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fév
21

(critique) DIE HARD 5 : UNE BELLE JOURNEE POUR MOURIR

JOHN MOORE | ACTION | USA  | 96 MIN | 20 FEVRIER 2013 | BRUCE WILLIS, MARY ELIZABETH WINSTEAD

JOHN MCCLANE, LE FLIC QUI NE FAIT PAS DANS LA DEMI-MESURE, EST VRAIMENT AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT APRÈS S’ÊTRE RENDU À MOSCOU POUR AIDER SON FILS JACK, QU’IL AVAIT PERDU DE VUE. CE QU’IL IGNORE, C’EST QUE JACK EST EN RÉALITÉ UN AGENT HAUTEMENT QUALIFIÉ DE LA CIA EN MISSION POUR EMPÊCHER UN VOL D’ARMES NUCLÉAIRES. AVEC LA MAFIA RUSSE À LEUR POURSUITE ET LA MENACE D’UNE GUERRE IMMINENTE, LES DEUX MCCLANE VONT DÉCOUVRIR QUE LEURS MÉTHODES RADICALEMENT DIFFÉRENTES VONT AUSSI FAIRE D’EUX DES HÉROS QUE RIEN NE PEUT ARRÊTER. Cinquième volet des (mes)aventures de John McClane et sa famille (dans le 4 la fille, dans le 5 le fiston), A good day to Die Hard est une suite sans aucune espèce d’intérêt. Film bourrin et écervelé au scénario affreusement inconsistant et à la mise en scène sans imagination, ce nouveau chapitre est une déception en tous points. Si le 4e volet avait déjà été frustrant en comparaison au premier et au troisième épisode, ce dernier opus est un plantage dans les règles de l’art. Bruce Willis débite ses tirades sans conviction et son fiston manque cruellement d’épaisseur. Leur relation contrariée est mortellement clichée. « Je suis en vacances » répète McClane senior en boucle, comme un vieux radoteur. Peut-être aurait-il bien fait d’y rester, en vacances, car ce médiocrissime volet risque bien d’enterrer la franchise. 

nov
8

[critiques] SINISTER vs PARANORMAL ACTIVITY 4

Par Wilyrah  //  2012, Made in the US, Moyen  //  17 commentaires

Synopsis (Sinister) : Ellison est un auteur de romans policiers inspirés de faits réels. Dans l’espoir d’écrire un nouveau livre à succès, il emménage avec sa famille dans une maison où les anciens propriétaires ont été retrouvés inexplicablement pendus. Ellison y découvre dans le grenier des bobines 8mm contenant les images de meurtres d’autres familles. Qui a filmé ces tueries et pour quelle raison ? Ellison va tenter de répondre à ces questions tandis que le tueur présumé, une entité surnaturelle présente sur les films, menace de plus en plus sa famille.

En cette période de Toussaint où l’on célèbre les défunts, nos amis les producteurs et distributeurs ont choisi de leur donner le pouvoir en trustant les salles françaises de début novembre avec Paranormal Activity 4 et Sinister. Sortis à une semaine d’intervalle, les deux films boxent dans la même catégorie du « fais-moi peur avec tes found footages » et visent à priori le même public de jeunes en quête de frisson et de manifestations surnaturelles.

Le premier (PA4) reprend les recettes habituelles de la franchise tandis que le second (Sinister) tente d’imposer une patte plus soignée dans la réalisation et plus originale avec la découverte de bobines de films Super 8 – d’accord, c’est ceci dit un format qui est super-hype. Inévitablement, il y a donc contraste entre PA4 et Sinister même si les deux métrages sont produits par les mêmes personnes. D’un côté, on a un écrivain sur le déclin campé par Ethan Hawke (un vrai bon acteur donc) qui va directement dans la gueule du loup pour s’attirer des ennuis – bon ok, pour écrire un livre à sensations, c’est un peu pareil – et de l’autre une simili-Dakota pucelle de 15 ans qui commence à trouver son petit voisin assez creepy – et on peut la comprendre. Le premier, Ellison, visionne des vieux films sur pellicule tandis que la seconde, Alex, bricole avec son boyfriend quelques enregistrements par le biais de ses gadgets estampillés Apple. On voit que les créateurs ont essayé d’apporter un brin de nouveauté en apportant de l’inédit (pellicules Super 8, webcam du MacBook, capteurs Kinect de la X-box…) mais le concept reste grosso-modo le même : petits enfants possédés déambulant en pleine nuit, apparitions de silhouettes troublantes, symboles anciens dessinés sur les murs, rituels maléfiques et coutumes ancestrales, parties de cache-cache avec les esprits, bruits sourds, surgissements soudains, portes et fenêtres capricieuses… ces effets bien connus ont prouvé leur efficacité.

La logique voulait donc que je m’ennuie fermement devant les deux comme je m’étais ennuyé devant Insidious l’an dernier. Et si bonne surprise il y avait, il aurait fallu chercher du côté d’Ethan Hawke davantage que de celui du film de franchise lucrative destiné à faire sursauter de la pimbêche à frange. Que nenni. Sinister s’est rapidement affirmé comme le successeur d’Insidious avec son esprit maléfique grotesque et m’a particulièrement agacé au fil du visionnage entre les sursauts efféminés et ridiculement exagérés de mon grand voisin de droite et ce dénouement soi-disant terrifiants qui ne fonctionnait pas. Paranormal Activity 4 a le mérite de ne pas péter plus haut que son derche et ne révolutionnera pas le genre mais force est de constater qu’après 4 films la machine est désormais bien huilée et la mécanique efficace. En innovant sur les prises de vue (comme ce fut déjà judicieusement le cas avec la caméra-ventilo dans PA3) et variant les supports ainsi que le casting, la saga parvient à trouver un souffle plus intéressant même si les dénouements laissent toujours un peu à désirer. Une maîtrise de la tension qui joue habilement sur l’anticipation de la terreur plus forte que la terreur elle-même.

Conclusion : si vous cherchez à frémir pendant ces vacances halloweenesques, c’est vers Paranormal Activity 4 qu’il faudra vous tourner – privilégiez les séances de 22h pour ne pas être dérangés par les ados mal élevés. A moins que vous ne préfériez les manifestations maléfiques qui s’étalent des tartines de peintures sur la tronche et font apparaître quelques bestioles rampantes peu sympathiques, alors optez pour Sinister plastiquement plus soigné. 

 PARANORMAL ACTIVITY 4 ●/●●
HENRY JOOST, ARIEL SCHULMAN | USA | 95 MIN | 31 OCTOBRE 2012 | KATHRYN NEWTON, BRADY ALLEN

 

 SINISTER ●
SCOTT DERRIKSON | USA | 110 MIN | 7 NOVEMBRE 2012 | ETHAN HAWKE, FRED THOMPSON
juil
22

[critique] THE DARK KNIGHT RISES

CHRISTOPHER NOLAN | USA | 164 MIN | 25 JUILLET 2012 | C. BALE, G. OLDMAN, T. HARDY, M. CAINE, J. GORDON-LEVITT

Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent. Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…

Après un second volet qui avait mis tout le monde d’accord (The Dark Knight) et un thriller dantesque et renversant (Inception), Christopher Nolan boucle sa trilogie Batman avec un troisième et ultime volet sollicitant une attente énorme et déclenchant tous les fantasmes. Ayant pris le soin de revoir la veille Batman Begins (grand bien m’en a pris), je suis fin prêt pour découvrir le conclusion des aventures de Batman. Malgré l’immense déception ressentie après l’annonce du désistement de l’équipe du film imposé par la Warner Bros après les terribles évènements d’Aurora, l’excitation et l’impatience reprenaient progressivement le dessus en fin d’après-midi au milieu des fans enthousiastes et parfois déguisés. Lorsque les lumières s’éteignent enfin – après une présentation sobre et appropriée d’un dirigeant du Grand Rex – le film tant attendu peut enfin commencer.

Après un prologue de haute voltige plutôt spectaculaire, le rythme se fait assez lent et la première demie-heure s’avère assez poussive. La mise en place de l’intrigue, la transition avec le(s) volet(s) précédent(s) et la présentation des nouveaux protagonistes ainsi que leurs rôles et leurs motivations sont un peu denses et confuses, si bien que l’on se demande s’il ne va pas faire les frais de son immense ambition. Heureusement, The Dark Knight Rises trouve progressivement son rythme de croisière et va voir son intensité croître sans cesse jusqu’à la conclusion digne d’une saga maîtrisée par un Christopher Nolan inspiré qui aura su imposer sa patte et sa vision réaliste et contemporaine de l’univers de Batman et du personnage de Bruce Wayne, humain et faillible.

Si ce troisième volet souffre parfois de coupures scénaristiques regrettables car évidentes nous faisant regretter la pression des studios pour le faire tenir en moins de 3h (Nolan affirmait que le film aurait initialement du/pu durer plus de 3h30) et espérer la sortie éventuelle d’une version longue, la multitude des personnages trouve toutefois un équilibre quasi choral où le sort de chacun paraît lié à celui d’autres habitants de Gotham. Nolan se paie même le luxe de ne pas faire apparaître le Caped Crusader avant une bonne heure de film, privilégiant le développement de l’histoire de ses protagonistes.

Bruce Wayne truste donc l’écran, campé par un Christian Bale impeccable et plus intense que dans The Dark Knight. A ses côtés, le vétéran Gary Oldman et le jeune Joseph Gordon-Levitt continuent d’impressionner par la richesse de leurs jeux dans des rôles pourtant assez classiques de (fidèles) lieutenants. Autre vétéran, Michael Caine continue d’être aussi discret que bon et s’affirme à chaque métrage comme un fidèle abonné aux épilogues (inoubliables) de la filmographie de son ami Christopher Nolan. Face à cette équipe de loyaux acolytes, Tom Hardy livre une prestation bestiale assez captivante mais celui-ci souffre non seulement de la comparaison avec l’inqualifiable performance de Heath Ledger en Joker mais également de ce masque buccal qui dissimule une bonne partie de son visage. Côté féminin, on note une bonne et une mauvaise surprise. Le choix d’Anne Hathaway pour incarner Selina Kyle (aka Catwoman) m’avait laissé très sceptique. Force est de constater qu’elle a su s’imposer et relever haut la main sa mission de donner une nouvelle version du personnage après la jouissive prestation de Michelle Pfeiffer dans Batman Returns. Marion Cotillard en revanche, si lumineuse dans le dernier Audiard, manque complètement son coup. Bouffie et maniérée, la française campe une Miranda Tate plutôt fade et aussi peu convaincante que l’évolution de son personnage ou de sa relation avec Bruce Wayne (Nolan et les histoires sentimentales, ça fait deux…).

Côté technique, la mise en scène de Nolan manque parfois d’imagination car trop appliquée à respecter les codes et exigences hollywoodiennes d’une telle franchise. Néanmoins, il conserve les thématiques qui lui sont chères telles que la paranoïa, le pouvoir, les déséquilibres économiques et sociaux de notre société, le sacrifice et la dévotion. Il impose également toujours ses choix en terme d’effets spéciaux toujours aussi confondants de réalisme que de puissance. Son scénario, écrit à nouveau avec la complicité de son frère Jonathan, semble avoir souffert des interventions des exécutifs et comporte quelques éléments que l’on peut deviner ou anticiper (développement de l’intrigue, légende de Batman…) mais il conserve la force et l’efficacité qu’on lui connaît avec une montée en puissance incroyable jusqu’à un final euphorisant pour tout fan de Batman (mythologie, symbolique, filiation…) en forme de climax refermant une boucle épique de façon grandiose – que la salle entière ne manquera de saluer avec une ferveur exceptionnelle pendant que résonne le majestueux thème du Chevalier Noir de Hans Zimmer.

Malgré une comparaison inévitable avec le précédent volet qui fait désormais figure de référence absolue en matière de film de super-héros et quelques élipses scénatistiques maladroites et parfois un peu gênantes (on exige une version longue !), The Dark Knight Rises conclue la trilogie en beauté en offrant un dénouement épique et grandiose à l’aventure Batman que Christopher Nolan aura menée d’une main de maître. Une saga parfois maudite qui marquera à n’en pas douter l’histoire du cinéma et ce début de 21ème siècle.

 THE DARK KNIGHT RISES ●●●

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Elle aura été marquée par de nombreux sentiments. Le stress et l’abnégation pour obtenir le précieux sésame (pas-bravo la Warner). L’excitation de l’attente. Le choc et la déception après les incidents et les annulations. Le ravissement du prologue. Le scepticisme de la première demie-heure un peu molle du genou. Le plaisir de retrouver l’homme chauve-souris (saluée avec allégresse par la foule). Le ravissement des oppositions Batman/Bane et Batman/Selina. La montée en puissance de la dernière heure. Les cinq dernières minutes carrément grisantes où le public s’en donnait à coeur joie. La standing ovation immédiate et fervente avant même le fondu au noir du générique durant lequel chaque nom sera vivement acclamé à l’exception de celui de M. Cotillard (C. Bale, J. G-Levitt et surtout C. Nolan l’emportant à l’applaudimètre). Au final, malgré l’immense déception de la non-présence de l’équipe, ce fut une expérience assez extra-ordinaire au milieu des fans du comics, des gens déguisés, des fans de Nolan, des cinéphiles. Un véritable plaisir – que la triste tuerie américaine aura teinté d’émotion et d’amertume – avec un hommage rendu par les fans ayant déposé des roses et des drapeaux français et américains devant l’écran.

juil
4

[critique] THE AMAZING SPIDER-MAN

Par Wilyrah  //  2012, Assez bon, Made in the US  //  12 commentaires

MARC WEBB | USA | 137 MIN | 4 JUILLET 2012 | ANDREW GARFIELD, EMMA STONE, RHYS IFANS

Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d’accepter son parcours. Amoureux pour la première fois, lui et Gwen Stacy découvrent les sentiments, l’engagement et les secrets. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…

Pas spécialement amateur des aventures de Peter Parker lors de la trilogie de Sam Raimi – même si le deuxième opus était plutôt réussi – je me suis rendu en salles afin de découvrir le reboot de la saga Spiderman orchestré par Sony et promu en grandes pompes lors de ces dernières semaines. Il y avait eu l’avant-première où le distributeur avait les petits plats dans les grands avec un nouveau réalisateur (Marc Webb, dont le premier film (500) jours ensemble valait le détour) et un tout nouveau casting : l’excellent Andrew Garfield (que l’on avait découvert dans le formidable Boy A puis Never Let Me Go) campant le héros Spidey/Parker, la délicieuse Emma Stone en girlfriend de Parker et enfin Rhys Ifans en savant-méchant du film. Je n’avais pas voulu casser la tirelire pour cela, mon intérêt étant assez limité et à chercher de ce côté là.

J’ai donc découvert ce reboot dès sa sortie en projection 3D et le résultat est mitigé. Les effets spéciaux sont plutôt bons et la 3d assez efficace. L’intrigue en revanche est plus paresseuse et sans surprise. Au final, l’intérêt se trouve plutôt dans ses personnages et les liens qu’il parvient à tisser entre eux (Peter, sa famille, Gwen, le savant…). Marc Webb est un bon faiseur mais il reste un peu trop bon élève en respectant à la lettre le cahier des charges et ne renouvelle pas vraiment l’univers – pas de gros coup de frais : Raimi/Webb, peu de différences. Seul le personnage de Peter Parker gagne en profondeur. Moins infaillible, moins propret, plus sarcastique, Andrew Garfield donne une épaisseur que Tobey Maguire n’avait jamais su apporter au super-héros adolescent. Emma Stone de son côté joue son rôle parfaitement. Drôle, attachante, craquante, elle fait rapidement oublier la pénible Mary-Jane de K. Dunst. Rhys Ifans en revanche a un peu de mal à de dépêtrer d’un rôle sans grande imagination.

Ce reboot de la saga de l’homme-araignée n’a pas de grand intérêt si ce n’est son casting. Efficace, drôle et divertissant, The Amazing Spider-Man reste tout de même assez prévisible. La seule valeur ajoutée se trouve dans son nouveau tandem, plus talentueux et plus attachant.  

 THE AMAZING SPIDER-MAN ●
avr
7

[critique] HUNGER GAMES

Par Wilyrah  //  2012, Bon, Coup de cœur, Made in the US  //  18 commentaires

GARY ROSS | USA | 194 MIN | 21 MARS 2012 | JENNIFER LAWRENCE, WOODY HARRELSON, STANLEY TUCCI

Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l’Amérique du Nord, le Capitole, l’impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille – les « Tributs » – concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s’être rebellée et stratégie d’intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s’affronter jusqu’à la mort. L’unique survivant est déclaré vainqueur.

Après avoir dévoré la trilogie littéraire de Suzanne Collins, qui ressemble bien plus à la digne héritière de JKR que l’infâme Stephenie Meyer, c’est avec impatience mais aussi une légère appréhension que je me suis rendu au cinéma pour découvrir l’adaptation sur grand écran du premier et palpitant tome de Hunger Games.

Sans grande surprise, Jennifer Lawrence confirme très rapidement une évidence : elle est parfaite dans le rôle de Katniss Everdeen. Sa qualité et sa variété d’interprétation permettent de bien transposer à l’écran les états d’âme de l’héroïne d’un livre écrit à la première personne. A ses côtés, les seconds rôles font plutôt bien leur travail avec des acteurs expérimentés comme Woody Harrelson, Stanley Tucci et Donald Sutherland. Les jeunes personnages/combattants en revanche n’ont pas été suffisamment étoffés et paraissent un peu trop archétypaux à l’écran, ce qui rend leur exécution moins dérangeante ou émouvante. Dans une partie « arène » trop expédiée, seule la relation entre Kat et Rue fait naître de la compassion pour cette épreuve traversée par Katniss qu’on ne ressent autrement pas, offrant d’ailleurs la plus belle séquence du film lors de l’hommage qu’elle lui rend. On regrettera enfin la retranscription à l’écran de sa relation avec Peeta, pas assez représentative de son ambiguïté et des raisons de leur rapprochement. Le prochain volet devrait certainement corriger cette négligence. 

Côté mise en scène, on regrettera les contraintes avec lesquelles a dû composer le réalisateur Gary Ross, ce qui l’empêche de véritablement montrer les combats ou les mises à mort. C’est la règle du jeu lorsqu’on ne veut pas perdre des spectateurs trop jeunes. Malgré tout, on peut se féliciter du travail accompli par Gary Ross, pas épargné par les critiques, qui apporte une patte intéressante au film en restant fidèle au matériau, bien aidé par l’auteure elle-même sur le script. Enfin, on félicitera les responsables des costumes et des décors pour leur respect et leur compréhension de l’univers imaginé par Suzanne Collins. 

Porté par une Jennifer Lawrence impeccable, ce premier volet de la saga Hunger Games, quelque part entre le mythe de Thésée et le film Battle Royale, est une réussite appréciable et relativement fidèle à l’esprit du livre même si l’on regrettera que la richesse du bouquin ait été un peu affaiblie (scénaristiquement, psychologiquement) ou édulcorée pour rentrer dans le cadre du PG13 américain.

 HUNGER GAMES ●●/●●●
sept
22

[ugc] DESTINATION FINALE 5 *

Comme ses prédécesseurs, DF5 est un peu l’équivalent d’un film porno : il ne se préoccupe ni de la consistance de ses personnages ou de l’intrigue, ni de la performance de ses comédiens ou encore de la crédibilité des situations. Non, tout ce qui importe est finalement dans quelle configuration la bombasse va y passer. Toute scène intermédiaire ne sera là que pour meubler et faire attendre le spectateur venu voir du sexe sang.


STEVEN QUALE | USA | 92 MIN | 31 AOUT 2011 | NICHOLAS D’AGOSTO, EMMA BELL
juil
15

[critique] HARRY POTTER & THE DEATHLY HALLOWS – part 2 **

Hp72

BanHP72

Dans la 2e Partie de cet épisode final, le combat entre les puissances du bien et du mal de l’univers des sorciers se transforme en guerre sans merci. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui peut être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort.

It all ends. Après presque dix ans, les aventures de Harry Potter se terminent avec cette deuxième partie des Reliques de la Mort. Si la première partie avait été une grande satisfaction et certainement la meilleure adaptation de la saga, cette conclusion laisse un léger sentiment de frustration.

Si le cahier des charges est plutôt rempli, on regrettera que ce terroriste de Steve Kloves ait encore – après de scandaleuses coupures qui avaient complètement ruiné ce sixième volet – écrit un scénario indigne de l’œuvre de J. K. Rowling, par des raccourcis et des simplifications plus que regrettables. La conclusion grandiose et dramatiquement intense de la saga ne devient presque qu’une bataille brouillonne et précipitée alors qu’il y avait vraiment de quoi conclure en beauté en prenant son temps et en étoffant certaines séquences. Heureusement, celle du Prince’s Tale, plus beau chapitre de la saga littéraire, est plutôt réussie (même si on l’aurait souhaité un peu plus longue) et bouleversante. On louera d’ailleurs l’interprétation de Alan Rickman, à nouveau remarquable et irréprochable. On n’en dira pas autant des autres acteurs, tant les plus jeunes que les plus expérimentés, qui semblent généralement tous surjouer pour rendre leurs personnages et leurs scènes plus grandiloquents. L’émotion naît d’ailleurs davantage grâce à la très belle partition de Alexandre Desplat qu’à la qualité et à l’intensité d’interprétation du casting.

Côté visuel, pas grand chose à dire, l’artillerie lourde est bien présente : la 3D est superbe et les effets spéciaux également. La réalisation de David Yates est plutôt satisfaisante (parfois très réussie, parfois un peu plate) même si on regrettera qu’il n’ait pas poursuivi sur sa lancée de la 1ère partie où il prenait véritablement le temps afin de donner plus de dimensions aux scènes clés, aux enjeux et aux émotions des protagonistes. Ici tout paraît un peu survolé comme si le navire était trop imposant. Et comme c’est à la fin du parcours qu’on remet les diplômes, on décernera la mention honorable à cette deuxième partie et la mention bien à l’ensemble de la saga qui aura su pendant une décennie maintenir une qualité et une régularité rarement observées sur une série de huit films.


DAVID YATES | USA/UK | 122 MIN | 13 JUILLET 2011 | DANIEL RADCLIFFE, EMMA WATSON, RUPERT GRINT
nov
28

[critique] HARRY POTTER & THE DEATHLY HALLOWS – PART 1 ****

Par Wilyrah  //  2010, Made in the UK, Très bon  //  7 commentaires

HP7

Le pouvoir de Voldemort s’étend. Celui-ci contrôle maintenant le Ministère de la Magie et Poudlard. Harry, Ron et Hermione décident de terminer le travail commencé par Dumbledore, et de retrouver les derniers Horcruxes pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais il reste bien peu d’espoir aux trois sorciers, qui doivent réussir à tout prix.

Après un cinquième film agréablement surprenant et un sixième très discutable en terme de choix scénaristiques – les périples dans le passé de Voldemort ayant été outrageusement réduits au profit d’intrigues amoureuses tournant un peu en rond – David Yates redresse la barre pour cette première partie du dernier chapitre des aventures de Harry Potter. Le fait d’avoir scindé le dernier tome en deux permet une fidélité à l’égard de l’œuvre beaucoup plus intéressante (on regretterait presque que ce choix n’eut été fait plus tôt, pour l’adaptation du précédent tome notamment !) et forcément une restitution bien plus convaincante. Pas d’oublis majeurs dans ce troisième film de Yates, qui prend le temps de poser les bases d’une conclusion qui s’annonce grandiose. 

De l’autre côté de la caméra, on constate avec satisfaction que le trio d’acteurs semble avoir énormément gagné en maturité dans leurs interprétations. Emma Watson donne enfin l’impression de ne pas surjouer à chaque séquence et elle se détache assez nettement de ses deux partenaires, qui ont toutefois l’occasion d’étoffer un peu leur jeu dans cette première partie quasi-initiatique, au ton (presque trop) mélancolique et désillusoire. A leurs côtés s’illustrent inévitablement la diabolique Helena Bonham-Carter et le toujours aussi charismatique Alan Rickman, bien secondés par un casting de plus en plus étoffé réunissant la crème de la crème (anglaise) avec entre autres Rhys Ifans, Peter Mullan, Timothy Spall, Bill Nighy, Imelda Stauton…

Si l’on regrette un certain manque de rythme et une atmosphère qui « se cherche » un peu entre la noirceur, la mélancolie, la peur et le sinistre, on savoure certains passages comme celui racontant le Conte des Trois Sorciers ou l’excursion inquiétante à Godric’s Hollow – qu’on aurait même souhaité plus longue. Quelques défauts mais beaucoup de choses prometteuses dans cette première partie, avec notamment dix premières minutes de grande qualité. On attend donc impatiemment la sortie de la seconde l’été prochain pour tourner la dernière page des aventures du sorcier à lunettes qui nous auront accompagné pendant presque une décennie.

mai
19

[avp] STAR WARS ép.3 : LA REVANCHE DES SITH *

La guerre des étoiles a commencé

Un film grandiose au niveau des effets spéciaux et de la mise en scène qui ferme (définitivement?) la page Star Wars de façon magistrale. Hayden Christensen joue un Anakin tiraillé entre son devoir de Jedi et l’amour qu’il porte à Padmé. On se rend compte que sa puissance mais aussi de ses limites. L’acteur a d’ailleurs énormément gagné en profondeur d’interprétation.

Les autres en revanche sont très décevants, et ce serait même le petit bonhomme vert alias Yoda qui serait le plus doué et le plus crédible. Portman et McGregor alternent bonnes séquences et scènes peu crédibles. Mais ça devient une habitude les mauvais jeux d’acteurs dans Star Wars – même si on leur pardonne car ce sont deux bons acteurs, et que Natalie est tellement belle, que même quand elle est morte, Padmé a toujours la classe.

Je dirais également que Lucas a peut-être été trop limite quand Anakin devient Dark Vador, quand il se range du côté du Chancelier. Dommage. Car pour tout le reste, je trouve que ce film conclue brillament cette longue et historique saga interplanétaire. Cependant, malgré le fait que c’était l’avant-première et tout ce que ça implique (fans déguisés, applaudissements et excitation générale), je suis sorti assez indifférent de ce film.
L’évènement vaut le détour, alors faites le mouton pour une fois et allez-y. Mais si vous n’êtes pas mega-fan, voyez-le comme un blockbuster réussi avec des effets spéciaux de fou.

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GEORGE LUCAS | USA | 140 MIN | 18 MAI 2005 | HAYDEN CHRISTENSEN, EWAN MCGREGOR, NATALIE PORTMAN

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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