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(critique) SUBLIMES CREATURES
| RICHARD LAGRAVENESE | FANTASTIQUE | USA | 124 MIN | 27 FEVRIER 2013 | ALDEN EHRENREICH, ALICE ENGLERT |
ETHAN WATE, UN JEUNE LYCÉEN, MÈNE UNE EXISTENCE ENNUYEUSE DANS UNE PETITE VILLE DU SUD DES ETATS-UNIS. MAIS DES PHÉNOMÈNES INEXPLICABLES SE PRODUISENT, COÏNCIDANT AVEC L’ARRIVÉE D’UNE NOUVELLE ÉLÈVE : LÉNA DUCHANNES.
MALGRÉ LA SUSPICION ET L’ANTIPATHIE DU RESTE DE LA VILLE ENVERS LÉNA, ETHAN EST INTRIGUÉ PAR CETTE MYSTÉRIEUSE JEUNE FILLE ET SE RAPPROCHE D’ELLE.
IL DÉCOUVRE QUE LENA EST UNE ENCHANTERESSE, UN ÊTRE DOUÉ DE POUVOIRS SURNATURELS ET DONT LA FAMILLE CACHE UN TERRIBLE SECRET.
MALGRÉ L’ATTIRANCE QU’ILS ÉPROUVENT L’UN POUR L’AUTRE, ILS VONT DEVOIR FAIRE FACE À UNE GRANDE ÉPREUVE : COMME TOUS CEUX DE SA FAMILLE, LENA SAURA À SES SEIZE ANS SI ELLE EST VOUÉE AUX FORCES BÉNÉFIQUES DE LA LUMIÈRE, OU À LA PUISSANCE MALÉFIQUE DES TÉNÈBRES… Etonnamment bien accueilli par la presse et certaines plumes de la blogosphère, le successeur de Twilight était annoncé comme une réussite honorable valant davantage le détour. Je préfère vous mettre en garde contre cette suspicieuse rumeur : elle est complètement fausse ! En effet, Sublimes Créatures est un navet comme on n’en fait peu (en fait, si, on en fait trop ces temps-ci). Si Twilight vous donnait envie de vous arracher les yeux et les oreilles, l’adaptation de 16 Lunes produira un effet similaire. Dialogues d’une pauvreté consternante, personnages caricaturaux et niais à en mourir, intrigue imaginée par une ado de 13 ans… On frôle le néant cinématographique et artistique. Tout dans ce film est à jeter : acteurs, personnages, intrigue, musique, direction artistique, générique. On se croirait dans un épisode des mauvaises saisons de Charmed – si tant est qu’il y en ait eu des bonnes. Les effets spéciaux frôlent l’amateurisme et le tandem d’acteurs transpire la nullité par chaque pore de leur peau adolescente. Une mièvrerie néo-gothique digne d’un mauvais téléfilm vendu sous la tagline consternante « Vous avez aimé Twilight, vous adorerez Sublimes créatures ». On vous aura prévenus. La présence du navrant Alden Ehrenreich, déjà consternant dans l’horrifiant Twixt, aurait du nous mettre la puce à l’oreille…
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[critique] A SINGLE MAN

| TOM FORD | USA | 100 MIN | 24 FEVRIER 2008 | COLIN FIRTH, JULIANNE MOORE, NICHOLAS HOULT |
La bande-annonce laissait déjà présager du meilleur. Le film met la barre encore plus haut. Pour sa première réalisation, Tom Ford réalise un long-métrage sublime en tous points de vue. La photographie est exceptionnelle, les plans sont d’une beauté renversante avec des nuances de couleur subtiles et un esthétisme éclatant. Si certains cinéastes confirmés essaient constamment de montrer leur savoir-faire, Tom Ford ne se force pas, il transpire le talent, la classe et la finesse.
Son écriture est éblouissante d’intelligence et de sagacité. Son film a la beauté d’un Wong Kar Waï, la force dramatique et l’esthétisme élégant d’un Pedro Almodovar. Il filme ses acteurs comme s’ils étaient James Dean, Elizabeth Taylor ou Brigitte Bardot. Colin Firth, pas toujours à son aise dans certaines comédies romantiques faciles, est bouleversant, superbe, parfait de sobriété et de retenue. Si l’Academy des Oscars faisait des choix pertinents – ce qui est rarement le cas, elle avait déjà oublié Mickey Rourke l’an dernier – récompenser l’acteur britannique aurait été rien d’autre que logique tellement il incarne magnifiquement ce professeur d’université accablé et brisé depuis la disparition tragique de son compagnon.
Heureusement, la Mostra de Venise aura une fois de plus réparé l’injustice en lui offrant le prix d’interprétation masculine ô combien mérité. Julianne Moore et Nicholas Hoult ne sont pas en reste. La première incarne sa meilleure amie, une femme superbe et pourtant insatisfaite qui s’abîme dans l’alcool, la résignation et l’apitoiement. Le second, inoubliable Tony Stonem dans la série britannique Skins, incarne cet étudiant curieux, culotté et solitaire, qui semble être le seul à percevoir cet insondable désespoir qui envahit l’âme de George. Et enfin, que dire de la partition d’Abel Korzeniowski, si raffinée et poignante, qui compose la plus belle bande originale que j’ai pu entendre ces dernières années. Bref, du travail d’orfèvre à tous les niveaux d’une maîtrise ébouriffante. A single man est au final mon plus gros coup de cœur cinématographique des trois dernières années.
Un grand cinéaste est né. Son premier chef d’œuvre : A single man. Un bijou d’esthétisme, d’intelligence, de subtilité et d’émotion.





Le bleu du miroir
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