A CURE FOR LIFE | Verbinski à l’essai de la dystopie

La bande-annonce du film A Cure for Wellness est sortie le 20 octobre 2016. Une nouvelle pierre à l’édifice de Gregor « Gore » Verbinski, réalisateur de la première trilogie Pirates des Caraïbes, à qui l’on associe également le blockbuster Lone Ranger (2013) et le film d’animation Rango (2011). Une pierre un brin différente des autres, cependant. Celui qui s’est démarqué dans un cinéma de grand divertissement dit populaire, plus accessible au grand public se laisse tenter par la dystopie, genre anxiogène qui vise à dépeindre un avenir où le bonheur est proscrit. Le défi semble à portée de Gore Verbinski : A Cure for Wellness s’annonce comme une solide construction du genre, prête à se parer de toutes ses sinuosités et aspérités.

Soin et détails de mise en scène

Difficile de se distinguer dans un genre comme la dystopie, particulièrement prisée ces dernières années. Gore Verbinski s’était déjà essayé au thriller horrifique avec Le Cercle (2002) pour un résultat inégal, auquel on ne pouvait retirer cependant une certaine virtuosité dans la mise en scène et un rythme bien plus soutenu (ou du moins balisé) que l’original Ring japonais de Hideo Nakata. Ici encore, Gore Verbinski, à travers quelques images dans la bande-annonce de A Cure for Wellness, esquisse une atmosphère oppressante et paranoïaque où les couleurs, le silence, l’austérité du décor se réunissent pour installer un climat propice à l’angoisse. De plus, le cinéaste prouve une fois de plus que la mise en scène n’est pas une simple transposition d’écrit à images mais qu’elle est bien un langage qui communique à son spectateur un message. Qu’elle est donc porteuse de sens. En quelques images promotionnelles, Gore Verbinski promet plus que ses précédentes productions à destination explicite d’un public juvénile. Les jeux de reflets révèlent la silhouette psychologique de son personnage principal sans explication verbeuse. Une maturité rare si ce n’est première pour le réalisateur. De quoi décupler les attentes à l’égard de A Cure for Wellness.

Dane DeHaan Superstar

Un point majeur de la potentielle réussite du film réside dans l’interprète de son protagoniste, Dane DeHaan. L’acteur, à travers deux rôles énigmatiques dans Chronicle (2012) et Kill Your Darlings (2013), compose des performances subtiles et nuancées. En tant que jeune prodige, Dane DeHaan jongle dès ses premiers pas entre différentes émotions sans que ses personnages ne deviennent absurdes et incohérents pour autant. Ils sont finalement tous à l’image du regard impénétrable de leur acteur : aussi captivants qu’effrayants. C’est cette dualité dans le jeu qui émerveille et lui donne cette capacité à réinsuffler dans un film l’aspect intriguant et mystérieux dont il était parfois initialement dépourvu – par exemple, Kill Your Darlings. Sa présence dans A Cure for Wellness rassure puisque l’essence même d’un film dystopique, d’un thriller psychologique repose sur la complexité de l’esprit du protagoniste, dans lequel on se perd avec ravissement.

Des influences trop évidentes ?

Toutefois, A Cure for Wellness semble succomber à un défaut qu’ont fréquemment les films de ce genre : avoir des influences trop prononcées et aisément identifiables. Le film condamnera-t-il sa chance de se démarquer véritablement des autres ? Parmi ses prédécesseurs, citons notamment Shutter Island (2010), thriller paranoïaque de Martin Scorsese avec un Leonardo DiCaprio aux abords de la folie. À celui-ci s’ajoute forcément celle du roman Le meilleur des mondes (1931) d’Aldous Huxley, figure de proue iconique de la dystopie, dont la couverture ornée d’un bébé baignant dans une éprouvette n’est pas sans rappeler les dernières images de la bande-annonce ainsi que l’affiche teaser de A Cure for Wellness. À Gore Verbinski de puiser avec parcimonie dans ces différentes influences pour que son film brille de son unicité, lui qui semble enfin tenir la barre de son navire.

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