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juin
20

[critique] NORWEGIAN WOOD – LA BALLADE DE L’IMPOSSIBLE ***

Par Wilyrah  //  2011, Bon, Coup de cœur, Made in Asia  //  4 commentaires

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Refroidi ces dernières années par quelques films asiatiques traitant eux aussi du deuil et de la nécessité d’avancer (les interminablement douloureux La forêt de Mogari et Secret Sunshine), je me suis rendu indécis à une projection du film Norwegian Wood (grossièrement sous titré La Ballade de l’impossible dans l’hexagone), titre inspiré d’une chanson emblématique des Beatles. Mais force est de constater que cette adaptation du roman mélancolique de Haruki Murakami ne rentrera pas dans cette catégorie citée précédemment car elle est une vraie réussite – même si n’ayant pas lu le livre, je ne peux pas juger de façon aussi pertinente la transposition à l’écran réalisée par Tran Anh Hung.

Mise en scène avec poésie et délicatesse, superbement filmée et sublimée par une photographie et une bande son remarquables, l’œuvre du réalisateur vietnamien – même si elle accuse quelques longueurs – filme trois jeunes acteurs en état de grâce, bouleversants de justesse, se débattant avec des émotions puissantes et leurs idées sur la vie, la mort, l’art, la liberté et la responsabilité.

Au final, Norwegian Wood relève plutôt de la bonne pioche asiatique (plutôt que du calvaire expiatoire) qui nous embarque dans cette ballade de l’impossible et nous hante encore quelques instants après le visionnage, comme l’avait fait le très beau Une jeunesse chinoise de Lou Ye en 2006.

Un film langoureux et visuellement saisissant sur l’amour, la sexualité, le deuil et la culpabilité.


TRAN ANH HUNG | JAPON | 133 MIN | 04 MAI 2011 | KENICHI MATSUYAMA, RINKO KIKUCHI

 

mar
12

[critique] A SINGLE MAN

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TOM FORD | USA | 100 MIN | 24 FEVRIER 2008 | COLIN FIRTH, JULIANNE MOORE, NICHOLAS HOULT

La bande-annonce laissait déjà présager du meilleur. Le film met la barre encore plus haut. Pour sa première réalisation, Tom Ford réalise un long-métrage sublime en tous points de vue. La photographie est exceptionnelle, les plans sont d’une beauté renversante avec des nuances de couleur subtiles et un esthétisme éclatant. Si certains cinéastes confirmés essaient constamment de montrer leur savoir-faire, Tom Ford ne se force pas, il transpire le talent, la classe et la finesse.

Son écriture est éblouissante d’intelligence et de sagacité. Son film a la beauté d’un Wong Kar Waï, la force dramatique et l’esthétisme élégant d’un Pedro Almodovar. Il filme ses acteurs comme s’ils étaient James Dean, Elizabeth Taylor ou Brigitte Bardot. Colin Firth, pas toujours à son aise dans certaines comédies romantiques faciles, est bouleversant, superbe, parfait de sobriété et de retenue. Si l’Academy des Oscars faisait des choix pertinents – ce qui est rarement le cas, elle avait déjà oublié Mickey Rourke l’an dernier – récompenser l’acteur britannique aurait été rien d’autre que logique tellement il incarne magnifiquement ce professeur d’université accablé et brisé depuis la disparition tragique de son compagnon.

Heureusement, la Mostra de Venise aura une fois de plus réparé l’injustice en lui offrant le prix d’interprétation masculine ô combien mérité. Julianne Moore et Nicholas Hoult ne sont pas en reste. La première incarne sa meilleure amie, une femme superbe et pourtant insatisfaite qui s’abîme dans l’alcool, la résignation et l’apitoiement. Le second, inoubliable Tony Stonem dans la série britannique Skins, incarne cet étudiant curieux, culotté et solitaire, qui semble être le seul à percevoir cet insondable désespoir qui envahit l’âme de George. Et enfin, que dire de la partition d’Abel Korzeniowski, si raffinée et poignante, qui compose la plus belle bande originale que j’ai pu entendre ces dernières années. Bref, du travail d’orfèvre à tous les niveaux d’une maîtrise ébouriffante. A single man est au final mon plus gros coup de cœur cinématographique des trois dernières années.

Un grand cinéaste est né. Son premier chef d’œuvre : A single man. Un bijou d’esthétisme, d’intelligence, de subtilité et d’émotion.

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Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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