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BILAN | Nos films du mois de novembre 2019

Chaque mois, les membres de la rédaction vous proposent leur film du mois, celui qu’il fallait découvrir à tout prix en salle ou dans votre salon (sorties SVOD, e-cinema…). Découvrez ci-dessous les choix de chaque rédacteur de Le Bleu du Miroir pour le mois de novembre 2019.



Le choix de Thomas Périllon

J’AI PERDU MON CORPS de Jérémy Clapin

Outre le très beau Proxima et le percutant Les misérables, qui ont offert de belles séances en ce mois de novembre et prouver que le cinéma français rayonne particulièrement cette année, c’est une pépite de l’animation française qui a retenu mon attention ce mois-ci. Auréolé de grands prix à Cannes et à Annecy, J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin est la merveille du mois qui vous procurera des frissons par sa beauté et sa poésie. Un film singulier, mélancolique et envoûtant, qui vous happe instantanément pour ne plus vous lâcher, vous berçant de son enivrante partition musicale. Une grande œuvre d’art.

Le choix d’Amandine Dall’Omo

J'ai perdu mon corps

J’AI PERDU MON CORPS de Jérémy Clapin

À travers un Paris métamorphosé en un labyrinthe sinistre, J’ai Perdu Mon Corps offre une quête sensible et sensorielle d’identité. Tout y est démesurément beau, conjuguant aussi bien la petitesse de l’émotion à la grandeur de l’horizon. Le cinéma français d’animation prouve, s’il le fallait encore, qu’il regorge d’une inventivité précieuse. Et on espère sincèrement que l’aventure de Jérémy Clapin ne fait que commencer.

Le choix de Paul Hébert

critique the irishman

THE IRISHMAN de Martin Scorsese (Netflix)

Film d’une densité romanesque aujourd’hui peu égalée, The Irishman est sans doute l’oeuvre la plus mélancolique, voire la plus désespérée de la filmographie de Martin Scorsese. Par pur loyauté, Frank Sheeran a avalé toutes les couleuvres du monde, s’est résigné à être le bourreau d’une histoire désormais oubliée de tous, et qu’il emportera dans sa tombe. La dernière heure sent la mort à plein nez, tragique et vaine obstination d’un vieillard qui a tout perdu. Un sommet crépusculaire de la décennie qui s’achève, radical, monumental.

Le choix de Florent Boutet

Les misérables film

LES MISÉRABLES de Ladj Ly

Un drone, une cité francilienne, un Gravroche noir et musulman, un an après la victoire de la France à la coupe du monde de football de 2018 recouvrant chacun de bleu, blanc et rouge. Ladj Ly réinvente le récit de Victor Hugo à l’endroit même où celui-ci écrivit l’un de ses plus célèbres textes, la ville de Montfermeil. Tout y est : le drame, la violence, les larmes et l’intrigue policière. Rarement une première fiction n’a porté aussi fort son époque sur le devant de la scène. L’ex de Kourtrajmé réussit un tour de force et un film magnifique, avec, enfin, le soutien du public, celui là même qui avait boudé les autres grandes émotions cannoises de l’année. Son dernier plan risque de nous hanter encore très longtemps, peut-être même pour toujours.

Le choix de F-X Thuaud

critique proxima

PROXIMA d’Alice Winocour

Sarah, astronaute en phase intensive de préparation d’un vol spatial est confrontée à deux  exigences d’exclusivité, celle de son métier et celle de sa fille. Toute la beauté du film se tient dans le regard de sa réalisatrice toujours à juste distance de ses deux protagonistes, les hissant au même rang. Alice Winocour construit une dramaturgie enrobée de confiance. On redécouvre Eva Green, dont la sobriété du jeu contribue à la tenue du film. Un plan bouleverse par un simple effet de mise en scène. Les visages de la mère et de la fille, séparés par une vitre et juxtaposés à la faveur d’un reflet. Comme il y a des films choc, il y a aussi des films pare-choc et Proxima en est un très bel exemple.

Le choix de Fabien Genestier

J'ai perdu mon corps

J’AI PERDU MON CORPS de Jérémy Clapin

Le synopsis peut au départ intriguer et même rebuter, pourtant J’ai perdu mon corps est un diamant de poésie. Rarement un film aura été aussi sensoriel, aura autant mis en avant l’importance des sens dans la façon d’appréhender le monde. Une main que l’on arrache à son corps et la vie prend un autre sens, revient à l’essentiel. Le film de Jérémy Clapin trouve l’émotion dans ce qu’elle a de plus simple et de plus pure. Un tour de force sublime.

Le choix de Fabien Randanne

critique in fabric

IN FABRIC de Peter Strickland

À partir d’un pitch insolite (une robe maléfique s’en prend à celles et ceux qui la portent…), Peter Strikland tricote un conte fétichiste stylé, tout en cruauté et ironie.

Le choix de Céline Bourdin

Proxima avec Eva Green

PROXIMA de Alice Winocour

Bouleversante en astronaute devant laisser sa fille le temps d’une mission spatiale, Eva Green trouve enfin un grand rôle francophone dans le très beau film d’Alice Winocour. Souvent minimaliste, Proxima séduit surtout par son approche anti-sensationnelle et son portrait de femme profondément contemporain. L’hésitation entre vie privée et vie professionnelle y est donnée à ressentir grâce à une mise en scène au plus près de ses personnages, tricotant le lien mère/fille dans des séquences sensibles. En arrière-plan, sans trop en faire, le film est aussi une brillante représentation de la charge mentale féminine, un concept fréquemment abordé mais rarement incarné aussi subtilement sur grand écran.

Le choix d’Eric Fontaine

critique gloria mundi

GLORIA MUNDI de Robert Guédiguian

Avec Gloria Mundi, Robert Guédiguian reste fidèle à ses thèmes de prédilection tout en les actualisant et en proposant un cinéma qui a gagné en nuances, sans pour autant renoncer à l’émotion. Cette rencontre entre chronique sociale et tragédie grecque, dépeint avec réalisme notre époque dans tout ce qu’elle a d’anxiogène sans faire l’impasse sur l’existence de l’altruisme, du don de soi. L’interprétation sert le propos avec force et sobriété.

Le choix de Julian Bocceda

La belle époque

LA BELLE EPOQUE de Nicolas Bedos

Cette Belle Époque est un tour de force romanesque. Auteuil et Ardant se régalent comme deux jeunes ados, nous embarquant dans une histoire sensible et drôle, qui a la bonne idée de ne pas tomber dans la niaiserie. Sur un sujet sacrément casse gueule, Bedos vise juste et réussit sa virée nostalgique.

Le choix de Samuel Regnard

daniel craig knives out

À COUTEAUX TIRÉS de Rian Johnson

Haï par (presque toute) la sphère Star Wars depuis la sortie du VIIIe épisode de la saga, Rian Johnson n’en a que faire : son nouveau film est l’œuvre la plus singulière et surprenante de sa filmographie. Un « whodunit », comme on dit là-bas, qui s’inspire directement d’Agatha Christie et qui est porté par un casting ébouriffant : un Daniel Craig en pleine forme (il faut bien puisqu’il tourne actuellement le nouveau James Bond), une Jamie Lee Curtis sensationnelle aux côtés de Tony Collette, Michael Shannon et bien plus encore. Et surtout, oui surtout, un Chris Evans qui se permet enfin (enfin !) de jeter les pompes lourdes de Captain America. À voir absolument en salle !

Le choix de Mathieu Le Bihan

LES MISÉRABLES de Ladj Ly

Offrant une quintessence cinématographique dans sa puissance documentaire, le film de Ladj Ly brûle d’un souffle d’urgence. Une description du chaos sociale miroir des maux d’une société qui s’enracine dans la vacuité d’une violence inévitable. Un uppercut précieux loin des facilités et des stéréotypes.

Le choix de Kévin Cattan

LE MANS 66 de James Mangold

Un grand film de sport à ranger aux côtés du Rush de Ron Howard. Mangold livre une mise en scène survitaminée et le film est servi par les excellentes prestations de Matt Damon et Christian Bale. James Mangold – sorti de Logan – l’a déjà prouvé sur ses précédents longs-métrages, c’est un excellent artisan. Le Mans 66 nous le prouve une fois de plus.


J’ai perdu mon corps 3 voix

Les misérables & Proxima 2 voix