Browsing articles tagged with " amour impossible"
mai
18

(critique) GATSBY

Par Wilyrah  //  2013, Assez bon, Made in the US  //  4 commentaires
BAZ LUHRMANN | DRAME, ROMANCE | USA/AUS | 142 MIN | 15 MAI 2013 | LEONARDO DICAPRIO, CAREY MULLIGAN

PRINTEMPS 1922. L’ÉPOQUE EST PROPICE AU RELÂCHEMENT DES MŒURS, À L’ESSOR DU JAZZ ET À L’ENRICHISSEMENT DES CONTREBANDIERS D’ALCOOL… APPRENTI ÉCRIVAIN, NICK CARRAWAY QUITTE LA RÉGION DU MIDDLE-WEST POUR S’INSTALLER À NEW YORK. VOULANT SA PART DU RÊVE AMÉRICAIN, IL VIT DÉSORMAIS ENTOURÉ D’UN MYSTÉRIEUX MILLIONNAIRE, JAY GATSBY, QUI S’ÉTOURDIT EN FÊTES MONDAINES, ET DE SA COUSINE DAISY ET DE SON MARI VOLAGE, TOM BUCHANAN, ISSU DE SANG NOBLE. C’EST AINSI QUE NICK SE RETROUVE AU CŒUR DU MONDE FASCINANT DES MILLIARDAIRES, DE LEURS ILLUSIONS, DE LEURS AMOURS ET DE LEURS MENSONGES. Baz Luhrmann aime revisiter les grands classiques de la littétature anglophone. Après avoir proposé une relecture très contemporaine du célèbre Romeo et Juliette, celui-ci s’attaque à la célèbre oeuvre de Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique. Après une première demie-heure d’exposition qui ressemble à s’y méprendre à une transposition méthodique du premier segment de Moulin Rouge ! (ça saute aux yeux, franchement), les enjeux commencent à apparaître et la coquille du mystérieux Gatsby commence à s’effriter devant la belle Daisy, à laquelle il porte un amour démesuré et fantasmé, qu’il retrouve cinq ans plus tard. Le cinéma baroque de Luhrmann pourrait se rapprocher de l’opéra avec ses outrances, ses sentiments décuplés, sa dramaturgie exacerbée, ses costumes élaborés et sa mise en scène grandiloquente. Le cinéaste australien ne perd rien de sa démesure et de ses habitudes anachroniques puisqu’il utilise les mêmes ingrédients qui ont fait sa renommée pour ce Gatsby, qui manque malheureusement d’une certaine folie, comme si celui-ci avait pris des gants pour satisfaire tout le monde comme il l’avait fait avec Australia, que l’on peut considérer dans la même lignée. Au final, ce qui faisait la force de Moulin Rouge (son parti pris, son romantisme absolu et ses excès assumés à 200%) devient dans Gatsby assez maladroit et parfois désagréablement maniéré. C’est d’ailleurs lorsque Luhrmann utilise ses vrais atouts (le sens du burlesque et du sentimental) qu’il réussit le plus ses scènes, à l’image du segment autour des retrouvailles entre Gatsby et Daisy, débutant de façon comique chez Nick Carraway pour se terminer autour de l’escalier de Gatsby, avec une scène particulièrement belle et émouvante.

Que penser donc de cette nouvelle adaptation de Gatsby le magnifique ? L’essence du roman semble préservée et demeure l’élément le plus abouti autour du personnage principal, Gatsby, imposteur gentleman sublime et romantique. Le reste du métrage est plutôt inégal et certaines scènes misant trop sur le spectaculaire tombent à plat. Il faut dire qu’il n’est pas toujours aidé par son casting, Tobey Maguire massacrant la majorité des scènes dans lesquelles il figure. Outre cette grossière erreur de casting, le tandem DiCaprio-Mulligan fonctionne lui plutôt bien. Au final, le nouveau projet de Baz Luhrmann – qui a fait l’ouverture à Cannes mercredi – s’avère être un film fascinant et bancal, essentiellement réussi mais globalement raté, porté par un duo impeccable et quelques instants musicaux enchanteurs à l’image du morceau leitmotiv Young and Beautiful qui vient nous hanter de façon subliminale comme pour traduire l’état émotionnel du personnage tourmenté de Gatsby qui aura passer des années à poursuivre le passé et la vision fantasmée qu’il avait de lui et de la vie qu’il se souhaitait. Will you still love me, when I’ve got nothing but my aching soul ? 

mai
14

(critique) UPSIDE DOWN

Par Wilyrah  //  2013, Made in the US, Mauvais  //  Pas de commentaire
JUAN SOLANAS | ROMANCE SF | USA | 100 MIN | 1er MAI 2013 | JIM STURGESS, KIRSTEN DUNST, TIMOTHY SPALL

DANS UN UNIVERS EXTRAORDINAIRE VIT UN JEUNE HOMME ORDINAIRE, ADAM, QUI TENTE DE JOINDRE LES DEUX BOUTS DANS UN MONDE DÉTRUIT PAR LA GUERRE. TOUT EN LUTTANT POUR AVANCER DANS LA VIE, IL EST HANTÉ PAR LE SOUVENIR D’UNE BELLE JEUNE FILLE VENANT D’UN MONDE D’ABONDANCE : EDEN. DANS CET UNIVERS, SON MONDE SE TROUVE JUSTE AU-DESSUS DE CELUI D’ADAM – SI PRÈS QUE LORSQU’IL REGARDE VERS LE CIEL, IL PEUT VOIR SES VILLES ÉTINCELANTES ET SES CHAMPS FLEURIS. MAIS CETTE PROXIMITÉ EST TROMPEUSE : L’ENTRÉE DANS SON MONDE EST STRICTEMENT INTERDITE ET LA GRAVITÉ DE LA PLANÈTE D’EDEN REND TOUTE TENTATIVE EXTRÊMEMENT PÉRILLEUSE. Premier film hollywoodien de Juan Solanas, Upside Down est davantage une romance colorée qu’un film de science-fiction. En effet, malgré un pitch plutôt enthousiasmant et quelques premières minutes nous exposant efficacement les bases de ce double-monde symétrique (par l’intermédiaire d’un habile et joli générique introductif), on constate rapidement que la SF sera délaissée au profit de la quête amoureuse du jeune Adam (Jim Sturgess) souhaitant retrouver son Eden (Kirsten Dunst). Pourtant, il y avait de quoi développer davantage la bonne idée et la satyre sociale plutôt que de privilégier une romance gentillette. Pire, le film semble démonter progressivement toute théorie qu’il a implanté au départ concernant le passage entre les deux mondes, les problèmes de gravité ou les dangers d’une intrusion. Enfin, pour ne rien arranger et confirmer ce massacre dans les règles de l’art, Upside Down devient drôle à son insu avec des rebondissements et un dénouement aussi invraisemblables que grotesques. Ainsi, le spectateur ressort davantage amusé que chaviré, à croire que c’est le scénariste du film qui avait la tête à l’envers lorsqu’il a bouclé le script. 

mar
27

(critiques) GUERRIERE, LORE : JEUNES ALLEMANDES NAZIES

Par Wilyrah  //  2013, Made in Europe  //  2 commentaires
DAVID WNENDT | DRAME | ALL | 100 MIN | 27 MARS 2013 | ALINA LEVSHIN, JELLA HAASE

MARISA, 20 ANS, FAIT PARTIE D’UN GANG DE NÉO-NAZIS AU NORD DE L’ALLEMAGNE. TATOUÉE DE SWASTIKAS, LE CRÂNE RASÉ, ELLE DÉTESTE LES ÉTRANGERS, LES JUIFS, LES NOIRS ET FLICS, À SES YEUX TOUS COUPABLES DU DÉCLIN DE SON PAYS ET DE LA MÉDIOCRITÉ DE SON EXISTENCE. MANIFESTATIONS DE HAINE, VIOLENCE ET BEUVERIES RYTHMENT SON QUOTIDIEN, JUSQU’À L’ARRIVÉE EN VILLE D’UN RÉFUGIÉ AFGHAN ET L’IRRUPTION DANS SON GANG D’UNE ADOLESCENTE DE 14 ANS. CES NOUVEAUX VENUS METTENT À MAL LE FANATISME DE MARISA… Présenté comme le penchant allemand de This is England, Guerrière suit Marisa au sein d’un gang néo-nazi. Malheureusement, à moins que l’on se cantonne à faire des rapprochements faciles et insuffisants à cause de coupes de cheveux skinhead ou de scène finale sur la plage, les deux films n’ont pas grand chose à voir. En effet, si This is England était un film coup de poing réussi, Guerrière se contente d’accumuler les stéréotypes sans jamais dépasser une intrigue simpliste eet manichéenne. Les personnages manquent sérieusement d’épaisseur, tout en étant lourdement stéréotypés (la jeune qui s’attache à l’immigré en dépit de ses idéaux racistes, le papy attachant qui dissimule des pensées antisémites nauséabondes, la mère dépressive mal-aimée dans son enfance, l’adolescente tyrannisée par un père trop autoritaire et exigeant, etc). Reconnaissons toutefois deux réussites au long-métrage : la prestation percutante dans le rôle titre d’Alina Levshin et une photographie plutôt soignée offrant quelques très beaux plans, ça et là. 

CATE SHORTLAND | DRAME | ALL/AUS | 108 MIN | 20 FEVRIER 2013 | SASKIA ROSENDHAL, KAI MALINA

EN 1945, À LA FIN DE LA GUERRE, LORE UNE JEUNE ADOLESCENTE, FILLE D’UN HAUT DIGNITAIRE NAZI, TRAVERSE L’ALLEMAGNE AVEC SES FRÈRES ET SŒURS. LIVRÉS À EUX-MÊMES, AU MILIEU DU CHAOS, LEUR CHEMIN CROISE CELUI DE THOMAS, UN JEUNE RESCAPÉ JUIF.
POUR SURVIVRE, LORE N’A D’AUTRE CHOIX QUE DE FAIRE CONFIANCE À CELUI QU’ON LUI A TOUJOURS DÉSIGNÉ COMME SON ENNEMI… Nazisme et jeune fille livrée à elle-même également dans Lore, sorti le mois dernier en toute discrétion dans nos salles. Le nouveau long-métrage de Cate Shortland (auteur du notable Somersault, avec Abbie Cornish) comporte des thématiques similaires à Guerrière. Cependant, l’histoire de son personnage principal féminin se déroule en 1945, à l’issue de la seconde guerre mondiale. Après la disparition de ses parents ayant suivi la chute du régime hitlérien, Lore se retrouve avec ses petits frères et soeurs sur les bras, avec comme mission de rejoindre le nord du pays et le domicile de leur grand-mère. Le périple sera périlleux, les américains étant bien décidés à éradiquer (et donc à éliminer) les nazis du pays. Au cours de celui-ci et à un moment délicat, elle est assistée par Thomas, qui se présente alors comme un rescapé juif. Une relation d’amour-haine va se tisser entre eux, la jeune fille étant partagée entre la doctrine fasciste dans laquelle elle a été baignée et cette attention et cette bienveillance dont elle a tant manqué et qui lui sont offerts par le jeune homme. Si le film a le mérite d’offrir un regard intéressant sur l’Histoire du point de vue des familles nazies, on regrette un rythme trop monotone et une ambiance cotonneuse qui ne sied pas forcément à l’histoire. On retiendra toutefois – et là aussi – la prestation de l’actrice principale. 

mar
23

(critique) WARM BODIES – RENAISSANCE

Par Wilyrah  //  2013, Assez bon, Made in the US  //  9 commentaires
JONATHAN LEVINE | COMEDIE-ROMANCE | USA | 97 MIN | 20 MARS 2013 | NICHOLAS HOULT, TERESA PALMER

UN MYSTÉRIEUX VIRUS A DÉTRUIT TOUTE CIVILISATION. LES RESCAPÉS VIVENT DANS DES BUNKERS FORTIFIÉS, REDOUTANT LEURS ANCIENS SEMBLABLES DEVENUS DES MONSTRES DÉVOREURS DE CHAIR. 
R, UN MORT-VIVANT ROMANTIQUE, SAUVE CONTRE TOUTE ATTENTE JULIE, UNE ADORABLE SURVIVANTE, ET LA PROTÈGE DE LA VORACITÉ DE SES COMPAGNONS. AU FIL DES JOURS, LA JEUNE FEMME RÉVEILLE CHEZ LUI DES SENTIMENTS OUBLIÉS DEPUIS LONGTEMPS… ELLE-MÊME DÉCOUVRE CHEZ CE ZOMBIE DIFFÉRENT AUTRE CHOSE QU’UN REGARD VIDE ET DES GESTES DE MOMIE… La comédie zombiesque avait connu par le passé deux belles réussites avec Zombieland et Shaun of the Dead. La romance surnaturelle, elle, a été beaucoup ressassée lors de la dernière décennie, les producteurs cherchant inlassablement à occuper le terrain avec tous leurs produits fadasses (le dernier en date étant le lamentable Sublimes créatures). Egalement produit par la Summit, ce Warm Bodies écrit et réalisé par le jeune Jonathan Levine (50/50, Tous les garçons aiment Mandy Lane) rentre dans la case « amour entre un(e) humain(e) et un mort-vivant ». Toutefois, celui-ci ne cherche pas à susciter une génération entière (et éphémère) de groupies à boutons, complètement gaga du couple à l’écran. Jonathan Levine vise la comédie (et le bon sentiment, certes) et le décalage avec Warm Bodies en nous offrant un regard relativement inédit du film de zombie en suivant le sort de R, zombie doté d’une conscience et bientôt de sentiments. Levine veut s’amuser et amuser le spectateur. Il y arrive plutôt bien en général, même si toutes ses vannes ne fonctionnent pas forcément et que l’intrigue s’avère un peu trop légère. Il ne se prend pas au sérieux et paraît assumer son côté « facile » et farfelu. Les deux acteurs principaux, Nicholas Hoult (Skins, A single man) et Teresa Palmer, font le boulot sans être extraordinaires. Un film pastiche efficace et distrayant qui boxe dans la catégorie des séries B sympathiques qui ne nous servent rien de mieux (ou de moins bon) que ce que l’on en attendait. C’est déjà ça. 

mar
7

(critique) 20 ANS D’ECART

DAVID MOREAU | COMEDIE, ROMANCE | FRA | 92 MIN | 6 MARS 2013 | VIRGINIE EFIRA, PIERRE NINEY

ALICE LANTINS A 38 ANS. ELLE EST BELLE, AMBITIEUSE ET FAIT PREUVE D’UNE IMPECCABLE CONSCIENCE PROFESSIONNELLE AU POINT D’EN OUBLIER SA VIE PRIVÉE. BREF, ELLE A TOUT POUR DEVENIR LA PROCHAINE RÉDACTRICE EN CHEF DU MAGAZINE « REBELLE », TOUT SAUF SON IMAGE DE FEMME COINCÉE. MAIS LORSQUE LE JEUNE ET CHARMANT BALTHAZAR, À PEINE 20 ANS, VA CROISER LE CHEMIN D’ALICE, LE REGARD DE SES COLLÈGUES VA INEXPLICABLEMENT CHANGER. RÉALISANT QU’ELLE DÉTIENT LA CLEF DE SA PROMOTION, ALICE VA FEINDRE LA COMÉDIE D’UNE IMPROBABLE IDYLLE. Découvert par hasard et en présence du réalisateur et de la comédienne principale, 20 ans d’écart est le type de film même que tu vas voir pour faire une sieste ou pour éviter l’hypothermie qui te guette dans la capitale. Le problème est que ce 20 ans d’écart ne remplit pas son contrat et ne te permet pas de t’endormir puisqu’il maintient dynamiquement ton intérêt pendant les 90 minutes qu’il dure. C’est tout de même pénible le cinéma ces temps ci ! Même les croutasses françaises ne sont plus ce qu’elles sont… Moi qui pensais pouvoir paresseusement somnoler devant ce métrage dans la lignée du navrant Comme des frères – également avec Pierre Niney – je n’en ai pas eu pour mon argent (enfin, pour mon ticket illimité). Car force est de constater que ce divertissement en est vraiment un. David Moreau réussit son coup en nous proposant l’histoire de cette journaliste qui devient cougar par accident et qui va entretenir la situation dans l’espoir de casser son image de femme carriériste trop rigide. Oui le pitch est plutôt simpliste et pas bien original – vous comprenez pourquoi je pensais pouvoir piquer du nez sans scrupules – mais la comédie tient la route grâce à deux comédiens impeccables, à un rythme régulier et à un humour sans prétention mais sans grossièreté (ou énormes bêtises/clichés) dont nous avons bien le secret en France… Virginie Efira est d’ailleurs la vraie surprise du film : charmante, pétillante et toujours juste, en plus d’être humble et drôle. Alors bien entendu, ce 20 ans d’écart n’est pas un grand film et ne cherche jamais à l’être. Il peut se percevoir comme un honorable Bridget Jones à la française et ne devra pas être attendu comme autre chose qu’un sympathique divertissement. Toutefois, il faudra bien dresser le bilan de ce mercredi matin et se poser une question dérangeante : Virginie Effira nous procurerait-elle désormais plus de plaisir cinématographique que Terrence Malick ? Inquiétant. 

juil
7

[critique] LAURENCE ANYWAYS

Par Wilyrah  //  2012, Bon, Coup de cœur, Made in Canada  //  24 commentaires

XAVIER DOLAN | CANADA | 159 MIN | 18 JUILLET 2012 | MELVIL POUPAUD, SUZANNE CLÉMENT, NATHALIE BAYE

Le jour de son trentième anniversaire, Laurence, qui est très amoureux de Fred, révèle à celle-ci, après d’abstruses circonlocutions, son désir de devenir une femme.

Laurence Anyways, c’est l’histoire d’un amour impossible. L’histoire de deux âmes soeurs qui ne peuvent s’accomplir parce que l’un des deux êtres est né dans la mauvaise enveloppe corporelle. Laurence, prénom unisexe traduisant l’ambivalence de l’identité du personnage, réalise progressivement ce qu’il a toujours su au fond de lui : il ne se sent pas homme. Il veut devenir une femme. Pourtant cela ne remet en rien en question l’amour intense qu’il porte à Fred, sa compagne, ou même ses attirances sexuelles. Pendant presque de 160 minutes, on va suivre cette histoire sur plusieurs années, celle d’un homme qui veut s’affirmer comme une femme et celle d’une femme éperdument amoureuse qui s’efforce de l’aimer et de l’aider à s’accomplir quitte à mettre en péril leur amour.

Pendant plus de deux heures et demi, on suit les déchirements et multiples revirements d’un couple aux prises avec une profonde transformation identitaire. Ce couple est formé de deux acteurs talentueux. Melvil Poupaud, que beaucoup avait découvert dans Le temps qui reste de François Ozon, est plutôt bon dans son rôle de transsexuel en devenir mais sa performance se fait complètement éclipser par la sublime Suzanne Clément – déjà remarquable et remarquée dans le premier Dolan – qui livre ici une interprétation absolument bouleversante. [NB : en fait, c'est ELLE l'actrice de ce mois de Juillet]. Son prix d’interprétation à La Semaine de la Critique est on n’peut plus mérité. Monia Chokri, vue elle aussi dans Les Amours Imaginaires, et Nathalie Baye, qu’on ne présente plus, tirent aussi habilement leur épingle du jeu dans les rôles secondaires.

 

Xavier Dolan ne fait pas l’unanimité (pourquoi d’ailleurs ne figurait-il pas en sélection à Cannes ?) pourtant tout le monde lui loue un certain savoir-faire. Cinéaste sans concession, il ne peut pas plaire pas à tout le monde – il devrait, quand on voit son superbe premier film J’ai tué ma mère - et son ton ainsi que son style peuvent déranger ou agacer. Le québécois se laisse certes parfois emporter par ses envolées lyriques et ses effets stylistiques (ou dans un récit un peu trop lent) mais lorsqu’ils sont aussi éblouissants que dans ses précédents films et dans ce Laurence Anyways - le bal costumé bordel ! – c’est tellement jouissif qu’on en prend plein les yeux et les oreilles. Du génie à l’état pur. On est hypnotisé par ce déluge sensoriel de sons et d’images. Le gamin a définitivement du goût et, à l’instar d’un Nicolas Winding Refn, il ne se trompe quasiment jamais dans ses choix musicaux, même lorsqu’il ose le kitch ou le démodé. Mais cela ne s’arrête pas là avec des choix de lumières, de couleurs, de cadrages, de décors, de costumes, qui immergent un peu plus encore dans son univers pour peu qu’on se laisse emporter. 

On reprochera en revanche au cinéaste canadien quelques longueurs et quelques maladresses. Presque 2h40 de film, c’est beaucoup (trop). Xavier Dolan se justifie en prétextant qu’il faut parfois du temps pour que les choses s’ancrent en nous, qu’on les assimile et les ressentent. Tout le monde ne sera pas conquis. D’ailleurs à Cannes le film a énormément divisé entre ceux qui sont tombés en admiration et ceux qui ont tout simplement détesté. Pourtant, même si le réalisateur ne fait pas dans la mesure, on peut en tant qu’observateur en faire preuve et avec un peu de nuance – même si l’on regrettera quelques défauts de jeunesse et quelques excès d’arrogance – reconnaître un artiste qui compte et s’incliner devant une sensibilité romantique et artistique absolument époustouflante, un sens de la réplique incontestable, une direction d’acteurs impressionnante . 

Laurence Anyways, un film fleuve, amibitieux et ample à découvrir, un voyage initiatique bouleversant porté par un Melvil Poupaud convaincant et une Suzanne Clément absolument magnifique, une oeuvre qui respire l’amour du cinéma.

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus, Le Passeur Critique a réalisé une petite interview de Xavier Dolan. 

 LAURENCE ANYWAYS ●●
juin
18

[critique] LÉON, DIRECTOR’S CUT

LUC BESSON | FRA:USA | 133 MIN | 1994/1996 | JEAN RENO, GARY OLDMAN, NATALIE PORTMAN, DANNY AIELLO

Un tueur à gages répondant au nom de Léon prend sous son aile Mathilda, une petite fille de douze ans, seule rescapée du massacre de sa famille. Bientôt, Léon va faire de Mathilda une « nettoyeuse », comme lui. Ainsi Mathilda pourra venger son petit frère.

Il fut un temps où Luc Besson et Jean Reno étaient des personnages cinématographiques respectables. Le premier était un cinéaste doté d’un savoir-faire intéressant et d’une passion pour le septième art assez évidente avant que sa démarche ne devienne progressivement que pécuniaire. Le second, aujourd’hui sarkozyste accompli, a vu sa carrière décliner vertigineusement, accumulant les navets depuis plus de quinze ans. Sa filmographie ressemble aujourd’hui à un champ de ruines au milieu duquel subsiste un seul et vrai grand rôle : celui de Léon le nettoyeur. 

A l’origine, le personnage imaginé par Luc Besson était déjà apparu sous un autre nom (Victor) dans le film Nikita. Mais son intervention était assez limitée. Jean Reno a tout de suite senti qu’il y avait quelque chose à tirer de ce nettoyeur et a suggéré à son ami cinéaste d’écrire une histoire plus approfondie sur celui-ci. Le fantasme a évolué en projet concret et enthousiasmant dès lors que le réalisateur français a réussi à engager l’imprévisible et grandiose Gary Oldman pour incarner le policier corrompu qui allait causer la chute du tueur à gages qu’est Léon. Viendront s’ajouter l’acteur italien Danny Aïello et la jeune actrice débutante que l’on ne présente désormais plus Natalie Portman. Le tournage durera environ dix-sept semaines réparties entre New-York (parfois clandestinement) et les studios d’Epinay, dans la région parisienne.

Sorti en salles en septembre 1994, Léon avait été amputé de 25 minutes en raison de certaines scènes jugées trop ambiguës ou violentes par les distributeurs américains. Le film bénéficie finalement d’une sortie director’s cut (version longue) deux ans plus tard, plus fidèle à la vision et à la volonté de Luc Besson. Plus intense et plus émouvante, cette version longue gagne en profondeur et les scènes supplémentaires se révèlent vite indispensables. Je vous recommande bien entendu de (re)découvrir ce film qui reste à l’heure d’aujourd’hui le meilleur métrage de Besson et l’un des films qui aura marqué ma jeunesse et qui a toujours à mes yeux un statut particulier.

Le film s’ouvre par un travelling avant survolant Central Park, nous faisant entrer d’emblée dans Manhattan, quartier où se déroulera l’histoire de Léon et de celle qui croisera son chemin, Mathilda. Dès la première séquence chez Tony (Danny Aiello), on réalise combien Besson fut un putain de cinéaste. Son savoir-faire et son amour cinématographique dévorent l’écran : plans rapprochés, cadrages soignés, utilisation des champs redoutable, éclairages et photographie bichonnés, dialogues tranchants et indélébiles, univers sonore faste et musique entêtante (merci Eric, Bjork et Sting), personnages emblématiques. La séquence suivante montre avec une efficacité imparable combien Léon est un professionnel redoutable. C’est en rentrant chez lui qu’on découvre qui est véritablement Léon : un être solitaire, naïf, introverti, presque invisible, qui n’a pour compagnon que sa plante verte qu’il soigne méticuleusement. Apparaît alors une jeune fille d’une douzaine d’années qui va bouleverser son quotidien et son existence : Mathilda. Interprétée par une Natalie Portman que Besson aura dénichée et révélée par ce rôle, la gamine crève l’écran. Malmenée par une vie de famille délabrée et une scolarité tumultueuse, l’enfant accroche l’attention du tueur d’origine italienne. Un lien indéfectible va progressivement se créer entre eux. Une histoire d’une tendresse bouleversante qui reste imprégnée dans nos souvenirs de longues heures (pour moi ce serait le terme « années » qui conviendrait le mieux) après le visionnage. Deux êtres oubliés, boiteux, détruits trop jeunes par la vie, qui vont s’apporter mutuellement ce qu’ils n’avaient pas ou plus connu jusqu’alors : l’amour. Car Léon est avant tout une histoire intimiste plus qu’un film d’action – même si les trois segments d’action sont un modèle de construction, le dernier offrant un climax incroyable qui vous déchirera le coeur. Elle suit ce tandem extraordinaire dans les rues de New-York, parcourant les couloirs d’immeubles (et leurs toits) pour remplir sa mission et poursuivre l’objectif de Mathilda : apprendre à tuer pour venger la mort de son frère.

Je ne révélerais rien de plus sur l’intrigue et l’évolution de l’histoire de ces deux personnages embarqués dans une affaire de vengeance et de mafia italo-new-yorkaise. Il ne faut pas oublier la talentueuse équipe technique qui y est également pour beaucoup dans la réussite d’une telle oeuvre : le directeur de la photographie Thierry Arbogast, le chef-décorateur Dan Weil et la monteuse Sylvie Landra ne sont pas étrangers à la fluidité et la beauté du long-métrage le plus abouti de la carrière de Luc Besson. Il ne me reste qu’à vous inciter à découvrir l’un des plus beaux films des années 1990, un travail d’orfèvres porté par un casting exceptionnel dont les vingt-six minutes supplémentaires offrent une dimension nouvelle à ce classique du cinéma réunissant les meilleurs atouts des polars français et des productions américaines. Une oeuvre addictive, généreuse, mélancolique, tendre, soignée, qui marquera la carrière de ses trois interprètes principaux (et qui aurait dû permettre de consacrer l’immense Gary Oldman) ainsi que celle de son talentueux cinéaste devenu paresseux producteur. 

 LÉON ●●●●●
mai
10

[critique] DARK SHADOWS

Par Wilyrah  //  2012, Made in the US, Moyen  //  27 commentaires

TIM BURTON | 112 MIN | 9 MAI 2012 | JOHNNY DEPP, EVA GREEN, HELENA BONHAM-CARTER

En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant. Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…

Ces derniers temps, Tim Burton semble avoir du mal à se renouveler et se réinventer. Le talentueux cinéaste gothique a tendance à s’enfermer dans des films qui sentent depuis quelques temps le réchauffé et à reconduire inlassablement le même casting : Johnny Depp, Helena Bonham-Carter et Christopher Lee. Cette tendance avait tendance à brider l’inspiration d’un réalisateur qui a acquis un statut important avec plusieurs oeuvres majeurs dont le chef d’oeuvre Edward Scissorhands. Ainsi, après avoir suscité l’admiration, Burton commence à attirer les moqueries, parfois très réussies comme ce fameux sketck : Tim Burton’s Secret Formula. De ce fait, alors qu’on annonce deux films de maître Burton pour 2012, l’attente est associée à la crainte du déjà-vu. Qu’en est-il alors de ce Dark Shadows dans lequel il retrouve Michelle Pfeiffer – qu’il avait sublimée dans Batman returns – et introduit la sulfureuse Eva Green ainsi que la très hype Chloe Moretz ?

C’est une demie-réussite. Malgré un savoir-faire et un style évidents, l’histoire de Barnabas n’emballe jamais vraiment le spectateur même si elle se suit sans déplaisir. Devant la caméra, on suit un Johnny Depp qui ne surprend plus depuis dix ans, tout comme il ne se recycle pas plus que son alter-égo derrière la caméra. Heureusement, le salut du film vient de son humour et de ses seconds rôles, plus particulièrement d’une Eva Green plus ravageuse que jamais. Elle campe une sorcière sexy et redoutable dont chaque apparition happe le spectateur. Débarassée de ses minauderies – que lui ont parfois reproché ses détracteurs – l’actrice française rayonne et s’avère être l’atout numéro un de ce Dark Shadows. Ses scènes avec Johnny Depp sont souvent très drôles et bien senties (on profitera d’ailleurs de la première scène de « sexe » réalisée par Burton). Helena Bonham-Carter, Michelle Pfeiffer et la bien-nommée Bella Heathcote se partagent avec honneur les restes dans quelques scènes dont l’intérêt reste très mesuré. Autre atout de ce Dark Shadows : son style visuel et sa bande son. Si la patte esthétique de Burton n’est plus une surprise, si son sens du décor et de la mise en scène reste toujours aussi affuté et personnel, c’est du côté de la bande originale qu’on se régale. Chapeautée par son inséparable comparse Danny Elfman, la partition est égayée de nombreux tubes 70s redoutablement plaisants dont l’entêtant Nights in White Satin.

Si ce Dark Shadows laisse apparaître quelques espoirs d’une inspiration retrouvée, il confirme également que la réussite de ses prochains métrages dépendra d’abord de la variété qu’il saura apporter à ses personnages et à son casting. 

 DARK SHADOWS ●
mar
8

[critique] NEVER LET ME GO ****

 MARK ROMANEK | UK | 103 MIN | 02 MARS 2011 | CAREY MULLIGAN, ANDREW GARFIELD, KEIRA KNIGHTLEY

Adapté d’un roman de Kazuo Ishiguro, Never Let Me Go est le deuxième film de Mark Romanek. Depuis l’enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d’une école en apparence idyllique, une institution coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être. Devenus jeunes adultes, leur vie bascule après avoir découvert un inquiétant secret qui va bouleverser leur destin, leurs relations et leur perception de tout ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent.

En révéler davantage serait dommageable pour cette œuvre subtile et bouleversante (je vous suggère d’ailleurs d’éviter soigneusement toute bande-annonce ou synopsis qui résume peu subtilement le film, allez le voir tout simplement !). On se contentera alors de louer les qualités du film, à commencer par la mise en scène délicate et soignée de Mark Romanek sublimée par la somptueuse photographie de Adam Kimmel et la subtile partition de Rachel Portman. Les acteurs sont tous impeccables, principaux comme seconds rôles (Charlotte Rampling, Sally Hawkins), à commencer par Andrew Garfield et Carey Mulligan qui confirment que cette génération britannique est plus que prometteuse. On saluera enfin le scénario de Alex Garland, basé sur l’œuvre de Kazuo Ishiguro, qui permet au film de suggérer l’effroyable sans artifices ni démonstration ou discours moralisateur.

Soigneusement mis en scène par Mark RomanekNever let me go est une fable tragique, entre romance impossible et film d’anticipation, un drame intimiste et résigné, un film fragile et limpide qui touche droit au cœur.

sept
30

[critique] LES AMOURS IMAGINAIRES ***

Par Wilyrah  //  2010, Bon, Coup de cœur, Made in Canada  //  6 commentaires

amoursss

XAVIER DOLAN | CANADA | 95 MIN | 29 SEPTEMBRE 2010 | XAVIER DOLAN, NIELS SCHNEIDER, MONIA CHOKRI

Francis et Marie, deux amis, tombent amoureux de la même personne. Leur trio va rapidement se transformer en relation malsaine où chacun va tenter d’interpréter à sa manière les mots et gestes de celui qu’il aime…

Les amours imaginaires est le second film de Xavier Dolan, après le très bon et plus que prometteur J’ai tué ma mère, qui permit au talentueux et précoce réalisateur québécois de se faire connaître. Pour sa seconde réalisation, il s’entoure à nouveau de Niels Schneider et Anne Dorval (l’inimitable maman de Hubert dans J’ai tué ma mère fait ici une courte mais savoureuse apparition).

Après une première œuvre très personnelle, tour à tour drôle et dramatique, il signe un film plus léger que son précédent, tout en conservant sa touche sophistiquée et désinvolte, jouant sur les mots, les couleurs et les rythmes, entre le chic et la dérision, et s’appuyant sur une bande son et une photographie à nouveau sublimes. Si la forme est irréprochable, le fond est moins satisfaisant. Les Amours Imaginaires manque sur son ensemble de régularité et d’originalité dans son propos – souffrant d’un scénario peut-être trop mince – malgré quelques magnifiques fulgurances qui valent le déplacement à elles seules (la séquence sur Pass This On de The Knife, pour n’en citer qu’une).

Xavier Dolan s’affirme donc malgré tout comme un jeune cinéaste génial, assumant ses excès et son amour du cinéma, se jouant des clichés et du kitsch avec tendresse et dérision, mais surtout s’appuyant sur un prodigieux savoir-faire du haut de ses vingt ans.

avr
16

[critique] THE NOTEBOOK – N’OUBLIE JAMAIS

NICK CASSAVETES | USA | 123 MIN | 8 SEPTEMBRE 2004 | RYAN GOSLING, RACHEL McADAMS

La réputation fait parfois du bien (ou du mal) à un film, sans qu’on l’explique. The Notebook (pitoyablement et discrètement sorti en France sous le titre N’oublie jamais) est un film adapté du roman du même nom signé Nicholas Sparks. Nick Cassavetes, fils du fameux John, s’attaque donc à ce best-seller. À la lecture du synopsis ou en voyant les quelques affiches de promo, on peut rapidement craindre un énième film à l’eau de rose comme Hollywood sait si mal les faire. L’occasion de le voir s’était présenté plusieurs fois auparavant, et chaque fois, j’avais décliné l’invitation, à cause des aprioris énoncés plus haut. Malgré tout, l’histoire avait ce petit quelque chose qui me tentait. J’ai fini par me lancer, et je ne le regrette pas.

Un thème vieux comme le monde et des ficelles assez classiques… c’est assumé. Surtout, The Notebook se distingue des productions du genre, grâce à une certaine retenue, de beaux et riches dialogues, des acteurs remarquables - d’ailleurs, bien dirigés – et une réalisation toute en délicatesse. Rachel McAdams est formidable, tout comme Ryan Gosling qui me convainc davantage film après film.

On imaginait le pire, Nick Cassavetes surprend avec un certain talent, conservant le côté poignant et romanesque – certainement contenu dans le livre – pour nous raconter cette histoire d’amour à travers le temps capable de défier de nombreuses choses comme la distance, la mémoire qui défaille avec l’âge et la médecine elle-même. Ryan Gosling et Rachel McAdams y sont également pour beaucoup tellement le couple qu’ils forment et leur histoire sonnent vrais ( et quelle alchimie entre les deux acteurs ! ). Un film émouvant, avec seules quelques petites imperfections, qui s’imprime en nous plusieurs heures (jours?)  après son visionnage. 

 N’OUBLIE JAMAIS ●●●●

Sorti discrètement en 2004 et souffrant d’une réputation plus que sévère chez certains cinéphiles, The Notebook est un pourtant film magnifique, humble et tout en retenu, qui m’a personnellement beaucoup ému (à ma plus grande surprise). Un des plus beaux films sur l’amour qu’il m’ait été donné de voir et que j’assume complètement d’avoir beaucoup apprécié.

avr
21

[critique] LOCATAIRES

Par Wilyrah  //  2004, Coup de cœur, Excellent, Made in Asia  //  2 commentaires

KIM KI-DUK | COREE DU SUD | 90 MIN | 13 AVRIL 2005 | LEE SEUNG-YEON, JAE HEE, KWON HYUK-HO

Il est impossible de savoir si le monde dans lequel nous vivons est rêve ou réalité.

    Ce film peut s’apparenter à un rêve. Troublant et douillet, parfois incohérent mais finalement très métaphorique, c’est un moment où l’on échappe au vide de l’existence. Mais entre ces périodes d’escapades partagés, il y a la vie et ses éclaboussures, parfois vives et douloureuses.

 Poétique et très esthétique, le réalisateur de Printemps, Ete, Automne, Hiver et… Printemps revient avec un film tout aussi remarquable, l’un des meilleurs de cette année 2005. Sublime instant de grace pour le plan final du film qui image à lui tout seul tant de choses et nous reconduit doucement vers le retour à la réalité lorsque les lumières se rallument.

 LOCATAIRES ●●●●

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

Prochaines Critiques

The Sessions de Ben Lewin
Au bout du conte de Agnès Jaoui

Agenda : Sorties Cinéma

15 MAI
Gatsby le Magnifique de Baz Lurhmann

22 MAI 2013
Only god forgives de Nicolas Winding Refn

26 JUIN 2013
Before Midnight de Richard Linklater

Catégories

Archives