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[critique] TITANIC (3D)
| JAMES CAMERON | USA | 194 MIN | 3D : 4 AVRIL 2012 | LEONARDI DiCAPRIO, KATE WINSLET |
Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le « Titanic », appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. A son bord, un artiste pauvre et une grande bourgeoise tombent amoureux.
Tout a sûrement déjà été dit ou écrit sur Titanic, le film de tous les records, qui a raflé 11 statuettes aux Oscar et attiré dans les salles françaises environ 22M de spectateurs. Depuis, aimer Titanic semble presque honteux, comme si une fois le titanesque effet de mode passé, cela devenait ringard ou pas très sérieux d’oser le dire : c’est un grand film.
En effet, on aime souvent brûler ce(ux) que l’on a encensé auparavant. Pourtant, c’est le plus souvent regrettable – hormis face au succès inexplicable et démesuré du film de Dany Boon, où là on espère que le film soit enfin vu à sa juste valeur, à savoir banal et,effectivement, ringard. Le film de James Cameron est d’une maîtrise remarquable à bien des niveaux. Oubliez un instant Céline Dion qui poussait la chansonnette, oubliez les jeunes filles en fleur qui bavaient devant Léonardo… James Cameron réalise avec un maestria incroyable un film alternant séquences intimistes et spectaculaires.
L’alchimie entre Leonardo Di Caprio et Kate Winslet crève l’écran et y est également pour beaucoup dans le succès du film. Quand on regarde la carrière que ces deux acteurs ont eu depuis… Plus de dix ans plus tard, le plaisir est quasiment identique, la photographie n’a quasiment pas vieilli, Kate Winslet est toujours aussi belle et on verserait presque une petite larme par ci, par là. Incontestablement, et malgré quelques longueurs, Titanic est une réussite à tous les niveaux (réalisation, écriture, montage, photographie, interprétation) et s’impose comme un des films les plus marquants du septième art.
Edit ressortie 3D : James Cameron nous offre avec ce Titanic version 3D un modèle de conversion, un travail d’orfèvre qui donne encore plus d’ampleur à son monument du Septième Art. La profondeur de champ, la restauration HD de l’image, la qualité technique des effets visuels et la grandeur de la mise en scène donnent l’impression – si ce n’est que les deux acteurs ont bien changé – que ce Titanic 3D a été réalisé en 2012. Ne boudez pas votre plaisir, embarquez de nouveau pour cet inoubliable voyage.
| TITANIC (3D) ●●●● |
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[concours] GAGNEZ DES DVD DU FILM CARNAGE

| ROMAN POLANSKI | 81 MIN | 2011 | KATE WINSLET, JODIE FOSTER, CHRISTOPH WALTZ… |
Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la « victime » demandent à s’expliquer avec les parents du « coupable ». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l’affrontement. Où s’arrêtera le carnage ?
A l’occasion de la sortie en DVD de CARNAGE, Wild Side et Le Bleu du Miroir s’associent pour vous offrir une chance de remporter un DVD du film. Pour avoir une chance d’être tiré au sort, répondez aux quatre questions proposées et envoyez vos réponses, ainsi que vos coordonnées avant le 10 Avril 2012 à wilyrah@gmail.com. Vous serez ensuite notifié par mail si vous avez remporté un DVD du film de Roman Polanski.
Les questions sont les suivantes :
1 ) Parmi les quatre acteurs du film, lequel n’a jamais reçu d’Oscar ?
2 ) Quelle actrice a été nominée aux Golden Globes pour son rôle dans Carnage ?
3 ) Le film se déroule à New-York, mais dans quelle ville a t’il été en réalité tourné ?
4 ) Qui a écrit la pièce dont est adapté le film Carnage ?
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Le jeu est terminé !
Les deux gagnants ont été prévenus par e-mail et devraient recevoir leur gain la semaine prochaine.
Merci à tous d’avoir participer et à bientôt pour de nouveaux jeux et de nouvelles critiques !
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[actu] KATE WINSLET, CÉSAR D’HONNEUR
Découvrez l’hommage culotté de Michel Gondry envers la meilleure actrice de sa génération, l’incomparable Kate Winslet, et son discours de remerciement. Le palmarès des César ne plaira pas à tout le monde – bien que je me réjouisse inlassablement du vautrage de Polisse – mais ce César d’honneur mettra tout le monde d’accord.
Kate Elizabeth Winslet, née le 5 octobre 1975 à Reading (UK), connait la consécration mondiale à 22 ans avec le film Titanic et obtient [enfin] l’Oscar de la meilleure actrice en février 2009 pour son rôle dans le film The Reader après avoir été cinq fois nominée précédemment (Raisons et sentiments, Titanic, Iris, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Little Children). Notons également qu’elle a déjà reçu jusqu’à présent trois Golden Globes (dont deux la même année pour Les Noces Rebelles et The Reader, écrasant ainsi toute concurrence) ainsi que deux Baftas et un Emmy Awards (Mildred Pierce). A seulement 36 ans, celle qui a déjà tourné avec les plus grands (Peter Jackson, Ang Lee, Jane Campion, James Cameron, Alan Parker, Michel Gondry, Sam Mendes, Stephen Daldry, Steven Soderbergh, Roman Polanski) reçoit donc de la part de l’Académie française du cinéma cette récompense honorifique pour l’ensemble de sa (déjà) remarquable carrière.
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[critique] CARNAGE
| ROMAN POLANSKI | FRANCE | 80 MIN | 7 DECEMBRE 2011 | KATE WINSLET, JODIE FOSTER, CHRISTOPH WALTZ, JOHN C. REILLY |
Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la « victime » demandent à s’expliquer avec les parents du « coupable ». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l’affrontement. Où s’arrêtera le carnage ?
Mon antipathie envers Polanski n’est pas un secret, je n’ai jamais caché ma profonde aversion pour la personne. Et en tant que réalisateur, il ne m’a jamais emballé. Mais lorsque j’apprends qu’il porte à l’écran la célèbre pièce Le Dieu du Carnage et que la grande Kate (avec un K, hein Neil) fera partie du casting, mon enthousiasme commence à monter. Les présences de Christopher Waltz – génial nazi et seul point fort de Inglorious Basterds – et Jodie Foster viennent renforcer cet intérêt.
Grâce à l’association Yadlayeled qui m’a généreusement invité – et que je tiens à remercier et promouvoir – j’ai pu découvrir le film en avant-première. Ce huit-clos en temps réel est une véritable réussite grâce à un scénario et des comédiens remarquables. Si l’on est parfois assez proche du théâtre filmé, on ne s’ennuie pas un instant et on se réjouit progressivement de la montée en puissance des échanges entre les deux couples parentaux. D’abord courtois et disposés à la diplomatie, la rencontre entre les deux couples va tourner au vinaigre et les masques tomberont dans une escalade de mesquineries tout simplement réjouissante.
Carnage dissimule derrière sa relative sobriété une intéressante observation des comportements sociaux, des dogmes éducatifs et des dynamiques relationnelles, ainsi qu’une misanthropie assez savoureuse finalement. Les dialogues ciselés de Yasmina Reza et ce quatuor de grands comédiens offrent au spectateur un plaisir coupable inouï. Les voir s’affronter dans cet appartement new-yorkais pendant une heure et quart s’avère aussi réjouissant que défoulatoire.
Porté par un casting exceptionnel, Carnage est un huit-clos à la fois hilarant et corrosif.
| CARNAGE ●●● |
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[avp] CONTAGION ***
L’excellente intro, nerveuse et efficace nous met directement au parfum et nous fait suivre en quelques séquences la propagation vertigineuse de ce qui va devenir une pandémie mondiale. S’appuyant sur un montage magistralement orchestré et bénéficiant d’une excellente distribution et d’une partition musicale de Cliff Martinez (Drive) encore remarquablement entraînante, Contagion avait tous les atouts pour être l’un des films références du genre.
Soderbergh, ne cherchant pas le spectaculaire improbable ou le twist hollywoodien, maintient la tension pendant 1h40 et exécute son sujet avec son habituel esprit analytique, certes plus froid et cérébral, mais diablement crédible et réaliste. L’effet escompté est inévitablement atteint, on n’ose plus se toucher le visage, on attend avec impatience de retrouver sa bien-aimée savonnette une fois rentré chez soi et pour peu qu’on ne soit pas déjà un peu misanthrope sur les bords, on a envie de rester chez soi loin de toute civilisation. Toutefois, si ce réalisme éloquent fait la force du film, il en est peut-être paradoxalement sa faiblesse. Avec une telle histoire et un tel casting, il y avait clairement de quoi rendre Contagion encore plus fort en enrichissant la storyline de certains personnages un peu sous-exploités – pourquoi s’offrir le luxe d’avoir Kate Winslet, Marion Cotillard ou encore Bryan Cranston si c’est pour ne les voir que quelques minutes ?
Avec Contagion, Soderbergh signe un thriller bactériologique nerveux et terrifiant – car particulièrement réaliste et bien exécuté – porté par un casting haut de gamme, qui privilégie la démonstration analytique à la puissance émotionnelle d’un tel phénomène.
| STEVEN SODERBERGH | USA | 92 MIN | 12 OCTOBRE 2011 | WILLIAM MAPOTHER, BRIT MARLING |
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[critique] THE READER ***
| STEPHEN DALDRY | USA | 124 MIN | 15 JUILLET 2009 | KATE WINSLET, RALPH FIENNES, DAVID KROSS, LENA OLIN |
Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l’un de leurs jeux consiste à ce qu’il lui fasse la lecture.
Après six longs mois d’attente, les français ont enfin pu découvrir le film qui a consacré Kate Winslet aux derniers Oscars et Golden Globes. Si la reconnaissance est arrivée tardivement – elle aurait été méritée bien plus tôt dans sa carrière – les statuettes raflées par la comédienne britannique sont amplement légitimes et viennent enfin récompenser l’une des plus talentueuses actrices de notre génération.
Mais ce n’est pas le seul attrait du nouveau film de Stephen Daldry (The Hours, Billy Elliot). En effet, même si la prestation de Kate Winslet porte le film, ce serait faire offense à la prestation de son partenaire à l’écran, le jeune David Kross, mais aussi au travail rigoureux et soigné du réalisateur anglais, qui a la finesse de nous épargner une voix-off lourdingue et pathos grâce à un montage, une réalisation et un scénario plutôt subtiles.
The Reader essaie de traiter la culpabilité. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’arguer sur la culpabilité d’une personne ayant participé de près ou de loin à l’une des plus grandes atrocités de l’histoire de l’humanité et d’y poser un regard consuel. Il s’agit plutôt de la culpabilité qui pèse sur les épaules des personnages, imprègne le film. Celle que ressent Hanna, personnage en fuite perpétuelle. Elle reste silencieuse et honteuse préférant dissimuler son handicap personnel, puis à ne pas livrer ses pensées quant à ses actes passés et ses éventuels remords prétextant que cela ne changera pas ce qui a été fait. La culpabilité de Michael également, lui qui a aimé cette femme plus âgée que lui, lui qui n’a pas oublié cette femme qui s’avère être une criminelle. Et enfin, et même surtout, la culpabilité collective de tout un pays qui ne sait comment traiter et punir l’impensable et qui du coup fausse complètement l’équilibre de la balance judiciaire en matière de responsabilités.
« The Reader confronte à un cas de conscience ultime. »
Le film de Daldry, sans faire polémique, soulève néanmoins quelques questions. Il a suscité débats et polémiques outre-Atlantique et outre-Rhin que je ne trouve pas forcément pertinents concernant la nudité des personnages ou la victimisation et l’humanisation faite de Hanna. Pour moi, c’est tristement impertinent et quand bien même un peu à côté de la plaque. Il ne s’agit pas de pardonner ou de condamner. Il s’agit avant tout, à mon avis, de comprendre. Il ne s’agit pas d’émotions simples, avec les bons et les méchants. Il ne s’agit pas d’avoir une vision tranchée noir/blanc. Il s’agit d’aller questionner la partie grise, la zone trouble qui se situe entre les deux. Ni antisémites, ni démagos, c’est ce que tentent audacieusement mais peut-être trop précautionneusement les auteurs de The Reader (du réalisateur Stephen Daldry aux producteurs Anthony Minghella et Sydney Pollack, en passant par le scénariste David Hare et l’écrivain Bernhard Schlink).
The Reader est un film qui risque de passer un peu trop inaperçu au milieu des blockbusters de l’été. Pourtant, s’il avait bénéficié d’une date de sortie plus appropriée et plus rapprochée de la sortie américaine, assurément le nouveau film de Stephen Daldry rencontrerait le succès public et critique qu’il mérite malgré un certain académisme regrettable.
25
[critique] LES NOCES REBELLES
| SAM MENDES | USA | 125 MIN | 21 JANVIER 2009 | LEONARDO DICAPRIO, KATE WINSLET, KATHY BATES |
Dans l’Amérique des années 50, Frank et April Wheeler se considèrent comme des êtres à part, des gens spéciaux, différents des autres. Ils ont toujours voulu fonder leur existence sur des idéaux élevés. Lorsqu’ils emménagent dans leur nouvelle maison sur Revolutionary Road, ils proclament fièrement leur indépendance. Jamais ils ne se conformeront à l’inertie banlieusarde qui les entoure, jamais ils ne se feront piéger par les conventions sociales. Pourtant, malgré leur charme et leur insolence, les Wheeler deviennent exactement ce qu’ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt ; une ménagère qui rêve de passion et d’une existence trépidante. Une famille américaine ordinaire ayant perdu ses rêves et ses illusions. Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer, quitter leur petite routine confortable dans le Connecticut pour aller vivre à Paris…
Après Jarhead, Les Sentiers de la Perdition et le chef d’œuvre American Beauty, Sam Mendes sort son quatrième film, adapté d’un roman acclamé de Richard Yates. Pour incarner le couple des Wheeler, il choisit de réunir un couple qui a eu beaucoup de succès sur grand écran il y a une dizaine d’années. Mais Revolutionary Road (les Noces Rebelles en France) ne vaut pas qu’on le compare au champion du box-office car il n’y a aucune ressemblance. Car Les Noces Rebelles est un grand film. Peut-être pas un très grand film inoubliable, mais un grand film porté par deux grands acteurs. Comment ne pas parler de la sublime Kate Winslet, déjà formidable et bouleversante dans Little Children (qui a quelques similarités thématiques avec Les Noces Rebelles d’ailleurs) ou encore Eternal Sunshine, qui a remporté deux Golden Globes (meilleure actrice dans un drame et meilleur second rôle féminin, rien que ça) il y a quelques jours ? Dans le film réalisé par son époux Sam Mendes, elle est tout simplement immense. Mais ce n’est pas vraiment une surprise de mon point de vue, tellement son talent et sa beauté naturelle crèvent l’écran dans quasiment tous ses derniers films. Son ami et partenaire à l’écran Leonardo DiCaprio n’est pas en reste. Si je n’ai jamais été un fervent admirateur de « Leo », il faut bien reconnaître qu’il est un acteur de grande classe lui aussi. Mais son duo d’acteurs n’est pas le seul point fort du film. Sam Mendes confirme qu’il est un réalisateur très talentueux, rigoureux et raffiné. Si l’on peut parfois regretter un certain classicisme et une mise en scène quelque peu théâtrale, on ne peut en revanche rien reprocher d’autre à son film, qui nous tient en haleine du début à la fin, avec un sujet pas facile, celui du naufrage progressif d’un couple enfermé dans une vie banlieusarde certes plutôt aisée mais routinière.
April et Frank se rendent compte après quelques années de mariage qu’ils ne sont pas heureux et qu’ils ont oublié ce qui les caractérisait lorsqu’ils se sont rencontrés. April propose alors à Frank de partir vivre à Paris. Sa suggestion n’est ni anodine ni exprimée tel un crédo romantique, mais comme le symbole d’un réel sentiment d’étouffement et de lassitude. Paris représente la possibilité d’une vie imprévisible, d’un nouveau futur, une nouvelle aventure pour eux pas forcément utopique et irréalisable. Frank est emballé et même soulagé. Il s’ennuie fermement dans un boulot bureaucratique sans intérêt et voit lui aussi ce départ pour l’Europe comme un renouveau pour son couple et l’opportunité de s’accomplir professionnellement dans une voie qui lui conviendrait mieux. Mais son patron va lui proposer une promotion et April va lui annoncer une nouvelle délicate , qui vont le faire remettre en question ce projet de déménagement. Frank devient tiraillé entre ses désirs et l’apparat social. lI va devoir choisir entre la facilité d’un parcours tout tracé et confortable financièrement et matériellement et le rêve d’une nouvelle vie que sa femme semble espérer encore plus ardemment que lui. L’intelligence du film de Mendes tient au fait que le spectateur ne choisit pas un camp – ayant de la compassion pour Frank ou s’identifiant à April – et suit leurs doutes et leurs craintes, le renvoyant à sa propre existence. Un film sur le questionnement de soi-même, de la vie que l’on désire mener, de l’abandon des rêves, de ce dont on peut se satisfaire et des frustrations qu’on ne peut combattre.
En ce début d’année 2009, Revolutionary Road est LE film à ne pas manquer, porté par une Kate Winslet immense et un Leonardo DiCaprio excellent. Sans tomber dans le larmoyant, Sam Mendes laisse parler l’émotion brute et véritable. Un beau film, intelligent, sensible et remarquablement bien construit, mais pas forcément facile d’accès et peut être un peu trop théâtral dans sa mise en scène.
| LES NOCES REBELLES ●●●● |
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[critique] LITTLE CHILDREN ****
| TODD FIELD | USA | 130 MIN | 24 JANVIER 2007 | KATE WINSLET, PATRICK WILSON, JENNIFER CONNELLY |
Little Children entrecroise les vies, les destinées contrariées, les secrets, les rêves, les fantasmes et les angoisses de personnages dans la quiétude trompeuse d’une banlieue bourgeoise de la côte Est.
Entre American Beauty et Desperate Housewives, ce film de moeurs introduit sans complaisance des personnages issus de la middle-class américaine qui s’ennuient dans leur petite vie bien rangée. Cette fable moderne, subtile et maîtrisée, où la tension va croissante, suit ses protagonistes au bord de l’explosion qui tentent de vivre leur vie entre convenances et véritables désirs. Todd Field réussit à capter les faux-semblants au milieu de cette hypocrisie bourgeoise qui s’offusque de tout ce qui n’est pas socialement et politiquement correct, et qui s’affole lorsque la petite vie tranquille du quartier est menacée par l’emménagement d’un quadragénaire, condamné pour exhibitionnisme.
Ce pestiféré, montré du doigt et tourmenté par ses pulsions, va chercher à se construire une vie au milieu des doigts tendus, des regards inquiets et des tracts. Bouc-émissaire d’un flic un peu bourru qui va le harceler, et bien que conscient de ses troubles comportementaux, il s’efforcera de rentrer dans le droit chemin, poussé par sa vieille mère qui fait tout son possible pour l’y encourager, à commencer par lui chercher une petite amie « de son âge ». Cela donnera lieu à des scènes dures, parfois insoutenables, où l’on peut être épris d’un sentiment de compassion avant d’être horrifié par le désarroi incontrôlable du personnage.
Sarah, mariée à un homme qui ne quitte le boulot que pour retrouver le bureau du grenier une fois rentré, cherche sa place au milieu de toutes ces mères parfaites, dont le seul loisir est de fantasmer sur Brad, un père au foyer qui accompagne son bambin chaque après-midi au square. Mais ce « roi de la promo » muté en « papa poule », enfermé dans un couple dont l’épouse castratrice contrôle la vie, va faire connaissance de Sarah qui ne cherchait pas mieux qu’un alibi pour s’arracher aux banalités de ses voisines. Elle trouvera en lui quelqu’un qui lui permettra d’échapper à son sort sans issue d’épouse délaissée et mère débordée en passant ses après-midi estivales au bord de la piscine municipale à ses côtés, gardant à l’oeil leur progéniture. A la suite d’un orage, entre les vêtements qui sèchent et les petits qui font la sieste, ils vont franchir ce pas que la communauté interdit afin de dépasser leurs frustrations personnelles et conjugales.
Kate Winslet prouve une fois de plus son formidable talent dans ce rôle à la Erin Brokovich, saupoudré d’une touche de Mme Bovary contemporaine. Jennifer Connelly, de son côté, réussit à nous faire ressentir cet étouffement que subit Brad par cette femme conformément parfaite – dynamique et affirmée, comme un symbole du changement de cette société dans laquelle la femme a le pouvoir, fait attention à sa ligne et entretient son mari – chaperonnant le moindre moment de sa vie.
Bien que l’on se serait volontiers passé de la morale un peu lourdingue énoncée par la voix-off lors des dernières secondes, la rencontre de ces deux âmes en perdition est traitée avec suffisamment de subtilité, et ce qu’il faut de psychologie, pour faire de ce film une véritable réussite qui réussit à nous captiver sur plus de deux heures alors qu’on ne donne pas cher de l’avenir de leur histoire. Il faudra enfin préciser pour conclure que l’on n’attend toutefois par l’inégalable magie du film de Sam Mendes, qui, lui, est un chef d’oeuvre.
Une comédie satyrique, dérangeante, où l’ambiance pesante de ce milieu oppresant d’hyprocrisie et de conventions est parfois allégée par des séquences narrées par une voix-off cynique dont n’abuse heureusement pas trop son auteur. Portée par d’excellents comédiens, naturels et sans pudeur, ce film cruel évite de tomber lourdement dans les clichés grace à un scénario bien construit et une mise en scène remarquable.
Le bleu du miroir
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