featured_AmericanBluff

AMERICAN BLUFF

4
Escroquerie

Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Arnaque à l’américaine

Après un The Fighter honorable (ayant permis à Christian Bale et Melissa Leo de décrocher un Oscar) et un Happiness Therapy hautement surestimé (ayant permis à Jennifer Lawrence de décrocher un Oscar), David O’Russell remet en route la machine-à-statuettes avec American Hustle – inutilement rebaptisé American Bluff par les distributeurs français. Déjà reparti avec quelques Golden Globes en janvier dernier (dont ceux décrochés par Amy Adams et Jennifer Lawrence), le film est d’après les derniers échos en bonne posture pour les prochains Academy Awards. Que vaut finalement le dernier métrage de David O. Russell ? 

On sait que le cinéaste aime mettre ses acteurs en valeur. Pour American Bluff, il a réuni tous ceux qui ont récemment collaboré avec lui (Bale et Adams dans The Fighter, Cooper, Lawrence et De Niro dans Happiness Therapy) et les a affublés de looks 70s à la limite du ringard. L’équipe technique (décors, costumes, maquillages…) n’y est pas allé de main morte. Christian Bale, spécialiste du yoyo sur la balance, se retrouve dans la peau d’un escroc gras-du-bide atteint d’une calvitie particulièrement rebutante. Amy Adams, fière de sa ferme mais modeste poitrine, nous propose sa collection de francs décolletés tandis que Bradley Cooper campe un FBI-agent frisé que certains pourraient qualifier de burlesque. Enfin, Jennifer Lawrence fait ce qu’elle peut avec cet ingrat rôle d’épouse bafouée et manucurée, arborant une ahurissante panoplie de grosse poufiasse, pendant que Robert De Niro continue de faire le pitre en toute impunité. Seul Jeremy Renner semble avoir échappé au courroux des costumiers avec une perruque à l’ancienne presque discrète si on la compare aux accoutrements de ses partenaires à l’écran. L’ensemble de ce casting trois étoiles cabotine alors généreusement dans un univers rétro-cheap ressemblant plus à la parodie qu’à l’hommage.

still_AmericanBluff

Ce triste constat effectué, une question subsiste : reste-t-il quelque chose au-delà des moumoutes et des gesticulations ? Difficile d’y répondre tant American Bluff donne l’impression d’une superficialité absolue et d’un métrage construit comme un abusif terreau à Oscars. Certains argueront qu’il faut fouiller davantage et intellectualiseront volontiers que l’auteur atteint son but avec cette reconstitution seventies stylisée offrant un délicieux terrain de jeu à ses comédiens. Libre à eux d’y croire. Libre à eux également d’apprécier retrouver Robert De Niro dans un énième rôle de mafieux qui déclenche plus la raillerie qu’autre chose et de supporter les crises d’hystérie d’un Bradley Cooper qui n’a définitivement rien d’un grand acteur (à contrario d’un Christian Bale comme souvent impeccable). Libre à nous enfin d’apprécier les séduisants déhanchés d’Amy Adams et Jennifer Lawrence. Est-ce pour autant suffisant pour couvrir le film de récompenses et éloges ?

Avec sa mise en scène aussi mollassonne qu’insignifiante, sa longueur injustifiée et son scénario brouillon, son ton tragi-comique et sa posture incertaine entre fiction et réalité, American Bluff ne trouve jamais le bon angle et se révèle une plus belle escroquerie que celle réalisée par le tandem Irving-Sydney. Le dernier bébé de David O. Russell n’a assurément rien d’un grand film, méritant à peine son statut de divertissement satisfaisant malgré son onéreux casting. Plus de deux heures d’esbroufe pour une paire de rebondissements et quelques scènes cinématographiquement intéressantes, c’est plutôt cher payé.

La fiche
thb_BlackCoal

AMERICAN BLUFF
Réalisé par David O. Russell
Avec Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Jeremy Renner, Robert De Niro…
Etats-Unis – Comédie, Thriller
5 février 2014
Durée : 138 min




1
Poster un Commentaire

avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
0 Auteurs du commentaire
Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
trackback
[…] Arcade Fire). Les comédiens entourant Joaquin Phoenix sont tous impeccables, notamment Amy Adams (American Bluff, The Fighter) en amie fidèle et Rooney Mara (Millenium, Effets secondaires) en ex-fiancée […]