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(critique) GATSBY

Par Wilyrah  //  2013, Assez bon, Made in the US  //  2 commentaires
BAZ LUHRMANN | DRAME, ROMANCE | USA/AUS | 142 MIN | 15 MAI 2013 | LEONARDO DICAPRIO, CAREY MULLIGAN

PRINTEMPS 1922. L’ÉPOQUE EST PROPICE AU RELÂCHEMENT DES MŒURS, À L’ESSOR DU JAZZ ET À L’ENRICHISSEMENT DES CONTREBANDIERS D’ALCOOL… APPRENTI ÉCRIVAIN, NICK CARRAWAY QUITTE LA RÉGION DU MIDDLE-WEST POUR S’INSTALLER À NEW YORK. VOULANT SA PART DU RÊVE AMÉRICAIN, IL VIT DÉSORMAIS ENTOURÉ D’UN MYSTÉRIEUX MILLIONNAIRE, JAY GATSBY, QUI S’ÉTOURDIT EN FÊTES MONDAINES, ET DE SA COUSINE DAISY ET DE SON MARI VOLAGE, TOM BUCHANAN, ISSU DE SANG NOBLE. C’EST AINSI QUE NICK SE RETROUVE AU CŒUR DU MONDE FASCINANT DES MILLIARDAIRES, DE LEURS ILLUSIONS, DE LEURS AMOURS ET DE LEURS MENSONGES. Baz Luhrmann aime revisiter les grands classiques de la littétature anglophone. Après avoir proposé une relecture très contemporaine du célèbre Romeo et Juliette, celui-ci s’attaque à la célèbre oeuvre de Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique. Après une première demie-heure d’exposition qui ressemble à s’y méprendre à une transposition méthodique du premier segment de Moulin Rouge ! (ça saute aux yeux, franchement), les enjeux commencent à apparaître et la coquille du mystérieux Gatsby commence à s’effriter devant la belle Daisy, à laquelle il porte un amour démesuré et fantasmé, qu’il retrouve cinq ans plus tard. Le cinéma baroque de Luhrmann pourrait se rapprocher de l’opéra avec ses outrances, ses sentiments décuplés, sa dramaturgie exacerbée, ses costumes élaborés et sa mise en scène grandiloquente. Le cinéaste australien ne perd rien de sa démesure et de ses habitudes anachroniques puisqu’il utilise les mêmes ingrédients qui ont fait sa renommée pour ce Gatsby, qui manque malheureusement d’une certaine folie, comme si celui-ci avait pris des gants pour satisfaire tout le monde comme il l’avait fait avec Australia, que l’on peut considérer dans la même lignée. Au final, ce qui faisait la force de Moulin Rouge (son parti pris, son romantisme absolu et ses excès assumés à 200%) devient dans Gatsby assez maladroit et parfois désagréablement maniéré. C’est d’ailleurs lorsque Luhrmann utilise ses vrais atouts (le sens du burlesque et du sentimental) qu’il réussit le plus ses scènes, à l’image du segment autour des retrouvailles entre Gatsby et Daisy, débutant de façon comique chez Nick Carraway pour se terminer autour de l’escalier de Gatsby, avec une scène particulièrement belle et émouvante.

Que penser donc de cette nouvelle adaptation de Gatsby le magnifique ? L’essence du roman semble préservée et demeure l’élément le plus abouti autour du personnage principal, Gatsby, imposteur gentleman sublime et romantique. Le reste du métrage est plutôt inégal et certaines scènes misant trop sur le spectaculaire tombent à plat. Il faut dire qu’il n’est pas toujours aidé par son casting, Tobey Maguire massacrant la majorité des scènes dans lesquelles il figure. Outre cette grossière erreur de casting, le tandem DiCaprio-Mulligan fonctionne lui plutôt bien. Au final, le nouveau projet de Baz Luhrmann – qui a fait l’ouverture à Cannes mercredi – s’avère être un film fascinant et bancal, essentiellement réussi mais globalement raté, porté par un duo impeccable et quelques instants musicaux enchanteurs à l’image du morceau leitmotiv Young and Beautiful qui vient nous hanter de façon subliminale comme pour traduire l’état émotionnel du personnage tourmenté de Gatsby qui aura passer des années à poursuivre le passé et la vision fantasmée qu’il avait de lui et de la vie qu’il se souhaitait. Will you still love me, when I’ve got nothing but my aching soul ? 

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(critique) L’ECUME DES JOURS

Par Thom Left  //  2013, Made in France  //  3 commentaires
MICHEL GONDRY | COMEDIE DRAMATIQUE | FRA | 125 MIN | 24 AVR 2013 | ROMAIN DURIS, AUDREY TAUTOU

L’HISTOIRE SURRÉELLE ET POÉTIQUE D’UN JEUNE HOMME IDÉALISTE ET INVENTIF, COLIN, QUI RENCONTRE CHLOÉ, UNE JEUNE FEMME SEMBLANT ÊTRE L’INCARNATION D’UN BLUES DE DUKE ELLINGTON. LEUR MARIAGE IDYLLIQUE TOURNE À L’AMERTUME QUAND CHLOÉ TOMBE MALADE D’UN NÉNUPHAR QUI GRANDIT DANS SON POUMON. POUR PAYER SES SOINS, DANS UN PARIS FANTASMATIQUE, COLIN DOIT TRAVAILLER DANS DES CONDITIONS DE PLUS EN PLUS ABSURDES, PENDANT QU’AUTOUR D’EUX LEUR APPARTEMENT SE DÉGRADE ET QUE LEUR GROUPE D’AMIS, DONT LE TALENTUEUX NICOLAS, ET CHICK, FANATIQUE DU PHILOSOPHE JEAN-SOL PARTRE, SE DÉLITE. Me voilà embarqué dans cette salle obscure, prêt à voir en images ce roman de Boris Vian que je n’avais pas vraiment aimé – qui m’a jeté cette chaussure ? Sceptique, mais rapidement envoûté, je me laisse prendre au jeu et reste imprégné dans le film tout du long, sans jamais voir le temps passer. J’ose le dire, j’ai davantage apprécié le film que le livre – ça suffit les chaussures ! On sent la volonté de Michel Gondry de retranscrire l’atmosphère jazzy et absurde du livre, tout en y ajoutant sa propre vision et son excentricité. Comme toute adaptation, des changements ont été effectués et des scènes changées, mais tous ces bouleversements ne trahissent en rien l’histoire et offrent même un supplément de comique et d’absurde. Le choix de Gondry d’utiliser des effets mécaniques au lieu d’effets numériques se justifie parfaitement quand on voit le résultat avec cet univers fantasque, où le jazz est omniprésent. Les couleurs participent à l’ambiance, se métamorphosant au fur et à mesure que le récit avance, très coloré au départ pour finir dans le noir et blanc. Le choix le plus surprenant fut celui du casting. Moi qui ne porte pas Audrey Tautou et Gad Elmaleh dans mon cœur, je dois avouer que je les ai trouvé bons dans leur rôles. Le reste du casting (à commencer par l’excellent Romain Duris) a réussi à donner plus de profondeur aux personnages que dans le livre. Au final, cette adaptation du livre culte de Vian est une véritable réussite, même si elle risque de ne pas combler les amoureux de l’œuvre, ce qui ne sera pas le cas des fans de Gondry. - Critique proposée par Thom Left

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(critique) LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ

SAM RAIMI | FANTASTIQUE | USA | 127 MIN | 13 MARS 2013 | JAMES FRANCO, MILA KUNIS, MICHELLE WILLIAMS

LORSQUE OSCAR DIGGS, UN PETIT MAGICIEN DE CIRQUE SANS ENVERGURE À LA MORALITÉ DOUTEUSE, EST EMPORTÉ À BORD DE SA MONTGOLFIÈRE DEPUIS LE KANSAS POUSSIÉREUX JUSQU’À L’EXTRAVAGANT PAYS D’OZ, IL Y VOIT LA CHANCE DE SA VIE. TOUT SEMBLE TELLEMENT POSSIBLE DANS CET ENDROIT STUPÉFIANT COMPOSÉ DE PAYSAGES LUXURIANTS, DE PEUPLES ÉTONNANTS ET DE CRÉATURES SINGULIÈRES ! MÊME LA FORTUNE ET LA GLOIRE ! CELLES-CI SEMBLENT D’AUTANT PLUS SIMPLES À ACQUÉRIR QU’IL PEUT FACILEMENT SE FAIRE PASSER POUR LE GRAND MAGICIEN DONT TOUT LE MONDE ESPÈRE LA VENUE. SEULES TROIS SORCIÈRES, THÉODORA, EVANORA ET GLINDA SEMBLENT RÉELLEMENT DOUTER DE SES COMPÉTENCES… Sam Raimi, adulé par certains pour ces films d’horreur et sa trilogie Spiderman (qui souffrait pourtant de sacrées faiblesses), revient au cinéma avec une adaptation du célèbre magicien d’Oz, réclamée et produite par Disney. Raimi n’est pas le premier auteur de renom à collaborer avec la firme, Tim Burton ayant auparavant réalisé l’effroyable et vilain Alice aux pays des merveilles il y a quelques années. Cette nouvelle collaboration n’est malheureusement pas plus aboutie puisque ce Monde fantastique d’Oz souffre des mêmes défauts et de la même navrante pauvreté que le métrage précédemment cité : des effets visuels et spéciaux tellement laids qu’on serait prêt à se crever les yeux, des dialogues tellement stupides que l’on envisage de se percer volontairement les tympans, des personnages acidulés et sans relief, des acteurs tous plus mauvais les uns que les autres… Mila Kunis devrait en toute logique décrocher son Razzie award avec ce rôle qui pourrait la discréditer définitivement en tant qu’actrice, Rachel Weisz semble absolument ravie d’être là et Michelle Williams nous rappelle les meilleurs épisodes de Dawson, affublée d’un diadème doré made in Taïwan… Enfin, James Franco nous la joue comme aux Oscars en mode minimum syndical. Je ne pourrais pas terminer cet article sans mentionner ses effroyables costumes et maquillages ? Le(s) responsable(s) méritent la pendaison – avec leurs acolytes de Cloud Atlas- pour un travail bâclé digne des plus mauvaises séries TV des années 90, transformant Mila Kunis en Shrek hystérique et Michelle Williams en Barbie Princesse. Vous l’aurez compris, ce Monde d’Oz n’avait rien de fantastique, au contraire. Sam Raimi signe là un navet à la hauteur du Alice de Burton, venant dangereusement concurrencer Sublimes créatures au titre de plus mauvais film de l’année 2013. 

mar
28

(critique) JACK ET LE CHASSEUR DE GEANTS

BRYAN SINGER | FANTASTIQUE | USA | 110 MIN | 27 MARS 2013 | NICHOLAS HOULT, EWAN McGREGOR

LORSQU’UN JEUNE FERMIER OUVRE PAR INADVERTANCE LA PORTE ENTRE NOTRE MONDE ET CELUI D’UNE REDOUTABLE RACE DE GÉANTS, IL NE SE DOUTE PAS QU’IL A RANIMÉ UNE GUERRE ANCIENNE… DÉBARQUANT SUR TERRE POUR LA PREMIÈRE FOIS DEPUIS DES SIÈCLES, LES GÉANTS SE BATTENT POUR RECONQUÉRIR LEUR PLANÈTE ET LE JEUNE HOMME, JACK, DOIT ALORS LIVRER LE COMBAT DE SA VIE POUR LES ARRÊTER. LUTTANT À LA FOIS POUR LE ROYAUME, SON PEUPLE ET L’AMOUR D’UNE PRINCESSE COURAGEUSE, IL AFFRONTE DES GUERRIERS INVINCIBLES DONT IL S’IMAGINAIT QU’ILS N’EXISTAIENT QUE DANS LES CONTES. L’OCCASION, POUR LUI, DE DEVENIR UNE LÉGENDE À SON TOUR. A peine a-t-on quitté Nicholas Hoult la semaine dernière en zombie amoureux d’une humaine que nous le retrouvons ici en fermier amoureux d’une princesse. Porté à l’écran par Bryan Singer, cette adaptation du célèbre conte Jack et le haricot magique nous transporte avec plus ou moins de réussite dans cette histoire, sans nous éblouir. Si l’on oublie cette introduction en image de synthèse visuellement très laide, le film est plutôt réussi dans son ensemble. On se laisse emporter dans cette aventure même si l’on n’échappe pas aux clichés du genre et on apprécie le parti pris de moderniser l’ambiance médiévale : oui, Jack porte une veste à capuche, le chevalier héroïque (campé par l’inégalable Ewan McGregor) arbore une coupe de cheveux des plus fashion, etc.

Jack le chasseur de géants reste avant tout un film très familial. On ne voit jamais une goutte de sang, les scènes de « dégustation » ne sont jamais montrées et les dialogues manquent cruellement de profondeur, l’ambiance reste agréable et drôle mais l’absence de souffle épique gâche le plaisir lorsqu’arrive la bataille finale. Quant au casting, exceptés Ewan Mcgregor et Bill Nighy (génial en géant à deux têtes), il se contente du strict minimum. Inégal mais plaisant, Jack le chasseur de géants remplit son rôle premier : nous divertir. - critique proposée par Thom Left. 

mar
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(critique) SUBLIMES CREATURES

RICHARD LAGRAVENESE | FANTASTIQUE | USA | 124 MIN | 27 FEVRIER 2013 | ALDEN EHRENREICH, ALICE ENGLERT

ETHAN WATE, UN JEUNE LYCÉEN, MÈNE UNE EXISTENCE ENNUYEUSE DANS UNE PETITE VILLE DU SUD DES ETATS-UNIS. MAIS DES PHÉNOMÈNES INEXPLICABLES SE PRODUISENT, COÏNCIDANT AVEC L’ARRIVÉE D’UNE NOUVELLE ÉLÈVE : LÉNA DUCHANNES. 
MALGRÉ LA SUSPICION ET L’ANTIPATHIE DU RESTE DE LA VILLE ENVERS LÉNA, ETHAN EST INTRIGUÉ PAR CETTE MYSTÉRIEUSE JEUNE FILLE ET SE RAPPROCHE D’ELLE.
IL DÉCOUVRE QUE LENA EST UNE ENCHANTERESSE, UN ÊTRE DOUÉ DE POUVOIRS SURNATURELS ET DONT LA FAMILLE CACHE UN TERRIBLE SECRET. 
MALGRÉ L’ATTIRANCE QU’ILS ÉPROUVENT L’UN POUR L’AUTRE, ILS VONT DEVOIR FAIRE FACE À UNE GRANDE ÉPREUVE : COMME TOUS CEUX DE SA FAMILLE, LENA SAURA À SES SEIZE ANS SI ELLE EST VOUÉE AUX FORCES BÉNÉFIQUES DE LA LUMIÈRE, OU À LA PUISSANCE MALÉFIQUE DES TÉNÈBRES… Etonnamment bien accueilli par la presse et certaines plumes de la blogosphère, le successeur de Twilight était annoncé comme une réussite honorable valant davantage le détour. Je préfère vous mettre en garde contre cette suspicieuse rumeur : elle est complètement fausse ! En effet, Sublimes Créatures est un navet comme on n’en fait peu (en fait, si, on en fait trop ces temps-ci). Si Twilight vous donnait envie de vous arracher les yeux et les oreilles, l’adaptation de 16 Lunes produira un effet similaire. Dialogues d’une pauvreté consternante, personnages caricaturaux et niais à en mourir, intrigue imaginée par une ado de 13 ans… On frôle le néant cinématographique et artistique. Tout dans ce film est à jeter : acteurs, personnages, intrigue, musique, direction artistique, générique. On se croirait dans un épisode des mauvaises saisons de Charmed – si tant est qu’il y en ait eu des bonnes. Les effets spéciaux frôlent l’amateurisme et le tandem d’acteurs transpire la nullité par chaque pore de leur peau adolescente. Une mièvrerie néo-gothique digne d’un mauvais téléfilm vendu sous la tagline consternante « Vous avez aimé Twilight, vous adorerez Sublimes créatures ». On vous aura prévenus. La présence du navrant Alden Ehrenreich, déjà consternant dans l’horrifiant Twixt, aurait du nous mettre la puce à l’oreille… 

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[critiques] RATTRAPAGES : L’ODYSSÉE DE PI, JACK REACHER, LES HAUTS DE HURLEVENT

Par Wilyrah  //  2012, Bon, Made in the UK, Made in the US  //  4 commentaires
  L’ODYSSÉE DE PI ●●●

Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul, ou presque… Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable. Considéré par de nombreux blogueurs comme l’un des meilleurs films de l’année, rejoints par Barack Obama lui-même, L’odyssée de Pi est l’adaptation réputée impossible du roman de Yann Martel. l. Doté d’une 3D sublime et d’une mise en scène soignée et maîtrisée de bout en bout, le film de Ang Lee tient ses promesses et nous offre 125 minutes de divertissement, d’amusement et d’inquiétude face au sort de Pi Patel – aka Piscine. Un film idéal pour les fêtes, le genre de plaisir que l’on s’offre en famille et qui saura contenter petits et grands, juniors et seniors. 

ANG LEE | DRAME | USA | 125 MIN | 19 DÉC. 2012 | SURAJ SHARMA, IRRFAN KHAN, GERARD DEPARDIEU

 

 

 

  JACK REACHER ●●

Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. » Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret. Produit formaté pour le grand public et programmé en pleine période de Noël, Jack Reacher est un film d’action efficace et appréciable qui se laisse suivre avec plaisir malgré trente bonnes minutes en trop. L’humour est sec, l’intrigue tient suffisamment la route, les acteurs font le taf et le suspens reste presque intact sur plus de deux heures. Que reprocher à ce divertissement plutôt costaud, si ce n’est sa longueur et la présence du toujours aussi monolithique Tom Cruise dans le rôle phare ? Pas grand chose. L’objectif était de nous divertir, la mission est accomplie. 

CHRISTOPHER McQUARRIE | ACTION | USA | 131 MIN | 26 DÉC. 2012 | TOM CRUISE, ROSAMUND PIKE, RICHARD JENKINS

 

 

 

  LES HAUTS DE HURLEVENT ●●

Angleterre – XIXème siècle. Heathcliff, un enfant vagabond, est recueilli par M. Earnshaw qui vit seul avec ses deux enfants, Hindley et Cathy, dans une ferme isolée. Heathcliff est bientôt confronté aux violences de Hindley, jaloux de l’attention de son père pour cet étranger. Le jeune garçon devient le protégé de Cathy. A la mort de M. Earnshaw, Cathy est courtisée par le fils de riches voisins, laissant peu à peu Heathcliff à la merci de Hindley. A l’annonce du prochain mariage de Cathy, Heathcliff s’enfuit. L’attachement fraternel qu’il vouait à Cathy se transforme alors en un amour obsessionnel. Le roman d’Emily Brontë a été de nombreuses fois porté à l’écran, pas toujours avec réussite. La cinéaste britannique Andrea Arnold, qui nous avait offert le remarquable Fish Tank et le prenant Red Road, nous offre à son tour sa vision de l’œuvre avec une réécriture épurée, sensorielle, sombre et dépouillée. Disons-le tel quel, la première heure est une merveille. La seconde, en revanche, est plus bancale, moins captivante. Le changement d’acteurs n’aide d’ailleurs pas vraiment le spectateur à se sentir concerné.

ANDREA ARNOLD | ROMANCE | UK | 128 MIN | 5 DÉC. 2012 | SHANNON BEER, SOLOMON GLAVE, KAYA SCODELARIO

 

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12

[critique] ERNEST ET CELESTINE

Par Wilyrah  //  2012, Bon, Made in France  //  6 commentaires

B. RENNER, V. PATAR, S. AUBIER | FRANCE | 79 MIN | 12 DECEMBRE 2012 | LAMBERT WILSON, PAULINE BRUNNER

Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.

Adapté des albums de Gabrielle Vincent par le talentueux Daniel Pennac qui signe le scénario et les dialogues, Ernest et Célestine est un conte tendre et malicieux qui s’apprécie à n’importe quel âge.

Ernest et Célestine, c’est la rencontre d’un faux grand méchant ours solitaire et d’une petite souris contrariée parce qu’elle préférerait dessiner que de soigner les dents de ses congénères. L’humour du film est léger et naturel, les deux protagonistes sont attachants sans en faire des tonnes, la musique de Thomas Fersen reste discrète et délicate comme le crayon des auteurs.

A l’heure des sorties programmées pour les fêtes, Ernest et Célestine est LE conte à découvrir en famille : une histoire intergénérationnelle comportant tellement plus de charme que les produits tape à l’œil formatés par Dreamworks and Co. 

 ERNEST ET CELESTINE ●●/●●●
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22

[critique] ASTÉRIX & OBELIX, AU SERVICE DE SA MAJESTÉ

LAURENT TIRARD | FRANCE | 109 MIN | 17 OCTOBRE 2012 | EDOUARD BAER, GERARD DEPARDIEU, GUILLAUME GALIENNE

50 avant Jésus Christ. César a soif de conquêtes. A la tête de ses glorieuses légions il décide d’envahir cette île située aux limites du monde connu, ce pays mystérieux appelé Brittania, la Bretagne. La victoire est rapide et totale. Enfin… presque. Un petit village breton parvient à lui résister, mais ses forces faiblissent. Cordelia, la reine des Bretons, décide donc d’envoyer son plus fidèle officier, Jolitorax, chercher de l’aide en Gaule, auprès d’un autre petit village, connu pour son opiniâtre résistance aux Romains… Dans le village gaulois en question, Astérix et Obélix sont déjà bien occupés. Le chef leur a en effet confié son neveu Goudurix, une jeune tête à claques fraîchement débarquée de Lutèce, dont ils sont censés faire un homme. Et c’est loin d’être gagné. Quand Jolitorax arrive pour demander de l’aide, on décide de lui confier un tonneau de potion magique, et de le faire escorter par Astérix et Obélix, mais aussi Goudurix, car ce voyage semble une excellente occasion pour parfaire son éducation. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu…

Il n’y a pas grand chose à dire sur le dernier Astérix porté à l’écran par Laurent Tirard. En tout cas, pas grand chose de positif. Parlons peu, parlons bien. Astérix & Obélix au service de Sa Majesté n’est pas un film à proprement parler. C’est une bouffonnerie en forme d’insulte au cinéma et à l’oeuvre de Goscinny/Uderzo, une soi-disant comédie qui s’avère tellement maniérée, artificielle et d’une imbécillité sans nom qu’elle ressemble à une torture de 109 minutes. Dans ce long-métrage guignolesque, on retrouve une palette de blaireaux-acteurs bien de chez-nous qui sont venus s’en mettre plein les poches en n’en glandant pas une. Sans le moindre effort donc, sans le moindre talent ou la moindre inventivité, mais avec des accents british encore plus fake que la poitrine d’une actrice de X. Prenez une Miss Météo québécoise, une parodie d’acteur de la Comédie Française, un beau parleur autrefois sympathique, un gros beauf en froid avec les hôtesses de l’air, une ancienne grande actrice qui n’y croit pas une seconde et un égocentrique de première pour camper César, votre casting est bouclé. Sapristi, il manque ce gros naze de Dany Boon pour engranger quelques pépettes supplémentaires avec son absence de charisme, de sens comique et sa tête de chou qui amadoue la ménagère. On lui donne quoi au triso ? Allez, refilons-lui une intrigue à la con, complètement inutile et un rôle à contre-courant de Viking. Ouais, c’est pas mal un Viking pour lui qui joue bien les gens du nord. Banco. Tching-tching.  

Comment définir cette production qui semble financée par France 3 (sûrement les mêmes techniciens que sur le plateau de Louis la brocante) ? Que dire ? Que c’est une daube redoutable encore plus truffée de clichés racistes et homophobes que les films de Dany Boon ? A l’époque de grands penseurs comme Nadine Morano, c’est presque devenu acceptable d’insulter son prochain sans vergogne ou d’étaler son ignorance et sa xénophobie. Argument non recevable donc. Pour qualifier cet Astérix IV, citons donc plutôt une réplique d’Edouard Baer dans cette quatrième adaptation : « Je pense qu’elle est ridicule. Ridicule et grotesque ». CQFD. 

  ASTÉRIX & OBELIX 4 ○
juin
28

[critique] THE DEEP BLUE SEA

TERENCE DAVIES | UK/USA | 115 MIN | 17 MAI 2012 | RACHEL WEISZ, TOM HIDDLESTON

Hester Collyer, épouse de Sir William Collyer, haut magistrat britannique, mène une vie privilégiée dans le Londres des années 1950. A la grande surprise de son entourage, elle quitte son mari pour Freddie Page, ancien pilote de la Royal Air Force, dont elle s’est éperdument éprise. Sir William refusant de divorcer, Hester doit choisir entre le confort de son mariage et la passion.

Seconde adaptation de la pièce de théâtre éponyme de l’auteur britannique Sir Terrence Rattigan après celle de Anatole Litvak, The Deep Blue Sea nous raconte le destin de Hester, jeune femme passionnée qui se sent à l’étroit dans un mariage matériellement confortable mais terriblement platonique. Au début des années 50, la belle et jeune épouse va s’amouracher d’un séducteur en tous points opposé à son époux. La passion qu’elle ressent à son égard va progressivement la consumer jusqu’à la pousser à commettre l’irréparable – en tout cas à s’y atteler, en vain. Le pitch est assez classique et son exécution également. Soignée mais un brin précautionneuse, le souffle romanesque parvient toutefois à émerger par moments – en grande partie grâce à la sublime interprétation de Rachel Weisz, actrice sous-estimée capable de sublimer de très nombreux rôles (Agora, My blueberry nights, The Constant Gardener, The Fountain), actrice que nous avons hâte de la retrouver dans le dernier film de Fernando Meirelles, 360, avec qui elle collabore pour la seconde fois – critique à venir très prochainement.

Fragile, à fleur de peau, elle donne vit à son personnage malgré une mise en scène un peu trop figée. On sent l’influence que Terence Davies est allé puiser son inspiration chez Hitchcock, son film rappelant parfois le classique Les enchaînés. Hester cherche à définir sa propre vie en dépit des conventions et l’éducation dans lesquelles son père puis son mari l’ont enfermée. Ses deux partenaires ne s’en sortent pas aussi bien et plus spécialement le populaire Tom Hiddleston dont le jeu est parfois trop théâtral pour convaincre complètement.

Un peu sage et écrasé par les partitions de violon, le triangle amoureux mis en scène avec élégance et classicisme par Terence Davies est sublimé par la prestation de son actrice principale, la superbe Rachel Weisz. 

 THE DEEP BLUE SEA ●●
juin
13

[critique] COSMOPOLIS

Par Wilyrah  //  2012, Made in Canada, Made in the US, Moyen  //  6 commentaires

DAVID CRONENBERG | USA | 108 MIN | 25 MAI 2012 | ROBERT PATTINSON, JULIETTE BINOCHE, PAUL GIAMATTI

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

David Cronenberg n’a jamais été ma tasse de thé. Responsable d’un des navets les plus répugnants de l’histoire du cinéma (Existenz), le cinéaste canadien a pourtant une patte indéniable à laquelle je n’arrive pas à accrocher. Beaucoup s’étaient enthousiasmé devant A History of Violence, polar hyper-caricatural, artificiel et mécanique au possible. C’était finalement lorsqu’il réalisait un film de mafia plus classique qu’il avait remporté mon adhésion avec le très bon Les promesses de l’ombre – dont il veut apparemment faire une suite, aux dernières nouvelles. Son dernier métrage (A dangerous method) était passablement ennuyeux, bavard et plat – malgré un sujet qui avait de quoi passionner. C’est donc sans une grande conviction mais une curiosité attisée par une bande-annonce réussie que je me rends en salles pour découvrir sa dernière création, l’adaptation cinématographique du roman de Don Delillo.

Rapidement on constate que ce film est absolument dépourvu d’intrigue avec pour unique fil rouge la volonté de Robbie (Pattinson) d’aller se faire couper les tifs dans le salon de son choix à l’autre bout de la ville. Sur son trajet – qui prendra la journée entière pour traverser Manhattan – il en profitera pour renouer avec sa candide et richissime épouse, se taper une milf bien soumise, faire son ckeck-up médical quotidien avec l’analyse prostatique qui va bien, apprendre à se servir d’un flingue, buter son garde du corps avec, niquer sa remplaçante, faire tuner sa limousine par une bande d’émeutiers serviables, méditer quelques instants sur la disparition brutale de son rappeur favori, se la jouer Bernard Henri-Levy en philosophant avec sa conseillère puis en se prenant une tarte à la crème en pleine face et enfin confronter son futur/potentiel assassin. 

Décrit comme ça, on a l’impression que Cosmopolis est un film palpitant, rythmé, fascinant, prémonitoire. Ce n’est malheureusement pas vraiment le cas. C’est un long-métrage très (trop) verbeux, maniéré, glauque, malsain et faussement oppressant. On sent la volonté de Cronenberg de restituer l’ambiance mystérieuse du livre avec le sens de l’analogie de Delillo ainsi que le sentiment d’urgence et de chaos mais jamais il ne permet pas au spectateur de pénétrer cet univers à cause d’un scénario et d’une mise en scène terriblement paresseux entraînant des séquences totalement factices, juxtaposées les unes aux autres sans véritable lien entre elles. On est face à une œuvre complètement hermétique et excessivement bavarde qui ressemble pour beaucoup à de la masturbation intellectuelle.

Robert Pattinson ne s’en sort pourtant pas trop mal dans son interprétation du richissime Eric Packer. Nihiliste, tombeur, auto-destructeur et pourtant hypocondriaque, le milliardaire magnat de la finance apprend progressivement qu’il court à sa perte, tant financière que physique et existentielle. On comprend l’intention de l’auteur et du cinéaste de représenter ce golden-boy intouchable cherchant à échapper à la vacuité de son existence par la réflexion et les plaisirs de la chair. Malheureusement, l’adaptation est paresseuse et l’on ne se comprend d’aucune compassion et d’aucun intérêt quant au sort de celui-ci. 

Les seconds rôles, eux, sont tous assez mauvais. Juliette Binoche est plutôt insupportable en amante soumise et geignarde tandis que Mathieu Amalric réussit une nouvelle fois à nous taper sur les nerfs en quelques minutes. Sarah Gadon ne convainc pas non plus dans son interprétation faussement placide de la belle épouse richissime. Enfin, Paul Giamatti – que l’on repère à des kilomètres lorsque la limo passe devant les distributeurs automatiques – est un loser misérablement surjoué qu’on aimerait voir cesser de vivre dès l’instant où il apparaît à l’écran mais qui va nous gonfler pendant un interminable dernier quart d’heure qui ne fera jamais monter la tension souhaitée.

Dans ce Cosmopolis, il n’y a pas grand chose à sauver si ce n’est l’interprétation convenable d’un Robert Pattinson qui donne de sa personne pour casser son image de sex-symbol (entre la crème dans la figure, la coiffure saccagée, la scène de pisse et le fist qu’il se prend par son toubib, il n’y va pas de main morte l’ex-vampire scintillant) et quelques tirades philosophiques pas inintéressantes mais noyées dans un océan des dialogues abscons. Décevant. 

 COSMOPOLIS ●
mai
23

[critique] LE PRÉNOM

Par Wilyrah  //  2012, A éviter !, Made in France, Mauvais  //  6 commentaires

A. DE LA PATELLIERE & M. DELAPORTE | FRA | 109 MIN | 25 AVRIL 2012 | PATRICK BRUEL, CHARLES BERLING

Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale… Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

Le film commence par une introduction hyper bavarde destinée à présenter les personnages de façon soi-disant comique. Cette séquence est enlevée, énergique et l’on sent que ses auteurs en sont fiers. Le problème c’est qu’elle est pénible. Ainsi, on est soulagé quand ça s’arrête et que Vincent (Patrick Bruel) pénètre dans l’appartement et que « le film » peut enfin débuter. Fier comme un taureau, le père Bruel annonce à ses proches qu’il va nommer son fils Adolphe (ce qu’on voit venir à des kilomètres lorsqu’il dit que le prénom commence par un A). Inévitablement, ses amis (le musicien modéré, le gaucho intello, la soeur aimante) lui tombent dessus en tentant de lui faire entendre raison : « mais tu ne vas pas appeler ton fils comme ça ! ». Voilà le propos de départ qui va être responsable d’une avalanche de pseudo-débats bien pensants entre le mec de droite et le mec de gauche – avec l’armée de clichés qui va avec. Ce combat de coq devrait entrer au Panthéon des séquences caricaturales et grotesques, les deux pitres (désolé, je n’appelle pas ça des acteurs) se reprochant tour à tour de lire Telerama, d’avoir une Rolex, de trop bien parler français, de rouler en Audi, d’être radin, d’être égoïste et j’en passe. 

Que ce soit dit immédiatement : j’ai détesté ce film. J’ai détesté ce film car pour la première fois de ma vie j’ai failli vraiment la salle. J’ai détesté ce film parce que cela ressemble à une prise d’otage où l’on serait obligé de supporter heure et demie d’engueulades sans fin, de clichés à la pelle et surtout cinq personnes absolument odieuses et terriblement mal interprétées. Le pire dans l’affaire est que ce n’est que très rarement drôle. Tout est trop écrit, lourd, visible, et les effets comiques tombent à plat, à cause d’acteurs qui cabotinent outrageusement (ils n’ont pas du saisi la différence entre théâtre et cinéma) et à deux metteurs en scène qui n’ont pas réussi à faire la transition. Si Le Prénom a été vendu partout comme le digne successeur du Dîner de Cons, ce pauvre Jacques Villeret doit se retourner dans sa tombe. Jamais il n’approche l’élégance et la finesse d’une telle oeuvre. Essayant de nous rejouer Un air de famille où les règlements de compte vont se succéder, cette comédie de boulevard qui se veut chic et satyrique n’est au final qu’un désastreux Carnage qui devrait vous conduire à ingurgiter quelques litres de bière ou consulter votre cardiologue pour vous remettre de ce spectacle hystérique. Pour conclure, je citerais l’un des personnages (Elisabeth) qui à un moment du film exprime le fond de ma pensée : « arrêtez pitié, c’est insupportable« . 

 LE PRÉNOM ○
avr
7

[critique] HUNGER GAMES

Par Wilyrah  //  2012, Bon, Coup de cœur, Made in the US  //  18 commentaires

GARY ROSS | USA | 194 MIN | 21 MARS 2012 | JENNIFER LAWRENCE, WOODY HARRELSON, STANLEY TUCCI

Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l’Amérique du Nord, le Capitole, l’impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille – les « Tributs » – concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s’être rebellée et stratégie d’intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s’affronter jusqu’à la mort. L’unique survivant est déclaré vainqueur.

Après avoir dévoré la trilogie littéraire de Suzanne Collins, qui ressemble bien plus à la digne héritière de JKR que l’infâme Stephenie Meyer, c’est avec impatience mais aussi une légère appréhension que je me suis rendu au cinéma pour découvrir l’adaptation sur grand écran du premier et palpitant tome de Hunger Games.

Sans grande surprise, Jennifer Lawrence confirme très rapidement une évidence : elle est parfaite dans le rôle de Katniss Everdeen. Sa qualité et sa variété d’interprétation permettent de bien transposer à l’écran les états d’âme de l’héroïne d’un livre écrit à la première personne. A ses côtés, les seconds rôles font plutôt bien leur travail avec des acteurs expérimentés comme Woody Harrelson, Stanley Tucci et Donald Sutherland. Les jeunes personnages/combattants en revanche n’ont pas été suffisamment étoffés et paraissent un peu trop archétypaux à l’écran, ce qui rend leur exécution moins dérangeante ou émouvante. Dans une partie « arène » trop expédiée, seule la relation entre Kat et Rue fait naître de la compassion pour cette épreuve traversée par Katniss qu’on ne ressent autrement pas, offrant d’ailleurs la plus belle séquence du film lors de l’hommage qu’elle lui rend. On regrettera enfin la retranscription à l’écran de sa relation avec Peeta, pas assez représentative de son ambiguïté et des raisons de leur rapprochement. Le prochain volet devrait certainement corriger cette négligence. 

Côté mise en scène, on regrettera les contraintes avec lesquelles a dû composer le réalisateur Gary Ross, ce qui l’empêche de véritablement montrer les combats ou les mises à mort. C’est la règle du jeu lorsqu’on ne veut pas perdre des spectateurs trop jeunes. Malgré tout, on peut se féliciter du travail accompli par Gary Ross, pas épargné par les critiques, qui apporte une patte intéressante au film en restant fidèle au matériau, bien aidé par l’auteure elle-même sur le script. Enfin, on félicitera les responsables des costumes et des décors pour leur respect et leur compréhension de l’univers imaginé par Suzanne Collins. 

Porté par une Jennifer Lawrence impeccable, ce premier volet de la saga Hunger Games, quelque part entre le mythe de Thésée et le film Battle Royale, est une réussite appréciable et relativement fidèle à l’esprit du livre même si l’on regrettera que la richesse du bouquin ait été un peu affaiblie (scénaristiquement, psychologiquement) ou édulcorée pour rentrer dans le cadre du PG13 américain.

 HUNGER GAMES ●●/●●●

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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