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À BRAS OUVERTS

Con-sternant

Figure de la scène littéraire et médiatique française, Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors que Fougerole fait la promotion dans un débat télévisé de son nouveau roman « A bras ouverts », invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d’appliquer ce qu’il préconise dans son ouvrage. Coincé et piqué au vif, Fougerole prend au mot son adversaire et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Mais dès le soir-même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison de Marnes-la-coquette… Les convictions des Fougerole vont être mises à rude épreuve !

… c’est une laide histoire.

Dès l’annonce du projet, le nouveau film de Philippe de Chauveron laissait échapper une odeur fétide avec son titre nitial « Sivouplééé ». Certainement refroidis par le bad buzz et pressentant la pauvreté intellectuelle du navet, Anne Dorval et François Damiens – un temps envisagés – ont rapidement jeté l’éponge, leur carrière n’ayant pas besoin de ça.

Ouille production… Ouille ouille ouille !

Renommée À bras ouverts, comme pour se racheter une virginité, avec Elsa Zylberstein et Ary Abittan en suppléants discount, la supercherie discriminatoire était donc repartie sur les rails pour parvenir jusqu’aux salles obscures en ce début de mois d’avril, comme une mauvaise farce passée de mode.

Que dire sur À bras ouverts qui n’aurait pas déjà été craint ou dénoncé ? Cette potacherie périmée faisant appel aux instincts primaires les plus sordides, estampillée « Ouille production », s’avère tellement désastreuse que son visionnage peut causer un AVC. Saleté beauf et raciste uniquement destinée à décaper encore davantage les cerveaux rassasiés aux argumentaires sécuritaires de la mère Marine, le successeur de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et Débarquement immédiat réussit à être encore plus stupide et embarrassant que ses aînés. Mieux, il se permet même un certain sexisme, bien installé derrière son épaisse couche de xénophobie. 

Des maux, rien que des maux, les mêmes maux…

Le plus terrifiant réside en la peinture du personnage d’Ary Abittan, le verbe limité (sans conjugaison) et la descente facile, qui singe avec une infâme vulgarité la syntaxe laborieuse de l’immigré ne maîtrisant pas la langue de Molière, un père rustre, macho et violent frappant régulièrement les membres de sa famille et menaçant la plus séduisante (et occidentalisée) de ses filles de vérifier son hymen après qu’elle se soit rapprochée du fiston de la Clavier family. Le reste de la troupe comporte un jeune voleur prêt à prendre la relève en appliquant les méthodes peu chevaleresques de son papa, un attardé qui chasse les taupes du jardin et suce son pouce en dormant, et un « faux-rom » marseillais beau-parleur qui ne cache pas sa xénophobie d’un bout à l’autre de la pellicule.

À bras ouverts nous ramène aux heures les plus sombres de la comédie française, dont le terrible Gangsterdam s’en était déjà fait le douloureux rappel il y a quelques jours à peine. Loin d’être « le Lionel Messi des intellos », De Chauveron est un simili-Boon qui se voudrait Chatillez, essayant de railler la gauche caviar, boxant plutôt dans la catégorie d’un Brandao que dans celle du petit génie argentin. À bras ouverts, c’est de la comédie « made in France » dans ce qu’elle a de plus détestable, utilisant la précarité et les maux sociétaux pour vendre une soupe industrielle… À ce niveau là, ce n’est pas du cynisme, c’est un cinéma d’une autre époque, presque un crime contre l’expression artistique. Que faire pour lutter contre ce fléau qui gangrène nos contrées ? Un débarquement immédiat, peut-être, une expulsion vers le pôle Nord, éventuellement ? Et puis non, les ours polaires n’ont rien fait au Bon Dieu pour récupérer de tels compagnons.

La fiche

À BRAS OUVERTS
Réalisé par Philippe de Chauveron
Avec Christian Clavier, Ary Abittan, Elsa Zylbertstein…
France – Comédie
Sortie : 5 avril 2017
Durée : 92 min




Il est 1 commentaire

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  1. Mourgues
    J’ai vu ce film qui constitue une satire corrosive et non moins pertinente de la gauche caviar prompte à dispenser des leçons de solidarité sociale pour peu qu’elles s’ exercent loin de leur microcosme doré. Je comprends que la bobosphere et la presse qui lui est toute dévouée n’aient guère apprécié de voir ainsi gausser leurs travers. Elles s’ en remettront et les Roms aussi dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils se reconnaîtront même si le trait est forcé comme dans toute comédie. La critique s’ émeut bien moins quand on moque Chtis ou Corses ou même ce Marseillais, une figure mise à mal dans ce film décrié par la bien-pensance et qui m’a fait jubiler.

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