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CARRIE, LA VENGEANCE

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À fuir

Une jeune lycéenne, sur-protégée par sa mère et régulièrement moquée dans son lycée, use des pouvoirs qu’elle a récemment acquis. Remake de Carrie de Brian de Palma.

Attention à la Carrie

Après les remakes de Evil Dead et Maniac, c’est au tour du classique de Brian de Palma d’enfanter d’un nouveau remake en cette fin d’année. Pour mettre en images celui-ci, les producteurs hollywoodiens ont choisi Kimberly Peirce que certains connaissent pour son premier long-métrage Boys don’t cry avec Hilary Swank. Pour reprendre le rôle titre incarné autrefois par Sissy Spacek, la direction de casting a opté pour Chloe Grace Moretz, quand Julianne Moore était embauchée pour reprendre celui de la mère fanatique et abusive un temps destiné à Jodie Foster. 

Le projet pouvait s’avérer intéressant, la réalisatrice ayant même reçu le soutien et la confiance de Brian De Palma lui-même pour ce nouveau remake. Malheureusement, rien ne fonctionne dans ce Carrie 3.0. Peirce échoue dans sa tentative de moderniser le calvaire social de Carrie (à coups de smartphone et de vidéo humiliante postée sur Youtube) et se vautre en beauté pour dépeindre la relation malsaine que la jeune femme entretient avec sa mère. Les deux actrices principales, le cheveu sec et terne, sont à la peine avec des répliques difficiles à soumettre et semblent livrées à elles-mêmes tellement la direction d’acteur parait inexistante. Si la très expérimentée Julianne Moore sauve relativement les apparences, l’imposture Chloé Moretz affiche une médiocrité désolante qui devrait lui offrir une nomination légitime aux prochains Razzies. Celle qui nous crispait déjà avec son jeu cabotin et maniéré dans le très surestimé Kick-Ass, mais aussi sous la direction de réalisateurs tels que Martin Scorsese et Tim Burton, livre une performance digne des plus gros nanars du genre horrifique. Son interprétation frôle l’amateurisme et ses tics faciaux déclenchent plus d’agacement que de fascination ou de compassion. Du côté des seconds rôles, c’est l’hécatombe avec un Yohan Gourcuff qui récite son texte, un joli meuble blond lisse et bien-pensant et une peste à trois sous.

Les effets spéciaux sont poussiéreux, la scène « culte » est filmée et montée comme une émission de life-coaching sur M6, les séquences de lycée évoquent la faiblarde série Glee et les scènes domestiques sont tellement engoncées dans leur sérieux qu’elles en deviennent grotesques. Plutôt que de susciter l’effroi ou le malaise chez le spectateur, Carrie la vengeance fait jaillir la moquerie devant un long-métrage pétri d’instants ridicules. Alors que l’on imaginait l’auteure de Boys don’t cry s’emparer de sujets forts (comme le harcèlement scolaire) ou tenter de dénoncer la passivité des autorités face au phénomène du video-slapping ou des lynchages collectifs, Kimberly Peirce se contente de proposer un remake paresseux et inhibé qui ne tiendra jamais la comparaison avec son illustre ancêtre.

La fiche
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CARRIE, LA VENGEANCE
Réalisé par Kimberly Peirce
Avec Grace Chloe Moretz, Julianne Moore
USA – Comédie sanguine
11 Juin 2014
Durée : 100 min




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VidéoratriceFlowFLOP FILMS 2013 | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAтном ряиYannick Auteurs de commentaires récents
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Yannick
Invité
Yannick
Mais t’es un malade ? U.u
trackback
[…] Carrie, la vengeance – Kimberly Pierce […]
Flow
Invité
J’ai vu ce film sans avoir vu celui de De Palma. Oui, c’est vraiment, vraiment bof. J’ai vu l’original qui est certes très bien mais je trouve cette histoire vraiment stupide peu importe le film qui la met en scène;;;
Vidéoratrice
Invité
Ce qui est dérangeant c’est de voir une Carrie interprétée par une actrice bien plus jolie que les autres alors que ce perso devrait être banale, voire laid (d’après le livre).
Ce qui est cool, c’est que ce remake est plus fidèle au bouquin que le De Palma.
Disons que je n’ai rien de spécial contre ce film, j’ai vu pire en remake…bien pire et inutile en plus !