Charlie Chaplin

CHARLIE CHAPLIN | Rétrospective


Profitant de la ressortie en salles de dix films restaurés en haute définition de l’un des plus grands cinéastes de tous les temps, voici un petit compte-rendu qui saura – je l’espère – vous donner envie de (re)découvrir les plus belles oeuvres de Charlot aka Charlie Chaplin. Vous pouvez également trouver la critique complète de The Kid, sûrement son plus beau chef d’oeuvre. Le cycle Chaplin sera complété au fur et à mesure des (re)visionnages. 

THE KID ***** 1921, 53 min.

Un pauvre vitrier recueille un bébé abandonné par sa mère. Cinq ans plus tard, on découvre la complicité de cette équipe qui marche. Le kid casse les carreaux et son père adoptif arrive chez le client malheureux pour leur réparer.

« Un film avec un sourire, et peut-être aussi, une larme ». Le talentueux réalisateur mêle tendresse, émotion et humour pour un petit bonheur cinématographique d’à peine une heure que petits et grands sauront apprécier à volonté. On ressort de la salle le sourire intact aux lèvres et le cœur débordant de tendresse. Un chef d’œuvre du grand écran, tout simplement.

LE CIRQUE **** 1928, 72 min.

Engagé dans un cirque, Charlot devient vite l’attraction principale grâce à sa maladresse qui ravit le public. Amoureux de la fille du directeur, il ne réalise même pas qu’il est le clou du spectacle.

Drôle, cocasse, inopiné, Le cirque a souffert de nombreuses retouches et barrières lors de sa production. Il n’en reste pas moins un film savoureux et divertissant à découvrir pour le bonheur des petits et des grands.

LES LUMIÈRES DE LA VILLE ***** 1931, 81 min.

Errant dans la ville, Charlot fait la connaissance d’une vendeuse de fleurs aveugle qui prend le vagabond pour un homme riche. Charlot sauve ensuite un millionnaire saoul qui tente de se noyer dans un fleuve. Le millionnaire devient son ami mais, sobre, il ne reconnait plus le vagabond.

Une petite merveille d’humanisme, irrésistiblement drôle et attachante. Un Charlot généreux, altruiste et bienveillant, mais aussi coquin et gaffeur comme à son habitude. Un des bijoux du réalisateur qui saura vous émouvoir autant de vous faire rire aux éclats. A ne pas manquer !

LES TEMPS MODERNES ***** 1936, 89 min.

Broyé par les cadences infernales de l’usine, un petit employé modèle finit par perdre la raison. Hôpital, prison, chômage. Charlot est happé par les rouages de l’industrialisation. Jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance d’une orpheline en l’aidant à fuir la police.  

Sûrement l’une des oeuvres de Chaplin les plus célèbres et les plus étudiées, Les temps modernes pose un regard acerbe sur la société des années 30, le monde du travail et plus particulièrement le Taylorisme et le productivisme en vogue à l’époque. Dans ce contexte socialement instable où la répression policière fait rage, il se penche sur un sujet qui lui est cher (l’humain derrière la machine) et s’intéresse comme à son habitude aux plus faibles. En effet, face au travail à la chaîne sur des machines supposées aider l’Homme mais qui va finalement s’y substituer ou l’aliéner, le chômage augmente de façon vertigineuse entraînant une vague croissante de misère et de désespoir. Coûte que coûte, Charlot tentera de conserver son optimisme légendaire et sa bonne volonté pour poursuivre le chemin de la vie menant vers le bonheur (« Keep smiling » semble t’il dire dans les dernières secondes du film). Une satire remarquable et humaniste, un long-métrage mémorable et engagé, un sommet de burlesque maîtrisé de bout en bout, un déluge sonore, visuel et musical, qui font de Modern Times une oeuvre majeure et éternelle marquant la dernière apparition à l’écran du personnage de Charlot. Il s’en va vers d’autres horizons avec ce sourire… et cet air musical, connu de tous, intemporel.

LA RUEE VERS L’OR ***  1936, 89 min.

En 1898, au Klondike, nord-ouest du Canada, Charlie, chercheur d’or, pris dans une tempête de neige, échoue dans la cabane de Black Larsen, bandit recherché par la police. Il est sauvé par l’arrivée de Jim Mc Kay, un autre chercheur d’or. Ils doivent aussi tuer un ours pour ne pas mourir de faim. Ils se séparent pour tenter leur chance chacun de leur côté. Jim possède la mine la plus riche du pays, mais au cours d’une bataille avec Black Larsen qui veut la lui voler, il reçoit un coup sur la tête et perd la mémoire. Charlie devient amoureux d’une entraîneuse de saloon, Georgia, qui n’a que du mépris pour lui, et lui préfère le Don Juan local, Jack Cameron. La nuit du Nouvel An, Charlie rêve que Georgia vient le retrouver.

Sortie initialement en 1925 en version muette, La ruée vers l’or fut sonorisée par Charlie Chaplin lui-même en 1942. C’est cette version modifiée que j’ai pu découvrir cette semaine mais je dois reconnaître que j’aurais eu une préférence pour l’originale. En effet, j’ai trouvé les commentaires intrusifs et quelque peu gênants pour l’harmonie, l’humour et l’émotion de l’ensemble. J’ai également appris que plusieurs séquences avaient été modifiées au montage et pouvaient changer sensiblement la perception et la connotation du film (et expliquer certains fondus au noir un peu abrupts) avec un dénouement vraiment expédié. Enfin, il semblerait que dans cette version initiale, les cartons été illustrés de dessins poétiques qui soulignant encore davantage l’émotion et n’avait pas besoin de commentaires ne laissant pas place à l’imagination. La fin, coupée plus abruptement, censure d’ailleurs une scène de baiser qui avait à l’époque beaucoup dérangé – et c’est bien regrettable. La ruée vers l’or n’en reste pas moins une œuvre ludique, dénonçant les mauvais côtés du « rêve américain » dans laquelle on retrouve un Charlot toujours aussi malicieux et tendre. Un divertissement qui ravira à nouveau petits et grands.




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fNAC
Invité
fNAC
Le grand Charlie !
Princécranoir
Invité
Bravo pour cet indispensable regard retrospectif qui invite à redécouvrir l’oeuvre immense d’un artsite complet (une sorte de De Vinci du XXème siècle) qui associe reconnaissance populaire et grand art cinématographique.