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CANNES 2016 | Verhoeven et Farhadi pour finir en beauté

Avec sa sélection réunissant de talentueux auteurs et de grands espoirs, le 69e Festival de Cannes réserve de belles promesses. Chaque jour, nous ferons le point sur les films présentés, les faits marquants et vous livrerons quelques avis express et critiques complètes, en nous prêtant au jeu des pronostics quant aux prétendants à la récompense suprême. Avec son envoyée spéciale (Céline B.), Le Bleu du Miroir vous permettra de garder un oeil (ou deux) sur ce qu’il se passe sur la Croisette cette année. Cannes 2016, c’est par ici !

Jour 11 : La fin du voyage

Dernier tour de piste, dernières projections, derniers films de la compétition… Ce samedi fut ponctué par une cohorte de petits adieux faits à une 69ème édition placée sous le signe de l’éclectisme. Ayant pour lourde charge de clore la course à la Palme d’or, Paul Verhoeven et Asghar Farhadi ont tous deux refermé cette sélection avec panache et maîtrise.

Un peu vite érigé en Palme potentielle, le nouveau film de Paul Verhoeven a fait forte impression en présentation officielle. Moins surprenant que prévu, Elle s’est néanmoins démarqué de ses concurrents grâce à un ton profondément sarcastique et à l’interprétation sans faille d’Isabelle Huppert. Cela sera-t-il suffisant pour décrocher la récompense suprême ?

> > > Lire aussi : notre critique de Elle

Rajouté in extremis en compétition, Le Client (Forushande) a, de son côté, confirmé la mécanique (trop ?) implacable d’Asghar Farhadi et la pertinence de sa direction d’acteurs. Parfaite conclusion à ces vingt-et-un films aux courants très différents, ce très beau drame pourrait bien venir chambouler la composition du palmarès.

En guise d’ultime projection, les festivaliers ont pu découvrir en avant-première le prochain long-métrage de Jean-François Richet, Blood Father, où Mel Gibson doit protéger sa fille, traquée par des trafiquants de drogue. Digne d’un embarrassant DTV, le film, aussi cliché qu’affreusement écrit, a été accueilli dans une indifférence générale par un public au bord de l’épuisement.

Tous les regards sont désormais tournés vers George Miller et son jury : au terme d’une compétition très disputée, qui va finalement remporter la Palme d’or ? Réponse ce soir.

> > > Lire aussi : nos pronostics pour le palmarès et la Palme d’Or

 

 

Jour 10 : Sean Penn exaspère, Nicolas Winding Refn divise

Avant-dernière journée de compétition pour ce 69ème Festival de Cannes, majoritairement considéré comme un « petit » cru où les déceptions se sont, cette semaine, enchaînées à la vitesse de l’éclair. Tandis que la Semaine de la Critique a déjà distribué ses récompenses, deux des quatre derniers films en lice pour la Palme d’or ont été présentés hier soir avec plus ou moins de succès.

Violemment étrillé par la critique, The Last Face, grand retour de Sean Penn sur la Croisette, a connu le même sort en projection officielle. Passés les quelques ricanements nerveux ayant parcouru un public visiblement consterné par un tel ratage, de copieux sifflets ont surgi sitôt le générique de fin entamé. Habituellement plus bienveillant envers les vilains petits canards du festival (Nos Souvenirs, ainsi que Marguerite et Julien, avaient reçu un accueil chaleureux au Palais des festivals l’année passée), le Grand Théâtre Lumière s’est, cette fois, rebellé contre un film épouvantable, d’une indécence proche de l’insupportable.

> > > Lire aussi : la critique de The last face

En milieu de soirée, Nicolas Winding Refn a, de son côté, divisé les festivaliers avec The Neon Demon, plongée en apnée dans l’univers de la mode. « Grandiose » pour les uns, « ridicule » pour d’autres, le nouveau long-métrage du réalisateur de Drive vient, dès lors, établir une scission définitive entre ses aficionados et ses détracteurs.

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Les jurés Mads Mikkelsen et Kirsten Dunst n’ont plus que deux films à voir avant de décerner la Palme

Alors que les bookmakers commencent à s’affoler, seuls deux films, Elle et Le Client, peuvent désormais changer la donne et redistribuer les cartes ce samedi pour la dernière journée de compétition.

Jour 9 : Xavier Dolan émeut la Croisette

La fin approche dangereusement mais les exigences des festivaliers, elles, ne faiblissent pas. Pour ce neuvième jour de compétition, l’heure était aux retrouvailles entre le jeune prodige québécois Xavier Dolan et un public venu en masse pour découvrir son nouveau long-métrage, Juste la fin du monde, adapté de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce.

Ouvrant de nouvelles perspectives dans une filmographie décidément passionnante, le successeur de Mommy a enthousiasmé un Palais des festivals plein à craquer. Au terme d’une séance intense, toute l’équipe du film a, ainsi, reçu une standing-ovation de dix minutes, établissant dès lors un record absolu pour cette quinzaine.

> > > Lire aussi : la critique de Juste la fin du monde

Troisième réalisateur en compétition à assumer une remarquable prise de risques (après Andrea Arnold et Olivier Assayas), Xavier Dolan remportera-t-il pour autant la très convoitée Palme d’or ce dimanche ? Rien n’est moins sûr. Si Juste la fin du monde possède d’indéniables qualités et s’impose comme le chouchou actuel du public, le film apparaît toutefois moins fédérateur (et donc plus malaimable) – sur le papier – que son prédécesseur. L’audace sera-t-elle finalement la grande gagnante de ce festival ? Réponse dimanche.

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Marion Cotillard et Xavier Dolan sur le tapis rouge pour présenter Juste la fin du monde

Plus tôt dans la journée, Cristian Mungiu s’était, de son côté, conformé aux canons du « film de festival » avec Baccalauréat, drame familial rigide où la maîtrise formelle finit par étouffer le récit. En grand habitué du festival, le réalisateur roumain pourrait néanmoins espérer une petite place au palmarès.

Enfin, vers une heure du matin, le deuxième événement de cette journée était la projection de Gimme Danger, documentaire de Jim Jarmusch sur The Stooges en présence d’Iggy Pop. On a justement cherché en vain le danger dans cet hommage poli qui oublie complètement son sujet principal : la musique.

La dernière ligne droite commence : il ne reste à présent plus que quatre films à découvrir en compétition. Sean Penn, Nicolas Winding Refn, Paul Verhoeven et Asghar Farhadi auront-ils leur mot à dire avant les délibérations du jury ? Le suspense demeure entier.

 

Jour 8 : Calvaires à la chaîne

Après un mardi consacré aux portraits de femme, la compétition s’est poursuivie ce mercredi avec une inattendue série de calvaires à la chaîne. Tous deux présentés au Grand Théâtre Lumière, Ma’Rosa et La Fille Inconnue, les nouveaux films de Brillante Mendoza et des frères Dardenne ont été de violentes douches froides consécutives.

En replongeant dans les rues de Manille, le réalisateur philippin s’est chargé de concocter la première séance nerveusement intenable de cette quinzaine. Vain, bruyant, désincarné et horripilant, son long-métrage a placé les festivaliers dans un état de nerfs particulièrement délicat.

> > > Lire aussi : la critique de Ma’Rosa

Alors que l’on comptait sur les frères Dardenne pour se remettre de nos émotions, le duo belge a enfoncé le clou en soirée avec La Fille Inconnue, drame (dans tous les sens du terme) mécanique sur la culpabilité où la mollesse remplace la sobriété. Le malaise fut total lorsqu’un fou rire nerveux s’est répandu dans l’assistance à vitesse grand V durant la projection.

> > > Lire aussi : la critique de La fille inconnue

C’est finalement le réalisateur coréen Na Hong-jin qui a sauvé notre journée lors de la diffusion hors-compétition du polar Goksung. Lointainement inspiré par True Detective, le film a impressionné les spectateurs dans ses fulgurances gore et sa réflexion sur la propagation du mal. Une excellente surprise.

Après de premiers échos très partagés, le grand événement de ce deuxième jeudi sera, bien évidemment, la présentation de Juste la fin du monde, le retour de Xavier Dolan sur la Croisette après la tornade Mommy. Il faudra également compter avec Cristian Mungiu (palmé en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours) qui rejoint son compatriote roumain Cristi Puiu en compétition.

 

Jour 7 : Portraits de femmes

Désormais entrés dans la seconde partie de la compétition (où quelques grands noms attendent encore sur le pas de la porte – Xavier Dolan, Cristian Mungiu, Paul Verhoeven ou Nicolas Winding Refn, entre autres –), les festivaliers ont découvert trois chroniques féminines au cours de cette septième journée.

En tout début d’après-midi, le brésilien Kleber Mendonça Filho a fait ses premiers pas dans la sphère cannoise après une montée des marches revendicative. Bien accueilli par la presse et les spectateurs du Palais des festivals, son second long-métrage a surtout été salué pour la formidable prestation de Sonia Braga. Parions dès aujourd’hui qu’elle figurera fort logiquement au palmarès dimanche prochain.

À sa suite, Pedro Almodovar a retrouvé la Croisette, cinq ans après La Piel que habito, avec Julieta, un nouveau portrait de femme très élégant mais attendu. Si le film s’élève largement au-dessus de son prédécesseur (les épouvantables Amants Passagers), il reste très en-deça des mélos bouleversants auxquels le réalisateur nous avait habitués.

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Malmené par la critique la veille au soir, Olivier Assayas a, pour sa part, inversé la tendance (à l’instar de sa consœur Andrea Arnold deux jours plus tôt) lors de la projection officielle de Personal Shopper. Apprécié avec bienveillance, le film s’est imposé comme une proposition artistique osée, indiscutablement digne d’intérêt malgré ses imperfections. Kristen Stewart a, elle, fait l’unanimité pour sa prestation.

> > > Lire aussi : notre critique de Personal Shopper

Toujours plus surprenante, la compétition se poursuit aujourd’hui avec l’arrivée de Brillante Mendoza et des frères Dardenne qui tenteront de décrocher, avec La Fille Inconnue, leur troisième Palme d’or.

 

Jour 6 : Poésie, douceur et amertume

Ce lundi matin, les excès du week-end se font finalement sentir alors que la deuxième semaine de festival démarre : les mines sont désormais fatiguées et on ne compte plus le nombre d’endormissements éclairs dans les salles. Pire, la Croisette est à présent envahie par une foule de plus en plus importante rendant l’accès aux projections difficile.

Il faut pourtant se diriger vers le Grand Théâtre Lumière qui accueille aujourd’hui le retour de deux cinéastes américains ayant séduit les festivaliers lors de leurs derniers passages à Cannes. Premier d’entre eux à se lancer dans l’arène avec Paterson, Jim Jarmusch entraîne Adam Driver et Golshifteh Farahani au cœur d’une singulière promenade à travers la semaine d’un chauffeur de bus fondu de poésie. Après une montée des marches étrangement maussade, le film a été joliment applaudi, malgré une nonchalance quelque peu encombrante.

Très attendu, Jeff Nichols a, pour sa part, confirmé – une fois de plus, serait-on tenté d’ajouter – ses immenses capacités de metteur en scène et le soin particulier apporté à ses récits dans le très beau Loving, digne successeur de son récent (et sublime) Midnight Special. Souhaitons que le jury soit sensible à ce long-métrage où la pudeur s’impose en reine.

> > > Lire aussi : notre critique de Loving

Un peu plus tard, la projection du (catastrophique) biopic sur Roberto Duran, Hands of Stone, s’est rapidement muée en vibrant hommage à Robert de Niro. Avec le concours d’Harvey Weinstein et d’Edgar Ramirez, Thierry Frémaux a, ainsi, offert à l’acteur une longue standing-ovation avant de le laisser s’exprimer quelques minutes sur la scène du Palais des festivals. Ému aux larmes, celui-ci a notamment émis son désir de redevenir l’un des prochains présidents du jury. Étant donné la belle tenue de son palmarès en 2011, on ne peut qu’espérer le revoir à cette fonction dans les années à venir.

À mi-chemin de ce festival, plusieurs favoris se dégagent du peloton (American Honey, Toni Erdmann, I, Daniel Blake …) mais la route est encore longue avant de décerner la Palme d’or. Parmi les onze films restant à projeter cette semaine, Aquarius, Julieta et Personal Shopper, trois potentiels coups de foudre, pourraient ainsi créer la surprise durant ce mardi-marathon décisif.

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NB : Les premiers retours sur Personal Shopper annoncent un film audacieux mais très clivant. Le nouveau film d’Assayas a même été copieusement sifflé en projection presse. American Honey ayant reçu un traitement similaire, il convient de rester mesuré. Notre rédacteur, Florent Dufour, a été plutôt séduit malgré quelques réserves, tandis qu’une majorité semble louer la prestation convaincante de Kristen Stewart. 

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Jour 5 : American Honey électrise la Croisette

Démoli par une frange de journalistes la veille au soir, American Honey s’est finalement offert une seconde chance lors de sa projection officielle ce dimanche après-midi au Grand Théâtre Lumière. Dans une ambiance bon enfant, Andrea Arnold et toute son équipe ont monté les marches en dansant au son de Choices (Yup) avant de recevoir un excellent accueil de la part des festivaliers. Grand film sur une jeunesse hantée par ses rêves, prisonnière d’un futur incertain, American Honey rejoint, malgré ses détracteurs, Toni Erdmann dans une course à la Palme d’or qui s’annonce très disputée.

> > > Lire aussi : notre critique d’American Honey

Troisième (et dernière) réalisatrice présente en compétition, Nicole Garcia n’est, quant à elle, pas parvenue à briller comme ses consœurs. Empêtré dans un cinéma du dimanche très classique, son Mal de Pierres ne devrait pas permettre à Marion Cotillard d’emporter le prix d’interprétation auquel elle semble promise depuis plusieurs années. Sous une allure plutôt inoffensive, le film n’est rien d’autre que le premier (gros) ratage de ce cru 2016.

L'équipe du film The Nice Guys - critique du film en cliquant sur l'image

L’équipe du film The Nice Guys – critique du film en cliquant sur l’image

La journée s’est achevée dans un Palais des festivals survolté qui a été enthousiasmé et séduit – en dépit de la fatigue – par The Nice Guys, le nouveau long-métrage de Shane Black où Russell Crowe et Ryan Gosling forment un duo épatant. Ce dernier, extrêmement convaincant dans un registre comique, a, encore une fois, fait exploser l’applaudimètre (et les tympans des spectateurs) face à un accueil pour le moins hystérique. 

Après ce dimanche 100% féminin, Jim Jarmusch et Jeff Nichols marqueront-ils d’une pierre blanche leur entrée dans la compétition ? Réponse demain.

Jour 4 : La déception Spielberg, la révélation Maren Ade

Il aura fallu attendre le troisième jour de compétition pour voir débarquer le premier OVNI de cette quinzaine : Toni Erdmann, le nouveau film de Maren Ade, jeune réalisatrice déjà récompensée il y a sept ans à la Berlinale pour Everyone Else. Ayant provoqué un raz-de-marée dans le Grand Théâtre Lumière, le film semble bien parti pour remporter tous les suffrages d’un public et d’une presse hautement impressionnés. Le jury sera-t-il, lui aussi, sensible à cette proposition décalée ? Réponse dans une semaine.

> > > Lire aussi : notre critique de Toni Erdmann

Hors-compétition, Steven Spielberg a reçu, pour sa part, un très bel accueil du public cannois dès son entrée dans le Palais des festivals, malgré la déception représentée par The BFG. Conte balisé sans grands enjeux, ni finesse, le film s’est transformé en voyage au bout de l’ennui ressemblant plus à un mauvais Tim Burton qu’à un excellent Steven Spielberg. Un comble.

Pour clore cette journée, Park Chan-Wook a effectué son retour sur la Croisette sept ans après Thirst. Un peu trop référencé et racoleur, son Mademoiselle se déguste néanmoins comme un beau livre d’images au scénario inutilement alambiqué. D’une durée encore une fois assez affolante (2h35), il confirme, après Sieranevada et Toni Erdmann (dans une moindre mesure), les gros problèmes de montages existants dans cette sélection officielle. Malgré de premiers échos inquiétants, gardons l’infime espoir qu’American Honey d’Andrea Arnold puisse nous démentir en ce dimanche.

Jour 3 : Entre rires et larmes

Désormais lancé à plein régime, le marathon cannois se poursuit avec une troisième journée faisant la part belle aux émotions de toutes sortes. En début d’après-midi, La Danseuse, le tout premier film de Stéphanie Di Giusto, présenté à Un Certain Regard, s’est ainsi chargé d’émerveiller la Croisette dans l’écrin d’un biopic ambitieux. Emmené par l’éblouissante Soko (que l’on retrouvera d’ici quelques jours dans le long-métrage de sœurs Coulin, Voir du pays), ce dernier a développé un univers non exempt de défauts mais outrageusement lyrique et esthétique. Une réalisatrice est née.

En compétition, deux metteurs en scènes adorés par le festival se sont partagés les marches du palais. Tandis que Bruno Dumont jouait sur le décalage et les caricatures dans Ma Loute, Ken Loach offrait, pour sa part, la première grande émotion de cette quinzaine aux spectateurs avec I, Daniel Blake. Dix minutes d’ovation plus tard, le public sortait de la salle avec les yeux rougis et un favori pour la Palme du cœur.

Juliette Binoche, Fabrice Luchini et Valérie Bruni-Tedeschi lors du photocall de Ma Loute

Juliette Binoche, Fabrice Luchini et Valérie Bruni-Tedeschi lors du photocall de Ma Loute

> > > À lire aussi : notre critique de Ma Loute

Pour les plus courageux, cette longue soirée s’est terminée dans les rires et l’étonnement avec Train to Busan, pur midnight movie où un virus zombie se répand à bord d’un train. Absolument réjouissant – malgré un potentiel hautement nanardesque sur le papier –, il a représenté une récréation salvatrice avant le retour des choses sérieuses demain après-midi.

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Jour 2 : (Déjà) l’heure des premières déceptions…

La compétition vient à peine de commencer que l’heure est déjà aux premières (grosses) déceptions. Loin des coups de cœur attendus, les deux films dévoilés ce jeudi sur la Croisette ont donné bien du fil à retordre aux festivaliers. D’entrée de jeu, Cristi Puiu a ouvert les hostilités avec un film-mastodonte, Sieranevada, une plongée de trois heures au cœur d’une famille roumaine en plein deuil. Malgré une mise en scène épatante, le film n’a pas pleinement convaincu le public qui s’est (un peu vite) rué hors du Palais des Festivals sitôt la première heure terminée. On retiendra tout de même de cette montée des marches la plus jolie image de la journée : celle de Cristi Puiu portant sa petite fille, Zoé, sur le tapis rouge.

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À mi-parcours, le grand événement du jour était, bien sûr, la première apparition de Julia Roberts au Festival de Cannes. Très étonnamment, l’actrice américaine n’avait, en effet, jamais eu l’occasion de gravir les fameuses marches cannoises. L’erreur est désormais réparée puisqu’elle a été accueillie comme une reine aux côtés de Georges Clooney et Jodie Foster pour la projection du très décevant Money Monster, thriller daté à ranger aux oubliettes du genre. La fin de soirée fût, quant à elle, consacrée au premier des quatre représentants hexagonaux en compétition, Alain Guiraudie et son intrigant Rester Vertical. Remarquablement mis en images et interprété, le film a malheureusement dérouté les spectateurs après la réussite de L’Inconnu du Lac.

Espérons que les deux habitués du festival célébrant leur grand retour demain à Cannes (Bruno Dumont et Ken Loach) nous fassent oublier ces débuts difficiles. Moi, Daniel Blake a en tout cas produit son petit effet hier lors de sa première présentation à la presse. De nombreux journalistes imaginent déjà ce bon vieux Ken au palmarès… 

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Jour 1 : La délicieuse éclaircie « allenienne »

En cette journée d’ouverture à l’atmosphère pesante, les visages étaient crispés, souvent inquiets, et répondaient sévèrement à une météo capricieuse, soufflant le chaud et le froid. Tandis que des trombes d’eau ont agité la Croisette durant une large partie de l’après-midi, le soleil s’est – enfin – décidé à montrer le bout de son nez peu de temps avant la projection hors-compétition de Café Society, la création annuelle de Woody Allen.

L'équipe de Café Society au photocall de Cannes

L’équipe de Café Society au photocall de Cannes

Ayant réaffirmé, lors de la conférence de presse, son opposition farouche à une éventuelle participation en compétition, le réalisateur américain s’est chargé d’offrir aux festivaliers une véritable bouffée d’oxygène, une respiration salvatrice avant la plongée en apnée de cette quinzaine. Fin et pétillant comme une bulle de champagne, Café Society appartient à la catégorie des beaux crus alleniens, ceux où la nostalgie et la mélancolie collent durablement aux souliers des personnages. Et s’il n’atteint pas un sommet comme Annie Hall, il représente aisément l’une des grandes réussites de sa période contemporaine.  

 > > > Lire aussi : la critique de Café Society

Alors que l’esprit du maître Woody était revenu au meilleur de sa forme, on ne peut malheureusement en dire autant d’une cérémonie d’ouverture ringarde et bancale. Succédant avec difficultés à l’excellent Lambert Wilson, Laurent Laffite s’est heurté aux parois glaciales du Palais des Festivals en suscitant un réel malaise pendant un speech inaugural tristement râté. On retiendra de ce marasme embarrassant la présentation des films en compétition par l’intermédiaire de quelques extraits plus ou moins alléchants. Au petit jeu des devinettes, Xavier Dolan (Juste la fin du monde), Andrea Arnold (American Honey), Olivier Assayas (Personal Shopper) et Cristi Puiu (Sieranevada) mènent, pour le moment, la course en tête avec quatre teasers intrigants.

Justement diffusé parallèlement à une partie de la presse, Sieranevada a fait forte impression, malgré sa durée écrasante (2h53). Premier film à être projeté en compétition ce jeudi, il sera le marqueur essentiel d’un festival sous haute tension. À suivre.

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 Edition : тном ряи Photos / Rédaction : Céline Bourdin. 



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