARIS

Marion, photographe, et Jack, architecte d’intérieur, vivent à New York. Ensemble, il se rendent à Paris, lieu de naissance de Marion, afin de donner un nouveau souffle à leur relation. Marion retrouve de vielles connaissances : d’anciens petits amis, ses parents… et au milieu de cette vie qu’il ne connait pas, Jack est un peu largué.

Que vaut Julie Delpy sans ses compères Ethan Hawke et Richard Linklater à la plume ? Conserve-t-elle cette fougue et ce charme dont elle nous avait fait profiter dans l’excellent Before Sunset ? La réponse figure dans ce film écrit et réalisé par l’actrice française exilée, qui décide de se pencher sur les différences culturelles entre les américains et les français – un postulat logique de son double point de vue. 

Dans Two days in Paris, Julie Delpy se fait plaisir. La demoiselle se lâche et fait fit des conventions de la comédie romantique. Malheureusement, même si elle est souvent inspirée, on peut regretter que ses répliques pleines de sens ou croustillantes (voire hilarantes) se perdent un peu dans la surabondance de blagues portées sur la chose. Le côté « femme libérée qui assume aussi bien que les hommes de parler de sexe » parait alors un peu trop appuyé.

Bien évidemment, la demoiselle a souhaité se jouer du décalage culturel dans ce qu’il y a de plus caricatural, mais également – et heureusement serions-nous tentés d’ajouter – ce qu’il y a de plus savoureux. Les conversations politiques offrent d’ailleurs un terrain de jeu propice aux répliques pleines de sarcasme et d’humour dans lequel excelle Adam Goldberg. On se régale de sa bouille confuse, de ses remarques personnelles pleines de cynisme et parfois d’auto-dérision, de son isolement qui nous prend à parti, et on s’émeut de ses heures noires, de sa nostalgie et de son désarroi lorsqu’il se croit trompé.

Le dernier quart d’heure viendra apporter un peu de réflexion et de sincérité à l’œuvre, pour un final en pointillé, avec certes un peu moins de finesse que dans Before Sunset mais tout de même ce qu’il faut d’émotion. Une heure et demie de choc des cultures proche du grand n’importe quoi, qui ne cherche pas particulièrement le démonstratif mais privilégie avant tout l’humour de situation. 

Une comédie savoureuse, porté par un tandem de choc, et un premier essai réussi pour l’actrice/réalisatrice Julie Delpy qui s’émancipe ici de ses amis Linklater et Hawke. Pour combien de temps ?

JULIE DELPY | FRANCE | 93 MIN | 2007 | JULIE DELPY, ADAM GOLDBERG



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bruno31100UN WEEK-END À PARIS | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMA[critique] 2 DAYS IN NEW-YORK « LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES Auteurs de commentaires récents
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[…] y a cinq ans sortait le premier film de Julie Delpy, 2 days in Paris, sympathique comédie caricaturale sur le choc des cultures qui valait principalement le détour […]
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[…] in Paris), sans les voyages dans le temps, ou le bref séjour de Marion et Jack chez Delpy (2 days in Paris), le week-end du couple sera l’occasion de remettre en question leur mariage – qui, […]
bruno31100
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bruno31100
que retenir de ce moment de folie douce ? le passage Quéquette Baloons ? la famille Delpy au grand complet dans toute son originalité, sa fraicheur, sa candeur, son laisser aller; J’ADORE !