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(critique) LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ

SAM RAIMI | FANTASTIQUE | USA | 127 MIN | 13 MARS 2013 | JAMES FRANCO, MILA KUNIS, MICHELLE WILLIAMS

LORSQUE OSCAR DIGGS, UN PETIT MAGICIEN DE CIRQUE SANS ENVERGURE À LA MORALITÉ DOUTEUSE, EST EMPORTÉ À BORD DE SA MONTGOLFIÈRE DEPUIS LE KANSAS POUSSIÉREUX JUSQU’À L’EXTRAVAGANT PAYS D’OZ, IL Y VOIT LA CHANCE DE SA VIE. TOUT SEMBLE TELLEMENT POSSIBLE DANS CET ENDROIT STUPÉFIANT COMPOSÉ DE PAYSAGES LUXURIANTS, DE PEUPLES ÉTONNANTS ET DE CRÉATURES SINGULIÈRES ! MÊME LA FORTUNE ET LA GLOIRE ! CELLES-CI SEMBLENT D’AUTANT PLUS SIMPLES À ACQUÉRIR QU’IL PEUT FACILEMENT SE FAIRE PASSER POUR LE GRAND MAGICIEN DONT TOUT LE MONDE ESPÈRE LA VENUE. SEULES TROIS SORCIÈRES, THÉODORA, EVANORA ET GLINDA SEMBLENT RÉELLEMENT DOUTER DE SES COMPÉTENCES… Sam Raimi, adulé par certains pour ces films d’horreur et sa trilogie Spiderman (qui souffrait pourtant de sacrées faiblesses), revient au cinéma avec une adaptation du célèbre magicien d’Oz, réclamée et produite par Disney. Raimi n’est pas le premier auteur de renom à collaborer avec la firme, Tim Burton ayant auparavant réalisé l’effroyable et vilain Alice aux pays des merveilles il y a quelques années. Cette nouvelle collaboration n’est malheureusement pas plus aboutie puisque ce Monde fantastique d’Oz souffre des mêmes défauts et de la même navrante pauvreté que le métrage précédemment cité : des effets visuels et spéciaux tellement laids qu’on serait prêt à se crever les yeux, des dialogues tellement stupides que l’on envisage de se percer volontairement les tympans, des personnages acidulés et sans relief, des acteurs tous plus mauvais les uns que les autres… Mila Kunis devrait en toute logique décrocher son Razzie award avec ce rôle qui pourrait la discréditer définitivement en tant qu’actrice, Rachel Weisz semble absolument ravie d’être là et Michelle Williams nous rappelle les meilleurs épisodes de Dawson, affublée d’un diadème doré made in Taïwan… Enfin, James Franco nous la joue comme aux Oscars en mode minimum syndical. Je ne pourrais pas terminer cet article sans mentionner ses effroyables costumes et maquillages ? Le(s) responsable(s) méritent la pendaison – avec leurs acolytes de Cloud Atlas- pour un travail bâclé digne des plus mauvaises séries TV des années 90, transformant Mila Kunis en Shrek hystérique et Michelle Williams en Barbie Princesse. Vous l’aurez compris, ce Monde d’Oz n’avait rien de fantastique, au contraire. Sam Raimi signe là un navet à la hauteur du Alice de Burton, venant dangereusement concurrencer Sublimes créatures au titre de plus mauvais film de l’année 2013. 

août
27

[critique] ELLE S’APPELLE RUBY

Par Wilyrah  //  2012, Assez bon, Made in the US  //  10 commentaires

JONATHAN DAYTON & VALERIE FARIS | USA | 104 MIN | 3 OCTOBRE 2012 | PAUL DANO, ZOE KAZAN, CHRIS MESSINA

Calvin est un romancier à succès, qui peine à trouver un second souffle. Encouragé par son psychiatre à écrire sur la fille de ses rêves, Calvin voit son univers bouleversé par l’apparition littérale de Ruby dans sa vie, amoureuse de lui et exactement comme il l’a écrite et imaginée.

Après le très surestimé et faussement rafraîchissant Little Miss Sunshine, les deux réalisateurs Jonathan Dayton et Valérie Faris signent leur second film Elle s’appelle Ruby, pour lequel ils retrouvent le comédien Paul Dano. Notons que c’est sa compagne qui a signé le scénario de cette comédie romantique douce-amère, la pétillante Zoe Kazan, qui tient aussi un des rôles principaux. A l’origine du projet il y a en effet celle qui s’était faite remarquer dans le drame Les Noces Rebelles et plus récemment dans le premier long-métrage de Josh Radnor, HappyThankYouMorePlease. Elle a conçu cette histoire et ces personnages, à l’image de Calvin qui imagine et façonne Roby avant de réaliser que celle-ci existe vraiment. Cette confusion entre imaginaire fantasmé et réalité un brin plus complexe n’est pas sans rappeler le mythe du Pygmalion où l’artiste tombe éperdument amoureux de sa création. Si Ruby n’est ni une statue de pierre, ni Frankenstein, cette délicieuse créature va elle aussi échapper progressivement à son créateur.

La réussite du film tenait pour beaucoup à la crédibilité des personnages et des situations. Cette responsabilité reposait donc sur l’ensemble du casting et de l’équipe technique qui a relevé le challenge avec satisfaction. Paul Dano, bien qu’impeccable en écrivain transi/asocial/loufoque aussi attachant qu’irritant, retrouve à nouveau un rôle qui lui va comme un gain même s’il n’est pas sans résonances avec ses précédentes compositions (on pense notamment à Gigantic). Pour lui donner la réplique, sa compagne à la ville et donc scénariste du film, Zoe Kazan, porte le coeur du film. Elle incarne le mystère, le vent de fraîcheur et de folie, ainsi que la tendresse et la fragilité que comporte son personnage, clé majeure de l’intrigue. Chris Messina, découvert dans l’ultime saison de Six Feet Under aux côtés de Lauren Ambrose, est quant à lui un peu le porte-parole du public. Il interprète le frère de Calvin et va légitimement croire à une manifestation incontestable de la folie (solitude) grandissante de son frère avant de se rendre compte que cette petite amie imaginée est bien devenue réelle. Plus étonnant (et « miraculeux ») encore, Calvin peut continuer à écrire sa personnalité – même s’il a choisi pour l’instant de laisser de côté la machine à écrire. Il découvrira rapidement, tel Peter Parker, qu’un tel pouvoir entraîne de grandes responsabilités mais aussi de sacrées complications. Les seconds rôles sont nombreux et plutôt sympathiques (bien que souvent caricaturaux) avec notamment Annette Bening (American Beauty, The Kids are alright), Antonio Banderas et même Deborah Ann Woll (la Jessica de True Blood) qui effectue une courte mais significative apparition pour notre protagoniste principal. 

Accepter l’être qu’on aime, pour qui il est et dans son intégralité, et écrire son histoire, à deux. C’est un peu les enjeux de ce film et ceux auxquels le personnage de Calvin va devoir faire face. A deux c’est aussi de cette façon que le film a été mis en images par le couple Dayton-Faris, bien plus en réussite pour leur second film malgré une petite baisse de régime à mi-parcours. Sorte de croisement entre Yes Man(500) jours ensemble et L’incroyable destin de Harold CrickElle s’appelle Ruby est un petit plaisir qu’il ne faudra pas se refuser dès le 3 Octobre dans les salles françaises.  

 ELLE S’APPELLE RUBY ●●
mai
18

[critique] MOONRISE KINGDOM

WES ANDERSON | 94 MIN | 16 MAI 2012 | BRUCE WILLIS, EDWARD NORTON, JARED GILMAN, KARA HAYWARD

Sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, au cœur de l’été 1965, Suzy et Sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s’enfuient ensemble. Alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s’approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté.

Après avoir visionné plusieurs oeuvres de la filmographie de Wes Anderson, je restais plutôt sceptique quant à son univers. Rushmore ne m’avait pas vraiment emballé, La famille Tenenbaum contenait de très belles choses qui se noyaient dans un gros fatras agaçant, La vie aquatique ne m’avait absolument pas intéressé et je n’avais même pas pris la peine de me déplacer pour Darjeeling Limited. Tout récemment j’avais pourtant légèrement revu mon jugement, ayant été plutôt charmé par son adaptation de Fantastic Mr Fox. La sortie de son nouveau film, Moonrise Kingdom, allait donc permettre de persévérer dans ce réajustement ou de considérer l’adaptation du bouquin de Dahl comme l’exception.

La bande-annonce était déjà très séduisante… le film l’est encore plus ! Tout ce que vous pouvez apercevoir dans la bande-annonce figure dans ce film : l’énergie, le charme, la magie, l’émotion, l’humour et la beauté. L’énergie, de cette réalisation rythmée et colorée, de cette mise en scène stylisée et géométrique, de ses personnages qui s’agitent comme ils peuvent pour poursuivre leurs idéaux. Le charme, de l’enfance, de l’insouciance, des rêves en couleurs, des années 60, du camping sauvage, des tourne-disques et des paires de jumelles. La magie, de l’amour indéfectible et pur, de l’attachement, de l’aventure, des premiers baisers du bout des lèvres. L’émotion qui nous pince ou nous submerge parfois face aux aléas que l’on rencontre. L’humour, qui naît des situations que Wes Anderson met en place avec son acolyte Roman Coppola au script (est-il le seul de la famille à avoir encore des choses à raconter ?), que ces acteurs aguéris parviennent à apporter à leurs personnages attendrissants dans leur mélancolie et leurs efforts pour être aimés. La beauté, des images, des sentiments, des paysages, des liens qui se font et se défont. Mais il y a aussi d’autres choses tout aussi fortes dans ce Moonrise Kingdom. Il y a la famille. Cette famille que l’on a et qui nous agace bien souvent ou celle que l’on n’a pas et que l’on essaie de se construire.


Il faut bien sûr féliciter les différents protagonistes d’une aussi belle oeuvre – qui n’est pas dénuée d’imperfections mais d’une sincérité absolue -aussi remarquable que terriblement attachante. Le casting pour commencer. Tout le monde est parfait. Chaque rôle, même le plus petit, apporte sa pierre à l’édifice : Bruce Willis, policier romantique solitaire « triste et nigaud », Bill Murray, père déconnecté et loufoque, Edward Norton, apprenti chef de camp au coeur tendre, Frances McNormand, mère dépassée et perdue, mais aussi et surtout les deux jeunes acteurs qui forment un ravissant tandem : Jared Gilman et Kara Hayward. Le premier étonne et détonne avec son assurance, sa diction, ses lunettes un peu trop grandes qui complète son allure d’orphelin brillant et mal-aimé qui ne se laisse pas faire. La seconde épate et envoûte du haut de ses douze-treize ans. Sa présence à l’écran est captivante, sa maturité impressionne. Ensemble, ils forment un duo irrésistible de jeunes amoureux inséparables.

Louons également le travail de l’équipe technique. A sa tête, le chef d’orchestre Wes Anderson qui brille aux manettes mais également à la plume aux côtés de Roman Coppola (évoqué ci-dessus), composant avec son équipe de magnifiques tableaux débordant de vie et de couleurs grâce au boulot formidable à la photographie (Robert D. Yeoman), aux décors (Adam Stockhausen), aux costumes (Kasia Walicka-Maimone) et bien entendu à la musique où la partition d’Alexandre Desplat enchante et envoûte.

Décidément, ce 65e Festival de Cannes commence très fort et a déjà de belles choses à nous offrir. En moins de deux jours, il a déjà vu débarquer sur les écrans deux oeuvres magnifiques dont ce Moonrise Kingdom magique qui a fait l’ouverture en donnant le tempo d’une compétition de haut niveau.

 MOONRISE KINGDOM ●●●
déc
5

[critique] LA CLÉ DES CHAMPS ***

Par Wilyrah  //  2011, Bon, Coup de cœur, Made in France  //  4 commentaires

Une mare abandonnée. Deux enfants solitaires tombent sous le charme de ce lieu sauvage qui les rapproche peu à peu l’un de l’autre et les aide à apprivoiser la vie. À travers leur regard, leur imaginaire, la mare devient un royaume secret à la fois merveilleux et inquiétant,  peuplé de créatures de rêve ou de cauchemar. Une expérience initiatique, brève et intense, dont ils sortiront transformés.

Cette histoire racontée par Denis Podalydès ressemble à un conte naturel poétique, où la beauté des images suffit à créer la magie des instants. La musique originale de Bruno Coulais sublime celles qu’ont capturé Claude Nuridsany et Marie Pérennou, les deux réalisateurs complices (déjà auteur de Microcosmos). Chaque jour de cet été qu’il passe dans la campagne arriègeoise, le jeune garçon se rend au bord de cette mare qui le fascine pour y observer les merveilles de la nature et la vie alentours. Ce jardin secret deviendra pour lieu un pays de miracles, de monstres et créatures, d’émerveillements et de peurs qu’il apprendra à partager avec une jeune intruse en robe rouge.

Cette fable où l’imaginaire prend beaucoup de place est un plaisir des yeux pour tout amoureux de la nature qui a conservé un peu de son âme d’enfant. Plutôt qu’une approche didactique, les auteurs ont préféré favoriser l’émerveillement et la simplicité même si certains adultes n’y trouveront pas leur compte et finiront par se lasser par une beauté aussi pure et évidente, préférant surveiller l’arrivée de nouveaux messages sur leur smartphone. Mais ceux qui voudront « prendre la clé des champs » et retrouver l’époque des premières découvertes, celui de l’enfance et de l’observation de la nature et des « petits riens qui enrichissent notre quotidien » trouveront leur bonheur avec ce très beau documentaire.

CLAUDE NURIDSANY & MARIE PERENNOU | FRANCE | 81 MIN | 21 DECEMBRE 2011 | SIMON DELAGNES, LINDSEY HENOCQUE
juil
15

[critique] HARRY POTTER & THE DEATHLY HALLOWS – part 2 **

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Dans la 2e Partie de cet épisode final, le combat entre les puissances du bien et du mal de l’univers des sorciers se transforme en guerre sans merci. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui peut être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort.

It all ends. Après presque dix ans, les aventures de Harry Potter se terminent avec cette deuxième partie des Reliques de la Mort. Si la première partie avait été une grande satisfaction et certainement la meilleure adaptation de la saga, cette conclusion laisse un léger sentiment de frustration.

Si le cahier des charges est plutôt rempli, on regrettera que ce terroriste de Steve Kloves ait encore – après de scandaleuses coupures qui avaient complètement ruiné ce sixième volet – écrit un scénario indigne de l’œuvre de J. K. Rowling, par des raccourcis et des simplifications plus que regrettables. La conclusion grandiose et dramatiquement intense de la saga ne devient presque qu’une bataille brouillonne et précipitée alors qu’il y avait vraiment de quoi conclure en beauté en prenant son temps et en étoffant certaines séquences. Heureusement, celle du Prince’s Tale, plus beau chapitre de la saga littéraire, est plutôt réussie (même si on l’aurait souhaité un peu plus longue) et bouleversante. On louera d’ailleurs l’interprétation de Alan Rickman, à nouveau remarquable et irréprochable. On n’en dira pas autant des autres acteurs, tant les plus jeunes que les plus expérimentés, qui semblent généralement tous surjouer pour rendre leurs personnages et leurs scènes plus grandiloquents. L’émotion naît d’ailleurs davantage grâce à la très belle partition de Alexandre Desplat qu’à la qualité et à l’intensité d’interprétation du casting.

Côté visuel, pas grand chose à dire, l’artillerie lourde est bien présente : la 3D est superbe et les effets spéciaux également. La réalisation de David Yates est plutôt satisfaisante (parfois très réussie, parfois un peu plate) même si on regrettera qu’il n’ait pas poursuivi sur sa lancée de la 1ère partie où il prenait véritablement le temps afin de donner plus de dimensions aux scènes clés, aux enjeux et aux émotions des protagonistes. Ici tout paraît un peu survolé comme si le navire était trop imposant. Et comme c’est à la fin du parcours qu’on remet les diplômes, on décernera la mention honorable à cette deuxième partie et la mention bien à l’ensemble de la saga qui aura su pendant une décennie maintenir une qualité et une régularité rarement observées sur une série de huit films.


DAVID YATES | USA/UK | 122 MIN | 13 JUILLET 2011 | DANIEL RADCLIFFE, EMMA WATSON, RUPERT GRINT
mai
14

[critique] MIDNIGHT IN PARIS **

Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

Son dernier film m’avait amené à prier pour que le vieux réalisateur new-yorkais binoclard prenne sa retraite en même temps que Nicolas et Carlita. Celui qui nous faisait autrefois beaucoup rire, nous surprenait et nous charmait avec son cinéma était devenu un vieux radoteur qui refait toujours la même soupe dans le même chaudron et avec les mêmes ingrédients. C’est donc avec une certaine crainte que je me suis rendu à une projection de son dernier (et non ultime) métrage dont tout le monde – surtout à Paris et à Cannes – parle. Une heure et demie plus tard, je ressors de la salle plutôt partagé.

Pour une fois, je ne pourrais reprocher à Allen d’avoir fait un film ultra-prévisible – même s’il ne se renouvelle pas du tout. Après 25 minutes complètement inintéressantes où l’on nous vend un Paris fantasmé en long et en large, puis où l’on suit un jeune couple bourgeois fraîchement fiancé (Owen Wilson et Rachel McAdams) qui joue aux touristes (avec ce que ça implique : restaurants chics, visites de musées, dégustation de vin) et qui débat autour de problématiques dont on se contrefout royalement, le film prend un virage plutôt inattendu. Moi qui n’avais pas lu ou entendu grand chose à propos deMidnight in Paris - en dehors de l’enjeu principal du film : la Première Conne de France sera t’elle coupée au montage ? – j’ai été assez étonné de la tournure des évènements. Toutefois, au départ, je dois avouer que l’effet de surprise était plutôt accompagné d’incompréhension et d’ennui voire même d’une certaine indifférence, bien que le titre et l’affiche prennent peu à peu tout leur sens. Puis finalement, entre deux références intello-artistiques, la magie commence à fonctionner et l’on embarque dans ce voyage-surprise teinté de nostalgie et d’illusions, avec lesquels Woody Allen va s’amuser pendant une petite heure.

Cet improbable petit jeu autour de l’irritable consensus « c’était bien mieux avant » s’avère au final plutôt charmant, guère plus. Cette excursion fantasmatique permettra à notre protagoniste principal de rencontrer une galerie de personnages (célèbres) hauts en couleurs, interprétés notamment par Alison Pill, Kathy Bates, Marion Cotillard ou encore Adrian Brody (très drôle, bien que complètement inutile). Certains moments sont plus plaisants et utiles que d’autres lors desquels on reste davantage hermétique. Au final Midnight in Paris reste audacieux par certains aspects mais bien trop facile et répétitif par d’autres (monsieur ne se foule pas trop pour écrire ses personnages, choisir les thèmes de ses films ou trouver une morale plus aboutie).

Le Woody Allen 2011, Midnight in Paris, est un petit mais honorable Woody Allen. Un crû agréable moyennement corsé, un brin amer et teinté de nostalgie, qui évolue en bouche jusqu’à laisser un arrière goût plutôt doux et satisfaisant – bien que peu mémorable. Il a d’ailleurs bien plus de saveur que ce fade beaujolais sans envergure qu’il nous avait servi l’an dernier avec son bel et sombre inconnu.


WOODY ALLEN | USA | 94 MIN | 11 MAI 2011 | OWEN WILSON, RACHEL MCADAMS, MARION COTILLARD
nov
28

[critique] HARRY POTTER & THE DEATHLY HALLOWS – PART 1 ****

Par Wilyrah  //  2010, Made in the UK, Très bon  //  7 commentaires

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Le pouvoir de Voldemort s’étend. Celui-ci contrôle maintenant le Ministère de la Magie et Poudlard. Harry, Ron et Hermione décident de terminer le travail commencé par Dumbledore, et de retrouver les derniers Horcruxes pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais il reste bien peu d’espoir aux trois sorciers, qui doivent réussir à tout prix.

Après un cinquième film agréablement surprenant et un sixième très discutable en terme de choix scénaristiques – les périples dans le passé de Voldemort ayant été outrageusement réduits au profit d’intrigues amoureuses tournant un peu en rond – David Yates redresse la barre pour cette première partie du dernier chapitre des aventures de Harry Potter. Le fait d’avoir scindé le dernier tome en deux permet une fidélité à l’égard de l’œuvre beaucoup plus intéressante (on regretterait presque que ce choix n’eut été fait plus tôt, pour l’adaptation du précédent tome notamment !) et forcément une restitution bien plus convaincante. Pas d’oublis majeurs dans ce troisième film de Yates, qui prend le temps de poser les bases d’une conclusion qui s’annonce grandiose. 

De l’autre côté de la caméra, on constate avec satisfaction que le trio d’acteurs semble avoir énormément gagné en maturité dans leurs interprétations. Emma Watson donne enfin l’impression de ne pas surjouer à chaque séquence et elle se détache assez nettement de ses deux partenaires, qui ont toutefois l’occasion d’étoffer un peu leur jeu dans cette première partie quasi-initiatique, au ton (presque trop) mélancolique et désillusoire. A leurs côtés s’illustrent inévitablement la diabolique Helena Bonham-Carter et le toujours aussi charismatique Alan Rickman, bien secondés par un casting de plus en plus étoffé réunissant la crème de la crème (anglaise) avec entre autres Rhys Ifans, Peter Mullan, Timothy Spall, Bill Nighy, Imelda Stauton…

Si l’on regrette un certain manque de rythme et une atmosphère qui « se cherche » un peu entre la noirceur, la mélancolie, la peur et le sinistre, on savoure certains passages comme celui racontant le Conte des Trois Sorciers ou l’excursion inquiétante à Godric’s Hollow – qu’on aurait même souhaité plus longue. Quelques défauts mais beaucoup de choses prometteuses dans cette première partie, avec notamment dix premières minutes de grande qualité. On attend donc impatiemment la sortie de la seconde l’été prochain pour tourner la dernière page des aventures du sorcier à lunettes qui nous auront accompagné pendant presque une décennie.

déc
19

[critique] THE KID *****

Par Wilyrah  //  Classiques, Excellent, Made in the US  //  5 commentaires

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Un pauvre vitrier recueille un bébé abandonné par sa mère. Cinq ans plus tard, on découvre la complicité de cette équipe qui marche. Le kid casse les carreaux et son père adoptif arrive chez le client malheureux pour leur réparer.

Un film avec un sourire, et peut-être aussi, une larme.

Une jeune femme vient d’accoucher. Elle est reconduite à la sortie de la clinique sous les regards désapprobateurs de l’équipe médicale. Comment va t’elle élever seule cet enfant ? Alors celle-ci, par désespoir, fait le choix de l’abandonner dans un véhicule de luxe avec une note, espérant qu’un meilleur avenir s’offrirait ainsi à lui. Mais tout ne va pas se dérouler comme elle l’aurait souhaité puisque deux malfrats volent ce véhicule et se débarrassent de l’enfant. Arrive alors Charlot, se promenant…

Premier long-métrage du célèbre et génial mime Charlie Chaplin, le Kid est un film incontournable. Terriblement drôle et attachant, ce tandem farceur et solidaire déambule dans les rues pour gagner sa croûte. Comme d’habitude, son cinéma réussit à transmettre au spectateur un éventail d’émotions hors pair.

Le talentueux réalisateur mêle tendresse, émotion et humour pour un petit bonheur cinématographique d’à peine une heure que petits et grands sauront apprécier à volonté. On ressort de la salle le sourire intact aux lèvres et le cœur débordant de tendresse. Un chef d’œuvre du grand écran, tout simplement.

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CHARLIE CHAPLIN | USA | 60 MIN | 1920 | CHARLIE CHAPLIN, EDNA PURVIANCE
nov
17

[critique] LE PRESTIGE

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Un film qui nous tient en haleine du début à la fin, dans un Londres de début du siècle admirablement reconstitué. Puzzle admirablement construit par le talentueux Christopher Nolan, maître du genre, nous fascine du début à la fin. L’intrigue et l’enchevêtrement des flash-back sont captivants. L’ambiguité de Borden et l’obsession de Angier vont rendre ces deux personnages profondément détestables et antipathiques. Le spectateur en sera d’autant plus dérouté qu’il ne cessera de changer de camp :  lorsqu’on croit avoir pris parti définitivement, il y a toujours un penchant de la perversion de l’un ou l’autre pour nous faire revoir notre jugement. La photographie dans ce film est également très soignée, tout comme le travail sur les costumes – que portent avec une classe ahurissante Hugh Jackman – et les décors.

    Côté interprètes, Nolan nous a concocté un casting aux petits oignons. Le tandem Jackman – Bale met remarquablement bien en valeur la concurrence des deux magiciens. Hugh Jackman est impeccable. Ce veuf avide de revanche cherche à tout prix à évincer son concurrent et, surtout, celui qui est certainement responsable de la mort de son épouse. Christian Bale, lui, est déroutant et s’affirme à nouveau comme un acteur incontournable et génialissime. Côté second rôle, Michael Caine se paie le luxe d’évincer la superbe Scarlett Johansson qui se contente d’être finalement qu’un pion de l’histoire.

    Fincher avait réalisé un film sur les sept pêchés capitaux. Nolan semble s’être focalisé sur deux d’entre eux : l’envie et la colère. L’ambitieux Angier cherchant à dépasser son rival qui a pourtant bien plus de talent que lui mais qui ne sait l’exploiter. Mais cette concurrence va être poussée à un point tel qu’elle en deviendra destructrice, non seulement pour eux, mais également pour leur entourage.

    La tension monte progressivement et le suspens ne faiblit jamais, notamment grace à de nombreux rebondissements et révélations. Ceux qui se seront fait piégés tomberont de haut. Pour ce qui auront pris la peine de regarder de plus près, certains indices étaient déjà perceptibles et le dénouement pouvait leur apparaître. Les fils entremêlés et complèxes se défont alors alors une logique pourtant si simple mais diablement efficace. Toutefois, lorsqu’arrive le générique de fin – très mauvais choix en revanche que ce morceau de Thom Yorke qui ne colle pas du tout à l’ambiance du film – on reste bluffé par ce tour de passe-passe de Nolan. Un casting de choix, une image soignée et une tension psychologique croissante. Quel tour de force

 LE PRESTIGE ●●●●

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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