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juin
18

(critique) BEFORE MIDNIGHT

Par Wilyrah  //  2013, Bon, Made in Europe, Made in the US  //  4 commentaires
RICHARD LINKLATER | ROMANCE | USA | 108 MIN | 26 JUIN 2013 | ETHAN HAWKE, JULIE DELPY

UNE ÎLE GRECQUE, UNE VILLA MAGNIFIQUE, EN PLEIN MOIS D’AOÛT. 
CÉLINE, JESSE ET LEURS DEUX FILLES PASSENT LEURS VACANCES CHEZ DES AMIS. ON SE PROMÈNE, ON PARTAGE DES REPAS ARROSÉS, ON REFAIT LE MONDE. LA VEILLE DU RETOUR À PARIS, LES AMIS OFFRENT AU COUPLE UNE NUIT DANS UN HÔTEL DE CHARME, SANS LES ENFANTS. LES CONDITIONS SONT IDYLLIQUES MAIS LES VIEILLES RANCŒURS REMONTENT À LA SURFACE ET LA SOIRÉE EN AMOUREUX TOURNE VITE AU RÈGLEMENT DE COMPTES D’UN COUPLE EN PLEINE CRISE DE LA QUARANTAINE. Tous ceux qui ont vu Before Sunrise et Before Sunset savent combien ces deux films sont deux petites pépites underground, deux longs-métrages minimalistes et intimistes précieux car touchés par cette grâce cinématographique qui nous embarque pour 90 minutes de bonheur cinéphile et spirituel aux côtés de ce tandem merveilleux composé de Jesse et Celine. A l’issue de leurs retrouvailles parisiennes, neuf ans après leur inoubliable nuit viennoise, nous avions laissé Jesse chez Céline, à deux doigts de rater son avion. Nous les retrouvons en Grèce, après un nouveau bond dans le temps de neuf ans. Cette fois-ci, la question du « SI » n’est plus hypothétique. Pendant tant d’années, ils s’étaient demandé quelle aurait été leur vie s’ils avaient pu se retrouver plus tôt, après leur rencontre. Before Midnight nous offre la réponse. 

Le charme est rompu…

Celle que nous proposent Julie Delpy, Ethan Hawke et Richard Linklater (qui ont de nouveau écrit le scénario à trois) est désenchanteresse. En effet, la magie est rompue, tant pour le couple Jesse/Celine que pour la flamme de leur histoire. Nous retrouvons un homme et une femme qui ont visiblement été dépassés par la vie, la passion ayant laissé place progressivement à l’amertume, la frustration et la banalité d’un quotidien où l’éducation de leurs filles jumelles prend beaucoup de place. La crise de la quarantaine n’est plus une menace, elle est là. Céline se sent enfermée dans son rôle réducteur de mère et d’épouse. Jesse regrette de ne pouvoir voir son fils grandir. La rancoeur se nourrit des non-dits et de la frustration. Before Midnight n’est pas un film facile, quelle que soit l’affection que l’on prête aux personnages. Il évoquera forcément à des couples de longue durée quelques sentiments reconnaissables, tels que l’érosion de la passion ou la relative banalité des conversations. Bien sûr, on retrouve la saveur de leurs savoureuses joutes verbales, tout en ressentant qu’il y a quelque chose de cassé, tant dans leur histoire que dans l’aura de Jesse et Céline – pour ceux qui chérissent les deux premiers volets.

Un dernier chapitre dispensable ?

Ce troisième volet était-il nécessaire ? Before Sunset était exemplaire de subtilité, de finesse d’écriture et de poésie. Before Midnight rompt le charme et nous met la réalité en face. Nous ne sommes plus dans l’illusoire hypothétique mais dans le concret : ils ont vécu leur conte de fées. Ce qui est regrettable dans ce volet est que l’on sent beaucoup trop la présence (et la personnalité) de Julie Delpy qui vampirise le trio. C’est son identité qui ressort davantage du film plutôt que cet équilibre miraculeux qui se dégageait des deux premiers films. Ses défauts (l’humour gras et décomplexé abondant, le féminisme exacerbé…) sont beaucoup trop mis en avant, comme ce fut malheureusement le cas dans son décevant 2 days in New-York. La sensibilité de Hawke et la fluidité habile de Linklater se font beaucoup moins ressentir malgré quelques très beaux passages et plusieurs échanges riches. Les dialogues restent toutefois très naturels, le jeu des acteurs également. Hawke, Delpy et Linklater se connaissent parfaitement et cela se ressent dans leur jeu. La mise en scène est toujours aussi bonne, avec cette caméra discrète, accompagnant les deux personnages au gré de leur promenade.

Une rom-com désenchantée…

Si l’on considère Before Midnight comme le troisième volet du triptyque Before, alors celui-ci est manifestement celui qui excelle le moins. Il n’en demeure pas moins une réussite. Ainsi, détachés de toute considération sentimentale – nourrie de l’attachement et de l’envoûtement suscités par les deux premiers chapitres – on peut facilement considérer Before Midnight comme une comédie romantique réussie, drôle et attachante, avec ses moments woodyallenesques, ses reproches remplis d’amertume et ses réconciliations faites d’humour improbable, qui fait parfois aussi le charme d’un couple qui se connaît si bien mais parvient toujours à se surprendre et à s’attendrir. Une romcom caractérielle et douce-amère qui nous évoque la déliquescence passionnelle, le temps et la vie qui passent entre deux êtres et quelques fondamentaux essentiels qui subsistent, malgré tout. La vie ne peut être contrôlée et la satisfaction est rarement garantie. Faut-il pour autant se résigner ?

juin
15

(critique) LE TEMPS DE L’AVENTURE

Par Wilyrah  //  2013, Made in France, Moyen  //  5 commentaires
JERÔME BONNELL | ROMANCE | FRA | 105 MIN | 10 AVR 2013 | EMMANUELLE DEVOS, GABRIEL BYRNE

UNE JOURNÉE. UN TRAIN. DEUX INCONNUS.
 DES ÉCHANGES DE REGARDS, LE CŒUR QUI BAT.
 LE REGARDER PARTIR, LE PERDRE À TOUT JAMAIS OU S’OFFRIR AU TEMPS DE L’AVENTURE ? 
ET SI LA VIE D’ALIX BASCULAIT… Ecrit et réalisé par Jérôme Bonnell, Le temps de l’aventure raconte une journée particulièrement chargée en émotion pour Alix, jeune quarantenaire traversant une remise en question professionnelle et sentimentale, malgré une relation de longue durée avec un compagnon qui s’efforce de la rassurer et de la soutenir comme il le peut. À l’occasion d’un déplacement dans la capitale pour une audition qui se révèlera laborieuse, Alix rencontre Doug, homme britannique mûr approchant la soixantaine, dans le train du matin. Quelques regards qui en disent longs et quelques mots banals sont échangés, celle-ci décide de tenter de retrouver ce charmant inconnu qui vient sur Paris pour assister aux funérailles d’une amie de jeunesse. Lors du visionnage, un rapprochement avec le triptyque Before (Sunrise, Sunset, Midnight) parait inévitable : rencontre dans un train entre une française et un anglophone, épée de Damocles avec le facteur temporel important et le départ imminent), déambulation dans la ville, discussions sur la vie, évocation de souvenirs… Ceci dit, jamais le film de Jérôme Bonnell n’atteint la grâce des films de Linklater.

Malgré une volonté de transmettre l’émotion à travers les gestes, les regards et les non-dits, la mise en scène reste trop artificielle là où celle de Linklater offrait un naturel et une fluidité presque miraculeux. Les dialogues ne pas toujours inspirés et parfois trop écrits et quelques scènes débarquent comme un cheveu sur la soupe, sans que l’on comprenne si c’était bien nécessaire (je parle bien sûr de sa visite improvisée à sa soeur ou de l’annonce de sa grossesse). Le point culminant est atteint lorsqu’Alix s’énerve sur un barman zélé – à juste titre – avec deux répliques glaçantes : « Ah bah elle est belle la France » puis « C’est toi la pendule ! ». On regrettera également le manque d’alchimie entre les deux personnages, ce qui est tout de même assez fâcheux… Si Gabriel Byrne parvient à nous émouvoir sans mot dire dans la magnifique scène finale – ce qui rattrape jusqu’alors une prestation simplement correcte – Emmanuelle Devos confirme qu’elle est une actrice pas forcément dépourvue de talent mais excessivement tête-à-claques. Le réalisateur se permet même de satisfaire notre désir impuissant avec cette gifle infligée par la soeur. Sadique, celui-ci dresse même un lampadaire rebelle sur le chemin de l’actrice qui, peu rancunière, prendra tout de même le temps de lui offrir un Free Hug. 

juin
15

(critique) VERY BAD TRIP 3

TODD PHILLIPS | COMEDIE DEBILE | US | 100 MIN | 29 MAI 2013 | BRADLEY COOPER, ED HELMS

DEUX ANS ONT PASSÉ. PHIL, STU ET DOUG MÈNENT DES EXISTENCES TRANQUILLES ET HEUREUSES. ILS ONT FAIT DISPARAÎTRE LEURS TATOUAGES ET SE SONT RACHETÉS UNE CONDUITE. AUX DERNIÈRES NOUVELLES, LESLIE CHOW, QUI ATTIRAIT LES CATASTROPHES, A ÉCHOUÉ DANS UNE PRISON EN THAÏLANDE : DEPUIS QU’IL N’EST PLUS DANS LE SECTEUR, NOS TROIS LASCARS ONT – PRESQUE – OUBLIÉ LEURS FOLLES VIRÉES NOCTURNES À TRAVERS LES QUARTIERS SORDIDES DE LAS VEGAS, À MOITIÉ SHOOTÉS, ET LE JOUR OÙ ILS SE SONT FAIT KIDNAPPER, TIRER DESSUS ET PRENDRE EN CHASSE PAR UNE BANDE DE DANGEREUX DEALERS À BANGKOK… Voilà le parfait exemple de franchise qui aurait dû s’arrêter au premier volet. Si Very Bad Trip, premier du nom, avait su créer la surprise, le second n’était qu’une pale copie : on reprend les mêmes, on change de ville et de marié… et on recommence. Bref, rien de bien intéressant. Le troisième volet, bien que différent, ne s’en sort pas bien mieux. Pas de mariage ou de gueule de bois, juste une aventure complètement absurde, et linéaire, voulant faire de la trilogie un seul et même film. La volonté de changement y est, mais la sauce ne prend pas. Le dynamisme du premier volet continue de s’essouffler. Doug et Stu perdent beaucoup de leur personnalité au profit d’Alan, qui lui est mis au centre de quasiment toutes les situations. Malheureusement, Alan, c’est comme Scratch dans l’Âge de Glace… au début ça va, mais au bout d’un moment, c’est trop. Le seul qui émerge au même niveau que le barbu n’est autre que Chow (qui lui aussi ne fera pas preuve d’une grande innovation avec ses insultes incessantes). Cette conclusion de la franchise n’a rien d’exceptionnelle. J’ai peut-être rigolé quelques fois, mais ce n’était vraiment pas à gorge déployée. Plus innovant que le 2, mais bien moins drôle que le premier. Un film sans grande saveur… mais qui a le mérite de ne pas vraiment nous ennuyer.

juin
12

(critique) STAR TREK : INTO DARKNESS (3D)

J.J. ABRAMS | SF | USA | 130 MIN | 12 JUIN 2013 | CHRIS PINE, ZACHARY QUINTO, BENEDICT CUMBERBATCH

DANS UN MONDE EN GUERRE, LE CAPITAINE KIRK, ANIMÉ PAR LA VENGEANCE, SE LANCE DANS UNE VÉRITABLE CHASSE À L’HOMME, POUR NEUTRALISER CELUI QUI REPRÉSENTE À LUI SEUL UNE ARME DE DESTRUCTION MASSIVE. Voilà bientôt deux ans que j’attendais ce film avec la plus grande impatience. Deux ans à espérer du bon cinéma SF, à implorer une claque. Après les diverses déceptions du genre (que je ne citerai pas), mon impatience se nouait avec l’appréhension. Heureusement, ce sentiment s’évanouit dès le début. Dès les premières notes, on se laisse embarquer par le film. On retrouve avec un grand plaisir l’équipage de l’USS Enterprise et son univers aux richesses infinies. Le film démarre tambour battant : comme dans un James Bond, on se retrouve au beau milieu d’une mission, en pleine course-poursuite à travers une forêt rouge. Et dès lors, le rythme battra son plein tout du long, n’offrant que quelques temps morts pour mieux nous surprendre. Comme pour le premier volet, les effets spéciaux sont absolument parfaits – rares sont ceux qui nous rappellent qu’ils sont faits par ordinateur. Cet effet de réalisme s’accentue grâce à la caméra de J.J. Abrams, qui se balade dans ses décors comme si aucun obstacle ne pouvait l’empêcher de passer. De plus, la 3D est des plus efficaces. En plus d’offrir une grande profondeur de champ, celle-ci nous plonge dans les décors. Entre les cendres qui virevoltent près de nous et les tirs qui nous frôlent le visage, le spectateur n’a pas l’impression d’être totalement extérieur au film.

Le scénario est également très bien construit. Tout comme pour le premier opus, Abrams a su reprendre adroitement les histoires cultes de la série pour en faire un film adroitement mené, avec une histoire riche et des personnages bien travaillés. Malgré un scénario très sombre, le film garde sa fraicheur et son humour caractéristique. C’est avec beaucoup de plaisir qu’on retrouve l’équipage du vaisseau. Leurs relations ont évolué depuis le premier film et le dynamisme à bord de l’Enterprise s’en fait ressentir. Les acteurs incarnent toujours aussi bien leurs personnages mythiques. Le duo Kirk/Spock fonctionne parfaitement, tout comme le couple atypique que ce dernier forme avec Uhura (Zoe Saldana). Benedict « Sherlock » Cumberbatch nous offre un bad guy charismatique, sombre et complexe. Une excellente performance pour cet acteur en pleine ascension. Notons également une amélioration de la musique. Si le premier Star Trek (datant de 2009) m’avait emporté, la musique, elle, me donnait l’impression de tourner en boucle (3 thèmes pour tout un film, c’est un peu léger). Là, Giacchino a fait un gros travail dans la diversité, réutilisant ses précédents thèmes pour les mélanger adroitement aux diverses musiques accompagnant le film. Une véritable bande-son à la hauteur de cet ouvrage de SF. Vous l’aurez compris, Star Trek Into Darkness est une véritable réussite surclassant le premier volet. Il n’est pas parfait, mais offre tout ce que l’on peut attendre de la franchise. Longue vie et prospérité. - critique proposée par ThomLeft

juin
10

(critique) BROKEN CITY

Par Wilyrah  //  2013, Assez bon, Made in the US  //  Pas de commentaire
ALLEN HUGUES | THRILLER POLITIQUE | US | 109 MIN | 26 JUIN 2013 | MARK WAHLBERG, RUSSELL CROWE

BILLY TAGGART, UN ANCIEN FLIC RECONVERTI EN DÉTECTIVE PRIVÉ TENTE TANT BIEN QUE MAL DE FAIRE TOURNER SON AFFAIRE. LE JOUR OÙ L’HOMME LE PLUS PUISSANT DE NEW YORK, LE MAIRE LUI CONFIE LA MISSION D’ENQUÊTER SUR LA SUPPOSÉE INFIDÉLITÉ DE SA FEMME, IL EST LOIN D’IMAGINER QU’IL VA SE RETROUVER AU COEUR D’UNE VASTE MACHINATION SUR FOND DE CAMPAGNE MUNICIPALE. Thriller politique peu mémorable, Broken City bénéficie de la prestation impeccable de ses interprètes principaux (Wahlberg, Crowe, Zeta-Jones…) qui en fait un divertissement efficace qui se laisse agréablement suivre malgré un déroulement plutôt classique mais prenant avec ses rebondissements efficaces. Engagé par le maire de New-York pour enquêter sur les infidélités de son épouse, Billy Taggart se retrouve au milieu d’une machination insoupçonnée mise en place par son employeur pour se faire réélire aux prochaines municipales. Un polar commercial qui n’a pas plus d’ambition que d’occuper le spectateur un dimanche après-midi, malgré un certain manque de rythme plutôt regrettable. 

mai
20

(critique) LE PASSE

Par Wilyrah  //  2013, Made in France, Très bon  //  6 commentaires
ASGHAR FARHADI | DRAME | FRA | 130 MIN | 17 MAI 2013 | BERENICE BEJO, ALI MOSAFFA, TAHAR RAHIM

APRÈS QUATRE ANNÉES DE SÉPARATION, AHMAD ARRIVE À PARIS DEPUIS TÉHÉRAN, À LA DEMANDE DE MARIE, SON ÉPOUSE FRANÇAISE, POUR PROCÉDER AUX FORMALITÉS DE LEUR DIVORCE. LORS DE SON BREF SÉJOUR, AHMAD DÉCOUVRE LA RELATION CONFLICTUELLE QUE MARIE ENTRETIENT AVEC SA FILLE, LUCIE. LES EFFORTS D’AHMAD POUR TENTER D’AMÉLIORER CETTE RELATION LÈVERONT LE VOILE SUR UN SECRET DU PASSÉ. Récompensé d’un Oscar du meilleur film étranger un peu généreux pour le bon mais redondant Une séparation, l’iranien Asghar Farhadi est venu en France tourner son nouveau long-métrage dans lequel il réunit deux acteurs césarisés (Bérenice Bejo et Tahar Rahim) aux côtés de Ali Mosaffa, acteur iranien qui a perfectionné ses notions de français pour le rôle. L’histoire du film Le passé s’articule autour de trois personnages, un futur-ex-mari revenant d’Iran pour officialiser le divorce et un futur-mari ne parvenant pas complètement à tourner la page d’une épouse dans le coma après une tentative de suicide. Farhadi a souhaité explorer chez ses personnages leur rapport au passé. Dans le film, le scénario balance donc toujours entre la loyauté envers le passé et le besoin de se tourner vers l’avenir. Pour celui-ci, « on a beau essayer de se propulser vers l’avant, le poids des événements passés continue de peser sur nous« . C’est ce qu’il cherche à démontrer avec l’histoire de Marie, Ahmad et Samir, ainsi que leurs enfants gravitant autour et essayant de s’adapter par la force des choses à la nouvelle dynamique du présent et du futur. L’une d’elle n’y parvient pas et s’y refuse : il s’agit de Lucie, l’aînée de Marie. Construit comme un thriller psychologique, Le passé dévoile progressivement et très habilement ses mystères. Parfaitement écrit, ce drama familial bénéficie de l’interprétation remarquable des trois comédiens principaux, excellemment dirigés par le cinéaste iranien. Actuellement en sélection au Festival de Cannes, celui-ci fera figure de sérieux candidat à une future récompense, malgré un dernier quart d’heure maladroit malgré toutes les précautions de mise en scène de Farhadi. 

mai
16

(critique) SONG FOR MARION

Par Wilyrah  //  2013, Bon, Made in the UK  //  3 commentaires
PAUL A. WILLIAMS | COMEDIE DRAMATIQUE | UK | 93 MIN | 15 MAI 2013 | GEMMA ARTERTON, TERENCE STAMP

ARTHUR ET MARION, COUPLE DE RETRAITÉS LONDONIENS, SONT PROFONDÉMENT UNIS MALGRÉ LEURS CARACTÈRES DISSEMBLABLES ; MARION EST POSITIVE ET SOCIABLE, ARTHUR EST MOROSE ET FÂCHÉ AVEC LA TERRE ENTIÈRE. AUSSI NE COMPREND-IL PAS L’ENTHOUSIASME DE SA FEMME À CHANTER DANS CETTE CHORALE FÉRUE DE REPRISES POP DÉCALÉES ET MENÉE PAR LA PÉTILLANTE ELIZABETH. MAIS PEU À PEU, ARTHUR SE LAISSE TOUCHER PAR LA BONNE HUMEUR DU GROUPE ET PAR LA GENTILLESSE D’ELIZABETH. Comédie dramatique britannique, Song for Marion est un feel-good movie qui assume sa dimension sentimentale avec légèreté et émotion. Porté par un trio impeccable, Terence Stamp en vieux bougon, Gemma Arterton en chef de troupe rafraîchissante et altruiste et enfin Vanessa Redgrave incarnant la sociable et positive Marion. Si le film tourné au coeur de la banlieue londonienne ne révolutionne pas le genre et ne cherche pas à se rendre original avec quelques lieux communs et passages obligés, on retrouve dans Song for Marion une humanité et une sensibilité bienvenues qui en font un long-métrage attachant, divertissant et touchant, porté par un trio de choc, aussi drôle que bouleversant. 

mai
15

(critique) MAMA

ANDRES MUSCHIETTI | FANTASTIQUE | ESP-CAN | 100 MIN | 15 MAI 2013 | JESSICA CHASTAIN, NICOLAJ COSTER-WALDAU

IL Y A CINQ ANS, DEUX SŒURS, VICTORIA ET LILY, ONT MYSTÉRIEUSEMENT DISPARU, LE JOUR OÙ LEURS PARENTS ONT ÉTÉ TUÉS. DEPUIS, LEUR ONCLE LUCAS ET SA PETITE AMIE ANNABEL LES RECHERCHENT DÉSESPÉRÉMENT. TANDIS QUE LES PETITES FILLES SONT RETROUVÉES DANS UNE CABANE DÉLABRÉE ET PARTENT HABITER CHEZ LUCAS, ANNABEL TENTE DE LEUR RÉAPPRENDRE À MENER UNE VIE NORMALE. MAIS ELLE EST DE PLUS EN PLUS CONVAINCUE QUE LES DEUX SŒURS SONT SUIVIES PAR UNE PRÉSENCE MALÉFIQUE… En deux ou trois ans, Jessica Chastain aura su s’imposer à Hollywood et démontré qu’elle savait s’entourer et bien choisir ses rôles. Toujours impeccable, en premier (Zero Dark Thirty) comme en second rôle (La couleur des sentiments, The Tree of Life, Des hommes sans loi, Take Shelter…), lorsque l’on retrouve l’actrice américaine à l’affiche d’un thriller fantastique espagnol produit par Guillermo Del Toro aux côtés du régicide de Game of Thrones, on ne peut que s’attendre à un projet intéressant dans la lignée de L’orphelinat ou du Labyrinthe de Pan. Malheureusement, dès les premières minutes, on voit la catastrophe arriver (autant le naufrage cinématographique que l’accident de voiture du papa dépassé). Affublée d’un look émo-cheap et d’une coiffure ringarde, soi-disant inspirée de la dégaine d’Alice Glass (chanteuse du groupe Crystal Castles), Chastain s’efforce tant bien que mal de faire tenir le film sur ses frêles épaules. Malheureusement, il est difficile de croire en cette histoire de gamines possédées par un esprit malin plutôt possessif (qui s’avèrera être celui d’une mère à qui on avait enlevé son enfant) après avoir été livrées à elle-même pendant plusieurs années, seules au fond d’un cabanon perdu en pleine forêt canadienne. Et pourquoi pas allaitées par un caribou tant qu’on y est ?Malheureusement, le massacre ne s’arrête pas là.Mise en scène, effets spéciaux, musique, photographie, tout est dans Mama est d’une laideur si consternante que même un mauvais téléfilm vraiment daté pourrait facilement l’égaler voire le surpasser. À croire que la sélection de Gerardmer devait réunir seulement quelques étudiants d’arts du spectacle pour que le navet de Muschietti soit récompensé car disons-le clairement, Mama est comme la voiture du père meurtrier : il ne tient pas la route. 

mai
14

(critique) UPSIDE DOWN

Par Wilyrah  //  2013, Made in the US, Mauvais  //  Pas de commentaire
JUAN SOLANAS | ROMANCE SF | USA | 100 MIN | 1er MAI 2013 | JIM STURGESS, KIRSTEN DUNST, TIMOTHY SPALL

DANS UN UNIVERS EXTRAORDINAIRE VIT UN JEUNE HOMME ORDINAIRE, ADAM, QUI TENTE DE JOINDRE LES DEUX BOUTS DANS UN MONDE DÉTRUIT PAR LA GUERRE. TOUT EN LUTTANT POUR AVANCER DANS LA VIE, IL EST HANTÉ PAR LE SOUVENIR D’UNE BELLE JEUNE FILLE VENANT D’UN MONDE D’ABONDANCE : EDEN. DANS CET UNIVERS, SON MONDE SE TROUVE JUSTE AU-DESSUS DE CELUI D’ADAM – SI PRÈS QUE LORSQU’IL REGARDE VERS LE CIEL, IL PEUT VOIR SES VILLES ÉTINCELANTES ET SES CHAMPS FLEURIS. MAIS CETTE PROXIMITÉ EST TROMPEUSE : L’ENTRÉE DANS SON MONDE EST STRICTEMENT INTERDITE ET LA GRAVITÉ DE LA PLANÈTE D’EDEN REND TOUTE TENTATIVE EXTRÊMEMENT PÉRILLEUSE. Premier film hollywoodien de Juan Solanas, Upside Down est davantage une romance colorée qu’un film de science-fiction. En effet, malgré un pitch plutôt enthousiasmant et quelques premières minutes nous exposant efficacement les bases de ce double-monde symétrique (par l’intermédiaire d’un habile et joli générique introductif), on constate rapidement que la SF sera délaissée au profit de la quête amoureuse du jeune Adam (Jim Sturgess) souhaitant retrouver son Eden (Kirsten Dunst). Pourtant, il y avait de quoi développer davantage la bonne idée et la satyre sociale plutôt que de privilégier une romance gentillette. Pire, le film semble démonter progressivement toute théorie qu’il a implanté au départ concernant le passage entre les deux mondes, les problèmes de gravité ou les dangers d’une intrusion. Enfin, pour ne rien arranger et confirmer ce massacre dans les règles de l’art, Upside Down devient drôle à son insu avec des rebondissements et un dénouement aussi invraisemblables que grotesques. Ainsi, le spectateur ressort davantage amusé que chaviré, à croire que c’est le scénariste du film qui avait la tête à l’envers lorsqu’il a bouclé le script. 

mai
13

(critique) SOUS SURVEILLANCE

Par Wilyrah  //  2013, Made in the US, Mauvais  //  6 commentaires
ROBERT REDFORD | THRILLER | USA | 124 MIN | 8 MAI 2013 | ROBERT REDFORD, SHIA LABEOUF, JULIE CHRISTIE

EN 1969, UN GROUPE DE MILITANTS RADICAUX APPELÉS WEATHER UNDERGROUND REVENDIQUE UNE VAGUE D’ATTENTATS AUX ETATS-UNIS POUR PROTESTER CONTRE LA GUERRE DU VIETNAM. LA PLUPART DE SES MEMBRES FURENT EMPRISONNÉS, MAIS QUELQUES-UNS DISPARURENT SANS LAISSER DE TRACE… JUSQU’À AUJOURD’HUI. L’ARRESTATION DE SHARON SOLARZ, L’UNE DES ACTIVISTES, REMET CETTE AFFAIRE SUR LE DEVANT DE LA SCÈNE, AU POINT D’ATTISER LA CURIOSITÉ DU JEUNE ET AMBITIEUX REPORTER BEN SCHULBERG. JOUANT DE SES RELATIONS AU FBI, IL RASSEMBLE PETIT À PETIT LES PIÈCES DU PUZZLE, LE MENANT JUSQU’À JIM GRANT, UN AVOCAT APPAREMMENT SANS HISTOIRES… LORSQUE CELUI-CI DISPARAIT BRUSQUEMENT, LE JOURNALISTE SE LANCE SUR SA PISTE, DÉTERMINÉ À LE RETROUVER AVANT LE FBI. Il ne fait pas bon vieillir… À l’image d’un Clint Eastwood qui peine à se réinventer jusqu’à devenir ennuyeusement embarrassant, Robert Redford semble être resté dans les années 70 (période à laquelle débute l’histoire de Sous surveillance) pour mettre en scène ce thriller à mi-chemin entre le survival et l’enquête. En effet, celui-ci nous livre une prestation (devant comme derrière la caméra) qui n’inspire que de la pitié tant celui-ci se fixe une barre qu’il se croit encore capable d’atteindre. Sa mise en scène et sa narration semblent bien fades et obsolètes, tandis que son jeu d’acteur ne suscite rien d’autre qu’un désolant haussement d’épaules. Louable était son intention de montrer qu’il est encore là et qu’il a des choses à dire et des causes à défendre (surtout qu’il vaut toujours mieux faire le gauchiste démago que le vieux con réac). Malheureusement, l’indulgence ne suffit pas à masquer l’ennui – qui s’installe avec insistance après la première demie-heure et qui ne ne quittera quasiment plus jusqu’au générique de fin. Pour lui donner la réplique (le plus souvent de loin ou en retrait), Redford a choisi le jeunot Shia Labeouf qui tient plutôt la route sans faire des miracles. Finalement, pour trouver un véritable motif de satisfaction (mais également et paradoxalement le plus frustrant), il faudra regarder du côté des personnages secondaires avec cette armada exceptionnelle de seconds rôles sous-exploités (Richard Jenkins, Brit Marling, Julie Christie, Nick Nolte, Stanley Tucci, Brendan Gleeson…) qui ne peut que faire regretter au spectateur un scénario aussi convenu. Sous surveillance n’est au final pas vraiment un thriller mais un long-métrage pantouflard et donneur de leçons de la part d’un vieux loup qui n’a pas su s’arrêter avant de commencer à radoter. 

mai
12

(critique) CLIP

Par Wilyrah  //  2013, Assez bon, Made in Europe  //  2 commentaires
MAJA MILOS | DRAMA | SERB | 102 MIN | 17 AVR 2013 | ISIDORA SIMIJONOVIC, VUKASIN JASNIC

JASNA, UNE ADOLESCENTE DE 16 ANS, S’ENNUIE DANS SA PETITE VILLE EN PÉRIPHÉRIE DE BELGRADE, ENTRE LES COURS DU LYCÉE ET LA VIE CHEZ ELLE, OÙ SES PARENTS N’ARRIVENT PLUS À DIALOGUER AVEC ELLE. COMME LES AUTRES JEUNES DE SON ÂGE, SES SEULES PRÉOCCUPATIONS SONT DE FAIRE LA FÊTE, DE RENCONTRER DES GARÇONS ET DE SE FILMER EN PERMANENCE AVEC SON TÉLÉPHONE PORTABLE. JASNA TOMBE FOLLE AMOUREUSE DE DJOLE, UN GARÇON DE SON ÉCOLE. PRÊTE À TOUT POUR LUI PLAIRE, JASNA SOMBRE VITE DANS LES EXCÈS DE L’ALCOOL, DU SEXE ET DE LA DROGUE. Long-métrage serbe sulfureux, Clip suit le quotidien décadent de la jeune Jasna qui passe la majeure partie de son temps portable à la main pour filmer ses moindres faits et gestes, parfois en se mettant en scène de façon ostentatoire. Ce premier film de la belgradoise Maja Milos propose une vision frontale sur le rapport qu’entretient (pour elle) la jeunesse de son pays avec l’alcool, la drogue et le sexe. De nombreuses personnes ont rapproché le travail de la jeune réalisatrice à celui d’un Larry Clark mais seuls les thématiques s’en rapprochent et la comparaison s’arrête là. Maja Milos a choisi de montrer, parfois de façon très crue et explicites, les dérives de cette jeunesse qui se filme en permanence (en soirée mais aussi en plein cours, en plein acte sexuel…) et le film a tout simplement été interdit en Russie. Dans l’hexagone, celui-ci a été interdit aux moins de 16 ans (une interdiction aux mineurs paraissait presque plus judicieuse). Si la démarche paraît louable, le résultat n’est pas forcément bien abouti. Le style est quasi-documentaire et les thématiques abordées (rôle de la famille, de l’école, rapport à la violence, au sexe et aux stupéfiants) imposent davantage un constat alarmant qu’une prise de recul et une réflexion. La volonté était de choquer en montrant, l’objectif semble atteint. Clip restera t’il pour autant dans les annales ? On peut en revanche en douter.   

mai
10

(critique) TRANCE

Par Wilyrah  //  2013, Made in the UK, Mauvais  //  9 commentaires
DANNY BOYLE | THRILLER | UK | 95 MIN | 8 MAI 2013 | JAMES McAVOY, VINCENT CASSEL, ROSARIO DAWSON

COMMISSAIRE-PRISEUR EXPERT DANS LES ŒUVRES D’ART, SIMON SE FAIT LE COMPLICE DU GANG DE FRANCK POUR VOLER UN TABLEAU D’UNE VALEUR DE PLUSIEURS MILLIONS DE DOLLARS. DANS LE FEU DE L’ACTION, SIMON REÇOIT UN VIOLENT COUP SUR LA TÊTE. À SON RÉVEIL, IL N’A PLUS AUCUN SOUVENIR DE L’ENDROIT OÙ IL A CACHÉ LE TABLEAU. NI LES MENACES NI LA TORTURE NE LUI FERONT RETROUVER LA MÉMOIRE. FRANCK ENGAGE ALORS UNE SPÉCIALISTE DE L’HYPNOSE POUR TENTER DE DÉCOUVRIR LA RÉPONSE DANS LES MÉANDRES DE L’ESPRIT DE SIMON… Je vais encore être désagréable envers un cinéaste que beaucoup admirent et estiment comme un artiste de génie. Ce n’est pas mon point de vue. Danny Boyle c’est un peu le roi de l’esbroufe, le champion du « je-pète-plus-haut-que-mon-cul » avec son style maniéré et facilement reconnaissable, ses longs-métrages ambitieux mais rarement aboutis, ses pitch reposant sur une idée mais ne tenant jamais la longueur ou accumulant tellement d’invraisemblances que ça en devient très peu crédible… Après un Oscar très peu mérité pour un métrage grand public assez racoleur, celui-ci nous avait offert une pub pour Decathlon avec James Franco. Heureusement, la cérémonie d’ouverture des J.O lui avait permis d’obtenir une reconnaissance mondiale plus légitime, valorisant ses talents de metteur en scène spectaculaire. Pour son retour sur grand écran, le cinéaste britannique propose une oeuvre ambitieuse mais tristement ratée et invraisemblable. À trop vouloir surprendre le spectateur par une accumulation de twists ridiculement vertigineuse, à trop brouiller les pistes et inutilement complexifier sa narration au point de la rendre tellement alambiquée qu’elle ne suscite plus aucun intérêt, Trance perd en route toute vraisemblance et toute légitimité artistique. Un thriller ambitieux (sur le papier) qui se veut hypnotique mais qui n’est au final qu’un vulgaire essai abscons, simpliste et superficiel, saturé d’excès visuels et sonores aussi indigestes que cette navrante B.O techno/dance concoctée à partir des meilleurs morceaux que tu diffusais jadis lors des boum collégiennes que tu organisais fièrement. 

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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Before Midnight de Richard Linklater

14 AOÛT 2013
Michael KohIhass de A. des Pallières

21 AOÛT 2103
Jeune et Jolie de François Ozon

2 OCTOBRE 2013
Diana de Oliver Hirschbiegel

9 OCTOBRE 2013
La vie d'Adèle de Abdellatif Quechiche

16 OCTOBRE 2013
The world's end de Edgar Wright
... T.S. Spivet de Jean Pierre Jeunet

23 OCTOBRE 2013
Gravity de Alfonso Cuaron
Malavita de Luc Besson

13 NOVEMBRE 2013
The Counselor de Ridley Scott

27 NOVEMBRE 2013
Hunger Games II de Francis Lawrence

5 NOVEMBRE 2014
Interstellar de Christopher Nolan

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