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(critique) MAMA
| ANDRES MUSCHIETTI | FANTASTIQUE | ESP-CAN | 100 MIN | 15 MAI 2013 | JESSICA CHASTAIN, NICOLAJ COSTER-WALDAU |
IL Y A CINQ ANS, DEUX SŒURS, VICTORIA ET LILY, ONT MYSTÉRIEUSEMENT DISPARU, LE JOUR OÙ LEURS PARENTS ONT ÉTÉ TUÉS. DEPUIS, LEUR ONCLE LUCAS ET SA PETITE AMIE ANNABEL LES RECHERCHENT DÉSESPÉRÉMENT. TANDIS QUE LES PETITES FILLES SONT RETROUVÉES DANS UNE CABANE DÉLABRÉE ET PARTENT HABITER CHEZ LUCAS, ANNABEL TENTE DE LEUR RÉAPPRENDRE À MENER UNE VIE NORMALE. MAIS ELLE EST DE PLUS EN PLUS CONVAINCUE QUE LES DEUX SŒURS SONT SUIVIES PAR UNE PRÉSENCE MALÉFIQUE… En deux ou trois ans, Jessica Chastain aura su s’imposer à Hollywood et démontré qu’elle savait s’entourer et bien choisir ses rôles. Toujours impeccable, en premier (Zero Dark Thirty) comme en second rôle (La couleur des sentiments, The Tree of Life, Des hommes sans loi, Take Shelter…), lorsque l’on retrouve l’actrice américaine à l’affiche d’un thriller fantastique espagnol produit par Guillermo Del Toro aux côtés du régicide de Game of Thrones, on ne peut que s’attendre à un projet intéressant dans la lignée de L’orphelinat ou du Labyrinthe de Pan. Malheureusement, dès les premières minutes, on voit la catastrophe arriver (autant le naufrage cinématographique que l’accident de voiture du papa dépassé). Affublée d’un look émo-cheap et d’une coiffure ringarde, soi-disant inspirée de la dégaine d’Alice Glass (chanteuse du groupe Crystal Castles), Chastain s’efforce tant bien que mal de faire tenir le film sur ses frêles épaules. Malheureusement, il est difficile de croire en cette histoire de gamines possédées par un esprit malin plutôt possessif (qui s’avèrera être celui d’une mère à qui on avait enlevé son enfant) après avoir été livrées à elle-même pendant plusieurs années, seules au fond d’un cabanon perdu en pleine forêt canadienne. Et pourquoi pas allaitées par un caribou tant qu’on y est ?Malheureusement, le massacre ne s’arrête pas là.Mise en scène, effets spéciaux, musique, photographie, tout est dans Mama est d’une laideur si consternante que même un mauvais téléfilm vraiment daté pourrait facilement l’égaler voire le surpasser. À croire que la sélection de Gerardmer devait réunir seulement quelques étudiants d’arts du spectacle pour que le navet de Muschietti soit récompensé car disons-le clairement, Mama est comme la voiture du père meurtrier : il ne tient pas la route.
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[critique] CAMILLE REDOUBLE
| NOÉMIE LVOVSKY | FRANCE | 115 MIN | 12 SEPTEMBRE 2012 | N. LVOVSKY, S. GUESMI, Y. MOREAU, V. LACOSTE, D. PODALYDES |
Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Eric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille… 25 ans plus tard : Eric quitte Camille pour une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé. Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Eric. Va-t-elle fuir et tenter de changer leur vie à tous deux ? Va-t-elle l’aimer à nouveau alors qu’elle connaît la fin de leur histoire ?
Après Les sentiments qui réunissait un quatuor d’acteurs français de luxe (Bacri, Baye, Carré, Poupaud) qui traitait de l’adultère et de l’usure du couple avec humour et finesse, Noémie Lvovsky retrouve l’adolescence et ses premiers émois avec une vitalité et une nostalgie qui envahissent l’écran. Vieux walkman K7, vieux tubes disco (Walking on sunshine), vieilles doudounes bibindome et collants de laine aux couleurs bien tapantes, grosses permanentes douteuses, etc. Elle retrouve aussi et surtout ses parents, qui ne sont alors pas encore décédés, et celui qui sera l’homme de sa vie (avant qu’il ne la quitte vingt cinq ans plus tard).
Beaucoup saluent l’humour du film, indéniable. J’en retiens surtout la mélancolie qu’il dégage et qui nous suit longtemps après la projection : le manque de ceux qui nous ont quitté, les regrets, l’acceptation de ces choix et erreurs qui nous ont forgé. Si le postulat de départ est déjà vu, le traitement est plutôt subtil et sympathique avec une ambiance générale qui nous laisse un mélange de satisfaction et de tristesse comme si l’on repensait nous aussi à notre adolescence. Côté casting, outre la performance impeccable dans le rôle principal de l’actrice-réalisatrice, on regrette des seconds rôles pas toujours à la hauteur – surtout du côté des jeunes. Chez les « vieux », on saluera la belle prestation de Yolande Moreau qui, débarrassée de son infâme chevelure, devient soudainement un personnage très attachant. Denis Podalydès n’est pas non plus en reste, même si sa dernière séquence frôle le grotesque – sans que la responsabilité lui soit imputable.
Un film personnel, sensible et lesté d’une nostalgie parfois presque bouleversante bien que le métrage accuse en chemin quelques longueurs qui laissent l’enchantement s’évaporer avant qu’il ne se conclue par une séquence d’une finesse et d’une justesse caractéristique du cinéma de son auteure : réalisme, optimisme, fatalisme et émotion.
| CAMILLE REDOUBLE ● |
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[critique] DU VENT DANS MES MOLLETS
| CARINE TARDIEU | FRANCE | 89 MIN | 22 AOÛT 2012 | JULIETTE GOMBERT, AGNES JAOUI, ISABELLE CARRE |
Prise en sandwich entre des parents qui la gavent d’amour et de boulettes, Rachel, 9 ans, compte les minutes qui la séparent de la liberté. Jusqu’au jour où son chemin croise celui de l’intrépide Valérie.
Après La tête de maman, la réalisateur Carine Tardieu continue de s’intéresser à ce qui se passe dans la vie des enfants. Celle-ci adapte la bande-dessinée de Raphaële Moussafir avec qui elle a collaboré pour écrire le scénario et les dialogues du film. Se déroulant dans les années 80, Du vent dans mes mollets raconte l’histoire de la jeune et timide Rachel qui voit débarquer l’intrépide et espiègle Valérie dans sa classe. Beaucoup moins réservée et bien plus culottée, elle va permettre à sa camarade de se libérer de ses peurs et de l’emprise étouffante – bien que bienveillante – de ses parents. On suit d’ailleurs également le sort de ces deux parents au passé difficile et à la vie de couple désormais un peu trop monotone. Agnès Jaoui et Denis Podalydès sont impeccables, la première drôle et attachante et le second comme à son habitude attendrissant avec sa mine penaude de brave gars. Les deux gamines ont été particulièrement bien castées parmis 500 candidates avec l’adorable Juliette Gombert pour camper Rachel et la dynamique Anna Lemarchand pour dynamiter cet univers un peu trop figé.
Comme pour La tête de maman, il y a de belles trouvailles et de jolies scènes, un univers visuel et sonore riche et soigné, de l’émotion et des acteurs impeccables avec de jeunes révélations. Comme pour La tête de maman, il y a aussi un rythme et une qualité inégal avec quelques scènes un peu tirées par les cheveux. Sauf que cette fois les péripéties sont plus acceptables car elles appartiennent à une histoire racontée et perçue par une enfant de neuf ans. Il y a de l’innocence, de la curiosité ou de l’incompréhension envers ce monde parfois déconcertant. Carine Tardieu, qui se reconnaît volontiers très fantaisiste, raconte son histoire avec humour et tendresse, permettant de raccrocher le spectateur lorsqu’elle s’égare un peu en cours de route. Du vent dans mes mollets est un joli petit film, pas forcément mémorable, mais terriblement attendrissant et rafraîchissant. Idéal pour cette fin d’été.
| DU VENT DANS MES MOLLETS ●● |
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[critique] CAFÉ DE FLORE
| JEAN-MARC VALLÉE | FRA/CAN | 84 MIN | 22 FÉVRIER 2012 | VANESSA PARADIS, KEVIN PARENT, EVELYNE BROCHU |
Il n’est pas facile de dire adieu à ceux qu’on aime ; pour y parvenir, il faut parfois toute une vie – ou deux. Entre le Paris des années 1960 et le Montréal d’aujourd’hui se déploie une vaste histoire d’amour à la fois sombre et lumineuse, troublante et malgré tout pleine d’espoir. Café de Flore raconte les destins croisés de Jacqueline une jeune parisienne mère d’un enfant unique, d’Antoine un DJ montréalais ainsi que des femmes qui l’entourent. Ce qui les relie : l’amour, troublant, maladroit, imparfait et inachevé… humain.
Un peu refroidi par les critiques très peu élogieuses que j’avais pu lire et l’affaiblissement rapide du nombre de séances parisiennes, je suis allé découvrir in-extremis et sceptique le nouveau film du cinéaste canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y) dans une petite salle de la capitale – cinéma indépendant que je recommande, tant pour le cadre que l’accueil ou la playlist musicale d’attente. Grand bien m’en aura pris. Il s’agit là d’une oeuvre à part, qui ne peut laisser insensible. Ce fut déjà le cas de Mr Nobody, de Jaco Van Dormael qui avait eu un traitement plutôt sévère de la part de certaines plumes acerbes et aigries. L’audace et le talent ne sont pas toujours récompensés et le succès ou la réussite ne tiennent parfois qu’à un fil.
La dernière création de Jean-Marc Vallée est une réussite mais n’a pas rencontré le succès mérité. Café de Flore est une expérience sensorielle, visuelle, musique et existentielle qui ne laisse pas indifférent. Superbe dans sa mise en scène et sa photographie, terriblement jouissif dans son montage et sa bande sonore entêtante (Sigur Ros, Pink Floyd, The Cure, NiN…), cette œuvre personnelle et sincère a de quoi dérouter et toucher. Le réalisateur canadien a laissé s’exprimer complètement sa créativité et nous emporte dans un voyage musical et temporel (entre le Paris des années 60 et le Canada contemporain) dont on ne ressort pas indifférent. Alors qu’il peut en laisser certains sur le bord de la route, la magie a opéré pour moi. A l’image d’un Xavier Dolan qui divise mais assume complètement son art, il semblerait que dernièrement les canadiens mixent avec brio leurs rengaines musicales entêtantes à des images d’une beauté incroyable pour mieux nous entraîner au cœur des tourments de l’âme. Et c’est tant mieux.
| CAFÉ DE FLORE ●●● |
14
[critique] DETACHMENT
| TONY KAYE | USA | 97 MIN | 1ER FÉVRIER 2012 | ADRIAN BRODY, LUCY LIU, C. HENDRICKS, SAMI GAYLE |
C’est le premier jour pour Henry Barthes, professeur remplaçant, nouvellement muté dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Ses élèves ont peu d’ambition à l’exception de la jeune Meredith, délaissée par ses camarades et qui trouve en la photographie un moyen d’expression et d’évasion. Hors des murs de l’école, Henry rencontre Erica, une jeune fille de la rue qu’il décide de prendre sous son aile…
Treize ans après le marquant American History X, Tony Kaye revient avec un nouveau film d’ordre social et moral, lui qui aime s’intéresser à ces questions. Sorte de journal intime du prof, à mille lieux stylistiquement et scénaristiquement d’Esprits Rebelles ou Entre les Murs, Detachment brosse le portrait assez désespéré (et désarmant, pour moi) d’une civilisation embourbée dans une crise de la culture et du modèle parental qui désempare chaque jour un peu plus des enseignants broyés par une institution qui se désolidarise de ses éléments. Tony Kane pose un regard désabusé – et parfois grossier ou misérabiliste – sur les décombres d’un système éducatif à l’agonie – dans l’indifférence la plus totale, nos dirigeants préférant s’occuper à sauver le système monétaire.
Cette histoire est avant tout celle d’un homme perdu, qui souffre et qui essaie de fuir les vrais problèmes de son existence en s’imposant un détachement systématique dans chaque situation auquel il est confronté personnellement et professionnellement. Mais derrière ce bouclier invisible se terre un jeune homme qui n’a jamais véritablement évacué la disparation brutale de sa mère. Cette mort le hante, lui et son grand père qu’il visite fréquemment alors que le vieil homme, sénile, ressasse sans cesse ses remords concernant sa fille. Car il n’est pas question seulement d’éducation mais également de famille, de parentalité. La rencontre que fera Henry avec la jeune Erica (campée par la prometteuse Sami Gayle) va bousculer son petit ordre établi et l’obliger à affronter sa propre vie, à ne plus vivre tel un anonyme qui traverse sa propre vie. Tony Kaye offre le premier rôle à un Adrian Brody investi corps et âme dans ce personnage d’écorché vif détaché et sensible.
D’après un script de Carl Lund, lui-même enseignant, Tony Kaye parvient à donner vie à tous les personnages de son film, nous intéresse à leur destin, leurs désillusions et leurs désirs d’exister. Il faut dire que pour ses seconds rôles, il a réuni autour de jeunes acteurs débutants (Sami Gayle et sa fille Betty Kaye notamment) des valeurs sûres telles que l’irrésistible James Caan, la craquante Christina Hendricks, mais aussi Lucy Liu, Marcia Gay Harden ou encore Bryan Cranston.
Ce troisième métrage de Tony Kaye est à considérer une œuvre d’art. Stylisée, poétique, accrocheuse et parfois dérangeante, elle confronte à des questions importantes autour de l’éducation et de la famille. Et comme toute œuvre d’art, elle a parfois certains excès, qui pourront en rebuter certains.
| DETACHMENT ●● |
4
[critique] LE SKYLAB **

Après le très amusant Two Days in Paris qui suivait un couple haut en couleurs dans les rues de Paris, Julie Delpy continue à s’amuser du choc des cultures mais cette fois à l’intérieur même d’une grande famille. Et comme pour ce film qui l’opposait à l’hilarant Adam Goldberg, l’actrice-réalisatrice française a conservé cette plume culottée et efficace qui fait souvent mouche. Cette écriture pleine de justesse, d’humour et de tendresse fonctionne ici à nouveau parfaitement malgré quelques petites longueurs. Il faut dire, comme elle nous le confirmera après la projection, que ce n’est pas une mince affaire que d’arriver à rassembler une telle galerie de personnages sans embrouiller un peu les pinceaux par ci par là. Mais l’ensemble est réussi, on s’amuse beaucoup devant ces instants de famille se déroulant un week-end estival. Les repas qui s’éternisent, les débats politiques qui tournent mal, les déconnades entre cousins et cousines, le radotage de mamie, les promenades et les matchs de foot improvisés.
L’ambiance fin 70s est très bien reconstituée tant dans les décors que les costumes. Le casting est plutôt bon (mention spéciale à Valérie Bonneton et Vincent Lacoste, d’ailleurs présents lors de cette avant-première fort sympathique) et malgré une absence d’intrigue revendiquée, Le Skylab se laisse suivre avec un certain plaisir. Le succès devrait être au rendez-vous vu les réactions en salle même si celui-ci ne devrait être mesuré face à la concurrence, pourtant pas toujours de qualité (Bienvenue à bord pour ne citer que ça). La présence d’une partie du casting après la projection permettra d’ailleurs un débriefing intéressant et convivial, qui sera poursuivi brièvement par la suite avec ce cher Neil que je remercie pour sa compagnie.
Avec le Skylab, l’actrice-réalisatrice Julie Delpy rend hommage à la [sa] famille et réussit une comédie populaire – dans le bon sens du terme, pas comme la dernière daube avec Dubosc – drôle et attachante.
| JULIE DELPY | FRANCE | 113 MIN |5 OCTOBRE 2011 | LOU ALVAREZ, JULIE DELPY, VINCENT LACOSTE |
2
[ugc] IDENTITÉ SECRÈTE °

Au premier abord, Identité secrète avait absolument tout pour décrocher dans mon TOP le prix de la daube de l’année… Un héros casse-cou et testostéroneux ressemblant vaguement à un acteur plus connu/doué (Matt Damon pour ne pas le citer) qui conduit une moto surpuissante sans casque et serre les dents pour faire gros-dur, CHECK. Un intérêt amoureux couru d’avance pour une cutie (cheerleader) qui traîne dans le coin. CHECK. Des parents cool mais à cheval sur leurs principes pour le bien du fiston, CHECK. Une psy-plus-cool-que-d’hab et ange gardien à ses heures perdues, CHECK. Des potos bien lourdingues qui font de la lutte et qui crient fort pour être plus virils, CHECK. Un pote renoi qui arrondit ses fins de mois en trafiquant des fausses ID, check. Des méchants qui marchent bruyamment pour faire peur et qui portent des tatouages très visibles pour ne laisser aucun doute sur leurs intentions, CHECK. Un thème principal électro passe-partout et quelques lourds riffs de guitare pour informer le spectateur que la scène qu’il regarde devient une scène d’action décoiffante, CHECK. Une taupe travaillant à la CIA, CHECK.
Anyway… Après s’être mis une grosse race le week-end précédent, notre héros se voit assigné à résidence (la loose!). Le jeunot est bien embêté vu qu’il doit se coltiner sa voisine peu dégueulasse pour un exposé scolaire. Heureusement, maman est cool, elle l’autorise à fermer la porte de sa chambre. Fiston pourra ainsi tranquillement coucher bosser avec elle. Leur sujet : « les enfants disparus ».
Hasard de l’intrigue – et formidable inventivité scénaristique – il s’avère que notre musclé découvre rapidement qu’il ne serait peut-être pas le fils de ses parents (la magie d’internet!). Fausse-maman confirme d’ailleurs cela sans se faire prier (« oops je suis démasquée ») avant de se faire shooter sous ses yeux, n’ayant ainsi pas le temps de lui raconter le pourquoi-du-comment [ le scénariste ne le savait certainement pas lui-même ]. Le jeune prodige adopté prend alors la fuite au volant d’une BMW à portée de main.
Grâce au training de pôpa, notre héros parviendra à protéger sa nana alors qu’il a la CIA et les soviets à ses trousses (enfin, on sait pas trop qui veut quoi et pourquoi, mais on s’en tape). Orphelin mais héroïque, il sera récupéré par sa super-psy et pourra poursuivre son idylle avec sa nouvelle nana pour qui (je cite!!!) « il n’était pas prêt il y a quatre ans ».
Alors pourquoi le film ne figurera t’il pas en dernière place de mon classement final ? Parce que je me suis tellement moqué que je me suis bien marré au visionnage. Je sais ce n’est pas vraiment valable et objectif comme justification. D’ailleurs ce n’est certainement pas intentionnel (les réal hollywoodiens font rarement preuve de second degré), les ficelles étant tellement grosses, les personnages tellement caricaturaux, les répliques et l’intrigue tellement bateaux et la réalisation tellement formatée, le film devient plutôt drôle, divertissant et presque cohérent (dans son incohérence).
Un film d’action d’une bêtise et d’un manque d’inventivité indéniable, un produit formaté feignant et prétexte autour d’une starlette sculptée, mais un divertissement efficace et involontairement drôle. Identité secrète mérite le prix du « film » le moins ambitieux de l’année.
| JOHN SINGLETON | USA | 100 MIN | 28 SEPTEMBRE 2011 | TAYLOR LAUTNER, LILY COLLINS, SIGOURNEY WEAVER |
22
[critique] TOUT VA BIEN, THE KIDS ARE ALL RIGHT ***
| LISA CHOLODENKO | USA | 104 MIN | 6 OCTOBRE 2010 | JULIANNE MOORE, ANNETTE BENING, MIA WASIJOWSKA |
Maintenant que Joni a l’âge légal pour accéder à leur dossier à la banque du sperme, son frère et elle décident de retrouver le donneur dont ils sont tous deux issus. Papa-donneur est rapidement séduit par les deux adolescents qui frappent à sa porte.
Lisa Cholodenko signe une comédie savoureuse, terriblement drôle et attachante, portée par un casting impeccable et une écriture pétillante et soignée. On retrouve une Julianne Moore aussi à l’aise dans un registre comique qu’elle ne peut l’être dans des rôles plus dramatiques, ainsi qu’une Annette Bening formidable, qu’on n’avait pas vu aussi excellente depuis American Beauty (et qu’on attend de voir très prochainement dans Mother & Child).
21
[critique] MYSTERIOUS SKIN ***

Un mal qui ronge sous la peau…
Un film plein de psychologie, de poésie et d’émotions sur un thème risqué et dérangeant : la pédophilie.
En ne faisant pas passer le violeur pour un grand méchant, il choisit délibérément de rester neutre et de ne pas jouer le moralisateur. Il se contente de montrer et laisse le spectateur se créer son avis. Et sous la caméra matûre et adroite de Araki, Joseph Gordon-Levitt est époustouflant. Si jeune et déjà si doué, si classe et si charismatique. Neil (qu’il interprète) énerve par son côté prétentieux qui prend le tapin comme un moyen de se faire du fric facile mais qui recherche en fait l’affection que lui portait cet adulte qui lui faisait jouer à des jeux pervers. Mais Neil nous émeut quand il va un peu trop loin et dérape.
Mysterious skin est un film bouleversant, intense, poétique et cruel. Michelle Tratchenberg a beaucoup mûri et nous touche dans le rôle de la complice des dérives de Neil. Elle est la seule à partager ses secrets et aussi la seule à l’aimer sans le juger. Elle est loin la soeur de Buffy… A voir, si vous vous en sentez le courage.





| GREGG ARAKI | USA | 99 MIN | 30 MARS 2005 | JOSEPH GORDON-LEVITT, BRADY CORBET, MICHELLE TRACHTENBERG |
Le bleu du miroir
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