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[critique] VOIE RAPIDE

Par Wilyrah  //  2012, Assez bon, Made in France  //  3 commentaires

CHRISTOPHE SAHR | FRANCE | 90 MIN | 8 AOÛT 2012 | JOHAN LIBEREAU, CHRISTA THERET; ISABELLE CANDELIER

Le tuning, la vitesse, la route : c’est toute la vie d’Alex, 25 ans, rivé au volant de sa voiture customisée. Une passion exclusive, avec ses rites et ses codes, sans vraie place pour sa copine Rachel et leur enfant. Mais une nuit, sur la voie rapide, c’est l’accident…

Sous ses allures de Confessions Intimes pour bobos, Voie Rapide est un premier film français qui mérite le coup d’oeil. Alex fait partie de ses jeunes (cons) passionnés de tuning qui consacrent la majorité de leur temps et de leur argent à bichonner leur véhicule plutôt qu’à essayer de s’investir personnellement dans leur vie familiale et professionnelle. Un jour, après avoir passé la soirée à s’amuser avec ses potes – pendant que sa blonde s’occupe comme une bonne poire de leur gamine – notre crâne rasé fauche un jeune homme sur la voie rapide en rentrant chez lui. Si on fait l’impasse sur la raison qui a pu pousser ce crétin de piéton à se promener en pleine nuit sur la route (alcool, suicide, stupidité ? Les trois?) et si l’on accepte le fait que la police est plus compétente pour filer des PV dans le 92 que pour faire son travail d’investigation, alors le déroulement qui suit est intéressant. Malgré un sujet souvent traité au cinéma (la culpabilité), Christophe Sahr apporte un réalisme et une sensibilité qui font de Voie Rapide un joli petit film. Alex est, comme tout bovin macho rejeté par ses parents, un rigide du sentiment. Alors quand celui-ci applique involontairement GTA dans la vraie vie, ses trois neurones et son coeur de manchot affectif ont du mal à gérer l’évènement. Il lui faudra gérer sa culpabilité et s’apprendre à s’ouvrir aux autres, ce qu’il n’arrivera pas forcément à faire avec sa petite-amie ou son meilleur ami plutôt loyal et compréhensif. Fait amusant et petite parenthèse : pour un passionné de bagnoles, le boloss a quand même beaucoup de difficultés à conduire son véhicule tant dans la réalité que dans les jeux vidéos – combien de fois esquinte t’il sa Honda-Maya-l’abeille ou ses bolides virtuels ? 

Plus sérieusement, alors que la blogosphère n’a pas été tendre avec le long-métrage de C. Sahr, l’histoire se laisse suivre sans que l’on ne décroche et malgré quelques passages obligés. On regrettera le manque de charisme de Johan Libéreau qui peine à rendre son personnage plus intéressant, la faute à son regard bovin assez handicapant. Cela n’empêche pas l’émergence de jolies scènes comme le face à face autour de la pizza ou la scène finale du balcon. De son côté, Christa Theret, découverte dans l’acceptable comédie L.O.L, est beaucoup plus convaincante malgré une présence à l’écran plus faible, tout comme Isabelle Candelier (vue récemment dans Adieu Berthe). S’il n’est pas dénué d’imperfections et de choix contestables, tout comme cette affiche et cette logographie douteuses pouvant induire les spectateurs en erreur (certains seront peut-être venu voir un spin-off made in France de Fast & Furious), Voie Rapide vaut le détour même si votre GPS n’indique pas forcément l’entrée de la salle. 

 VOIE RAPIDE ●/●●

3 commentaires sur “[critique] VOIE RAPIDE”

  • Pas besoin de GPS, il paraît que même Mappy dit qu’il vaut mieux faire demi-tour…

    Libéreau, dont je m’étonne à chaque fois qu’il trouve des réalisateurs pour l’engager, est une fois de plus très crispant et sans charisme. Et le scénario dédouane assez facilement le personnage. Hormis la discussion autour de la pizza, plutôt bien écrite, je ne sauverais pas grand chose. L’interprétation est très inégale et les clichés « Eros et Thanatos » respectés à la lettre (le montage qui rapproche accident et acte sexuel ; deuil/chagrin et « sensualité »). Bref, pour moi, l’ennui fut copieux et l’exaspération constante.

    • Oui moi ça m’a plutôt agacé ce rapprochement là ;)

  • Très mauvais, jamais crédible, très long, mal joué… ce fut très pénible pour moi.

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