featured_Cannes-Eva-Green-2017

CANNES 2017 | Jour 11 : Juste la fin du monde

En cette dernière journée de compétition (et, par conséquent, de festival), la nostalgie est ici bien différente de celle expérimentée les autres années. Alors que la presse semble avoir définitivement déserté le Palais des Festivals, le soulagement est de rigueur après onze journées intenses passées à visionner une sélection à l’arrière-goût amer. À quelques heures du palmarès, il ne reste plus que deux longs-métrages, dont un seul en compétition, avant de clore les débats et de remettre la Palme d’or. En guise de bouquet final, ce sont alors Roman Polanski et Lynne Ramsay qui ont, tous deux, été choisis pour agrémenter les rangs de la catégorie « thrillers aux antipodes l’un de l’autre ».

Ouvrant le bal en début de soirée, le réalisateur de Rosemary’s Baby s’est égaré, quatre ans après La Vénus à la fourrure, avec l’adaptation du roman de Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie. Ni fait, ni à faire, le film compulse tous les ingrédients du drame paranoïaque oscillant entre dédoublement de personnalité et pression psychologique. Même ses actrices (Emmanuelle Seigner et Eva Green) se retrouvent complètement perdues, incapables de rendre crédible un récit aussi insipide que prévisible. Dans un registre différent, la troisième réalisatrice en compétition, Lynne Ramsay s’est, elle aussi, essayée à un exercice de style avec You Were Never Really Here. Intrigant mais pas totalement abouti, le film a toutefois suscité la curiosité et parfois un grand enthousiasme (démesuré ?) auprès de festivaliers lui prédisant déjà une récompense majeure. Pour savoir si cet outsider de dernière minute gagnera les faveurs du jury, il faudra encore attendre la cérémonie de clôture qui aura lieu ce dimanche après la fin des délibérations.

JOUR 10 : Plus dure sera la chute

Le réveil aura été de courte durée. Tandis que le deuxième jeudi s’était chargé d’apporter une respiration salvatrice aux festivaliers, l’hécatombe a finalement repris de plus belle en ce vendredi. Les couloirs du palais se vident doucement et, pendant ce temps, les ultimes prétendants à la Palme d’or foulent les marches avec, en bandoulière, des films toujours plus décevants, laissant désormais la perplexité gagner du terrain. Dernier français en compétition, François Ozon a ainsi été fraîchement accueilli par des spectateurs à bout de souffle. Son Amant double, raillé la veille par la presse, n’a pas convaincu en séance officielle, partageant l’audience entre ricanements intempestifs et commentaires embarrassés.

Avant-dernier long-métrage présenté, In The Fade de Fatih Akin a, pour sa part, subi le courroux d’une critique exaspérée. Malgré la prestation impeccable de Diane Kruger, le film a, encore une fois, abaissé le niveau de cette sélection dans un drame baigné de pathos. Il devrait toutefois figurer au palmarès grâce à son actrice principale. Demain, Lynne Ramsay clôturera la compétition de cette 70ème édition avec You Were Never Really Here où Joaquin Phoenix incarne un vétéran qui se lance à la recherche d’une jeune fille disparue. Une excellente surprise pour finir en beauté ?

Jour 9 : Twin Peaks réveille la Croisette

On attendait ce deuxième jeudi avec une impatience non dissimulée tant cette date résonne tous les ans comme l’un des rendez-vous importants de la quinzaine. Face à une sélection sinistrée, le doute était pourtant permis : allait-on trouver, si ce n’est un équivalent à Mommy ou La Vie d’Adèle, un grand moment pour marquer d’une pierre blanche cette journée ? Difficile d’être pleinement optimiste à ce sujet après la projection de l’épouvantable film de Sergei Loznitsa, Une Femme douce, en après-midi. Véritable calvaire de 2h23, le long-métrage a plongé les spectateurs du Palais des Festivals dans une profonde colère avec, à la clé, de copieux sifflets en fin de séance. Un événement extrêmement rare.

Le pire était donc à craindre avec cette entrée en matière très rude avant une soirée spéciale consacrée au retour de Twin Peaks. Réservée à une poignée de chanceux, la diffusion des deux premiers épisodes de la saison 3 a littéralement réveillé les festivaliers, rassurés de voir la qualité et l’originalité toujours d’actualité dans ce revival percutant. Au terme d’une standing-ovation ayant arraché quelques larmes à David Lynch, tout ce petit monde était dans de parfaites conditions pour découvrir le quatrième film des frères Safdie, Good Time. Très bon polar nocturne, le seizième long-métrage de la compétition a confirmé le talent de deux réalisateurs en faisant exploser le potentiel de Robert Pattinson. Souhaitons qu’il ne soit pas oublié lors du palmarès.

En cette avant-dernière journée de compétition, le quatrième français en course, François Ozon, viendra présenter L’Amant Double (déjà étrillé en projection presse) alors que Fatih Akin tentera, pour sa part, de renouer avec ses plus belles réussites. En imaginant, si l’on en croit un premier trailer intense, un prix d’interprétation féminine pour Diane Kruger au bout du chemin.

Jour 8 : Rodin ennuie, Les proies envoûtent

Déjà une semaine que le Festival de Cannes s’est ouvert et les nuits se raccourcissent de plus en plus alors que les projections continuent à s’enchaîner. À cinq jours de la clôture, la course à la Palme d’or est plus que jamais d’actualité et beaucoup commencent à perdre espoir de voir débarquer un coup de cœur absolu au sein d’une sélection décevante. Inévitablement, les films sont jugés encore plus durement et suscitent souvent l’exaspération lorsqu’ils ne répondent pas aux attentes des festivaliers.

A ce jeu-là, Rodin s’est chargé d’essuyer les plâtres en milieu d’après-midi dans un Palais des Festivals clairsemé. Compétition ou non, les premiers échos des séances presse ont visiblement fait fuir les spectateurs qui se sont épargné ce long-métrage soporifique où même Vincent Lindon déçoit dans la peau du sculpteur. Attendue de pied ferme, Sofia Coppola a, de son côté, retrouvé la compétition – délaissée depuis Marie-Antoinette – avec une petite réussite, Les Proies, qui, sans tutoyer Virgin Suicides et Lost In Translation, a confirmé ses belles aptitudes de réalisatrice.

L’étau se resserre et il ne reste plus que cinq longs-métrages à découvrir en sélection officielle. A l’heure où aucun favori ne se détache, pour le moment, du peloton (hormis peut-être le très apprécié 120 Battements par minute), les frères Safdie auront une jolie carte à jouer dès demain avec leur nouveau film, Good Time. Le deuxième jeudi étant propice aux grands bouleversements (on se rappelle de La Vie d’Adèle ou de Mommy), on espère secrètement que leur présence (surprise) en compétition n’est pas due au hasard et qu’ils nous décocheront le second uppercut de cette quinzaine.

JOUR 7 : L’heure des célébrations

En plein milieu de ce marathon cannois, ce mardi sonnait comme une drôle de journée avec un seul film projeté en compétition, Vers la lumière de Naomi Kawase. Avouons d’emblée que tous les regards étaient logiquement tournés vers la centaine de personnalités présentes afin de participer à l’événement-surprise organisé pour célébrer le 70ème anniversaire du festival. Réuni dans le Grand Théâtre Lumière en début de soirée, tout ce beau monde a ainsi pu revisionner avec plaisir des images d’archives revenant sur les palmarès, les scandales et les plus grands moments de ces années passées. Secondé par Isabelle Huppert, Thierry Frémaux a offert cette pléiade de souvenirs aux spectateurs avant d’accueillir trois invités musicaux, Camélia Jordana, Babx et Vianney, pour des reprises de bandes originales. L’occasion pour chacun de revivre avec nostalgie des instants de cinéma uniques, vivement chargés en émotion.

Plus tôt dans la journée, Léonor Serraille s’est distinguée avec la présentation en section Un Certain Regard de son tout premier long-métrage, Jeune Femme, portrait drôle et touchant d’une trentenaire perdue dans la capitale. Venue de la Fémis (comme Julia Ducournau, découverte en 2016 à la Semaine de la Critique), la jeune réalisatrice a réussi son coup d’essai en offrant un rôle parfait à la formidable Laetitia Dosch. Deux talents à suivre.

 

La soirée s’est finalement terminée auprès d’une autre cinéaste, la japonaise Naomi Kawase, de retour à Cannes avec le très joli Vers la lumière, adoré par un Palais des Festivals en larmes. Demain, Sofia Coppola la rejoindra en compétition accompagnée par un casting cinq étoiles (Nicole Kidman, Elle Fanning, Colin Farrell, Kirsten Dunst) pour un film particulièrement attendu, Les Proies. On en trépigne déjà.

JOUR 6 : Pessimisme à tous les étages

La deuxième semaine de compétition vient de démarrer et, déjà, le syndrome annuel du « coup de barre » frappe de plein fouet les festivaliers. Dans les salles, la saison des siestes aussi express qu’imprévues s’ouvre ainsi devant le nouveau film de Hong Sang-Soo, Le Jour d’après (Geu-Hu), rendant les uns extatiques ou plongeant les autres dans une profonde narcolepsie. De tous côtés, les débats s’élèvent ce lundi en pointant du doigt une sélection largement plus faible qu’à l’accoutumée.

Le reste de la journée a confirmé cette impressionnante chute libre. Pendant qu’André Téchiné recevait un hommage en présence de ses actrices fétiches (Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Juliette Binoche), les spectateurs découvraient les longs-métrages radicaux de Yorgos Lanthimos (The Killing Of A Sacred Deer) et Michael Haneke (Happy End). Projetés à la suite, les deux films ont vivement divisé et parfois même éreinté les esprits. Plus pompeux qu’auparavant, le réalisateur grec a d’ailleurs, pour beaucoup, raté l’occasion de creuser la brèche entrouverte avec ses précédents essais. Quelques minutes plus tard, Michael Haneke s’est, pour sa part, complètement perdu dans un film-somme donnant à voir le pire de son cinéma.

A mi-parcours d’une compétition manquant de cohérence, tous les regards se tournent désormais vers les huit derniers films à découvrir. Qui réussira à tirer son épingle du jeu et à relever un niveau en berne ? Peut-être Naomi Kawase et son Hikari, présenté demain, dont la jolie bande-annonce permet tous les espoirs. Wait and see.

JOUR 5 : Un grain de folie sur les marches de Cannes

Le week-end se termine et la fatigue commence à pointer le bout de son nez chez les festivaliers. Tandis que beaucoup d’entre eux s’étaient réunis salle Buñuel afin d’assister à la masterclass de Clint Eastwood, d’autres avaient choisi de s’aérer l’esprit devant le nouveau long-métrage de John Cameron Mitchell, How To Talk To Girls At Parties. D’abord espéré en compétition, le film est finalement venu se glisser in extremis parmi les extras prévus en sélection officielle. Quelques heures avant de découvrir Happy End de Michael Haneke, on peut dire que ce grain de folie, habilement programmé, a fait l’effet d’une petite bombe entre deux essais sinistres. Chaleureusement accueilli par les spectateurs, il a ainsi permis à un Palais des Festivals visiblement ravi de recharger les batteries avant la semaine à venir.

En compétition, Noah Baumbach a, de son côté, foulé le tapis rouge pour la première fois avec The Meyerowitz Stories, second film Netflix présenté durant le festival. Si le long-métrage n’a pas particulièrement convaincu, l’image du jour restera celle, bouleversante, de Dustin Hoffman, en larmes à la fin de la séance. Peu après, Michel Hazanavicius a, lui aussi, déçu avec Le Redoutable, portrait-pastiche de Jean-Luc Godard où brille l’excellent Louis Garrel. Demain, deux poids lourds, Yorgos Lanthimos et Michael Haneke, entrent en course : souhaitons que leurs films respectifs soient à la hauteur des attentes.

JOUR 4 : Le coeur de Cannes palpite pour 120 battements par minute

En cette quatrième journée de festival, l’heure est aux baptêmes du feu avec l’arrivée sur la Croisette de deux metteurs en scène plongeant, pour la première fois, dans le grand bain de la compétition. Dès le petit matin, Robin Campillo s’est chargé d’inscrire son nom parmi les cinéastes ayant bouleversé les spectateurs du Grand Théâtre Lumière. Avec le beau 120 battements par minute, il a fait chavirer les cœurs en s’imposant comme l’un des grands favoris pour la récompense suprême le week-end prochain.

À sa suite, Ruben Östlund n’a pas eu la même chance en présentant le clivant The Square. Encensé ou détesté, le film a suscité une série de réactions opposées offrant d’ailleurs un lot de débats houleux en fin de soirée. En séance spéciale, Kristen Stewart a également créé l’événement pour ses débuts en tant que réalisatrice. Avec Come Swim, son premier court-métrage de dix-huit minutes, elle a surpris les festivaliers venus en masse pour découvrir ce coup d’essai jugé très prometteur. Enfin, Taylor Sheridan, scénariste de Sicario et Comancheria, présentait Wind river, son premier long-métrage à Un certain regard, en présence de ses comédiens, Elizabeth Olsen et Jérémy Renner. L’homme, très doué à la plume, sera-t-il aussi convainquant derrière la caméra ? Les premiers échos semblent aller dans ce sens. La critique sera en ligne dans quelques jours sur Le Bleu du Miroir. 

Ce dimanche, Noah Baumbach va rassembler la nouveauté et le débat avec la présentation de son long-métrage (diffusé par Netflix), The Meyerowitz Stories, avant d’être rejoint par Michel Hazanavicius et son Redoutable. On espère surtout, avant cela, voir un vent de fraîcheur se lever avec la comédie fantaisiste de John Cameron Mitchell, How To Talk To Girls At Parties, sélectionnée hors-compétition.

okja-netflix-cannes-tapis-rouge

JOUR 3 : Avis de tempête sur la Croisette !

Attendu avec une impatience non dissimulée, Okja, premier des deux films Netflix présenté en compétition ce vendredi, a, comme prévu, créé le buzz lors de ses deux séances au Palais des Festivals. Ironie du sort (ou non), la projection presse de 8h30 s’est, en effet, déroulée dans une ambiance très tendue après des sifflets et un problème technique ayant obligé un redémarrage complet du film. Il n’en fallait pas plus pour voir naître de folles théories sur un éventuel sabotage censé signifier une large désapprobation à l’égard de la plateforme. En présentation officielle, le film fut accueilli plus positivement avec, a contrario, des applaudissements lors de l’apparition du logo Netflix et une belle ovation en fin de projection. Reste à savoir quel sort sera réservé à son compère, The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach, annoncé sur la Croisette dès dimanche.

> > > Lire aussi : notre critique de OKJA

Quatrième film d’une compétition d’ores et déjà mitigée, Jupiter’s Moon du hongrois Kornél Mundruczó a, quant à lui, déçu les attentes en déployant une bonne idée de départ sur deux heures problématiques. Trop imprécis, le scénario fait ainsi vite oublier son évidente ambition visuelle dans un objet audacieux qui tourne à vide. A près d’une heure du matin (et trente minutes de retard), quelques survivants ont, pour leur part, assisté à la première des trois séances de minuit : A Prayer Before Dawn, de Jean-Stéphane Sauvaire. Rempli de moitié en début de présentation, le Palais des Festivals (effrayé par l’horaire tardif – ou la violence du long-métrage ? –) s’est pourtant rapidement vidé face à l’écrasante proposition du réalisateur de Johnny Mad Dog. Ce samedi, les choses (très) sérieuses commencent avec l’ouverture d’un long week-end de célébrations et l’arrivée de deux petits nouveaux en compétition : Robin Campillo (120 battements par minute) et Ruben Östlund (The Square).

JOUR 2 : Wonderstruck ouvre la compétition en beauté !

Premier concurrent de la compétition, premier coup de cœur pour les festivaliers. Wonderstruck, le nouveau long-métrage de Todd Haynes avec Julianne Moore et Michelle Williams, a profondément ému les spectateurs en milieu d’après-midi. Chaleureusement accueilli à l’issue de la séance par une généreuse ovation, le film est déjà un sérieux prétendant au palmarès.

> > > Lire aussi : notre critique de Wonderstruck (Le musée des merveilles)

En soirée, le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev a, pour sa part, présenté Loveless en s’imposant, lui aussi, comme un outsider de choix pour le prix de la mise en scène. Malgré son aridité, ce drame psychologique a néanmoins séduit la critique et le public qui ont majoritairement été impressionnés par son ambition formelle. Parallèlement, Un Certain Regard s’est ouvert avec la projection de l’anti-biopic de Mathieu Amalric sur la chanteuse Barbara. Curieux, libre et audacieux, le film a surtout été vivement salué pour la prestation de Jeanne Balibar ayant capté avec finesse le phrasé si particulier de l’artiste.

Alors que certains spectateurs se sont à nouveau engouffrés dans le Palais des festivals peu avant vingt-deux heures pour découvrir Blade of the Immortal de Takashi Miike, d’autres ont préféré se coucher tôt afin de visionner en début de matinée le très attendu Okja. Le premier film Netflix de la compétition frappera-t-il un grand coup ? Réponse dès ce vendredi.

cannes_2017-will-smith-jessica-chastain

JOUR 1 : Une 70ème édition sous le signe de la tolérance

C’est parti ! Après de longues semaines de préparatifs et de pronostics, Lily-Rose Depp et Asghar Farhadi ont déclaré le 70ème Festival de Cannes ouvert ce mercredi au terme d’une courte cérémonie. Pour cet anniversaire placé sous haute surveillance, les discours se sont, d’entrée de jeu, portés vers un message de tolérance entre un hommage en chanson et un sketch maladroit.

Entouré par un jury éclectique, Pedro Almodovar, acclamé par le Palais des festivals à l’issue de sa mini-rétrospective, aura la lourde tâche de choisir le successeur de Moi, Daniel Blake parmi dix-neuf prétendants venus des quatre coins du monde. Alors que les frontières entre cinéma et télévision se sont réduites au cours des dernières années, de nombreux regards seront tournés vers les deux films Netflix en compétition (The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach et Okja de Bong Joon-Ho) ainsi que les séries exceptionnellement programmées lors de cette quinzaine, la saison 2 de Top Of The Lake et le retour de Twin Peaks. Les propos du président Almodovar sur la diffusion en salles de la Palme d’Or ayant relancé la polémique, on peut s’attendre à voir le débat s’éterniser tout au long de ce festival.

Reste à savoir si Cannes 2017 consacrera la nouveauté ou la fidélité. Entre grands habitués (Haneke, Kawase, Zviaguintsev) et jeunes recrues (Safdie, Campillo, Östlund), tous les paris semblent définitivement possibles pour une édition qui s’annonce riche en rebondissements.




Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre