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déc
27

[récap] LES BLEUS DE 2012 : TOP 5 ACTRICES

Par Wilyrah  //  Non classé  //  7 commentaires
LES BLEUS DU MIROIR  :

LES ACTRICES DE 2012

Elles se sont distinguées cette année, elles ont porté un film sur leurs épaules, elles se sont révélées au grand public, voici le TOP 5 des actrices qui ont marqué l’année 2012.

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5. Alicia Vikander

Sublime dans le très bon Royal Affair où elle donne la réplique à Mads Mikkelsen, elle est aussi le seul rayon de soleil du très pompeux et pompant Anna Karenine. Une actrice à suivre de près.

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4. Suzanne Clément

Elle crève l’écran dans le Laurence Anyways de Xavier Dolan où elle éclipse Melvil Poupaud. Un prix d’interprétation à Cannes n’était pas de trop.

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3. Marion Cotillard

Raillée pour sa fameuse scène dans The Dark Knight Rises, est tout simplement sublime dans le dernier Audiard, De rouille et d’os. Elle livre la meilleure performance de sa carrière et une nomination aux Oscars apparaît comme la moindre des choses.

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2. Elizabeth Olsen

Elle se sera révélée de manière incontestable avec Martha Marcy May Marlene, qu’elle porte sur ses jeunes épaules avec un talent qui éblouit l’écran. Nous avons hâte de la retrouver dans Liberal Arts et le remake de Old Boy.

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1. Rooney Mara

Aperçue brièvement dans The Social Network de David Fincher, elle livre une performance magnétique et impressionnante dans Millenium – The Girl with the Dragon-Tattoo. Elle rend son personnage attachant, inquiétant, bouleversant et fascinant. Elle est Lisbeth Salander. La prestation et la grande révélation de l’année ! Depuis, tout le monde semble se l’arracher : Steven Soderbergh, Terrence Malick, Spike Jonze…

juil
22

[critique] THE DARK KNIGHT RISES

CHRISTOPHER NOLAN | USA | 164 MIN | 25 JUILLET 2012 | C. BALE, G. OLDMAN, T. HARDY, M. CAINE, J. GORDON-LEVITT

Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent. Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…

Après un second volet qui avait mis tout le monde d’accord (The Dark Knight) et un thriller dantesque et renversant (Inception), Christopher Nolan boucle sa trilogie Batman avec un troisième et ultime volet sollicitant une attente énorme et déclenchant tous les fantasmes. Ayant pris le soin de revoir la veille Batman Begins (grand bien m’en a pris), je suis fin prêt pour découvrir le conclusion des aventures de Batman. Malgré l’immense déception ressentie après l’annonce du désistement de l’équipe du film imposé par la Warner Bros après les terribles évènements d’Aurora, l’excitation et l’impatience reprenaient progressivement le dessus en fin d’après-midi au milieu des fans enthousiastes et parfois déguisés. Lorsque les lumières s’éteignent enfin – après une présentation sobre et appropriée d’un dirigeant du Grand Rex – le film tant attendu peut enfin commencer.

Après un prologue de haute voltige plutôt spectaculaire, le rythme se fait assez lent et la première demie-heure s’avère assez poussive. La mise en place de l’intrigue, la transition avec le(s) volet(s) précédent(s) et la présentation des nouveaux protagonistes ainsi que leurs rôles et leurs motivations sont un peu denses et confuses, si bien que l’on se demande s’il ne va pas faire les frais de son immense ambition. Heureusement, The Dark Knight Rises trouve progressivement son rythme de croisière et va voir son intensité croître sans cesse jusqu’à la conclusion digne d’une saga maîtrisée par un Christopher Nolan inspiré qui aura su imposer sa patte et sa vision réaliste et contemporaine de l’univers de Batman et du personnage de Bruce Wayne, humain et faillible.

Si ce troisième volet souffre parfois de coupures scénaristiques regrettables car évidentes nous faisant regretter la pression des studios pour le faire tenir en moins de 3h (Nolan affirmait que le film aurait initialement du/pu durer plus de 3h30) et espérer la sortie éventuelle d’une version longue, la multitude des personnages trouve toutefois un équilibre quasi choral où le sort de chacun paraît lié à celui d’autres habitants de Gotham. Nolan se paie même le luxe de ne pas faire apparaître le Caped Crusader avant une bonne heure de film, privilégiant le développement de l’histoire de ses protagonistes.

Bruce Wayne truste donc l’écran, campé par un Christian Bale impeccable et plus intense que dans The Dark Knight. A ses côtés, le vétéran Gary Oldman et le jeune Joseph Gordon-Levitt continuent d’impressionner par la richesse de leurs jeux dans des rôles pourtant assez classiques de (fidèles) lieutenants. Autre vétéran, Michael Caine continue d’être aussi discret que bon et s’affirme à chaque métrage comme un fidèle abonné aux épilogues (inoubliables) de la filmographie de son ami Christopher Nolan. Face à cette équipe de loyaux acolytes, Tom Hardy livre une prestation bestiale assez captivante mais celui-ci souffre non seulement de la comparaison avec l’inqualifiable performance de Heath Ledger en Joker mais également de ce masque buccal qui dissimule une bonne partie de son visage. Côté féminin, on note une bonne et une mauvaise surprise. Le choix d’Anne Hathaway pour incarner Selina Kyle (aka Catwoman) m’avait laissé très sceptique. Force est de constater qu’elle a su s’imposer et relever haut la main sa mission de donner une nouvelle version du personnage après la jouissive prestation de Michelle Pfeiffer dans Batman Returns. Marion Cotillard en revanche, si lumineuse dans le dernier Audiard, manque complètement son coup. Bouffie et maniérée, la française campe une Miranda Tate plutôt fade et aussi peu convaincante que l’évolution de son personnage ou de sa relation avec Bruce Wayne (Nolan et les histoires sentimentales, ça fait deux…).

Côté technique, la mise en scène de Nolan manque parfois d’imagination car trop appliquée à respecter les codes et exigences hollywoodiennes d’une telle franchise. Néanmoins, il conserve les thématiques qui lui sont chères telles que la paranoïa, le pouvoir, les déséquilibres économiques et sociaux de notre société, le sacrifice et la dévotion. Il impose également toujours ses choix en terme d’effets spéciaux toujours aussi confondants de réalisme que de puissance. Son scénario, écrit à nouveau avec la complicité de son frère Jonathan, semble avoir souffert des interventions des exécutifs et comporte quelques éléments que l’on peut deviner ou anticiper (développement de l’intrigue, légende de Batman…) mais il conserve la force et l’efficacité qu’on lui connaît avec une montée en puissance incroyable jusqu’à un final euphorisant pour tout fan de Batman (mythologie, symbolique, filiation…) en forme de climax refermant une boucle épique de façon grandiose – que la salle entière ne manquera de saluer avec une ferveur exceptionnelle pendant que résonne le majestueux thème du Chevalier Noir de Hans Zimmer.

Malgré une comparaison inévitable avec le précédent volet qui fait désormais figure de référence absolue en matière de film de super-héros et quelques élipses scénatistiques maladroites et parfois un peu gênantes (on exige une version longue !), The Dark Knight Rises conclue la trilogie en beauté en offrant un dénouement épique et grandiose à l’aventure Batman que Christopher Nolan aura menée d’une main de maître. Une saga parfois maudite qui marquera à n’en pas douter l’histoire du cinéma et ce début de 21ème siècle.

 THE DARK KNIGHT RISES ●●●

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Elle aura été marquée par de nombreux sentiments. Le stress et l’abnégation pour obtenir le précieux sésame (pas-bravo la Warner). L’excitation de l’attente. Le choc et la déception après les incidents et les annulations. Le ravissement du prologue. Le scepticisme de la première demie-heure un peu molle du genou. Le plaisir de retrouver l’homme chauve-souris (saluée avec allégresse par la foule). Le ravissement des oppositions Batman/Bane et Batman/Selina. La montée en puissance de la dernière heure. Les cinq dernières minutes carrément grisantes où le public s’en donnait à coeur joie. La standing ovation immédiate et fervente avant même le fondu au noir du générique durant lequel chaque nom sera vivement acclamé à l’exception de celui de M. Cotillard (C. Bale, J. G-Levitt et surtout C. Nolan l’emportant à l’applaudimètre). Au final, malgré l’immense déception de la non-présence de l’équipe, ce fut une expérience assez extra-ordinaire au milieu des fans du comics, des gens déguisés, des fans de Nolan, des cinéphiles. Un véritable plaisir – que la triste tuerie américaine aura teinté d’émotion et d’amertume – avec un hommage rendu par les fans ayant déposé des roses et des drapeaux français et américains devant l’écran.

mai
17

[critique] DE ROUILLE ET D’OS

Par Wilyrah  //  2012, Made in France, Très bon  //  43 commentaires

JACQUES AUDIARD | 115 MIN | 17 MAI 2012 | MARION COTILLARD, MATTHIAS SCHOENAERTS

Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose.

Après avoir tout raflé (ou presque) avec son précédent film Un prophète – qui ne méritait pas un tel battage malgré ses qualités indéniables – Jacques Audiard revient à Cannes avec l’actrice désormais internationalement reconnue, Marion Cotillard, et l’acteur montant qui nous avait absolument scotché dans Bullhead, Matthias Schoenaerts. Ensemble, ils vont incarner à l’écran deux personnes cabossées par la vie.

Marion Cotillard est sublime dans ce rôle. Pas de manière ou de pathos, pas de « performance » à l’Hollywoodienne. Je ne suis pas un admirateur, elle a souvent tendance à m’agacer dès qu’elle ouvre la bouche en interview. Mais dans ce film, elle est incroyable. Elle EST Stéphanie avec une justesse ahurissante et bouleversante. Dans de nombreuses scènes, l’émotion nous arrive progressivement à partir de silences, de regards ou de quelques mots de l’actrice. A ce titre, on retiendra la scène du balcon où elle se remémore les gestes de chorégraphie qu’elle utilisait avec ses orques, mais aussi celle où elle prend les rayons de soleil sur le visage comme si elle reprenait contact avec la vie ou encore la séquence (forcément) forte mais tellement bien écrite et interprétée où elle découvre qu’on l’a amputée de ses deux jambes. Rarement ce genre de scènes n’aura été aussi bien retranscrite à l’écran. Il faut donc féliciter celle qui est devant la caméra et celui qui la dirige. Beaucoup salueront la mise en scène de Audiard, personnellement j’aimerais mettre en avant une réussite encore plus frappante qu’il confirme indéniablement ici : sa direction d’acteurs remarquable. Celui qui avait magnifié Niels Arelstrup et Tahar Rahim dans Un prophète (que j’avais trouvé toutefois un peu froid et distancier), tire à nouveau le meilleur de ses interprètes. Matthias Schoenaerts confirme le talent époustouflant qu’il nous avait envoyé en pleine face dans Bullhead. Il est à nouveau excellent, sa prestation montant en régime progressivement jusqu’à un final déchirant. Il sera à n’en pas douter l’un des acteurs incontournables de ce Festival de Cannes. N’ayant pas encore vu d’autres films de la sélection, je ne me prononcerais pour l’instant pas sur les lauréats que je souhaite mais une consécration pour Cotillard, Schoenaerts et/ou Audiard serait amplement justifiée. Espérons que le jury sera aussi clairvoyant que l’an passé où il avait récompensé NWR pour Drive, Malick pour The Tree of Life et Kirsten Dunst (pour le seul bon point du détestable Melancholia).

Organique, bouleversant, sensoriel, De rouille et d’os est le premier choc de ce Festival de Cannes, faisant d’ores et déjà figure de favori de la compétition. La finesse et l’intelligence de l’écriture et de la mise en scène, la justesse éblouissante des acteurs qui incarnent corps et âme leurs personnages, l’histoire poignante… nul doute qu’il s’agit là d’un des films les plus forts de cette année et (à n’en pas douter) de ce 65e festival. Je prends les paris : le film figurera au palmarès. Mais lequel sera récompensé : Audiard, Cotillard, Schoenaerts ? Pourquoi pas les trois ?

 DE ROUILLE ET D’OS ●●●●
oct
20

[avp] CONTAGION ***

Par Wilyrah  //  2011, Avant-première, Bon, Made in the US  //  25 commentaires

L’excellente intro, nerveuse et efficace nous met directement au parfum et nous fait suivre en quelques séquences la propagation vertigineuse de ce qui va devenir une pandémie mondiale. S’appuyant sur un montage magistralement orchestré et bénéficiant d’une excellente distribution et d’une partition musicale de Cliff Martinez (Drive) encore remarquablement entraînante, Contagion avait tous les atouts pour être l’un des films références du genre.

Soderbergh, ne cherchant pas le spectaculaire improbable ou le twist hollywoodien, maintient la tension pendant 1h40 et exécute son sujet avec son habituel esprit analytique, certes plus froid et cérébral, mais diablement crédible et réaliste. L’effet escompté est inévitablement atteint, on n’ose plus se toucher le visage, on attend avec impatience de retrouver sa bien-aimée savonnette une fois rentré chez soi et pour peu qu’on ne soit pas déjà un peu misanthrope sur les bords, on a envie de rester chez soi loin de toute civilisation. Toutefois, si ce réalisme éloquent fait la force du film, il en est peut-être paradoxalement sa faiblesse. Avec une telle histoire et un tel casting, il y avait clairement de quoi rendre Contagion encore plus fort en enrichissant la storyline de certains personnages un peu sous-exploités – pourquoi s’offrir le luxe d’avoir Kate Winslet, Marion Cotillard ou encore Bryan Cranston si c’est pour ne les voir que quelques minutes ?

Avec Contagion, Soderbergh signe un thriller bactériologique nerveux et terrifiant – car particulièrement réaliste et bien exécuté – porté par un casting haut de gamme, qui privilégie la démonstration analytique à la puissance émotionnelle d’un tel phénomène. 

STEVEN SODERBERGH | USA | 92 MIN | 12 OCTOBRE 2011 | WILLIAM MAPOTHER, BRIT MARLING
mai
14

[critique] MIDNIGHT IN PARIS **

Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

Son dernier film m’avait amené à prier pour que le vieux réalisateur new-yorkais binoclard prenne sa retraite en même temps que Nicolas et Carlita. Celui qui nous faisait autrefois beaucoup rire, nous surprenait et nous charmait avec son cinéma était devenu un vieux radoteur qui refait toujours la même soupe dans le même chaudron et avec les mêmes ingrédients. C’est donc avec une certaine crainte que je me suis rendu à une projection de son dernier (et non ultime) métrage dont tout le monde – surtout à Paris et à Cannes – parle. Une heure et demie plus tard, je ressors de la salle plutôt partagé.

Pour une fois, je ne pourrais reprocher à Allen d’avoir fait un film ultra-prévisible – même s’il ne se renouvelle pas du tout. Après 25 minutes complètement inintéressantes où l’on nous vend un Paris fantasmé en long et en large, puis où l’on suit un jeune couple bourgeois fraîchement fiancé (Owen Wilson et Rachel McAdams) qui joue aux touristes (avec ce que ça implique : restaurants chics, visites de musées, dégustation de vin) et qui débat autour de problématiques dont on se contrefout royalement, le film prend un virage plutôt inattendu. Moi qui n’avais pas lu ou entendu grand chose à propos deMidnight in Paris - en dehors de l’enjeu principal du film : la Première Conne de France sera t’elle coupée au montage ? – j’ai été assez étonné de la tournure des évènements. Toutefois, au départ, je dois avouer que l’effet de surprise était plutôt accompagné d’incompréhension et d’ennui voire même d’une certaine indifférence, bien que le titre et l’affiche prennent peu à peu tout leur sens. Puis finalement, entre deux références intello-artistiques, la magie commence à fonctionner et l’on embarque dans ce voyage-surprise teinté de nostalgie et d’illusions, avec lesquels Woody Allen va s’amuser pendant une petite heure.

Cet improbable petit jeu autour de l’irritable consensus « c’était bien mieux avant » s’avère au final plutôt charmant, guère plus. Cette excursion fantasmatique permettra à notre protagoniste principal de rencontrer une galerie de personnages (célèbres) hauts en couleurs, interprétés notamment par Alison Pill, Kathy Bates, Marion Cotillard ou encore Adrian Brody (très drôle, bien que complètement inutile). Certains moments sont plus plaisants et utiles que d’autres lors desquels on reste davantage hermétique. Au final Midnight in Paris reste audacieux par certains aspects mais bien trop facile et répétitif par d’autres (monsieur ne se foule pas trop pour écrire ses personnages, choisir les thèmes de ses films ou trouver une morale plus aboutie).

Le Woody Allen 2011, Midnight in Paris, est un petit mais honorable Woody Allen. Un crû agréable moyennement corsé, un brin amer et teinté de nostalgie, qui évolue en bouche jusqu’à laisser un arrière goût plutôt doux et satisfaisant – bien que peu mémorable. Il a d’ailleurs bien plus de saveur que ce fade beaujolais sans envergure qu’il nous avait servi l’an dernier avec son bel et sombre inconnu.


WOODY ALLEN | USA | 94 MIN | 11 MAI 2011 | OWEN WILSON, RACHEL MCADAMS, MARION COTILLARD
mar
4

[critique] LES PETITS MOUCHOIRS *

Par Wilyrah  //  2010, Made in France, Moyen  //  5 commentaires

Après le très réussi Ne le dis à personne, adapté d’un roman de Harlan Coben, Guillaume Canet a écrit lui-même l’histoire de son nouveau film Les Petits Mouchoirs. Pour le réaliser, il s’est entouré de plusieurs amis en offrant des rôles à Marion Cotillard, Gilles Lellouch, François Cluzet – tous les trois très bons ceci dit – et même Mathieu Chedid qui s’offre une brève apparition au début du film.

J’avais un peu peur de la longueur du film avant de le visionner. Presque 2h30, cela fait beaucoup pour raconter les (més)aventures amicales et sentimentales d’une bande de potes privilégiés qui passent deux semaines sur la côté atlantique, laissant leur ami sur un lit d’hôpital après qu’il ait été renversé en scooter. Égoïste n’est-ce pas ? Il est vrai que les questionnements personnels du genre « Suis un bon ami? », « Suis-je enceinte? », « Pourquoi je fantasme sur mon meilleur pote? », « Pourquoi je n’arrive pas à garder une relation stable? » ou encore « Pourquoi elle m’a quitté? » sont des soucis plus importants que celui de voir son ami en soins intensifs après s’être mangé un camion en scooter…

Trêve de rouspettage, outre cette incohérence sur laquelle repose le début et la fin du film, l’oeuvre de Canet est plutôt sympathique et réussie. Les personnages sont assez bien écrits, plutôt bien joués dans l’ensemble. On sent le vécu et le personnel dans certains protagonistes qu’a créé Canet. La mise en scène et l’alchimie entre les acteurs sont plutôt bonnes, ce qui est déjà un bon point pour réussir ce genre de film. Au final, les deux heures passent plutôt bien, sans véritable ennui (bonne surprise donc), jusqu’à ces dernières vingt-cinq minutes complètement ratées (je serais même tenté de dire baclé), avec cette conclusion moralisatrice et bien pathos. De plus, le morceau musical final apparaît totalement mal choisi et inapproprié, rendant cette fin encore plus bancale et interminable qu’elle ne l’est.  Sans trop vous en révéler sur le dénouement, on a ainsi l’impression que Canet a eu du mal à conclure les enjeux de son film et a choisi la facilité.

Plutôt bien écrit, amusant et attachant, le dernier film de Guillaume Canet a de nombreuses qualités mais également de flagrants défauts. De plus, son dénouement affreusement mal fichu gâche quelque peu la bonne allure de l’ensemble. 


GUILLAUME CANET | FRANCE | 154 MIN | 20 OCTOBRE 2011 | FRANCOIS CLUZET, MARION COTILLARD, GILLES LELLOUCHE
juil
13

[critique] INCEPTION *****

Par Wilyrah  //  2010, Excellent  //  16 commentaires

Quatre ans après le méconnu mais non-moins génial Le Prestige et deux ans après le jouissif The Dark Knight, Christopher Nolan réalise avec Inception un film ambitieux, grandiose et complexe, diablement divertissant et palpitant. Ambitieux car le réalisateur britannique choisit d’explorer le thème des rêves et du subconscient (d’autres s’y sont déjà essayé, avec un traitement et une orientation différents : Michel Gondry ou David Lynch notamment). D’ailleurs, Inception semble être l’antithèse de Inland Empire, Nolan choisissant de décortiquer les rêves de façon mécanique, psychologique, avec une approche presque cartésienne. Grandiose car la mise en scène de Chris Nolan est renversante, jamais tape à l’oeil, toujours au service du récit et de l’intrigue. Certaines séquences sont à couper le souffle, et les effets visuels sont sublimes et brillamment réussis (le cinéaste a préféré des effets visuels plus mécaniques que numériques, grand bien lui en a pris). Complexe mais pourtant très cohérent, Inception tient la route du début à la fin, avec une gestion du rythme exceptionnelle, une montée en puissance progressive et une richesse et une lisibilité indéniables.

La bande son de Hans Zimmer n’est pas sans rappeler celle qu’il avait également composée pour The Dark Knight. Parfois grandiloquente ou même un peu redondante, elle ajoute néanmoins une certaine prestance au film, là où celle de Shutter Island par exemple s’avérait assourdissante et envahissante. Continuons le parallèle avec le dernier film de Scorsese en s’intéressant à la performance de Di Caprio. L’acteur américain, pas vraiment convaincant dans le rôle de Teddy Daniels (il n’avait assurément pas le physique de l’emploi), est beaucoup plus à son aise dans Inception. Sa partenaire à l’écran et amie dans la vie, Marion Cotillard, qui alterne dans sa carrière l’excellent et le contestable, est la pièce maîtresse du film. Elle incarne Mall avec beaucoup d’élégance, de charisme et de sensibilité. Une interprétation remarquable de l’actrice française, qui n’est pourtant pas toujours irréprochable, mais qui ici se voit offrir certainement son plus grand rôle. Les seconds rôles sont plutôt bons dans l’ensemble. On retiendra surtout Joseph Gordon-Levitt – qui crevait déjà l’écran dans Mysterious Skin ou (500) days of Summer – et Cillian Murphy, très bons dans leurs rôles respectifs. Enfin, saluons à nouveau la superbe photographie de Wally Pfister et son équipe, collaborateur attitré de Christopher Nolan depuis Le Prestige.

Inception ne mérite peut-être pas encore l’étiquette de « chef d’œuvre » – attention à l’utilisation souvent galvaudée de ce terme – mais il est assurément un grand film trônant aisément au dessus de l’immense majorité des blockbusters sortis depuis dix ans. Christopher Nolan parvient comme personne  à allier le fond et la forme et délivre à nouveau un divertissement de qualité, intelligent et captivant, techniquement et visuellement éblouissant. Un régal pour les yeux et les méninges.

Un scénario brillant, une réalisation virtuose pour servir le récit, une mise en scène éblouissante, des acteurs impeccables dirigés de main de maître, une bande son étourdissante… depuis Le Prestige, Christopher Nolan confirme qu’il fait partie des plus grands réalisateurs du septième art. Assez lisible pour le grand public et suffisamment complexe et fascinant pour les spectateurs les plus attentifs et exigeants, INCEPTION est un bonheur de presque 2h30, un divertissement intelligent incroyablement bien foutu. Si je n’ai pas eu un aussi gros coup de cœur personnellement comme avec Le Prestige ou même The Dark Knight, j’ai tout de même ressenti un énorme plaisir au visionnage du dernier film de Nolan, plaisir qui me conduira probablement à retourner le voir très bientôt, ne serait-ce que pour éclaircir davantage certains détails de l’intrigue ou peut être tout simplement pour revivre de nouveau cent quarante-huit minutes de délectation intellectuelle et cinématographique.

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CHRISTOPHER NOLAN | USA | 148 MIN | 21 JUILLET 2011 | LEONARDO DICAPRIO, MARION COTILLARD, JOSEPH G. LEVITT

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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