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BELLISSIMA

7
Singulièrement beau

Maddalena voudrait que sa petite fille fasse du cinéma. Mais celle-ci refuse que l’on se moque d’elle lors du bout d’essai… 

Miroir aux alouettes.

Alors que la rétrospective Visconti s’achève au cinéma Mac-Mahon à Paris avec un franc succès (4000 entrées en 18 jours d’ouverture et 13 films présentés), la question de l’actualité de l’œuvre du cinéaste italien est entière. Loin des célèbres adaptations littéraires Le Guépard, Senso ou Mort à Venise, il nous entraîne avec Bellissima dans l’Italie des années 50 sur un ton manifestement comique d’une part, profondément tragique de l’autre.

Au cœur de cette Rome déchirée par la misère de l’après-guerre, la beauté du film repose pour une grande part sur celle de son extraordinaire protagoniste Maddalena Cecconi, interprétée par Anna Magnani. Cette mère romaine bruyante et insolente incarne les contradictions profondes qui se tissent dans cette ville où le faste et la misère se côtoient de si près – la Rome ville ouverte en ruines de Rossellini n’est pas si loin, son film étant sorti six ans auparavant. Dans son acharnement désespéré à faire courir sa fille d’audition en audition à Cinecittà, on peut lire en creux toute la puissance de l’industrie cinématographique qui cristallise en elle le besoin fondamental d’un peuple brisé : celui d’espérer.

Formellement, le noir et blanc, les images tournées en 35mm et les costumes du grand Piero Tosi, qui accompagna Visconti tout au long de sa carrière, procurent au film un caractère singulier dans la tendance néoréaliste de l’Italie du milieu du siècle.

Pourquoi revoir Bellissima soixante-cinq ans plus tard ? Pour l’immense beauté d’une actrice et d’une ville sublimées par les yeux d’un artiste.

La fiche

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BELLISSIMA
Réalisé par Luchino Visconti
Avec Anna Magnani, Walter Chiari, Tina Apicella…
Italie – Comédie dramatique
Sortie : 1951
Durée : 110 min




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