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CANNES 2019 | Un palmarès incohérent

Hier soir, à l’issue d’une semaine et demi de compétition, le 72e festival de Cannes a livré son palmarès. Un verdict qui, de facto, ne pouvait satisfaire tout le monde, mais qui peut soulever quelques questions quant à la cohérence des choix du jury : comment expliquer les présences de Le jeune Ahmed, Bacurau et Little Joe, considérés comme largement inférieurs à une concurrence particulièrement solide cette année ? Comment avoir préféré les Dardenne, en perte d’inspiration depuis deux ou trois films, au Lac des oies sauvages qui semblait mettre tout le monde d’accord sur la Croisette ? Comment Terrence Malick et Quentin Tarantino peuvent demeurer absents de ce palmarès après des propositions aussi fortes ?

Notons que Xavier Dolan repart, pour la première fois, bredouille d’une sélection en compétition officielle mais gageons qu’il reviendra encore plus inspiré et que cela ne l’empêchera pas de séduire les cinéphiles français à l’automne pour sa sortie française. Moins surprenant, Abdellatif Kechiche n’apparaît pas au tableau d’honneur, peut-être trop embourbé par les polémiques ayant entouré sa présentation.

Notre Palme de coeur pour Sciamma

Reste le choix de cette Palme d’Or. Si nos journalistes sur place avaient apprécié la nouvelle proposition de Bong Joon-ho, formidable cinéaste très estimé à la rédac, la récompense suprême ne paraissait pas forcément appropriée pour un film souffrant tout de même de certains défauts. Portrait de la jeune fille en feu, qui a très fortement emballé les six chroniqueurs de l’équipe qui l’ont découvert, aurait fait une Palme d’Or magnifique et forte en symboles. Céline Sciamma et son trio d’actrices devront se consoler avec un Prix du Scénario. Enfin, la France pourra également célébrer ses deux nouveaux venus, Mati Diop et Ladj Ly, repartis avec le Grand Prix et le prix du jury.

 



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