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BRIMSTONE

Prétentieux

Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille.Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…

Traquée comme jamais.

Réalisé par le cinéaste néerlandais Martin Koolhoven, Brimstone est vendu comme un western ultra-violent (interdit aux moins de 16 ans) à tendance féministe. Une fois venu à bout de ses 148 minutes, on peut dire qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Mais cela n’en fait pas un bon film pour autant.

Car Brimstone n’est en fait qu’une série B qui ne dit pas son nom et se rêve en produit haut de gamme. Une ambition clairement visible, tant le film est réussi plastiquement, mais gangréné par une prétention qui suinte littéralement de l’écran, et ce dès le générique d’ouverture où un carton nous annonce avec emphase « Martin Koolhoven’s Brimstone ». On ignorait que l’auteur de Winter in Wartime et ‘n Beetje Verliefd était une marque au même titre que ses confrères Quentin Tarantino et Martin Scorsese.

On ne s’en doutait pas encore, mais cette introduction annonce la couleur : le film sera gonflé à l’ego et à la grandiloquence, que ce soit à travers le surjeu des comédiens, la musique pompière signée Tom Holkenborg (vrai patronyme de Junkie XL, ce qui explique aisément le pompiérisme de la composition) et, surtout, cette recherche constante du plan parfait, qui peut facilement s’apparenter à de la pose pure et simple.

Pourtant, l’idée de voir un western traité tel un véritable film d’horreur avait de quoi faire saliver. Tous les codes du genre sont là : la jeune femme pure et innocente, les visions cauchemardesques, les meurtres sanglants et en particulier le boogeyman. Dans le rôle, on retrouve l’Australien Guy Pearce en prêtre sadique et fou de Dieu, affublé d’un accent néerlandais à couper au couteau (et aléatoire), très souvent filmé en contre-plongée, tout en collier de barbe et mâchoire serrée, que Koolhoven cherche tellement à iconiser qu’il en devient risible à plusieurs reprises.

La volonté de faire un film féministe où des figures féminines subissent la violence des hommes, que celle-ci soit générée par la luxure, l’avidité ou la religion, était louable ; le faire avec autant de lourdeur, de caricature et de maniérisme l’est un peu moins. 99% des hommes ont les dents pourries, les ongles sales et cherchent à fouiller les culottes des filles. À une ou deux rares exceptions près, le mâle y est mauvais (sauf bien évidemment Kit Harrington, qui lui se contente d’être mauvais uniquement dans son jeu).

Même chose du côté du récit qui, de par sa construction non-linéaire, aurait pu être une plus-value et apporter un semblant de mystère et de suspense supplémentaire. Mais ce procédé s’avère faussement complexe et n’apporte pas grand-chose à l’intrigue, si ce n’est encore davantage de prétention (mention spéciale au titre de chacun des chapitres).

Brimstone est donc l’œuvre d’un cinéaste se prenant pour ce qu’il n’est pas encore, un film de genre hypertrophié qui aimerait tellement impressionner son spectateur à chaque seconde que tout ce qu’il parvient à créer, c’est essentiellement de l’irritation.

La fiche

BRIMSTONE
Réalisé par Martin Koolhoven
Avec Guy Pearce, Dakota Fanning, Kit Harington…
Danemark, France, Allemagne – Western, thriller
Sortie : 22 mars 2017
Durée : 145 min




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MiW
Invité
MiW
Nous n’avons clairement pas vu le même film. Cette critique est totalement ridicule. Le titre de cette pseudo critique ( bête et méchant) décrit plus la personne qui a écrit ce torchon que le film
hello
Invité
hello
Je respecte cette critique mais pour moi le film est en tout point superbe, une ambiance incroyable, un climat délétère et malsain. Un OFNI qui pourrait bien devenir la perle de l’année. Sublime !
Bob
Invité
Encore un critique qui aurait bien aimé être cinéaste mais ne le sera jamais… tellement cliché et pourtant tellement vrai.
Heureusement, dans ce monde il y a les critiques d’un coté, et les cinéastes de l’autre pour pondre des merveilles de ce type.
Al
Invité
Al
Assez d’ accord avec la critique .. Le film est d’ une telle violence gratuite que c ‘en est quasiment insoutenable (surtout qu’il dure quasiment 2h30) !! Rapidement on est pris en otage des images et on reste dubitatif quant au sens. Finalement on est simplement dans un film d’ horreur/western relativement basique.
Dommage. D ‘autant que les acteurs principaux (le révérend et la fille) sont quand même plutôt bons. Maintenant c ‘est vrai que c ‘est un film qui est « bien » dans le contexte actuel : Tarantinostesque !!