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(critique) MAMA

ANDRES MUSCHIETTI | FANTASTIQUE | ESP-CAN | 100 MIN | 15 MAI 2013 | JESSICA CHASTAIN, NICOLAJ COSTER-WALDAU

IL Y A CINQ ANS, DEUX SŒURS, VICTORIA ET LILY, ONT MYSTÉRIEUSEMENT DISPARU, LE JOUR OÙ LEURS PARENTS ONT ÉTÉ TUÉS. DEPUIS, LEUR ONCLE LUCAS ET SA PETITE AMIE ANNABEL LES RECHERCHENT DÉSESPÉRÉMENT. TANDIS QUE LES PETITES FILLES SONT RETROUVÉES DANS UNE CABANE DÉLABRÉE ET PARTENT HABITER CHEZ LUCAS, ANNABEL TENTE DE LEUR RÉAPPRENDRE À MENER UNE VIE NORMALE. MAIS ELLE EST DE PLUS EN PLUS CONVAINCUE QUE LES DEUX SŒURS SONT SUIVIES PAR UNE PRÉSENCE MALÉFIQUE… En deux ou trois ans, Jessica Chastain aura su s’imposer à Hollywood et démontré qu’elle savait s’entourer et bien choisir ses rôles. Toujours impeccable, en premier (Zero Dark Thirty) comme en second rôle (La couleur des sentiments, The Tree of Life, Des hommes sans loi, Take Shelter…), lorsque l’on retrouve l’actrice américaine à l’affiche d’un thriller fantastique espagnol produit par Guillermo Del Toro aux côtés du régicide de Game of Thrones, on ne peut que s’attendre à un projet intéressant dans la lignée de L’orphelinat ou du Labyrinthe de Pan. Malheureusement, dès les premières minutes, on voit la catastrophe arriver (autant le naufrage cinématographique que l’accident de voiture du papa dépassé). Affublée d’un look émo-cheap et d’une coiffure ringarde, soi-disant inspirée de la dégaine d’Alice Glass (chanteuse du groupe Crystal Castles), Chastain s’efforce tant bien que mal de faire tenir le film sur ses frêles épaules. Malheureusement, il est difficile de croire en cette histoire de gamines possédées par un esprit malin plutôt possessif (qui s’avèrera être celui d’une mère à qui on avait enlevé son enfant) après avoir été livrées à elle-même pendant plusieurs années, seules au fond d’un cabanon perdu en pleine forêt canadienne. Et pourquoi pas allaitées par un caribou tant qu’on y est ?Malheureusement, le massacre ne s’arrête pas là.Mise en scène, effets spéciaux, musique, photographie, tout est dans Mama est d’une laideur si consternante que même un mauvais téléfilm vraiment daté pourrait facilement l’égaler voire le surpasser. À croire que la sélection de Gerardmer devait réunir seulement quelques étudiants d’arts du spectacle pour que le navet de Muschietti soit récompensé car disons-le clairement, Mama est comme la voiture du père meurtrier : il ne tient pas la route. 

avr
12

(critique) OBLIVION

JOSEPH KOSINSKI | FANTASTIQUE | USA | 126 MIN | 10 AVRIL 2013 | TOM CRUISE, ANDREA RISEBOROUGH

2077 : JACK HARPER, EN STATION SUR LA PLANÈTE TERRE DONT TOUTE LA POPULATION A ÉTÉ ÉVACUÉE, EST EN CHARGE DE LA SÉCURITÉ ET DE LA RÉPARATION DES DRONES. SUITE À DES DÉCENNIES DE GUERRE CONTRE UNE FORCE EXTRA-TERRESTRE TERRIFIANTE QUI A RAVAGÉ LA TERRE, JACK FAIT PARTIE D’UNE GIGANTESQUE OPÉRATION D’EXTRACTION DES DERNIÈRES RESSOURCES NÉCESSAIRES À LA SURVIE DES SIENS. SA MISSION TOUCHE À SA FIN. DANS À PEINE DEUX SEMAINES, IL REJOINDRA LE RESTE DES SURVIVANTS DANS UNE COLONIE SPATIALE À DES MILLIERS DE KILOMÈTRES DE CETTE PLANÈTE DÉVASTÉE QU’IL CONSIDÈRE NÉANMOINS COMME SON CHEZ-LUI. Après Tron : L’héritage, Joseph Kosinski revient sur grand écran avec un film de SF qui privilégie l’ambiance au scénario. En effet, si vous cherchez dans cette série B prétentieuse un semblant de crédibilité, vous aurez du mal à faire passer la pilule. Il semblerait que le réalisateur ait décidé de s’appuyer sur son seul atout : savoir marier de belles images galactiques avec une B.O planante et ample. Nombreux étaient ceux qui avaient trouvé son précédent métrage beau mais superficiel et vide. Il est fort probable que ces mêmes cinéphiles ressortent d’Oblivion avec une impression similaire tellement celui-ci pêche par excès de bon sentiment, par une maladresse évidente dans les moments clés rendant les scènes de « twist » assez grotesques. Il faut dire que les interprètes n’aident pas à rendre la chose crédible : Tom Cruise est toujours aussi mauvais et Olga Kurylenko ne rattrape pas sa piètre prestation dans le crispant To the wonder de Malick. Seule Andrea Riseborough et Morgan Freeman sauvent les meubles (et encore!). Un manque total d’originalité et de tension dramatique, des acteurs médiocres, des rebondissements grotesques… la liste des défauts d’Oblivion pourrait être longue et ce n’est ni une campagne de marketing réussie ni une bande-son ambitieuse et appréciable qui sauveront ce navet de l’indifférence qu’il mérite.

avr
4

(critique) PERFECT MOTHERS

Par Wilyrah  //  2013, A éviter !, Made in France, Mauvais  //  8 commentaires
ANNE FONTAINE | ROMANCE, DRAMA | FRA-AUS | 111 MIN | 3 AVRIL 2013 | ROBIN WRIGHT, NAOMI WATTS

INSÉPARABLES DEPUIS LE PREMIER ÂGE, LIL ET ROZ VIVENT EN PARFAITE OSMOSE AVEC LEURS DEUX ENFANTS, DEUX JEUNES GARÇONS À LA GRÂCE SINGULIÈRE ET QUI SEMBLENT DES PROLONGEMENTS D’ELLES-MÊMES. LES MARIS SONT ABSENTS. INEXPLICABLEMENT, ET POURTANT COMME À L’ÉVIDENCE, CHAQUE FEMME SE RAPPROCHE DU FILS DE L’AUTRE, NOUANT AVEC LUI UNE RELATION PASSIONNELLE.
A L’ABRI DES REGARDS, DANS UN EDEN BALNÉAIRE PRESQUE SURNATUREL, LE QUATUOR VA VIVRE UNE HISTOIRE HORS NORME JUSQU’À CE QUE L’ÂGE VIENNE METTRE UN TERME AU DÉSORDRE. EN APPARENCE, DU MOINS… Adapté d’un roman de Doris Lessing, lui-même inspiré de faits réels, Perfect Mothers est un long-métrage racontant les liaisons croisées de deux amies avec le fils de chacune. Si le thème pouvait inspirer la gêne et faire naître le malaise, le film échoue piteusement en évitant soigneusement toute prise de risque. En effet, Anne Fontaine reste à la surface, évitant tous les obstacles sans audace. Peu courageuse, la réalisatrice française se repose sur le jeu de ses actrices de renom. Chaque moment-clé est à peine traité : quelques larmes, quelques regards dans le vide… et c’est tout. Comment faire naître la compassion et la réflexion chez le spectateur avec un traitement aussi lisse et (surtout) aussi stupide ? Certaines scènes paraissent sorties d’un mauvais soap-opera, avec une musique d’ascenseur érotisante plutôt ringarde en guise de bande sonore. On reprochera donc à la réalisatrice anglophile un manque de courage artistique assez criant, se réfugiant le plus souvent derrière des élipses là où il y avait matière à aller enfin creuser la psychologie et les tourments de ses personnages. Pour ne rien arranger, celle-ci a choisi deux jeunes éphèbes tous droits sortis du calendrier des Dieux du stade.

Au final, lorsque l’on regarde Perfect Mothers (d’ailleurs, pourquoi ne pas avoir conservé le titre original Two Mothers ?), on a l’impression de suivre un roman-photo désolant, digne d’une lecture de plage. Cela tombe bien, c’est justement sur la plage que les protagonistes passent la majeure partie de leur temps, dans les bons comme dans les mauvais moments. Car c’est bien connu, tout se règle avec une séance de bronzage, un peu de surf et un verre de vin blanc. Anne Fontaine positionne très souvent sa caméra au dessus des vagues, jusqu’à nous donner le mal de mer(e). Sans enjeux, son film reste lui aussi à la surface. Seule Robin Wright semble garder la tête hors de l’eau, peinant à conserver une certaine crédibilité dans ce bouillon fadasse qui tourne progressivement au ridicule – les rires des spectateurs dans la salle n’attestant pas d’un malaise mais bien d’un sentiment que ce qui leur est projeté ne tient absolument pas la route, la faute à des dialogues navrants et à une mise en scène sans âme. Perfect Mothers rencontrera t’il son public ? La question peut se poser. Toutefois, ce pays regorge d’housewives mal-aimées, de spectateurs cherchant à intellectualiser ce qui ne doit pas l’être pour se donner un genre et de personnes limitées cognitivement. Anne Fontaine pourra les remercier si grâce à eux celle-ci peut continuer à nous servir la même soupe en toute impunité.

mar
16

(critique) LE DERNIER EXORCISME – PART 2

ED GASS-DONNELY | HORREUR | USA | 87 MIN | 13 MARS 2013 | ASHLEY BELL, JULIA GARNER

ON AVAIT LAISSE LA JEUNE NELL SWEETZER  APRES SA DERNIERE SEANCE D’EXORCISME. SI ELLE TENTE DE SE RECONSTRUIRE DANS UNE SORTE DE MAISON DE REPOS POUR JEUNES EN DIFFICULTE, ELLE SERA VITE RETROUVEE PAR UN DEMON BIEN DECIDE A NE PAS LA LÂCHER… On nous avait menti : Le Dernier exorcisme n’était pas le dernier. Et, au regard de la conclusion de cette « Part II », impossible de ne pas imaginer qu’il y aura encore au moins une suite aux aventures de Nell. Pourtant, rares sont ceux qui l’attendront frénétiquement, tant ce sequel peine à se hisser au – bon – niveau du premier. Ed Gass-Donnely abandonne le found footage (ce qui n’est pas un mal en soit), en revanche, il a aussi laissé au placard tout souci d’originalité. Le Dernier exorcisme se démarquait des autres films récents consacrés à des histoires de possessions (Le Dernier rite, Le Rite, Devil Inside, Possédée…) parce qu’il mettait en scène un révérend-crapule, aussi compétent en exorcisme qu’une poule en ski de fond, recourant à divers trucages ingénieux pour simuler des manifestations démoniaques. Tourné sous la forme d’un documentaire, il parvenait, malgré ses incohérences, à surprendre et même, c’était le but, à faire flipper, sans oublier une petite dose d’humour et d’émotion avec une Nell attendrissante. On retrouve cette héroïne dans ce deuxième opus – Ashley Bell continue à se donner du mal pour composer un personnage crédible – mais tout ce qui incitait le spectateur à éprouver de l’empathie à son égard a disparu. On peine à se soucier réellement de son sort tant Le dernier exorcisme : Part II pêche par son manque de rythme et d’enjeux. Ed Gass-Donnely abuse de jump-scares faciles et, hormis de belles scènes dans l’ambiance du Mardi Gras de La Nouvelle-Orléans, il peine à injecter suffisamment de tension pour scotcher le public aux sièges. On se dit qu’il nous parle, de manière métaphorique, de l’éveil d’une jeune femme à sa sexualité – entre curiosité, fascination, répulsion et culpabilisation – mais cette piste de lecture se casse vite la figure. Peut être ne faut-il pas prêter de telles velléités à un film qui n’arrive même pas à remplir le cahier des charges sur le plan de l’effroi. Pour moi, ce Dernier exorcisme : Part II risque bien d’être le dernier. - critique proposée par FabR. 

mar
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(critique) À LA MERVEILLE

TERRENCE MALICK | ROMANCE | USA | 112 MIN | 6 MARS 2013 | BEN AFFLECK, OLGA KURYLENKO

MÊME S’ILS SE SONT CONNUS SUR LE TARD, LA PASSION QU’ONT VÉCUE NEIL ET MARINA À LA MERVEILLE – LE MONT-SAINT-MICHEL – EFFACE LES ANNÉES PERDUES. NEIL EST CERTAIN D’AVOIR TROUVÉ LA FEMME DE SA VIE. BELLE, PLEINE D’HUMOUR, ORIGINAIRE D’UKRAINE, MARINA EST DIVORCÉE ET MÈRE D’UNE FILLETTE DE 10 ANS, TATIANA. 
DÉSORMAIS, LE COUPLE EST INSTALLÉ DANS L’OKLAHOMA. LEUR RELATION S’EST FRAGILISÉE : MARINA SE SENT PIÉGÉE. DANS CETTE PETITE COMMUNAUTÉ AMÉRICAINE, ELLE CHERCHE CONSEIL AUPRÈS D’UN AUTRE EXPATRIÉ, UN PRÊTRE CATHOLIQUE NOMMÉ QUINTANA. L’HOMME A SES PROPRES PROBLÈMES : IL DOUTE DE SA VOCATION…
MARINA DÉCIDE DE RETOURNER EN FRANCE AVEC SA FILLE. NEIL SE CONSOLE AVEC JANE, UNE ANCIENNE AMIE À LAQUELLE IL S’ATTACHE DE PLUS EN PLUS. LORSQU’IL APPREND QUE RIEN NE VA PLUS POUR MARINA, IL SE RETROUVE ÉCARTELÉ ENTRE LES DEUX FEMMES DE SA VIE. LE PÈRE QUINTANA CONTINUE À LUTTER POUR RETROUVER LA FOI. FACE À DEUX FORMES D’AMOUR BIEN DIFFÉRENTES, LES DEUX HOMMES SONT CONFRONTÉS AUX MÊMES QUESTIONS. The Tree of Life avait offert à Malick sa Palme d’Or mais avait vraiment divisé avec un film qui m’avait personnellement rendu quasi-schizophrène. Le réalisateur américain parvenait tantôt à nous émerveiller comme personne, tantôt à nous ennuyer et nous agacer comme jamais. Plutôt que de refaire le film, je vous renvoie à la critique de l’époque. Son dernier long-métrage, sorti ce mercredi en salles, souffre t’il des mêmes défauts en ayant ces qualités incroyables ? Non. Absolument pas. Il n’a finalement que les défauts insupportables de The Tree of Life, comme si Malick ne se foulait désormais plus en appliquant la même recette. Terrence n’a plus besoin de prouver qu’il est un merveilleux cinéaste. Désormais, celui-ci – complètement perdu dans son trip religieux – ne s’embarrasse même plus d’un scénario. Il n’a plus rien à dire. Il veut seulement montrer. Ah, certes, il filme bien et magnifie aussi bien la Capitale que le Mont Saint-Michel ou le Château de Versailles. Toutefois, on ressent dans son cinéma un foutage de gueule de plus en plus prégnant. Malick use et abuse des mêmes symboles : petit enfant qui court dans le jardin, adulte à la fenêtre le regard dans le vide, personnages mutiques tourmentés, longues tirades murmurées sur la Vie. Malick ne se mouille plus. Il filme (toujours aussi bien) ses personnages dans des champs de blé, les vitraux des églises, les rayons de soleil transperçant les arbres, les cheveux des belles femmes agités par le vent, les paysages naturels éblouissants… Oui mais est-ce suffisant ? Malick veut-il toujours faire du cinéma ou ne se contente t’il pas de nous offrir de belles images accompagnées de son charabia biblique sans queue ni tête. Parce que justement, parlons-en (de queue). Son film se mord la queue. À l’image du personnage d’Olga Kurylenko qui passe 110 minutes à tourbillonner, À la merveille tourne en rond. À l’image du personnage de Ben Affleck, À la merveille n’a rien à dire. Son film nous laisse une exaspérante impression de déjà-vu et de recyclage. Le cinéaste semble s’être perdu dans ses propres abîmes en n’offrant qu’un kaléidoscope dénué d’inspiration, d’intérêt et de grâce. Et finalement, que dire de To the wonder : film d’auteur ou film d’artiste ? La réponse se trouve entre les deux : À la merveille, film d’autiste. 

mar
3

(critique) SUBLIMES CREATURES

RICHARD LAGRAVENESE | FANTASTIQUE | USA | 124 MIN | 27 FEVRIER 2013 | ALDEN EHRENREICH, ALICE ENGLERT

ETHAN WATE, UN JEUNE LYCÉEN, MÈNE UNE EXISTENCE ENNUYEUSE DANS UNE PETITE VILLE DU SUD DES ETATS-UNIS. MAIS DES PHÉNOMÈNES INEXPLICABLES SE PRODUISENT, COÏNCIDANT AVEC L’ARRIVÉE D’UNE NOUVELLE ÉLÈVE : LÉNA DUCHANNES. 
MALGRÉ LA SUSPICION ET L’ANTIPATHIE DU RESTE DE LA VILLE ENVERS LÉNA, ETHAN EST INTRIGUÉ PAR CETTE MYSTÉRIEUSE JEUNE FILLE ET SE RAPPROCHE D’ELLE.
IL DÉCOUVRE QUE LENA EST UNE ENCHANTERESSE, UN ÊTRE DOUÉ DE POUVOIRS SURNATURELS ET DONT LA FAMILLE CACHE UN TERRIBLE SECRET. 
MALGRÉ L’ATTIRANCE QU’ILS ÉPROUVENT L’UN POUR L’AUTRE, ILS VONT DEVOIR FAIRE FACE À UNE GRANDE ÉPREUVE : COMME TOUS CEUX DE SA FAMILLE, LENA SAURA À SES SEIZE ANS SI ELLE EST VOUÉE AUX FORCES BÉNÉFIQUES DE LA LUMIÈRE, OU À LA PUISSANCE MALÉFIQUE DES TÉNÈBRES… Etonnamment bien accueilli par la presse et certaines plumes de la blogosphère, le successeur de Twilight était annoncé comme une réussite honorable valant davantage le détour. Je préfère vous mettre en garde contre cette suspicieuse rumeur : elle est complètement fausse ! En effet, Sublimes Créatures est un navet comme on n’en fait peu (en fait, si, on en fait trop ces temps-ci). Si Twilight vous donnait envie de vous arracher les yeux et les oreilles, l’adaptation de 16 Lunes produira un effet similaire. Dialogues d’une pauvreté consternante, personnages caricaturaux et niais à en mourir, intrigue imaginée par une ado de 13 ans… On frôle le néant cinématographique et artistique. Tout dans ce film est à jeter : acteurs, personnages, intrigue, musique, direction artistique, générique. On se croirait dans un épisode des mauvaises saisons de Charmed – si tant est qu’il y en ait eu des bonnes. Les effets spéciaux frôlent l’amateurisme et le tandem d’acteurs transpire la nullité par chaque pore de leur peau adolescente. Une mièvrerie néo-gothique digne d’un mauvais téléfilm vendu sous la tagline consternante « Vous avez aimé Twilight, vous adorerez Sublimes créatures ». On vous aura prévenus. La présence du navrant Alden Ehrenreich, déjà consternant dans l’horrifiant Twixt, aurait du nous mettre la puce à l’oreille… 

fév
21

(critique) DIE HARD 5 : UNE BELLE JOURNEE POUR MOURIR

JOHN MOORE | ACTION | USA  | 96 MIN | 20 FEVRIER 2013 | BRUCE WILLIS, MARY ELIZABETH WINSTEAD

JOHN MCCLANE, LE FLIC QUI NE FAIT PAS DANS LA DEMI-MESURE, EST VRAIMENT AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT APRÈS S’ÊTRE RENDU À MOSCOU POUR AIDER SON FILS JACK, QU’IL AVAIT PERDU DE VUE. CE QU’IL IGNORE, C’EST QUE JACK EST EN RÉALITÉ UN AGENT HAUTEMENT QUALIFIÉ DE LA CIA EN MISSION POUR EMPÊCHER UN VOL D’ARMES NUCLÉAIRES. AVEC LA MAFIA RUSSE À LEUR POURSUITE ET LA MENACE D’UNE GUERRE IMMINENTE, LES DEUX MCCLANE VONT DÉCOUVRIR QUE LEURS MÉTHODES RADICALEMENT DIFFÉRENTES VONT AUSSI FAIRE D’EUX DES HÉROS QUE RIEN NE PEUT ARRÊTER. Cinquième volet des (mes)aventures de John McClane et sa famille (dans le 4 la fille, dans le 5 le fiston), A good day to Die Hard est une suite sans aucune espèce d’intérêt. Film bourrin et écervelé au scénario affreusement inconsistant et à la mise en scène sans imagination, ce nouveau chapitre est une déception en tous points. Si le 4e volet avait déjà été frustrant en comparaison au premier et au troisième épisode, ce dernier opus est un plantage dans les règles de l’art. Bruce Willis débite ses tirades sans conviction et son fiston manque cruellement d’épaisseur. Leur relation contrariée est mortellement clichée. « Je suis en vacances » répète McClane senior en boucle, comme un vieux radoteur. Peut-être aurait-il bien fait d’y rester, en vacances, car ce médiocrissime volet risque bien d’enterrer la franchise. 

fév
6

(critiques) GANGSTER SQUAD, HAPPINESS THERAPY, GAMBIT

 GANGSTER SQUAD ●●

Los Angeles, 1949. Mickey Cohen, originaire de Brooklyn, est un parrain impitoyable de la mafia qui dirige la ville et récolte les biens mal acquis de la drogue, des armes, des prostituées et – s’il arrive à ses fins – de tous les paris à l’ouest de Chicago. Tout ceci est rendu possible par la protection, non seulement des hommes de mains à sa solde, mais également de la police et des hommes politiques qui sont sous sa coupe. Cela suffit à intimider les policiers les plus courageux et les plus endurcis… sauf, peut-être, les membres de la petite brigade officieuse de la LAPD dirigée par les Sergents John O’Mara et Jerry Wooters qui, ensemble, vont tenter de détruire l’empire de Cohen. Particulièrement remanié après la tuerie d’Aurora qui avait fait plier la Warner et avait forcé Ruben Fleischer à retourner une séquence-clé où avait lieu une fusillade dans une salle de cinéma, Gangster Squad sort enfin après avoir été repoussé de plusieurs mois. L’attente était là, avec le réalisateur du jouissif Zombieland aux manettes et avec un casting trois étoiles. Toutefois, les premières bandes-annonces ainsi que ce remaniement imposé avait de quoi refroidir les attentes et les revoir à la baisse. Au final, Gangster squad est un divertissement efficace, léché et bien calibré. Toutefois, il ne suscite pas l’enthousiasme que nous pouvions espérer à l’époque du tournage (le premier, pas le second hein). Les deux personnages principaux sont campés par les agaçants Sean Penn – qui surjoue toujours aussi outrageusement – et Josh Brolin, ne laissant que des restes aux appréciables Ryan Gosling, Emma Stone, Nick Nolte ou encore Giovanni Ribisi. Pour autant, on ne voit pas le film passer et on s’ennuie moins que devant Les Incorruptibles, ce qui est déjà pas mal. 

RUBEN FLEISCHER | FILM DE GANGSTERS | USA | 113 MIN | 6 FEV. 2013 | JOSH BROLIN, RYAN GOSLING, EMMA STONE

 

 

 

  HAPPINESS THERAPY ●

Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents. Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme. Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives. David O’Russell avait reçu quelques louanges pour son The Fighter qui avait enfin consacré Christian Bale d’un Oscar. En pleine confiance, il enchaîne donc avec une comédie romantique un brin hystérique mais plutôt charmante portée par Bradley Cooper et Jennifer Lawrence. Multi-nominés aux prochains Oscars, on pouvait s’attendre à un film de qualité, drôle et attachant à vous faire fondre le coeur. Malheureusement, Happiness Therapy n’est qu’une amusante romcom-bittersweet plutôt longuette qui n’est sauvée que par quelques scènes et le charme toujours intact de la belle Jennifer Lawrence. 

DAVID O’RUSSELL | COMEDIE, ROMANCE | USA | 122 MIN | 30 JAN. 2013 | BRADLEY COOPER, JENNIFER LAWRENCE, R. DE NIRO

 

 

 

 GAMBIT °

Pour voler Lionel Shabandar, l’un des hommes les plus riches d’Angleterre, Harry Deane monte une arnaque minutieusement pensée avec l’aide de son complice. Il espère lui vendre un faux Monet. Pour la réussite de son plan, il a besoin d’une reine du rodéo excentrique et imprévisible tout droit venue du Texas, qui doit prétendre que son grand-père a dérobé le tableau à la fin de la Seconde Guerre mondiale… Remake de Gambit, sorti dans les années 30, le film de Michael Hoffman est la preuve – s’il en fallait une – que l’inspiration est de plus en plus aux abonnés absents de l’autre côté de l’atlantique, autant que dans notre cher pays. Navrante réécriture signée par les Frères Coen, Gambit est en effet l’histoire d’une arnaque. Une arnaque à l’américaine. Passez votre chemin, il n’y a VRAIMENT rien à voir. 

MICHAEL HOFFMAN | COMEDIE | USA | 90 MIN | 6 FEV. 2013 | COLIN FIRTH, CAMERON DIAZ, ALAN RICKMAN

 

déc
25

[récap] NAVETS ET FLOPS 2012

Par Wilyrah  //  2012, A éviter !, Mauvais, Non classé, Tops  //  12 commentaires

2012 approche de son terme et puisque que nous avons survécu à la fin du monde, je suis contraint de commencer à mettre en forme mon bilan ciné de l’année. Quelque part, si les Mayas avaient eu raison, j’aurais été dispensé de ce récapitulatif qui affirmera définitivement cette cuvée 2012 comme celle des déceptions. Aucun film ne se distingue véritablement, comme l’an passé avec Drive ou Shame. 2012 est une année molle, 2012 est l’année du Flamby.

Tous les deux-trois jours, je publierai ainsi une partie du récapitulatif. Comme c’est toujours mieux de garder le meilleur pour la fin, commençons par la longue liste des mauvais et très mauvais films de cette cuvée 2012. Des petits bijoux scénaristiques, de la mise en scène amateuriste par ci, de l’arrogance suintant à chaque plan par là, des acteurs aussi talentueux que mon chat domestique, des rebondissements incroyables, de la morale douteuse, de la psychologie travaillée, des envolées lyriques insoupçonnées, bref… que du bon. Ou pas.

Voici donc le récap des films qui ne sentent pas bien bon, des navets qu’il fallait éviter cette année sous peine de rage intérieure intense et/ou d’ennui profond. 

FLOPS ET NAVETS 2012 °

DOS AU MUR, Asger Leth

MAINS ARMEES, Pierre Jolivet

EXTREMELY LOUD AND INCREDIBLY CLOSE, Stephen Daldry

AFTER.LIFE, Agnieszka Wojtowicz-Vosloo

AMERICAN REUNION, Jon Hurwitz

PREMIUM RUSH, David Koepp

YOUNG ADULT, Jason Reitman

LOL US, Lisa Azuelos

TOTAL RECALL : MEMOIRES PROGRAMMEES, Len Wiseman

[REC] 3: GENESIS, Paco Plaza

TERRI, Azazel Jacobs

TED, Seth MacFarlane

THE DEVIL INSIDE, William Brent Bell

SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI, Alain Chabat

BACHELORETTE, Leslie Headland

JUSQU’À CE QUE LA FIN DU MONDE NOUS SEPARE, Lorene Scafaria

UN BONHEUR N’ARRIVE JAMAIS SEUL, James Huth

CONTRABAND, Baltasar Kormákur

LE TERRITOIRE DES LOUPS, Joe Carnahan

L’ÂGE DE GLACE 4, Steve Martino

LA CLINIQUE DE L’AMOUR, Artus de Penguern

LA TRAVERSEE, Jérôme Cornuau

ASTERIX & OBELIX : AU SERVICE DE LA MAJESTE, de Laurent Tirard

MON PIRE CAUCHEMAR, Anne Fontaine

LES ADIEUX À LA REINE, Benoît Jacquot

TAKEN 2, Olivier Megaton

COMME DES FRERES, Hugo Gelin

LES SEIGNEURS, Olivier Dahan

TARGET, McG

SKET, Nirpal Bhogal

THE SECRET, Pascal Laugier

TWIXT, Francis Ford Coppola

DISPARUE, Heitor Dhalia

4:44 DERNIER JOUR SUR LA TERRE, Abel Ferrara

30 BEATS, Alexis Lloyd

ANNA KARENINA, Joe Wright

UNE NOUVELLE CHANCE, Robert Lorenz

ABRAHAM LINCOLN: VAMPIRE HUNTER, Timur Bekmambetov

JANE EYRE, Cary Fukunaga

EFFRACTION, Joel Schumacher

LE PRENOM, Alexandre de La Patellière

MA PREMIÈRE FOIS, Marie-Castille Mention-Schaar

Et pour vous, quels sont les FLOPS de 2012 ?

Dans quelques jours, découvrez le ventre mou du classement ciné 2012.

déc
24

[récap] LES BLEUS DE 2012 : LE PIRE DU PIRE DE L’ANNÉE

Par Wilyrah  //  2012, A éviter !, Mauvais, Non classé, Tops  //  11 commentaires
LES BLEUS DU MIROIR  :

LES FLOPS DE 2012

 

La France a ces Césars, le Royaume-Uni ses Baftas, les States ont leurs Oscars et leurs Golden Globes, Cannes a sa Palme et Berlin son Lion d’Or, HIMYB décerne désormais ses HIMYB Awards lors d’une soirée blogueurs annuelle, votre blog préféré (si si, plus besoin de vous mentir à vous-même) a désormais aussi ses récompenses.

Comme je suis incroyablement imaginatif et original, je vais décerner avec grand plaisir et pour la première fois les BLEUS DU MIROIR récompensant les TOPS et les FLOPS de l’année. On commence avec LES BLEUS, résolus à célébrer ce que l’année 2012 a fait de pire cinématographiquement parlant. 

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Dans la catégorie de la « plus mauvaise vanne de 2012 » sont nommés :

  • Alexandre de La Patellière pour le faux quiproquo autour de « Adolphe » dans Le Prénom.

  • Alain Chabat pour le coït du chihuahua avec Jamel dans Sur la piste du Marsupilami.

  • Lorene Scafaria pour « Tu es l’amour de ma vie » dans Jusqu’à ce que la fin du monde...

  • Pablo F. Fenjves pour son héros qui finit par sauter dans Dos au mur.

-> Et Le Bleu de la Plus mauvaise vanne de l’année est attribué à la consternante Lorene Scafaria. 

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Dans la catégorie du « film le moins drôle de 2012 » sont nommés :

  • Les seigneurs qui ressemble à un grand terrain de jeu pour comiques en perdition.

  • Ted pour sa débilité sans nom et son pitch injurieux qui ne vise que les 13-14 ans.

  • Le prénom pour l’hystérie collective et le faux-prénom prévisible depuis dix minutes.

  • Target pour la coolitude et le ton décalé qu’il recherche mais n’atteint jamais.

-> Et Le Bleu du Film le moins drôle de l’année est attribué à l’interminable Le Prénom. 
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Dans la catégorie de la « plus mauvaise mort de 2012 » sont nommés :

  • Marion Cotillard pour son hoquet fatidique dans The Dark Knight Rises.

  • Esther Comar pour ses adieux bouleversants dans Ma première fois.

  • Steven Carell et Keira Knightley pour leurs adieux ridicules dans Jusqu’à ce que la fin...

  • Willem Dafoe et Shanyn Leigh pour leurs adieux maniérés dans 4h44, dernier jour sur la Terre.

-> Et Le Bleu de la Plus mauvaise mort de l’année est attribué à l’inimitable Marion Cotillard. 

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Dans la catégorie chère à Diablo Cody du « plus mauvais scénario de 2012 » sont nommés :

  • Diablo Cody justement, pour son nouvel étron Young Adult que Charlize Theron tente vainement de sauver.

  • Marie Castille Mention-Schaar pour son script sorti de l’imagination d’une adolescente de 13 ans avec Ma première fois.

  • Pascal Laugier pour sa nouvelle infamie qu’est The Secret.

  • Karl Gajdusek pour son pitch de série Z qui n’aurait jamais du voir le jour dans Effraction. 

-> Et Le Bleu du Plus mauvais scénario de l’année est attribué à Marie C. Mention-Schaar.

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Dans la catégorie chère à David Lynch du « réalisateur le plus pédant de 2012 » sont nommés :

  • Joe Wright qui se prend pour Baz Luhrmann et Maurice Béjart avec Anna Karenine. 
  • Benoît Jacquot qui fait joujou avec la caméra dans ses Adieux à la reine.

  • Timur Bekmanbetov hyper-actif et addict aux effets cheapos avec Abraham Lincoln.

  • Abel Ferrara pour son irritante apocalypse dans 4h44, dernier jour sur Terre. 

-> Et Le Bleu du Réalisateur le plus pédant de l’année est attribué à ce melon de Joe Wright.

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Dans la catégorie du « film qui gueule, chiale et agace le plus en 2012 » sont nommés :.

  • Extrêmement fort et incroyablement près et son gamin hystérique fâché avec les avions

  • Anna Karenine avec l’héroïne la plus détestable de la littérature russe.

  • Le prénom avec sa pièce de théâtre filmée qui te donne des palpitations cardiaques. 

  • 4h44, dernier jour sur Terre pour son couple névrosé de connards arrogants. 

-> Et Le Bleu du Film qui gueule, chiale et agace le plus cette année est attribué à l’insupportable Le Prénom.

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Dans la catégorie de « L’acteur le plus agaçant de 2012 » sont nommés :

  • Liam Neeson qui n’en finit plus de jouer les bad-ass dans des croûtes sans nom
  • Nicolas Cage dont la filmographie a pris un virage affreusement ambitieux…

  • Patrick Bruel qui n’a pas compris que le cinéma n’était pas fait pour lui (le poker et la chanson non plus d’ailleurs). 

  • Michael Shannon qui cabotine à outrance dans le navrant Premium Rush

-> Et Le Bleu de L’acteur le plus agaçant de l’année est attribué à l’incomparable Patrick Bruel.

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Dans la catégorie de « L’actrice la plus irritante de 2012 » sont nommés :

  • Léa Seydoux qui fait toujours la tronche dans L’enfant d’en haut et Les adieux à la reine. 
  • Keira Knightley qui hurle, chiale et grimace plus que jamais dans Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare et Anna Karenine

  • Valérie Benguigui qui passe son temps à geindre comme une truie dans Le prénom

  • Kristen Stewart pour son speech motivationnel après sa résurrection dans Blanche Neige. 

-> Et Le Bleu de L’actrice la plus irritante de l’année est attribué à l’immense Keira Knightley.

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Pour finir, dans la catégorie du « Plus mauvais film de 2012 » sont nommés :

  • Le Prénom qui n’a rien d’un film et qui n’arrive même pas à l’orteil du Dîner de cons. 
  • Ma première fois qui rappelle les plus belles années de AB Productions. 

  • Effraction qui ne méritait même pas une sortie Direct-To-Video. 

  • Disparue qui devrait rapidement être diffusé sur NT1 un samedi après-midi. 

-> Et Le Bleu du Plus mauvais film de l’année est attribué au déjà-culte Ma première fois.

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déc
15

[critiques] LES BÊTES DU SUD SAUVAGE, ANNA KARENINE, MAIS QUI A RE-TUE PAMELA ROSE ?

BENH ZEITLIN | USA | 92 MIN | 12 DÉCEMBRE 2012 | QUVENZHANE WALLIS, DWIGHT HENRY

Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père. Brusquement, la nature s’emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d’aurochs. Avec la montée des eaux, l’irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

Reparti de Cannes avec la Caméra d’Or et de Deauville avec le grand prix, Les bêtes du sud sauvage semble faire partout l’unanimité. Il faut dire que le premier film de Benh Zeitlin a de nombreuses qualités et respirent la vie et le cinéma. Toutefois, j’avoue que mon engouement n’a pas été aussi fort que je ne l’imaginais. La caméra à l’épaule donne parfois le tournis, bien qu’elle permette aussi d’être au coeur du film et de suivre cette histoire du point de vue de notre jeune héroïne Husspuppy. Puisque l’on parle de la jeune fille, saluons l’incroyable prestation de la jeune Quvenzhané Wallis, éblouissante du haut de ses neuf ans – à l’époque du tournage. Depuis, elle a bien grandi et devrait probablement bénéficié d’une nomination aux prochains Oscars. De quoi saluer un début de carrière très prometteur. Que dire du jeune cinéaste qui a conquis de nombreuses critiques à travers le monde et est reparti avec multiples récompenses des festivals où il a concouru ? Car son premier long-métrage a les qualités et la force de la jeunesse. Les bêtes du sud sauvage est viscéral, fort, poétique. Il est par contre parfois un peu surchargé. Il manque donc un peu d’enchantement à cette fable terrestre et aquatique porté par un petit bout de fille qui crève l’écran. 

 LES BÊTES DU SUD SAUVAGE ●●

JOE WRIGHT | UK | 131 MIN | 5 DECEMBRE 2012 | KEIRA KNIGHTLEY, JUDE LAW, ALICIA VIKANDER

Russie, 1874, la belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-Pétersbourg. À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. 

Joe Wright nous avait ébloui avec ses précédents longs-métrages (Reviens-moi, Orgueil et préjugés) très soignés. Il mélangeait avec un certain savoir-faire classicisme et modernité. Son dernier métrage, beaucoup plus ambitieux, n’est pas à la hauteur la faute à une prétention qui suinte de chaque plan et à une Keira Knightley plus laide et plus insupportable que jamais – alors qu’on pensait qu’on avait atteint l’apogée avec Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare.

Pénible. Voilà le terme qui résume le mieux le sentiment que l’on ressent lors du visionnage. Personnage principal détestable, actrice terriblement irritante, mise en scène affreusement maniérée et pompeuse, avec ses moments chorégraphiés ridicules, musique grandiloquantes, plans certes superbes mais tellement artificiels, rien ne fonctionne dans cette adaptation de Tolstoi qui ressemble tant à un grossier pêché d’orgueil. Seule Alicia Vikander, déjà sublime dans Royal Affair, s’en sort avec les honneurs – elle est le petit rayon de soleil du film. Joe Wright s’est pris pour Baz Luhrmann… mais surtout Joe Wright s’est pris… les pieds dans le tapis. 

 ANNA KARENINE ○

KAD & OLIVIER | FRANCE | 90 MIN | 5 DÉCEMBRE 2012 | OLIVIER BAROUX, KAD MERAD, OMAR SY

Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier Richard Bullit. Un ex-ami avec lequel il est brouillé, depuis des années, suite à une fâcheuse Cette suite prétexte à une heure trente d’humour absurde est signé Kad et Olivier. Le premier a, depuis son très beau rôle dans Je vais bien ne t’en fais pas, accumulé les rôles dans les daubes françaises en toute impunité. Le second, plus discret, s’est baladé à gauche et à droite. Le tandem se reforme pour redonner vie aux agents Riper et Bullit. Le scénario ne tient sur absolument rien mais quelques gags font mouche. L’humour de répétition, les clins d’oeil et les nombreux jeux de mots, voilà l’atout de cette comédie pas inoubliable mais déjà plus acceptable que le terrible Les seigneurs d’Olivier Dahan. 

 MAIS QUI A RE-TUE P. ROSE ? ●
déc
2

[critique] COMME DES FRÈRES

Par Wilyrah  //  2012, A éviter !, Made in France, Mauvais  //  10 commentaires

HUGO GELIN | FRANCE | 104 MIN | 21 NOVEMBRE 2012 | FRANÇOIS XAVIER DEMAISON, NICOLAS DUVAUCHELLE

Depuis que Charlie n’est plus là, la vie de Boris, Elie et Maxime a volé en éclats. Ces trois hommes que tout sépare avaient pour Charlie un amour singulier. Elle était leur sœur, la femme de leur vie ou leur pote, c’était selon. Sauf que Charlie est morte et que ça, ni Boris, homme d’affaires accompli, ni Elie, scénariste noctambule et ni Maxime, 20 ans toujours dans les jupes de maman, ne savent comment y faire face. Mais parce qu’elle le leur avait demandé, ils décident sur un coup de tête de faire ce voyage ensemble, direction la Corse et cette maison que Charlie aimait tant. Seulement voilà, 900 kilomètres coincés dans une voiture quand on a pour seul point commun un attachement pour la même femme, c’est long… Boris, Elie et Maxime, trois hommes, trois générations, zéro affinité sur le papier, mais à l’arrivée, la certitude que Charlie a changé leur vie pour toujours.

Voilà le film dont tout le monde vante les mérites. Voilà le film qui semble mettre tout le monde d’accord, presse, public et blogosphère. Voilà la comédie qui charme les petits intellos franciliens. Voilà surtout le bon navet bleu-blanc-rouge carrément surestimé !

Du bon gros cliché parisien, en veux-tu, en voilà… L’histoire d’amitié débutant par le biais d’un drame tragique, le buddy-movie / road-trip initiatique qui va faire grandir les trois personnages, la rencontre avec les autochtones de province nourrissant d’encore plus gros préjugés… tout est réuni pour offrir un capital sympathie indéniable pour la populasse de la capitale. Car j’ai du mal à croire qu’on aimera le film en dehors de la région parisienne. Tout ce que le film dépeint de la France de « province » est plutôt consternant et j’ai du mal à croire que les habitants des régions visités par nos protagonistes se reconnaîtront… Mais là n’est pas le plus déplorable.

Qu’on veuille faire un film de potes qui ne lésine pas sur les clichés, ça n’a rien de bien original ces temps-ci (le grand Dany ne s’en est pas privé, pourquoi pas d’autres ?). Qu’on veuille ajouter une touche dramatique pour se donner l’impression que notre comédie est plus sensible, plus intellectuelle, et faire chialer le public pour se la jouer Guillaume Canet avec ses petits mouchoirs, là je dis non. Non, tout d’abord parce que ces foutus petits mouchoirs n’ont rien qui ne soit suffisamment bon pour qu’on s’en inspire. Si dans son film, Canet faisait trépasser Dujardin à coup de poids lourd versus scooter, Hugo Gélin opte pour le bon vieux cancer pour faire caner le personnage « ciment » du groupe. Pour l’incarner, il a choisi Mélanie Thierry qui campe Charlie, aka la meuf bien relou que tout le monde adore alors qu’elle crie ou chiale partout et tout l’temps. Là où le troisième long-métrage de Monsieur Cotillard fonctionnait presque deux heures avant de nous offrir un interminable épilogue pathétique (dans tous les sens du terme) tellement lacrymal que c’en devenait ridicule, le film de Gélin, lui, ne fonctionne jamais.

Cette histoire de trois hommes immatures (malgré leurs âges différents) réunis par le décès de l’enquiquineuse précédemment citée ne tient pas la route. La mayonnaise ne prend pas car ce road-trip soudainement improvisé n’a rien de touchant ou de drôle. Il se rate tant dans le versant dramatique que dans le versant comique. On n’y croit jamais : dès cette scène d’introduction factice à en mourir – sans jeu de mots – on sent que les vannes forcées vont polluer le film et que les faciès faussement graves vont sérieusement parasité l’émotion. Je le répète, on n’y croit pas. Les gags sont éculés et répétitifs (sérieux, le gars qui parle dans son sommeil, what’s new with that ?), la recherche du bon mot se fait lourdement sentir dès qu’un personnage se lance dans une longue tirade sur le sens de la vie, de la famille ou de l’amour (sérieux, tu balances comme ça un « je suis adopté » comme un cheveu sur la soupe ?).

Si l’histoire de Comme des frères ne fonctionne pas, c’est aussi la faute de ses personnages, tous plus agaçants les uns que les autres – je ne veux pas être affreusement cynique mais la Charlie est mieux morte que vivante, ça nous fait du repos. Si Comme des frères ne fonctionne pas, c’est également à cause de ses comédiens, tous plus mauvais les uns que les autres – le seul à s’en sortir convenablement est cet insupportable péteux qu’est Nicolas Duvauchelle, c’est dire. Si l’histoire de Comme des frères ne fonctionne vraiment pas, c’est enfin parce que son scénario est cousu de fil blanc – oh, ils vont éparpiller ses cendres en Corse, près de sa maison, que c’est inattendu – et que les dialogues ainsi que le montage en spirale n’amusent, ne surprennent ou n’intéressent pratiquement jamais.

Vous l’aurez compris, et me traiterez à nouveau d’éternel rabat-joie qui n’aime rien (spéciale casse-dédi à mon cher Fred), je ne vous recommande absolument pas Comme des frères – qui porte d’ailleurs bien mal son nom. Réalisé Comme un manche, écrit et joué Comme des pieds et sans subtilité, suivant l’histoire de personnage agissant Comme des niais, le premier film devrait plutôt s’intituler (si l’on se place du point de vue du spectateur dupé par la critique positive ou de l’amateurisme ambiant de cette première réalisation) : Comme des bleus

COMME DES FRÈRES °

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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