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[critiques] RATTRAPAGES : L’ODYSSÉE DE PI, JACK REACHER, LES HAUTS DE HURLEVENT
| L’ODYSSÉE DE PI ●●● |
Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul, ou presque… Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable. Considéré par de nombreux blogueurs comme l’un des meilleurs films de l’année, rejoints par Barack Obama lui-même, L’odyssée de Pi est l’adaptation réputée impossible du roman de Yann Martel. l. Doté d’une 3D sublime et d’une mise en scène soignée et maîtrisée de bout en bout, le film de Ang Lee tient ses promesses et nous offre 125 minutes de divertissement, d’amusement et d’inquiétude face au sort de Pi Patel – aka Piscine. Un film idéal pour les fêtes, le genre de plaisir que l’on s’offre en famille et qui saura contenter petits et grands, juniors et seniors.
| ANG LEE | DRAME | USA | 125 MIN | 19 DÉC. 2012 | SURAJ SHARMA, IRRFAN KHAN, GERARD DEPARDIEU |
| JACK REACHER ●● |
Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. » Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret. Produit formaté pour le grand public et programmé en pleine période de Noël, Jack Reacher est un film d’action efficace et appréciable qui se laisse suivre avec plaisir malgré trente bonnes minutes en trop. L’humour est sec, l’intrigue tient suffisamment la route, les acteurs font le taf et le suspens reste presque intact sur plus de deux heures. Que reprocher à ce divertissement plutôt costaud, si ce n’est sa longueur et la présence du toujours aussi monolithique Tom Cruise dans le rôle phare ? Pas grand chose. L’objectif était de nous divertir, la mission est accomplie.
| CHRISTOPHER McQUARRIE | ACTION | USA | 131 MIN | 26 DÉC. 2012 | TOM CRUISE, ROSAMUND PIKE, RICHARD JENKINS |
| LES HAUTS DE HURLEVENT ●● |
Angleterre – XIXème siècle. Heathcliff, un enfant vagabond, est recueilli par M. Earnshaw qui vit seul avec ses deux enfants, Hindley et Cathy, dans une ferme isolée. Heathcliff est bientôt confronté aux violences de Hindley, jaloux de l’attention de son père pour cet étranger. Le jeune garçon devient le protégé de Cathy. A la mort de M. Earnshaw, Cathy est courtisée par le fils de riches voisins, laissant peu à peu Heathcliff à la merci de Hindley. A l’annonce du prochain mariage de Cathy, Heathcliff s’enfuit. L’attachement fraternel qu’il vouait à Cathy se transforme alors en un amour obsessionnel. Le roman d’Emily Brontë a été de nombreuses fois porté à l’écran, pas toujours avec réussite. La cinéaste britannique Andrea Arnold, qui nous avait offert le remarquable Fish Tank et le prenant Red Road, nous offre à son tour sa vision de l’œuvre avec une réécriture épurée, sensorielle, sombre et dépouillée. Disons-le tel quel, la première heure est une merveille. La seconde, en revanche, est plus bancale, moins captivante. Le changement d’acteurs n’aide d’ailleurs pas vraiment le spectateur à se sentir concerné.
| ANDREA ARNOLD | ROMANCE | UK | 128 MIN | 5 DÉC. 2012 | SHANNON BEER, SOLOMON GLAVE, KAYA SCODELARIO |
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[critique] POPULAIRE
| REGIS ROINSARD | FRANCE | 111 MIN | 21 NOVEMBRE 2012 | DÉBORAH FRANÇOIS, ROMAIN DURIS, BERENICE BEJO |
Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…
Premier film de Régis Roinsard, Populaire a de grandes chances de le devenir rapidement. Doté d’un casting trois étoiles (Duris, François, Bejo) réunissant trois valeurs sûres du cinéma tricolore, cette comédie rétro-chic très enlevée et énergique devrait séduire le public de l’hexagone.
Ce succès – s’il est au rendez-vous – sera relativement mérité. Tout n’est pourtant pas parfait. On regrettera notamment un dernier segment moins enthousiasmant que le reste du métrage – car plus convenu. On tiquera également à quelques reprises devant le jeu maniéré de Romain Duris, pas toujours à son aise dans ce rôle de dandy introverti et cynique. En revanche, on sera charmé par le tandem qu’il forme avec Déborah François. Celle-ci est l’étincelle du film, faisant son charme et sa vitalité. Elle est accompagnée par une autre comédienne césarisée : la pétillante Bérénice Bejo que certains n’ont découvert que tardivement dans The Artist.
L’autre atout de Populaire est son histoire, plutôt originale – c’est le moins que l’on puisse dire – ainsi que son ton décalé et son rythme entraînant. C’est souvent drôle et cocasse, ça ne se prend pas trop au sérieux, c’est visuellement plutôt soigné sans être trop travaillé et, sur presque deux heures que dure le film, on ne s’ennuie jamais. On retiendra enfin cette sublime scène d’hôtel bicolore, tel l’hommage d’un néophyte à ses illustres ancêtres du panthéon cinématographique.
On ressort de la projection en ayant le sourire, satisfait d’avoir pris du plaisir devant une comédie hexagonale qui regarde davantage du côté de Klapisch que de celui de Dany Boon (et c’est tant mieux !). Ne boudez donc pas le votre (de plaisir) et allez dès mercredi en salles pour découvrir cet agréable divertissement léger et plutôt soigné.
| POPULAIRE ●●/●●● |
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[critiques] LA TRAVERSÉE, TED & BACHELORETTE
| JÉRÔME CORNUAU | FRANCE | 97 MIN | 31 OCTOBRE 2012 | MICHAEL YOUN, EMILIE DEQUENNE, CÉLINE VALETTE |
Lola Arendt, une petite fille de 8 ans, disparaît dans une Ile d’Ecosse. Ses parents, Martin et Sarah, brisés, ne résistent pas au drame et se séparent. Deux années plus tard, Lola est retrouvée à l’endroit exact où elle avait disparu. Elle est vivante, apparemment en bonne santé, mais reste plongée dans un étrange mutisme. Martin retourne seul sur l’île pour la chercher et la ramener : Au bonheur des retrouvailles succèdent les interrogations et la peur : Où était Lola ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi ne parle-t-elle pas ?
La semaine avait commencé sous les plus belles hospices avec l’avant-première de La chasse – que je persiste à vous recommander chaudement. Malheureusement, le reste de cette première semaine à cheval sur octobre et novembre n’a été que déception. Commençons par ce thriller à la française qui flirte avec le surnaturel. Dans La traversée, Michael Youn est un père endeuillé par la disparition soudaine et mystérieuse de sa fille Lola. Deux ans plus tard, celle-ci est retrouvée et il retourne la chercher pour la ramener chez eux. Lors du trajet retour, de nombreux éléments vont venir titiller Martin et le questionner sur la véritable raison de l’absence de Lola. Même si l’on ressent une application et une volonté réelle d’offrir au spectateur un thriller soigné et énigmatique, l’intérêt se perd progressivement au fur et à mesure que le mystère s’épaissit et que les indices apparaissent. Nébuleuse voire complètement foireuse, l’intrigue se noie dans les manières jusqu’à l’overdose. Le dénouement – tellement grotesque – finit complètement par achever le film. Michael Youn aura pourtant essayé tant bien que mal de nous faire avaler la pilule mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Une traversée tumultueuse que je déconseille donc fortement, même si vous n’avez pas le mal de mer.
| LA TRAVERSÉE ○ |
| SETH MACFARLANE | USA | 107 MIN | 10 OCTOBRE 2012 | MARK WAHLBERG, MILA KUNIS |
À 8 ans, le petit John Bennett fit le voeu que son ours en peluche de Noël s’anime et devienne son meilleur ami pour la vie, et il vit son voeu exaucé. Presque 30 ans plus tard, l’histoire n’a plus vraiment les allures d’un conte de Noël. L’omniprésence de Ted aux côtés de John pèse lourdement sur sa relation amoureuse avec Lori. Bien que patiente, Lori voit en cette amitié exclusive, consistant principalement à boire des bières et fumer de l’herbe devant des programmes télé plus ringards les uns que les autres, un handicap pour John qui le confine à l’enfance, l’empêche de réussir professionnellement et de réellement s’investir dans leur couple. Déchiré entre son amour pour Lori et sa loyauté envers Ted, John lutte pour devenir enfin un homme, un vrai !
Ted fut le gros succès surprise de l’année aux USA et peut se vanter d’avoir plutôt bien marché dans l’hexagone. Après un visionnage tardif, je ne peux que m’étonner de celui-ci. Enfin, « m’étonner » est un bien grand mot. Quand on voit le succès rencontré par Very Bad Trip et Mes meilleures amies, il semblerait que le potache et le ridicule aient de beaux jours devant eux, outre-atlantique comme en France. Eclats de rire en veux-tu, en voilà… Séquences scatologiques (pipi-caca-prout), gags réchauffés, histoire d’amour à deux balles, répliques potaches voire grossières, les « scénaristes » se lâchent carrément sur les blagues anales depuis un ou deux ans et il semblerait que le box-office leur donne raison. Si Mila Kunis fait de la figuration et offre une prestation aussi banale que dans Sexfriends, on peut se demander ce que Mark Wahlberg est venu chercher dans cette daube hormis un bon petit pactole pour financer son prochain projet – non, je ne porte pas non plus une estime grandiose envers cet acteur convenable, mais tout de même ! Il campe le rôle d’un éternel ado qui ne veut pas grandir, qui préfère garder son doudou et fumer des joints avec lui. La régression dans son plus bel apparat. Soit je suis atteint du syndrome de « jeune vieux con », soit les comédies US dites délurées sont simplement restées grossières et grotesques mais que les responsables marketing ont simplement réussi à faire passer la pilule et que tout le monde court voir ces navets de façon décomplexée. Oui, on en est là !
| TED ○ |
| LESLYE HEADLAND | USA | 87 MIN | 17 OCTOBRE 2012 | KIRSTEN DUNST, REBEL WILSON, LIZZY CAPLAN |
Regan, Gena et Katie sont inséparables depuis le lycée. Très cyniques, elles sont stupéfaites d’apprendre que leur amie Becky, adorable mais rondouillette, est la première d’entre elles à se marier ! Alors que Gena et Katie sont toujours célibataires, Regan harcèle Frank, avec qui elle sort depuis quatre ans, pour qu’il la demande en mariage. Lorsque Becky demande à Regan, particulièrement névrosée, de l’aider à préparer la cérémonie et d’être sa demoiselle d’honneur, celle-ci est furieuse. Six mois plus tard, la veille du mariage, Regan, très remontée, tyrannise le personnel et les invités, tandis que Katie et Gena s’apprêtent à faire la fête. Mais tout va de travers. Au moment où les trois amies tentent de noyer leur chagrin au bar, elles tombent sur Clyde, petit ami de Gena à l’époque du lycée. Or, il se trouve qu’ils s’aiment encore… Plus tard, pendant la répétition générale du dîner, Gena, très éméchée, porte un toast et suscite le malaise en racontant que Becky était boulimique quand elle était ado. Et quand Katie oublie d’annuler un strip-teaseur qu’elle avait engagé pour l’enterrement de vie de jeune fille, la mariée s’emporte ! Furieuse, elle demande aux trois amies de ne venir au mariage que si elles ne boivent pas et se comportent en adultes. Ce qui n’empêche pas Regan, Gena et Katie de faire une fête d’enfer toute la nuit jusqu’au lendemain, jour de la cérémonie…
Comme vous le remarquez bien, le synopsis est interminable. Pourquoi avoir besoin d’en dire autant pour vendre le film ? Peut-être pour se donner l’impression d’avoir un intérêt ou d’être original. Je vous rassure, cette comédie ne l’est absolument pas. En effet, Bachelorette est une version encore plus naze et paresseuse des Bridesmaids et The Hangover précédemment cités. On pourrait être trompé par la marchandise et se dire que cette comédie potache sur un énième mariage qui tourne mal vaut le déplacement, ne serait-ce que pour la présence au casting de Kirsten Dunst. On pourrait, comme je l’ai fait, faire ce déplacement. Mais ce serait risquer 87 minutes de torture intellectuelle devant un navet consternant de bêtise et de sexisme. Une nouvelle fois, si vous n’avez pas éteint votre cerveau deux bonnes heures avant la projection, vous risquez de vous retrouver au milieu d’une foule de greluches surexcitées qui lâcheront des rires bien insistants entre deux poignées de pop-corn. Leurs « keums » pour faire bonne figure tâcheront de rigoler ça et là devant les enjeux de cette navrante comédie et des questionnements redoutables de notre bande de pétasses jalouses.
| BACHELORETTE ○ |
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[critique] LES SEIGNEURS
| OLIVIER DAHAN | FRANCE | 97 MIN | 26 SEPTEMBRE 2012 | JOSE GARCIA, OMAR SY, JEAN-PIERRE MARIELLE |
Patrick Orbéra, la cinquantaine, est une ancienne gloire du football qui a totalement raté sa reconversion. Sans emploi, alcoolique et ruiné, il n’a même plus le droit de voir sa fille Laura. Contraint par un juge de retrouver un emploi stable, il n’a d’autre choix que de partir sur une petite île bretonne, pour entraîner l’équipe de foot locale. Si ils gagnent les 3 prochains matchs, ils réuniront assez d’argent pour sauver la conserverie de l’île, placée en redressement judiciaire, et qui emploie la moitié des habitants. Patrick Orbéra est immédiatement confronté à un obstacle majeur : transformer des pêcheurs en footballeurs quasi-professionnels. Il décide alors de faire appel à ses anciens coéquipiers pour l’aider à hisser le petit club breton parmi les grands…
A quoi tenait le succès de La Môme ? A la performance d’une Marion Cotillard grimée qui habitait le personnage ou à la mise en scène d’Olivier Dahan ? On peut toujours se le demander après My own love song qui était passé inaperçu et cette comédie qui est sortie hier sur les écrans français.
Réunissant un casting hyper-bankable d’acteurs comiques redoutablement surcôtés, Les seigneurs est une comédie paresseuse au scénario aussi mince qu’une feuille de papier calque. Le pitch en deux lignes : le Maradona français (José Garcia) se voit retirer la garde de sa mioche parce qu’il n’a plus une thune et ne passe pas une seule journée sans picoler. Il accepte donc sous la contrainte un poste de coach sur une île bretonne et parvient à convaincre ses vieux potes (un Pippo Inzaghi dépressif, un Cristiano Ronaldo comédien, un Lilian Thuram avec problèmes cardiaques et bonne femme castratrice et un… Joey Star qui fait du Joey Star) de rechausser les crampons pour la/sa bonne cause. Les films sur le ballon rond sont nombreux et rares sont ceux qui sont réussis. Les seigneurs vient donc s’ajouter à la loooooongue liste d’échecs sur le sujet.
Car il n’y a pas grand chose à sauver dans ce navet de grande ampleur. Le scénario est bidon, le réalisateur filme avec les pieds, les comiques… euh… comédiens jouent comme des pieds et semblent prendre le leur devant la caméra pendant que le spectateur, lui, s’ennuie royalement devant l’avalanche de gags grotesques, prévisibles et de vannes grossières et paresseusement écrites. Seul Gad Elmaleh parvient occasionnellement à nous offrir un sourire en se « faufilant » au milieu de ce naufrage – pas de jeu de mots volontaire avec le métier le plus représenté du film.
Bourré de clichés et incroyablement paresseux, ce film ressemblant à une juxtaposition de mini-sketchs suscite davantage la consternation que l’hilarité. Mais devant le succès de films similaires (qui a dit Dany Boon ?), on peut supposer que Les seigneurs trouvera son public comme les médiocres La vérité si je mens 3, Coco, Camping ou encore Bienvenue chez les Ch’tis. Mon conseil : faites comme les acteurs sur l’affiche et tournez le dos à cet attrape-nigaud faussement social. Critique réalisée pour LePlus du NouvelObs.
| LES SEIGNEURS ○ |
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[critiques] DEUX ROMCOMS D’AOÛT : 5 ANS DE RÉFLEXION, FRIENDS WITH KIDS
| 5 ANS DE RÉFLEXION * NICHOLAS STOLLER | USA | 125 MIN | 1er AOÛT 2012 | JASON SEGEL, EMILY BLUNT, CHRIS PRATT |
De l’avis général, Tom et Violet sont faits l’un pour l’autre et pourraient constituer le couple marié idéal. Lui, star de la haute cuisine de San Francisco, est prêt à rejoindre le gotha de la gastronomie californienne ; elle est une brillante doctorante en psychologie sociale à Berkeley. Deux «winners»… mais voilà que ce mariage imminent devient soudain un problème. Violet, rejetée par l’université dont elle rêvait, se rabat sur celle d’Ann Arbor, dans le Michigan. Tom se sacrifie pour la suivre, pensant que la «noce parfaite» peut attendre quelques mois. Puis d’autres obstacles, inattendus, se profilent, s’enchaînent. Le couple diffère, hésite, tergiverse… les mois passent, puis les années. Promesses en cascade, toujours remises en question… Cinq ans de réflexion…
Drôle mais balourde, amusante mais beaucoup trop longue pour que le charme continue d’opérer sur la durée, sérieusement handicapée par un problème de rythme, la comédie romantique 5 ans de réflexion avec Jason Segel et Emily Blunt ne passe pas loin de la réussite. Malheureusement, les questionnements de ce couple qui cherche à s’accomplir personnellement et professionnellement aux dépens de leur vie de couple et de leur projet de mariage finissent par lasser. De plus, à l’écran ce couple n’est pas toujours convaincant avec un Jason Segel en mode Marshall Erikssen (nounours tendre, paresseux et amusant) et une Emily Blunt aussi pétillante qu’agaçante. Côté second rôle en revanche, Chris Pratt (irrésistible Andy dans Parks & Recreation) s’en donne à coeur joie et Alison Brie n’est pas en reste. Un film sans punch assez peu mémorable, à quelques gags près.
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| FRIENDS WITH KIDS ** JENNIFER WESTFELDT | USA | 106 MIN | 1er AOÛT 2012 | ADAM SCOTT, JENNIFER WESTFELDT, CHRiS O’DOWD |
Julie et Jason, meilleurs amis depuis l’université, célibataires et vivant dans le même immeuble de Manhattan, chérissent leur indépendance. Malgré l’exemple chaotique donné par leurs amis devenus parents, ils décident de faire ensemble un enfant, de partager les responsabilités parentales, sans que chacun renonce à sa liberté sentimentale. La «transaction» acceptée, un bébé vient au monde, et tout semble fonctionner. Du moins jusqu’au jour où Jason fait la connaissance d’une danseuse. Se sentant larguée, Julie redouble d’ardeur dans sa recherche de l’âme sœur, qu’elle croit finalement avoir trouvée en la personne d’un séduisant divorcé. Bientôt, les bouleversements sentimentaux mettent en péril l’entente qui lie les deux amis…
Si Friends with Kids est en somme une romcom plutôt cousue de fil blanc dans son déroulement, elle s’avère suffisamment soignée, élégante dans sa réalisation (cadrages, photographie, montage, ellipses) et dans son écriture pour que le spectateur suive l’histoire de Julie, Jason et leurs amis avec un certain plaisir. L’humour est intelligent et bien senti. Les personnages sont drôles et attachants porté par un casting impeccable. Une alchimie évidente se dégage entre les couples et dans le groupe d’amis, rendant le traitement encore plus naturel et réaliste – donc plus plaisant. La première demie-heure est savoureuse, les situations drôles et tendres s’enchaînant pour notre plus grande satisfaction. Le point culminant du film sera ce dîner dans le chalet – avec une déclaration détournée d’une beauté remarquable – tandis que les cinq dernières minutes seront elles plus maladroites malgré la bonne volonté évidente de la réalisatrice/actrice/scénariste Jennifer Westfeldt de réussir son final. Une romcom de qualité qui ne cherche en rien à se prendre pour ce qu’elle n’est pas et ça fait du bien.
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[critiques] 3 COMÉDIES DE JUIN : LA PART DES ANGES, ADIEU BERTHE, LA CLINIQUE DE L’AMOUR
| KEN LOACH | UK | 101 MIN | 27 JUIN 2012 | PAUL BRANNIGAN, JOHN HENSHAW, ROGER ALLAM |
A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky ! De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque – une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent…
La part des anges est le dernier film de Ken Loach, qui a été récompensé par le Prix du Jury à Cannes. Après un Route Irish quelque peu décevant, le cinéaste britannique revient vers la comédie pour traiter un sujet social comme il sait si bien le faire (rappelez-vous l’excellent Looking for Eric). Si le long-métrage n’a rien de transcendant, il distille avec humour et finesse un regard bienveillant et optimiste sur la jeunesse désillusionnée et livrée à elle-même. Le visionnage n’est pas mémorable mais reste très agréable grâce à la liberté de ton de Loach. Pour Papy Loach, ce Angel’s Share n’est pas un grand crû mais tout de même une bonne cuvée qui se consomme avec plaisir.
| LA PART DES ANGES ●● |
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| BRUNO PODALYDES | FRANCE | 100 MIN | 20 JUIN 2012 | DENIS PODALYDES, VALÉRIE LEMERCIER |
Mémé is dead. Berthe n’est plus. Armand avait « un peu » oublié sa grand-mère… Pharmacien, il travaille avec sa femme Hélène à Chatou. Dans un tiroir de médicaments, Armand cache ses accessoires de magie car il prépare en secret un tour pour l’anniversaire de la fille… de son amante Alix. Et mémé dans tout ça ? On l’enterre ou on l’incinère ? Qui était Berthe ?
Alors qu’UGC Distribution pensait tenir ici le succès de l’été et le bon coup de l’année, en tentant de créer le buzz à partir d’une séquence où Valérie Lemercier se lâche complètement en plein cimetière (séquence à peine drôle alors qu’elle était déjà adoubée de « culte »), Adieu Berthe – L’enterrement de Mémé n’a obtenu le box-office escompté en dépassant timidement le demi-million de spectateurs – ce qui n’est déjà pas si mal vous me direz. Comédie mineure et feignante, Adieu Berthe cherche à trouver un ton mélancolique et nostalgique en l’agrémentant d’une pincée de dérision et d’humour noir. Parler de la vie en évoquant la mort n’est pas à la portée de tous et n’est pas Alan Ball qui veut.
| ADIEU BERTHE ● |
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| LA CLINIQUE DE L’AMOUR ° ARTUS DE PENGUERN | FRANCE | 83 MIN | 27 JUIN 2012 | BRUNO SALOMONE, HELENA NOGUERRA |
Alors qu’il est retenu en otage, un couple voit sa situation conjugale, déjà compliquée, s’aggraver, lorsqu’il est question de trahison et de déception…
La clinique de l’amour se revendique parodie hilarante dans la lignée des OSS 117 de Michel Hazanavicius. Malheureusement, Bruno Salomone n’a pas la trempe et l’impertinence de son ancien comparse Jean Dujardin. Malheureusement, Artus de Penguern malgré toute sa bonne volonté n’a pas le talent et la finesse du cinéaste récemment oscarisé. Malheureusement, Helena Noguerra n’a pas la malice et le regard pétillant de Bérénice Bejo ou Louise Monot. Ainsi La clinique de l’amour est finalement aussi ennuyeux que les soaps hospitaliers qu’il pastiche. Rarement drôle, souvent chiant, la bande-annonce suffira à vous amuser et vous évitera de perdre 80 minutes de votre temps. Initiative louable mais mauvaise pioche. Un conseil : (re)matez les huit saisons de Scrubs !
| LA CLINIQUE DE L’AMOUR ○ |
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[critique] THE DICTATOR
| LARRY CHARLES | USA | 83 MIN | 20 JUIN 2012 | SARAH BARON COHEN, ANNA FARIS, BEN KINGLSEY |
Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Vouant une haine farouche à l’Occident, le dictateur a été nommé Leader Suprême à l’âge de 6 ans, après la mort prématurée de son père, tué dans un accident de chasse par 97 balles perdues et une grenade ! Depuis son accession au pouvoir absolu, Aladeen se fie aux conseils d’Oncle Tamir, à la fois Chef de la Police Secrète, Chef de la Sécurité et Pourvoyeur de Femmes.
Malheureusement pour Aladeen et ses conseillers, les pays occidentaux commencent à s’intéresser de près à Wadiya et les Nations Unies ont fréquemment sanctionné le pays depuis une dizaine d’années. Pour autant, le dictateur n’est pas du tout disposé à autoriser l’accès de ses installations d’armes secrètes à un inspecteur du Conseil de Sécurité – sinon à quoi bon fabriquer des armes secrètes ? Mais lorsqu’un énième sosie du Leader Suprême est tué dans un attentat, Tamir parvient à convaincre Aladeen de se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU. C’est ainsi que le dictateur, accompagné de Tamir et de ses plus proches conseillers, débarquent à New York, où ils reçoivent un accueil des plus tièdes. Il faut dire que la ville compte une importante communauté de réfugiés wadiyens qui rêvent de voir leur pays libéré du joug despotique d’Aladeen. Mais bien plus que des expatriés en colère, ce sont des sanctions qui attendent le dictateur dans la patrie de la liberté…
Après une immense campagne promotionnelle assez délirante – avec notamment une allocution de félicitations pour un François Hollande fraîchement élu – The Dictator a débarqué sur les écrans français pour le début de l’été. La farce politique de Sacha Baron Cohen, entre détournement parodique et similitudes non-fictives, est une provocation supplémentaire de l’intenable trublion. Même si l’on peut regretter quelques gags grossiers en cours de route, l’humour est globalement très réussi déclenchant de fréquents éclats de rire par ses situations grotesques ou ses répliques qui font mouche. Pas seulement bête et superficiel, The Dictator se permet d’aller gentiment titiller les grands dirigeants de la planète avec certaines séquences qui ne manquent pas de faire écho avec l’actualité politique. Les quelques guests apportent une touche supplémentaire d’auto-dérision assez savoureuse (Megan Fox, Edward Norton…).
Une comédie outrancière plutôt réjouissante qui, même si elle s’avère parfois inoffensive, permet au spectateur de passer un bon moment entre quelques allusions bien senties et une avalanche de gags efficaces.
Test DVD : malgré des bonus un peu trop light (seulement des scènes coupées, pourquoi ne pas avoir davantage insister sur la promo de dingue de Sacha Baron Cohen ?), le DVD restitue avec qualité l’expérience cinématographique et vous permettra de (re)découvrir entre amis les mésaventures du Général Aladeen ! Ne vous en privez donc pas, il est dans les bacs depuis le 20 octobre !
| THE DICTATOR ●● |
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[concours] GAGNEZ DES PLACES POUR 2 POUR LE FILM ADIEU BERTHE
| RÉALISÉ PAR BRUNO PODALYDES | FRA | 100 MIN | SORTIE 20 JUIN 2012 | VALERIE LEMERCIER, DENIS PODALYDES |
Mémé is dead. Berthe n’est plus. Armand avait « un peu » oublié sa grand-mère… Pharmacien, il travaille avec sa femme Hélène à Chatou. Dans un tiroir de médicaments, Armand cache ses accessoires de magie car il prépare en secret un tour pour l’anniversaire de la fille… de son amante Alix. Et mémé dans tout ça ? On l’enterre ou on l’incinère ? Qui était Berthe ?
A l’occasion de la sortie en salles de la très attendue comédie française ADIEU BERTHE – L’ENTERREMENT DE MÉMÉ ce mercredi 20 Juin 2012, Way To Blue et Le Bleu du Miroir s’associent pour vous offrir une chance de remporter des invitations pour 2 personnes pour aller découvrir le film en salles dès sa sortie. Pour participer au tirage au sort, envoyez par mail votre réponse à la question et vos coordonnées postales. Les quatre gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses. La question est la suivante :
Dans l’extrait vidéo, quelle actrice pleure sur l’épaule de Denis Podalydès ?
Attention, vous avez jusqu’au 21 Juin 2012 à 12h00 pour participer : contact.lebleudumiroir@gmail.com. Le distributeur se chargera de vous faire parvenir vos invitations après tirage au sort.
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Participez avant le 21 Juin 2012.
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SORTIE DU FILM LE 20 JUIN 2012
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[critique] AMERICAN PIE 4
| JOHN HURWITZ & HAYDEN SCHLOSSBERG | USA | 114 MIN | 2 MAI 2012 | JASON BIGGS, ALYSON HANNIGAN, MENA SUVARI |
Comme le temps passe… Souvenez-vous de cette année 1999 où quatre lycéens d’une petite ville du Michigan décidèrent d’en finir avec… leur virginité. Quête héroïque, burlesque, inoubliable… Une décennie plus tard, Jim (Jason Biggs) et Michelle (Alyson Hannigan) sont mariés, Kevin (Thomas Ian Nicholson) et Vicky (Tara Reid) sont séparés, Oz (Chris Klein) et Heather (Mena Suvari) se sont éloignés à contrecœur, tandis que Finch (Eddie Kaye Thomas) soupire encore après… l’extravagante mère de Stifler (Jennifer Coolidge). Quant à Stifler (Seann William Scott), rien ne le changera jamais. Amis d’hier, amis de toujours, ces jeunes hommes attendaient depuis longtemps de pouvoir se réunir le temps d’un week-end pour se remémorer leurs exploits d’antan et y puiser de nouvelles inspirations. Que la fête commence, l’heure du checkup hormonal a sonné…
Plus de dix ans après le dernier véritable opus (la saga a eu entre temps des suites parallèles sorties directement en DVD), American Pie 4 reprend absolument tous les ingrédients de la recette qui a fait son succès : tous les personnages originaux sont de retour, ils n’ont quasiment pas mûri – malgré ce qu’ils prétendent ou ce qu’on essaie de nous faire croire – et sont toujours aussi obsédés par le sexe. Comme on pouvait s’y attendre, ils retournent faire la fiesta et croisent sur leur chemin quelques chicks aux mœurs légères. L’humour potache et scato est toujours omniprésent et on retrouve en bonus la traditionnelle scène de nudité dans la cuisine. Un vrai copier-coller.
Que dire de cet ultime (?) épisode si ce n’est que la date limite de consommation est dépassée depuis un moment ? Le format est périmé et les gags dégueulasses et prévisibles – ce qui ferait presque passer la bande à Apatow pour des génies –, la musique n’a pas changé – j’ai crû un instant entendre un hit des Sum 41 – et le casting a pris un sacré coup de vieux. En effet, à l’exception de Mena Suvari qui cache ses premières rides derrière sa frange trop longue, les actrices ont bien du mal à paraître encore jeunes derrière leurs kilos en trop et leurs peaux toutes tirées, tandis que les acteurs eux se sont bien empâtés.
Mais ce qui est surtout le gros point faible de ce film de retrouvailles forcées, c’est que personne ne semble y croire (hormis Seann William Scott qui semble n’avoir attendu que ça depuis douze ans, à l’image de son personnage). Chacun est simplement venu prendre son chèque et on nous sert un scénario décousu qui accumule les scènes juxtaposées les unes aux autres pour répondre au cahier des charges et essayer de nous intéresser aux questionnements de ses personnages. Mais on côtoie le degré zéro de la psychologie et de la subtilité – oui, on n’est pas sensé en chercher dans American Pie, je suis au courant – si bien que lorsqu’on nous sert des rapprochements ou des doutes injustifiés et des tirades réchauffées que n’importe qui aurait été capable d’écrire – la palme revient aux superbes dialogues lors du bal de retrouvailles – on ne peut s’empêcher de lever les yeux aux ciels au lieu de se marrer une bonne fois. Même l’apparition de Neil Patrick Harris (aka Barney Stinson) n’y changera rien : même pas un petit « Daddy’s home » qui aurait pourtant été de circonstance…
American Pie : Reunion, une tarte américaine périmée et sans saveur : rien n’a évolué depuis quinze ans, ni l’humour, ni l’écriture, ni l’interprétation de son casting ou la psychologie de ses personnages. Quand à la mise en scène, c’est encore plus regrettable : se mettre à deux pour pondre une comédie aussi prévisible et obsolète, c’est quand même une sacrée perte de temps, d’argent et d’énergie – même si on se demande s’ils en ont vraiment beaucoup dépensé. Vous l’aurez compris, je ne vous encourage pas à aller vous aussi perdre votre temps devant cette daube (ils se sont mis à deux pour la pondre!) et afin d’économiser le déplacement et les 9€50 du ticket à ceux qui voulaient voir du téton, je vous laisse avec un petit cadeau sur lequel les obsédés d’ASBAF ne cracheront pas.
| AMERICAN PIE 4 ○ |
2
[critique] J-C COMME JÉSUS-CHRIST
| JONATHAN ZACCAÏ | FRA/BEL | 75 MIN | 8 FÉVRIER 2012 | VINCENT LACOSTE, ELSA ZYLBERSTEIN, ELLA WALDMANN |
Une Palme d’Or à 15 ans, un César à 16, cette année JC passe le bac… Jean-Christophe Kern, dit JC, n’est pas un adolescent comme les autres. Mélange de Jean-Luc Godard et Justin Bieber, à 17 ans il navigue entre ses Miel Pops devant la télé après l’école et une vie professionnelle digne d’un Stanley Kubrick.
Digne des comédies belges les plus décalées (on pense à Dikkenek ou encore C’est arrivé près de chez vous), JC comme Jésus-Christ se déroule pourtant dans la capitale française et dresse un portrait sous forme de faux-documentaire du jeune Jean-Christophe Kern. Consacré rapidement au rang de star et d’icône du Septième Art, il est devenu l’idole des jeunes et des moins jeunes. Mais ses nouveaux projets – outre celui de passer le bac – suscitent beaucoup d’attente… et de craintes. Il envisage en effet de réaliser un biopic musical assez culotté – j’aurais envie de dire terriblement attirant – intitulé Dutroux in the rain. On pourra d’ailleurs regretter, comme je l’ai fait remarqué au réalisateur après la projection, de n’avoir pu se mettre sous la dent quelques images de cette comédie musicale grinçante sur le tristement célèbre pédophile belge.
Vous l’aurez compris, Jonathan Zaccaï a choisi de s’amuser avec ce personnage mégalo qu’il avait initialement écrit pour un autre projet de film. Il assume sa farce à fond – quitte à en laisser certains sur le bord de la route – et se moque de cette société qui starifie aussi rapidement (et parfois brièvement) un jeune prodige qu’il caractérise comme innocent et tyrannique. A l’heure des réseaux sociaux, de Youtube et de la relative démocratisation de l’accès aux outils vidéo-photographiques, la célébrité peut s’acquérir très rapidement. Entre les mains de n’importe qui, cela peut avoir des conséquences plutôt délirantes.
Rythmé par un montage volontaire abrupt et quelques morceaux jouissifs du groupe Ghinzu, le film de Zaccaï s’offre même plusieurs apparitions renforçant le côté faux-docu (Gilles Lellouche, Claire Chazal, Godard…) et ajoutant une dose de fun et de dérision supplémentaire à ce premier métrage atypique d’un homme jusqu’alors connu pour ses prestations d’acteur. On attend désormais ses futurs projets de réalisation avec curiosité (celui-ci nous a fait part de son envie de faire une belle histoire d’amour). Conçu comme un faux reportage sur un jeune réalisateur impertinent, une rock-star du cinéma aux projets loufoques, J-C comme Jésus-Christ est une comédie enlevée à prendre au second degré (voire au 32e) portée par un Vincent Lacoste aussi arrogant et nonchalant qu’irrésistible et attachant.
| JC COMME JESUS CHRIST ● |
28
[ciné] BRÈVES DE NOVEMBRE 2011
L’art d’aimer, Emmanuel Mouret, 2011 




Assez client des films d’Emmanuel Mouret – qu’on m’a fait découvrir sur le tard – j’ai été assez conquis par son dernier métrage où il s’amuse des relations de couple avec la légèreté et la finesse habituelle qu’on lui connaît. Si le côté « sketchs » peut parfois gêner ou que l’équilibre entre les intrigues n’est pas toujours respecté, on passe un très bon moment devant cette comédie bien plus subtile qu’il n’y paraît. Mention spéciale au couple formé à l’écran par Elodie Navarre et Gaspar Ulliel. Parcouru d’une folie à la fois libertine et romantique, il se dégage de cette comédie une certaine poésie. « Une fantaisie ludique d’une ironie savoureuse ».
Le stratège, Bennett Miller, 2011 




Brad campe un manager très Mourinhesque dans le dernier film de (Truman Capote). Voilà un film qui ne m’enthousiasmait guère avant son visionnage. Tout respirait l’ultra-classicisme (l’histoire, l’affiche, la bande-annonce et même l’allure très propre sur lui de Brad). Au final, je suis ressorti un peu plus satisfait que je pensais l’être. Rien de bien novateur ou palpitant dans ce film terriblement académique et typiquement hollywoodien. Mais grâce à un scénario plutôt bien mené, on se prend progressivement – enfin, pas trop vite – d’intérêt pour ce club modeste de baseball qui va devoir faire preuve d’imagination pour rivaliser avec les clubs huppés de la ligue américaine.
Love and Bruises, Lou Ye, 2011 




Très emballé par Une jeunesse chinoise puis assez touché par Nuits d’ivresse printanière, je reste plus mitigé concernant le dernier film du réalisateur chinois Lou Ye. Réfugié (comme son personnage féminin) dans la capitale française, son histoire d’amour destructrice souffre de répétitivité et d’un manque d’épaisseur regrettable malgré deux comédiens impeccables et quelques fulgurances déchirantes.
Hideaways, Agnès Merlet, 2011 




Film irlandais à petit budget, Hideaways est un conte fantastique et romantique – plus agréable à suivre qu’une certaine saga bien mièvre – où la beauté des images et le jeu des acteurs (Rachel Hurd Wood en tête) font oublier une certaine naïveté et quelques faiblesses scénaristiques.
La source des femmes, Radu Mihaileanu, 2011 




Un film dont l’histoire ressemble à s’y méprendre au dernier métrage de Nadine Labaki sorti en septembre dernier : des femmes décident de faire la grève en se refusant à leur mari pour les faire plier et les confronter à leurs défauts. Ça rouspète, ça gueule, ça pleure, ça rigole fort, ça parle fort. Mais ça n’a pas grand chose de bien intéressant à raconter malgré des interprètes plutôt douées (à commencer par Leila Beitki).
Les géants, Bouli Lanners, 2011 




Un conte initiatique décevant et plutôt caricatural malgré une atmosphère singulière et une BO planante.
20
[critique] 50/50 *
Le quotidien d’Adam, 27 ans, bascule le jour où il est diagnostiqué d’un cancer. Il l’annonce alors à sa petite amie, son meilleur ami et sa mère qui, tous trois, vont réagir différemment à la nouvelle et conduire le jeune homme à s’interroger sur la manière dont il veut vivre cette épreuve.
Délicat de faire un film sur le cancer sans en faire trop, soit en tombant dans le pathos soit en utilisant un humour trop appuyé pour être sincère. 50/50 réussit ce pari avec beaucoup de justesse, grâce à une histoire pleine de tendresse, un scénario intelligemment équilibré et des acteurs aussi spontanés que touchants. Joseph Gordon-Levitt – que l’on ne présente plus – porte à nouveau le film sur ses épaules avec le talent qu’on lui connaît. A ses côtés, Seth Rogen et Anna Kendrick ne sont pas en reste, le premier toujours aussi doué pour nous faire rire, la seconde aussi attachante qu’amusante dans le rôle de la thérapeute novice du jeune homme.
Lorsqu’il découvre qu’il est atteint du cancer, Adam apprend qu’il a une chance sur deux d’y survivre. C’est à la foi beaucoup et si peu. Beaucoup de choses autour de lui vont être remises en question (girlfriend, amis, boulot, famille). Il y a en revanche plus d’une chance sur deux que vous appréciez ce drama-comedy humain et sympathique.
| JONATHAN LEVINE | USA | 100 MIN | 16 NOVEMBRE 2011 | JOSEPH GORDON-LEVITT, SETH ROGEN, ANNA KENDRICK |
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