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7

[critique] TITANIC (3D)

JAMES CAMERON | USA | 194 MIN | 3D : 4 AVRIL 2012 | LEONARDI DiCAPRIO, KATE WINSLET

Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le « Titanic », appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. A son bord, un artiste pauvre et une grande bourgeoise tombent amoureux.

Tout a sûrement déjà été dit ou écrit sur Titanic, le film de tous les records, qui a raflé 11 statuettes aux Oscar et attiré dans les salles françaises environ 22M de spectateurs. Depuis, aimer Titanic semble presque honteux, comme si une fois le titanesque effet de mode passé, cela devenait ringard ou pas très sérieux d’oser le dire : c’est un grand film.

En effet, on aime souvent brûler ce(ux) que l’on a encensé auparavant. Pourtant, c’est le plus souvent regrettable – hormis face au succès inexplicable et démesuré du film de Dany Boon, où là on espère que le film soit enfin vu à sa juste valeur, à savoir banal et,effectivement, ringard. Le film de James Cameron est d’une maîtrise remarquable à bien des niveaux. Oubliez un instant Céline Dion qui poussait la chansonnette, oubliez les jeunes filles en fleur qui bavaient devant Léonardo… James Cameron réalise avec un maestria incroyable un film alternant séquences intimistes et spectaculaires.

L’alchimie entre Leonardo Di Caprio et Kate Winslet crève l’écran et y est également pour beaucoup dans le succès du film. Quand on regarde la carrière que ces deux acteurs ont eu depuis… Plus de dix ans plus tard, le plaisir est quasiment identique, la photographie n’a quasiment pas vieilli, Kate Winslet est toujours aussi belle et on verserait presque une petite larme par ci, par là. Incontestablement, et malgré quelques longueurs, Titanic est une réussite à tous les niveaux  (réalisation, écriture, montage, photographie, interprétation) et s’impose comme un des films les plus marquants du septième art. 

Edit ressortie 3D : James Cameron nous offre avec ce Titanic version 3D un modèle de conversion, un travail d’orfèvre qui donne encore plus d’ampleur à son monument du Septième Art. La profondeur de champ, la restauration HD de l’image, la qualité technique des effets visuels et la grandeur de la mise en scène donnent l’impression – si ce n’est que les deux acteurs ont bien changé – que ce Titanic 3D a été réalisé en 2012. Ne boudez pas votre plaisir, embarquez de nouveau pour cet inoubliable voyage.  

 TITANIC (3D) ●●●●
avr
5

[critique] LES INFIDÈLES

Par Wilyrah  //  2012, Assez bon, Made in France  //  3 commentaires

COLLECTIF | FRANCE | 109 MIN | 29 FÉVRIER 2012 | JEAN DUJARDIN, GILLES LELLOUCHE, ALEXANDRA LAMY

L’infidélité masculine et ses nombreuses variations, vues par sept réalisateurs. 

Découvert au cinéma plus d’un mois après sa sortie, le film collectif Les infidèles dont Jean Dujardin et Gilles Lellouche sont les initiateurs et acteurs principaux, est une réussite mitigée et inégale. Tantôt crétin ou trash, parfois plus mélancolique et cynique, ce film à sketchs amuse autant qu’il déconcerte. Il est difficile de se faire une opinion générale tant le film manque de cohérence, chaque segment se différenciant des autres.

Deux parties se détachent néanmoins avec évidence : celles de Michel Hazanavicius (le Séminaire) et de Emmanuelle Bercot. Le réalisateur récemment oscarisé réalise un segment terriblement mélancolique voire pathétique – dans le sens premier du terme. Son personnage, incarné par un Jean Dujardin surprenant de justesse, dégage une solitude existentielle particulièrement pesante. On le retrouve également très touchant dans le segment qu’il partage avec son épouse (à la ville et à l’écran) Alexandra Lamy, elle aussi surprenante de justesse. Si les deux acteurs sont aussi impeccables c’est peut-être également grâce à l’écriture et à la mise en scène subtiles d’Emmanuelle Bercot qui suit ce couple qui se déchire après une question anodine qui va conduire à des révélations déchirantes. Au petit matin, elle saura se contenter de filmer les regards et les non-dits avec beaucoup de finesse plutôt que de tomber dans une conclusion bavarde et maladroite. 

Les autres segments sont dans l’ensemble plus dispensables et plus prévisibles. Bien que divertissants et parfois jouissifs, trop de lieux communs affluent progressivement, avec une lourdeur potache un brin lassante. La séquence des « Infidèles anonymes » est même plutôt grossière, tout comme la conclusion de ce film, certes osée et complètement assumée, mais finalement assez stupide. 

 LES INFIDÈLES ●●
mar
3

[exclu] LIKE CRAZY

 DRAKE DOREMUS | USA | 89 MIN | 2012 | FELICITY JONES, ANTON YELCHIN, JENNIFER LAWRENCE

L’histoire d’amour de deux jeunes étudiants. Elle est britannique, lui est américain : amenés à être séparés lorsqu’elle est interdite de séjour aux Etats-Unis après l’expiration de son visa, leur amour est mis à mal.

Vainqueur du Grand Prix à Sundance, Like Crazy n’a toujours pas de date officielle de sortie sur les écrans français. Espérons que les distributeurs finiront par s’accorder car ce joli film indépendant contient une émotion et un charme qu’il serait dommage de négliger. Comme son titre l’indique, Like Crazy est une histoire d’amour, un amour enivrant qui brûle en nous intensément et qui rend aussi déraisonnable qu’exceptionnel. Le film nous emporte dans leur histoire, de la plus belle et de la plus simple des façons, montrant la rencontre puis les premiers mois de leur amour avec cette alchimie indéniable qui s’opère à l’écran entre les deux amants. Récompensée (elle aussi) du prix d’interprétation féminine à Sundance, la comédienne britannique Felicity Jones est terriblement attachante – en plus d’être irrésistiblement craquante – dans le rôle de cette jeune étudiante anglaise passionnée qui va commettre une erreur qu’elle pensait anodine mais qu’elle devra payer bien plus cher que prévu. Si son personnage n’est pas aussi développé que celui de sa partenaire principale, Anton Yelchin est à la hauteur de ce tandem très télégénique et bien plus à son aise que dans le récent Le complexe du castor. La belle Jennifer Lawrence, elle aussi à l’affiche du film de J. Foster l’an dernier, complète impeccablement ce casting de jeunes acteurs talentueux. Apparemment très libres dans leurs scènes et dialogues, on ressent malgré quelques faiblesses de scénario (et de perception de temps qui passe) une authenticité et une justesse émotionnelle qui font la beauté de ce film dont l’apparente simplicité dissimule des nuances inattendues sur les difficultés d’une relation qui souffre du temps, de la distance, des non-dits et de la passion. On retiendra enfin ce final réussi qui, sans paroles et suivi de l’étourdissant morceau du groupe Stars, restera dans votre esprit un bon moment après la projection. 

Une histoire d’amour contrariée, une romance intense et complice mise à mal par l’éloignement [causé par des entraves administratives : ah la politique de l'immigration américaine...] où le temps et la distance deviennent des obstacles déchirants mais insuffisants à dissiper ce lien qui les unit. Un joli film, avec ses imperfections mais aussi ses instants magiques, que l’on viendrait ranger aux côtés de Blue Valentine, Last Night, N’oublie Jamais et Eternal Sunshine of the Spotless Mind

 LIKE CRAZY ●●●●
fév
25

[ugc] DOS AU MUR

 ASGER LETH | USA | 102 MIN | 15 FÉVRIER 2012 | SAM WORTHINGTON, JAMIE BELL, ELIZABETH BANKS, ED HARRIS

Ancien flic condamné à la prison pour un vol dont il se dit innocent, Nick Cassidy a réussi à s’évader. Dans un célèbre hôtel de New York, il monte jusqu’à l’un des derniers étages et enjambe la fenêtre. Le voilà dehors, sur la corniche, au bord du vide… Lydia Mercer, négociatrice de la police, est chargée d’essayer de le convaincre de ne pas sauter. Plus la jeune femme tente de dénouer cette situation périlleuse, plus elle prend conscience que Cassidy pourrait bien avoir un autre objectif… Son geste a peut-être un rapport avec le mystérieux projet sur lequel travaille son frère. Pendant que l’ex-flic est au bord du vide et attire l’attention de toute la ville, beaucoup de choses se trament et trop de gens semblent s’intéresser à son cas. Les pièces du puzzle vont se révéler peu à peu, au risque de faire tomber beaucoup plus qu’un seul homme… 

Pas inintéressant pendant la première heure malgré une intrigue pas vraiment renversante et des personnages caricaturaux au possible, ce thriller de série B remplit plutôt son contrat jusqu’alors. Mais c’était sans compter sur un dénouement aussi rocambolesque qu’invraisemblable multipliant les scènes et les twists tous moins crédibles les uns que les autres. La dernière demie-heure qui livre progressivement les secrets de la « machination » dont Nick Cassidy a été victime sont aberrantes d’invraisemblance. L’escalade du grotesque ne s’arrête pas là avec le pseudo-casse navrant et surtout cette scène grandiose de ridicule où Nick saute finalement dans le vide – non pas pour se suicider mais pour rattraper le grand vilain méchant qui les avait entubé au départ. Oui, je spoile sans aucun scrupule mais c’est d’intérêt public. Visiteur, si tu me lis, économises 9€50 et deux heures de ton temps en n’allant pas voir cette croûte. Si vraiment tu veux te faire du mal, attends qu’il sorte en Divx (ou DVD si tu aimes la légalité) pour te farcir un dimanche aprèm ce métrage bovin certainement écrit et réalisé par un adolescent de quinze ans qui aura regardé en boucle Phone Game de Joel Schumacher.  

 DOS AU MUR ○
fév
22

[critique] ALBERT NOBBS

Par Wilyrah  //  2012, Avant-première, Moyen  //  6 commentaires

 RODRIGO GARCIA | UK/IRL | 117 MIN | 22 FÉVRIER 2012 | GLENN CLOSE, MIA WASIKOWSKA, AARON JOHNSON

Au XIXème siècle, dans l’Irlande en proie à de terribles difficultés économiques, une femme se fait passer pour un homme afin de pouvoir travailler. Pendant trente ans, elle trompe son entourage, employée dans un hôtel sous le nom d’Albert Nobbs, en tant que majordome. 

Pour Glenn Close, Albert Nobbs est l’aboutissement sur grand écran d’un projet qu’elle portait en elle depuis presque trente ans. L’ayant joué en 1986 à Broadway, l’actrice a mis bien longtemps à réunir les moyens humains, techniques et financiers pour le concrétiser. Peut-être bien trop longtemps. On peut en effet s’interroger après le visionnage du long-métrage de Rodrigo Garcia (avec qui elle avait déjà tourné dans Nine Lives notamment) sur la crédibilité d’une telle histoire en 2012. Tout d’abord, les thèmes abordés par Albert Nobbs pouvaient trouver leur légitimité et leur impact dans les années 80, mais trois décennies plus tard, de nombreuses oeuvres cinématographiques ont déjà joué ce rôle avec beaucoup plus de réussite. Ensuite, il faut bien avouer qu’entre temps l’actrice a pris vingt-cinq ans, ce qui rend son désir d’amourette avec la jeune servante assez malsain – la différence d’âge sautant aux yeux. Enfin, le scénario et la mise en scène paraissent trop précautionneux et classiques, empêchant ainsi le film de prendre une quelconque ampleur émotionnelle. De nombreuses scènes installent alors le malaise, bien involontairement.

Si Glenn Close ne réussit pas son pari de productrice-scénariste avec Albert Nobbs, drama trop académique et conventionnel, on saluera en revanche sa reconnaissance et sa loyauté envers son équipe technique, ainsi que sa remarquable performance d’actrice, qui sera – on l’espère – récompensée dimanche par l’Académie des Oscars. 

 ALBERT NOBBS ●
fév
17

[critique] CHRONICLE **

Par Wilyrah  //  2012, Bon, Made in the US  //  12 commentaires

 JOSH TRANK | USA | 84 MIN | 22 FÉVRIER 2012 | DANE DeHAAN, ALEX RUSSELL, MICHAEL B. JORDAN

Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire… D’abord tentés d’utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour jouer des tours à leurs proches, ils vont vite prendre la mesure de ce qui leur est possible. Leurs fabuleuses aptitudes les entraînent chaque jour un peu plus au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Leur sentiment de puissance et d’immortalité va rapidement les pousser à s’interroger sur les limites qu’ils doivent s’imposer… ou pas ! 

Le genre « faux-documentaire » a la côte ces derniers temps. Que ce soit pour servir une comédie (JC comme Jésus-Christ), un film d’horreur (Paranormal Activity, Apollo 18) ou un film de science-fiction (Cloverfield), les réalisateurs semblent de plus en plus opter pour cette approche. Volonté de rendre leur histoire plus réaliste, plus véridique, ou de déclencher plus d’empathie avec les personnages ? Si on ne pourra répondre à cette question et expliquer cette tendance, on peut en revanche constater que la qualité ne suit pas toujours – même rarement.

Le dernier film distribué par la Fox, Chronicle, utilise le même artifice de mise en scène mais se démarque assez rapidement ces productions cheap grâce à un scénario et un montage plutôt solides. On suivra ainsi les trois adolescents se rapprocher progressivement alors qu’ils apprennent ensemble à gérer ses pouvoirs télékinésiques et qu’ils tentent de se fixer des limites quant à leur utilisation. Avec une dose d’humour et d’effets spéciaux habilement équilibrée, Chronicle une réussite assez surprenante dans la lignée de Misfits, entre le teen et le superhero-movie, 

 CHRONICLE ●●
fév
6

[critique] FÉLINS

Par Wilyrah  //  2012, Bon, Made in Africa, Made in the US  //  5 commentaires

 KEITH SCHOLEY, ALASTAIR FOTHERGILL | USA | 87 MIN | 1 FÉVRIER 2012 | PASCAL ELBE (voix off)

En Afrique, au Kenya, dans l’une des régions les plus sauvages du monde, les animaux vivent libres et loin des hommes. Au sud du fleuve qui divise ces magnifiques terres, règne le clan des lions mené par Fang. La lionne Layla y élève la jeune Mara. Entre chasse et liens familiaux puissants, c’est la vie d’une famille qui s’écrit. Au nord du fleuve, le lion Kali et ses quatre fils rêvent d’étendre leur territoire. Bientôt, les eaux seront assez basses pour que les maîtres du nord tentent leur chance au sud… 
Dans cet environnement où chacun joue sa survie chaque jour, Sita, une splendide femelle guépard, tente d’élever seule ses petits. Au fil des saisons, tous ces destins vont se croiser à travers une histoire qui n’est ni inventée ni mise en scène, mais captée comme jamais auparavant, de sa bouleversante intimité à sa spectaculaire beauté.

Pour ce documentaire animalier, Disney Nature – nouvel label de chez Disney – a mis les moyens pour aller filmer au Kenya tous ses félins qu’on suit pendant plusieurs mois en liberté. Visuellement époustouflant, le spectateur est immergé dans leur environnement et suit leurs aventures, de la chasse à la conquête de nouveaux territoires en passant par la protection de leur progéniture. Raconté par une voix-off heureusement pas trop envahissante (le comédien Pascal Elbé), le film se laissera suivre agréablement pour tout amoureux de la nature et des félins. On suit les aventures de Sita et ses adorables bébés guépards, de Kali le lion et de sa fidèle tribu, ainsi que le destin de la lionne Kali et sa loyale fille Mara. Malgré quelques petites longueurs dans la dernière partie, il n’en reste pas moins un documentaire visuellement superbe sur la faune féline africaine.  

 FÉLINS ●●
fév
2

[critique] J-C COMME JÉSUS-CHRIST

 JONATHAN ZACCAÏ | FRA/BEL | 75 MIN | 8 FÉVRIER 2012 | VINCENT LACOSTE, ELSA ZYLBERSTEIN, ELLA WALDMANN

Une Palme d’Or à 15 ans, un César à 16, cette année JC passe le bac… Jean-Christophe Kern, dit JC, n’est pas un adolescent comme les autres. Mélange de Jean-Luc Godard et Justin Bieber, à 17 ans il navigue entre ses Miel Pops devant la télé après l’école et une vie professionnelle digne d’un Stanley Kubrick. 

Digne des comédies belges les plus décalées (on pense à Dikkenek ou encore C’est arrivé près de chez vous), JC comme Jésus-Christ se déroule pourtant dans la capitale française et dresse un portrait sous forme de faux-documentaire du jeune Jean-Christophe Kern. Consacré rapidement au rang de star et d’icône du Septième Art, il est devenu l’idole des jeunes et des moins jeunes. Mais ses nouveaux projets – outre celui de passer le bac – suscitent beaucoup d’attente… et de craintes. Il envisage en effet de réaliser un biopic musical assez culotté – j’aurais envie de dire terriblement attirant – intitulé Dutroux in the rain. On pourra d’ailleurs regretter, comme je l’ai fait remarqué au réalisateur après la projection, de n’avoir pu se mettre sous la dent quelques images de cette comédie musicale grinçante sur le tristement célèbre pédophile belge.

Vous l’aurez compris, Jonathan Zaccaï a choisi de s’amuser avec ce personnage mégalo qu’il avait initialement écrit pour un autre projet de film. Il assume sa farce à fond – quitte à en laisser certains sur le bord de la route – et se moque de cette société qui starifie aussi rapidement (et parfois brièvement) un jeune prodige qu’il caractérise comme innocent et tyrannique. A l’heure des réseaux sociaux, de Youtube et de la relative démocratisation de l’accès aux outils vidéo-photographiques, la célébrité peut s’acquérir très rapidement. Entre les mains de n’importe qui, cela peut avoir des conséquences plutôt délirantes.

Rythmé par un montage volontaire abrupt et quelques morceaux jouissifs du groupe Ghinzu, le film de Zaccaï s’offre même plusieurs apparitions renforçant le côté faux-docu (Gilles Lellouche, Claire Chazal, Godard…) et ajoutant une dose de fun et de dérision supplémentaire à ce premier métrage atypique d’un homme jusqu’alors connu pour ses prestations d’acteur. On attend désormais ses futurs projets de réalisation avec curiosité (celui-ci nous a fait part de son envie de faire une belle histoire d’amour). Conçu comme un faux reportage sur un jeune réalisateur impertinent, une rock-star du cinéma aux projets loufoques, J-C comme Jésus-Christ est une comédie enlevée à prendre au second degré (voire au 32e) portée par un Vincent Lacoste aussi arrogant et nonchalant qu’irrésistible et attachant. 

 JC COMME JESUS CHRIST ●
jan
31

[critique] MARTHA MARCY MAY MARLENE

Par Wilyrah  //  2012, Avant-première, Bon, Coup de cœur  //  27 commentaires

 SEAN DURKIN | USA | 101 MIN | 28 FÉVRIER 2012 | ELIZABETH OLSEN, JOHN HAWKES, SARAH PAULSON

Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu… 

Sélectionné à Cannes et Sundance en 2011, Martha Marcy May Marlene sortira sur les écrans français fin février. Le film débute par l’appel à l’aide de Martha à sa soeur qu’elle n’a pas vu depuis près de deux ans. Elle vient en fait de s’enfuir d’une communauté recluse qui semblait à première vue idyllique. 

Plutôt que d’apporter au spectateur une description chronologique et factuelle, Sean Durkin raconte cette histoire du point de vue de Martha qui dévoile peu à peu, sous forme d’habiles flashs-back, ce qu’elle a vécu dans cette ferme auto-suffisante éloignée de toute civilisation. Échappée de cette vie dans laquelle elle ne trouvait ni sa place ni la paix intérieure qu’elle cherchait, elle peine à trouver la sienne dans ce nouveau cadre que lui offrent sa soeur et son mari. 

Grâce à un montage subtil et soigné, ce long métrage conserve perpétuellement un suspens psychologique troublant, sorte de puzzle mental que le spectateur s’efforce de reconstituer pour mieux comprendre ce que Martha a vécu. Pour sa première réalisation, Sean Durkin ne donne aucune réponse et ne détermine jamais véritablement par des mots ce que Martha peine à décrire elle-même. Il joue sur les souvenirs, les peurs, les ombres, les couleurs et entretient le flou rendant finalement l’expérience et l’égarement de Martha encore plus palpables et véridiques. Que dire enfin d’Elizabeth Olsen dont tout le monde s’accorde déjà à dire qu’elle sera l’une des révélations de cette année ? Elle porte le film sur ses jeunes et fragiles épaules, soutenue avec talent par l’inquiétant et magnétique John Hawkes dans le rôle du leader de la troupe dans laquelle elle pensait avoir trouvé refuge.

Subtil et inquiétant, tendu et vaporeux, le thriller psychologique de Sean Durkin fait partie de ces films à la beauté insaisissable et troublante rappelant parfois l’ambiance de Funny Games. Une première œuvre réussie et personnelle.

 MARTHA MARCY MAY… ●●●
jan
30

[critique] THE DESCENDANTS

Par Wilyrah  //  2012, Made in the US, Moyen  //  16 commentaires

 ALEXANDER PAYNE | USA | 110 MIN | 25 JANVIER 2012 | GEORGE CLOONEY, SHAILENE WOODLEY

A Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles, Scottie, une gamine de dix ans vive et précoce, et Alexandra, une adolescente rebelle de dix-sept ans. Il se demande aussi s’il doit vendre les terres familiales, les dernières plages tropicales vierges des îles, héritées de ses ancêtres hawaiiens. Quand Alexandra lui révèle que sa mère avait une liaison, le monde de Matt vacille. Avec ses deux filles, il part à la recherche de l’amant de sa femme. Durant une semaine essentielle, au fil de rencontres tour à tour drôles, perturbantes et révélatrices, il va finalement prendre conscience que sa principale préoccupation est de reconstruire sa vie et sa famille…

J’ai déjà évoqué ici les syndromes Scorsese et Swinton qui ne me portent pas chance cinématographiquement, malgré les nombreuses incompréhensions de certains lecteurs. Dans un genre différent, il y a le syndrome Clooney 2000 : film plat/fade et soporifique du 21e siècle avec George Clooney au casting. La liste est malheureusement assez longue et aucun intrus ne vient déroger à la règle : Michael ClaytonLes Marches du pouvoir, Burn After ReadingOcean’s… Tout est lisse et sans saveur dans chaque métrage où apparaît le chouchou des américaines, si bien que son aboutissement le plus appréciable reste à mes yeux la série de spots publicitaires où il vante les mérites d’une boisson caféinée. Malheureusement, le métrage de Alexander Payne – fraîchement récompensé aux Golden Globes et nominé/favori dans la catégorie « meilleur film » aux prochains Oscars – va rejoindre la déjà longue filmographie dangereusement insipide du futur président des Etats Unis.

Il faut dire que le pitch n’est pas vraiment palpitant : un hawaïen guère attachant se prend deux gifles successives lorsqu’il apprend que sa femme, mourante et comateuse, se tapait un promoteur immobilier pour tromper l’ennui et la solitude. Après avoir balancé la news (qu’elle allait casser sa pipe, pas que c’était une housewife infidèle) à ses proches dans un repas absolument pas naturel, il décide de partir à la recherche du-dit empaffé qui s’envoyait cette épouse qu’il ne touchait plus lui-même. Bien sûr, solidarité familiale oblige, ses deux filles l’accompagnent dans ce voyage initiatique palpitant et légitime. Afin de s’assurer un fun maximal lors de ce mémorable voyage, What Else décide de suivre le désormais célèbre adage « quand tu cherches l’amant de ta femme, amène avec toi tes gamines et le teubé que fréquente ton aînée ex-alcoolique-new-fille-idéale« . Je tiens d’ailleurs à applaudir la remarquable intelligence et originalité du scénariste qui nous pond une flopée réjouissante de personnages sans imagination : l’aînée volage qui se transforme soudainement en fille à son papa, la cadette originale qui fait des doigts d’honneur à tour de bras, le jeune boyfriend débile et empoté, le grand-père qui méprise tout le monde sauf sa future-défunte fille et l’amant stupide et égoïste.  

Si la jeune et craquante Shailene Woodley et le placide George Clooney livrent une prestation plutôt honorable – bien que jamais transcendante – ils ne sauvent pas The Descendants de son incroyable banalité et de l’ennui qui s’installe rapidement devant une intrigue aussi convenue et monotone. Rarement drôle, souvent ennuyeux, le « drama » de Payne ne s’offre que quelques secondes de poésie lors des brefs adieux d’un mari absent à sa pénible et mourante épouse. Pas de quoi crier au génie pour autant : une narration plate et prévisible, des personnages artificiels et fades, un rythme et un scénario paresseux, le futur Oscar du meilleur film est la définitive confirmation que pour obtenir une récompense à Hollywood cette année il fallait être sentimental et consensuel.

 THE DESCENDANTS ●
jan
23

[critique] J. EDGAR

Par Wilyrah  //  2012, Made in the US, Moyen  //  11 commentaires

 CLINT EASTWOOD | USA | 137 MIN | 11 JANVIER 2012 | LEONARDO DiCAPRIO, NAOMI WATTS, JUDI DENCH

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

Ses deux derniers films ne m’avaient pas laissé une impression mémorable. Depuis Gran Torino, qui ressemblait beaucoup à une belle manière de boucler la boucle, le réalisateur américain semble avoir perdu la main. Son dernier métrage, J. Edgar, est un (trop) long film, globalement bien fait mais plutôt ennuyeux. Pendant plus de deux heures, il reste en surface et peine à émouvoir ou captiver avec ce portrait de l’emblématique directeur du FBI. Egalement, les tendances de Eastwood à surabuser des airs de piano et des moments pathos plombent de nombreuses séquences déjà bien handicapées par leur aspect un peu vieillot. Heureusement, Leonardo DiCaprio incarne J. Hoover avec le talent et le charisme qu’on lui connaît. Sa présence à l’écran mérite au moins ces louanges là. Toutefois, cela ne suffira pas à justifier le déplacement et l’ennui général suscité par ce J. Edgar. peu captivant qui devrait inciter progressivement ce bon vieux Clint à tirer sa révérence – chose qu’il aurait dû faire après Gran Torino.

 J. EDGAR ●
jan
19

[critique] LA TAUPE

 TOMAS ALFREDSON | USA | 127 MIN | 8 FÉVRIER 2012 | GARY OLDMAN, COLIN FIRTH, TOM HARDY, JOHN HURT

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley. Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr, un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon, le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même.

Après le fabuleux Morse (Let the right one in) qui l’avait révélé, Tomas Alfredson fait ses débuts anglophones avec Tinker Tailor Soldier Spy, assez banalement traduit La Taupe par nos chers distributeurs. Tout était alléchant dans ce projet : un casting en or massif, un film d’espionnage rétro ultra soigné, une intrigue qui s’annonçait passionnante entre les mains d’un réalisateur habile et prometteur.

Mais la déception est immense. Le film devient de plus en plus abscons et ne décolle jamais s’enfermant dans une intrigue brumeuse, une ambiance terne et vieillotte, et surtout une douloureuse absence de rythme. Les personnages manquent tous de vie, malgré des interprètes qui sont dans l’ensemble plutôt bons (dont le magnifique Gary Oldman) et leurs efforts pour leur donner un peu de relief et d’intérêt à ce film désincarné et scolaire, à la mise en scène mollassonne. Un immense gâchis et la première grosse déception de l’année. 

 LA TAUPE ●

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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