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(critique) GATSBY
| BAZ LUHRMANN | DRAME, ROMANCE | USA/AUS | 142 MIN | 15 MAI 2013 | LEONARDO DICAPRIO, CAREY MULLIGAN |
PRINTEMPS 1922. L’ÉPOQUE EST PROPICE AU RELÂCHEMENT DES MŒURS, À L’ESSOR DU JAZZ ET À L’ENRICHISSEMENT DES CONTREBANDIERS D’ALCOOL… APPRENTI ÉCRIVAIN, NICK CARRAWAY QUITTE LA RÉGION DU MIDDLE-WEST POUR S’INSTALLER À NEW YORK. VOULANT SA PART DU RÊVE AMÉRICAIN, IL VIT DÉSORMAIS ENTOURÉ D’UN MYSTÉRIEUX MILLIONNAIRE, JAY GATSBY, QUI S’ÉTOURDIT EN FÊTES MONDAINES, ET DE SA COUSINE DAISY ET DE SON MARI VOLAGE, TOM BUCHANAN, ISSU DE SANG NOBLE. C’EST AINSI QUE NICK SE RETROUVE AU CŒUR DU MONDE FASCINANT DES MILLIARDAIRES, DE LEURS ILLUSIONS, DE LEURS AMOURS ET DE LEURS MENSONGES. Baz Luhrmann aime revisiter les grands classiques de la littétature anglophone. Après avoir proposé une relecture très contemporaine du célèbre Romeo et Juliette, celui-ci s’attaque à la célèbre oeuvre de Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique. Après une première demie-heure d’exposition qui ressemble à s’y méprendre à une transposition méthodique du premier segment de Moulin Rouge ! (ça saute aux yeux, franchement), les enjeux commencent à apparaître et la coquille du mystérieux Gatsby commence à s’effriter devant la belle Daisy, à laquelle il porte un amour démesuré et fantasmé, qu’il retrouve cinq ans plus tard. Le cinéma baroque de Luhrmann pourrait se rapprocher de l’opéra avec ses outrances, ses sentiments décuplés, sa dramaturgie exacerbée, ses costumes élaborés et sa mise en scène grandiloquente. Le cinéaste australien ne perd rien de sa démesure et de ses habitudes anachroniques puisqu’il utilise les mêmes ingrédients qui ont fait sa renommée pour ce Gatsby, qui manque malheureusement d’une certaine folie, comme si celui-ci avait pris des gants pour satisfaire tout le monde comme il l’avait fait avec Australia, que l’on peut considérer dans la même lignée. Au final, ce qui faisait la force de Moulin Rouge (son parti pris, son romantisme absolu et ses excès assumés à 200%) devient dans Gatsby assez maladroit et parfois désagréablement maniéré. C’est d’ailleurs lorsque Luhrmann utilise ses vrais atouts (le sens du burlesque et du sentimental) qu’il réussit le plus ses scènes, à l’image du segment autour des retrouvailles entre Gatsby et Daisy, débutant de façon comique chez Nick Carraway pour se terminer autour de l’escalier de Gatsby, avec une scène particulièrement belle et émouvante.
Que penser donc de cette nouvelle adaptation de Gatsby le magnifique ? L’essence du roman semble préservée et demeure l’élément le plus abouti autour du personnage principal, Gatsby, imposteur gentleman sublime et romantique. Le reste du métrage est plutôt inégal et certaines scènes misant trop sur le spectaculaire tombent à plat. Il faut dire qu’il n’est pas toujours aidé par son casting, Tobey Maguire massacrant la majorité des scènes dans lesquelles il figure. Outre cette grossière erreur de casting, le tandem DiCaprio-Mulligan fonctionne lui plutôt bien. Au final, le nouveau projet de Baz Luhrmann – qui a fait l’ouverture à Cannes mercredi – s’avère être un film fascinant et bancal, essentiellement réussi mais globalement raté, porté par un duo impeccable et quelques instants musicaux enchanteurs à l’image du morceau leitmotiv Young and Beautiful qui vient nous hanter de façon subliminale comme pour traduire l’état émotionnel du personnage tourmenté de Gatsby qui aura passer des années à poursuivre le passé et la vision fantasmée qu’il avait de lui et de la vie qu’il se souhaitait. Will you still love me, when I’ve got nothing but my aching soul ?
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(critique) UPSIDE DOWN
| JUAN SOLANAS | ROMANCE SF | USA | 100 MIN | 1er MAI 2013 | JIM STURGESS, KIRSTEN DUNST, TIMOTHY SPALL |
DANS UN UNIVERS EXTRAORDINAIRE VIT UN JEUNE HOMME ORDINAIRE, ADAM, QUI TENTE DE JOINDRE LES DEUX BOUTS DANS UN MONDE DÉTRUIT PAR LA GUERRE. TOUT EN LUTTANT POUR AVANCER DANS LA VIE, IL EST HANTÉ PAR LE SOUVENIR D’UNE BELLE JEUNE FILLE VENANT D’UN MONDE D’ABONDANCE : EDEN. DANS CET UNIVERS, SON MONDE SE TROUVE JUSTE AU-DESSUS DE CELUI D’ADAM – SI PRÈS QUE LORSQU’IL REGARDE VERS LE CIEL, IL PEUT VOIR SES VILLES ÉTINCELANTES ET SES CHAMPS FLEURIS. MAIS CETTE PROXIMITÉ EST TROMPEUSE : L’ENTRÉE DANS SON MONDE EST STRICTEMENT INTERDITE ET LA GRAVITÉ DE LA PLANÈTE D’EDEN REND TOUTE TENTATIVE EXTRÊMEMENT PÉRILLEUSE. Premier film hollywoodien de Juan Solanas, Upside Down est davantage une romance colorée qu’un film de science-fiction. En effet, malgré un pitch plutôt enthousiasmant et quelques premières minutes nous exposant efficacement les bases de ce double-monde symétrique (par l’intermédiaire d’un habile et joli générique introductif), on constate rapidement que la SF sera délaissée au profit de la quête amoureuse du jeune Adam (Jim Sturgess) souhaitant retrouver son Eden (Kirsten Dunst). Pourtant, il y avait de quoi développer davantage la bonne idée et la satyre sociale plutôt que de privilégier une romance gentillette. Pire, le film semble démonter progressivement toute théorie qu’il a implanté au départ concernant le passage entre les deux mondes, les problèmes de gravité ou les dangers d’une intrusion. Enfin, pour ne rien arranger et confirmer ce massacre dans les règles de l’art, Upside Down devient drôle à son insu avec des rebondissements et un dénouement aussi invraisemblables que grotesques. Ainsi, le spectateur ressort davantage amusé que chaviré, à croire que c’est le scénariste du film qui avait la tête à l’envers lorsqu’il a bouclé le script.
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(critique) SOUS SURVEILLANCE
| ROBERT REDFORD | THRILLER | USA | 124 MIN | 8 MAI 2013 | ROBERT REDFORD, SHIA LABEOUF, JULIE CHRISTIE |
EN 1969, UN GROUPE DE MILITANTS RADICAUX APPELÉS WEATHER UNDERGROUND REVENDIQUE UNE VAGUE D’ATTENTATS AUX ETATS-UNIS POUR PROTESTER CONTRE LA GUERRE DU VIETNAM. LA PLUPART DE SES MEMBRES FURENT EMPRISONNÉS, MAIS QUELQUES-UNS DISPARURENT SANS LAISSER DE TRACE… JUSQU’À AUJOURD’HUI. L’ARRESTATION DE SHARON SOLARZ, L’UNE DES ACTIVISTES, REMET CETTE AFFAIRE SUR LE DEVANT DE LA SCÈNE, AU POINT D’ATTISER LA CURIOSITÉ DU JEUNE ET AMBITIEUX REPORTER BEN SCHULBERG. JOUANT DE SES RELATIONS AU FBI, IL RASSEMBLE PETIT À PETIT LES PIÈCES DU PUZZLE, LE MENANT JUSQU’À JIM GRANT, UN AVOCAT APPAREMMENT SANS HISTOIRES… LORSQUE CELUI-CI DISPARAIT BRUSQUEMENT, LE JOURNALISTE SE LANCE SUR SA PISTE, DÉTERMINÉ À LE RETROUVER AVANT LE FBI. Il ne fait pas bon vieillir… À l’image d’un Clint Eastwood qui peine à se réinventer jusqu’à devenir ennuyeusement embarrassant, Robert Redford semble être resté dans les années 70 (période à laquelle débute l’histoire de Sous surveillance) pour mettre en scène ce thriller à mi-chemin entre le survival et l’enquête. En effet, celui-ci nous livre une prestation (devant comme derrière la caméra) qui n’inspire que de la pitié tant celui-ci se fixe une barre qu’il se croit encore capable d’atteindre. Sa mise en scène et sa narration semblent bien fades et obsolètes, tandis que son jeu d’acteur ne suscite rien d’autre qu’un désolant haussement d’épaules. Louable était son intention de montrer qu’il est encore là et qu’il a des choses à dire et des causes à défendre (surtout qu’il vaut toujours mieux faire le gauchiste démago que le vieux con réac). Malheureusement, l’indulgence ne suffit pas à masquer l’ennui – qui s’installe avec insistance après la première demie-heure et qui ne ne quittera quasiment plus jusqu’au générique de fin. Pour lui donner la réplique (le plus souvent de loin ou en retrait), Redford a choisi le jeunot Shia Labeouf qui tient plutôt la route sans faire des miracles. Finalement, pour trouver un véritable motif de satisfaction (mais également et paradoxalement le plus frustrant), il faudra regarder du côté des personnages secondaires avec cette armada exceptionnelle de seconds rôles sous-exploités (Richard Jenkins, Brit Marling, Julie Christie, Nick Nolte, Stanley Tucci, Brendan Gleeson…) qui ne peut que faire regretter au spectateur un scénario aussi convenu. Sous surveillance n’est au final pas vraiment un thriller mais un long-métrage pantouflard et donneur de leçons de la part d’un vieux loup qui n’a pas su s’arrêter avant de commencer à radoter.
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(critique) PROMISED LAND
| GUS VAN SANT | DRAMA ECOLO | USA | 106 MIN | 17 AVRIL 2013 | MATT DAMON, FRANCES McDORMAND |
STEVE BUTLER, REPRÉSENTANT D’UN GRAND GROUPE ÉNERGÉTIQUE, SE REND AVEC SUE THOMASON DANS UNE PETITE VILLE DE CAMPAGNE. LES DEUX COLLÈGUES SONT CONVAINCUS QU’À CAUSE DE LA CRISE ÉCONOMIQUE QUI SÉVIT, LES HABITANTS NE POURRONT PAS REFUSER LEUR LUCRATIVE PROPOSITION DE FORER LEURS TERRES POUR EXPLOITER LES RESSOURCES ÉNERGÉTIQUES QU’ELLES RENFERMENT. CE QUI S’ANNONÇAIT COMME UN JEU D’ENFANT VA POURTANT SE COMPLIQUER LORSQU’UN ENSEIGNANT RESPECTÉ CRITIQUE LE PROJET, SOUTENU PAR UN ACTIVISTE ÉCOLOGISTE QUI AFFRONTE STEVE AUSSI BIEN SUR LE PLAN PROFESSIONNEL QUE PERSONNEL… Gus Van Sant est un cinéaste qui (me) divise depuis plus d’une décennie. Capable de superbes et marquants longs-métrages tels que Good Will Hunting ou Harvey Milk, celui-ci s’est trop longtemps enfermé dans son cycle pseudo-contemplatif exaspérant sur les tracas de l’adolescence. Récompensé par une Palme d’or injustifié pour le très surestimé Elephant, celui-ci a continué à se la jouer étudiant en arts du spectacle avec Last Days ou (le pire) Paranoïd Park. Heureusement, celui-ci est revenu aux affaires sérieuses et s’est remis au travail en réalisant l’important et très réussi Harvey Milk, drama nécessaire et abouti, avant de retomber dans ses travers avec l’insipide Restless.
Gus Van Sant n’est jamais aussi intéressant que lorsqu’il s’empare de véritables sujets pour véritablement faire du cinéma – plutôt que de s’endormir dans de l’expérimental sans intérêt. Avec Promised Land, celui-ci signe un long-métrage engagé et pédagogique, avec l’aide de son comparse Matt Damon (accompagné de John Krasinski) à la plume. Alors bien sûr, la réalisation de Promised Land est effectivement très formelle et son déroulement plutôt classique. Mais le message (dénonciateur) passe et interpelle, ce qui est bien là l’essentiel du propos. Le film n’en est pas moins divertissant puisqu’on ne voit pas passer la centaine de minutes que dure celui-ci. Gus Van Sant a le mérite d’attirer l’attention avec clarté et éloquence sur l’exploitation du gaz du schiste et les risques liés à celle-ci, bien trop souvent ignorés du grand public ou tournés en dérision par le lobbying. Promised Land est un film modérément engagé mais assurément efficace et pertinent, qui ne cherche pas à trop en faire ou dire, livrant un état des lieux calme (et pourtant bien triste) tout en questionnant chacun d’entre nous sur ce qu’il est prêt à accepter par soumission ou résignation. Mission accomplie.
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(critique) IRON MAN 3 : POUR / CONTRE
| SHANE BLACK | ACTION | USA | 131 MIN | 24 AVRIL 2013 | ROBERT DOWNEY JR, GWYNETH PALTROW |
TONY STARK, L’INDUSTRIEL FLAMBOYANT QUI EST AUSSI IRON MAN, EST CONFRONTÉ CETTE FOIS À UN ENNEMI QUI VA ATTAQUER SUR TOUS LES FRONTS. LORSQUE SON UNIVERS PERSONNEL EST DÉTRUIT, STARK SE LANCE DANS UNE QUÊTE ACHARNÉE POUR RETROUVER LES COUPABLES. PLUS QUE JAMAIS, SON COURAGE VA ÊTRE MIS À L’ÉPREUVE, À CHAQUE INSTANT. DOS AU MUR, IL NE PEUT PLUS COMPTER QUE SUR SES INVENTIONS, SON INGÉNIOSITÉ, ET SON INSTINCT POUR PROTÉGER SES PROCHES. ALORS QU’IL SE JETTE DANS LA BATAILLE, STARK VA ENFIN DÉCOUVRIR LA RÉPONSE À LA QUESTION QUI LE HANTE SECRÈTEMENT DEPUIS SI LONGTEMPS : EST-CE L’HOMME QUI FAIT LE COSTUME OU BIEN LE COSTUME QUI FAIT L’HOMME ?
POUR Après un second volet décevant en 2010, Marvel revient sur la franchise avec force grâce à ce troisième volet. Finis les scénarios vides, place à la qualité. L’intrigue tient vraiment la route et s’inspire du cycle Extremis du comic book. On y retrouve tous les bons ingrédients de la franchise : le bon humour, l’action variée, la dualité des personnages. Il s’agit du premier post-Avengers et celui-ci s’inscrit parfaitement dans sa continuité. Les personnages ont évolué de façon cohérente et harmonieuse. À la réalisation, Jon Favreau laisse la place à Shane Black (réalisateur du génial Kiss Kiss, Bang Bang), ce qui ne laissera aucun regret aux fans. La réalisation est limpide et les scènes d’actions ou d’émotions marchent comme sur des roulettes. Au casting, on retrouve Robert Downey Jr en playboy en armure (toujours excellent dans le rôle), Gwyneth Paltrow en amoureuse désespérée et Don Cheadle en War Machine (Iron Patriot, c’est pas possible, désolé), ainsi que des petits nouveaux tels que Ben Kingsley, génial dans le rôle du Madarin, et Guy Pearce. Ce Iron Man 3 se révèle être l’un des meilleurs films Marvel et le meilleur volet de la trilogie. - critique proposée par Thom Left.
CONTRE Alors, que ce soit clair et assumé sans détour : je n’aime pas les sagas Marvel. Si l’on excepte Avengers qui m’avait procuré un plaisir modéré mais incontestable grâce à la patte de l’inévitable Joss Whedon, j’ai toujours eu une préférence pour les héros de DC Comics, avec un parti pris bien plus réaliste. Sans rentrer dans les détails – puisqu’il n’est pas question de débattre ici ou de prendre parti mais bien de parler de ce troisième volet de Iron Man – la franchise de l’homme à l’armure d’acier ne m’a jamais enthousiasmé mais il me faut reconnaître que le personnage m’avait plutôt amusé dans le métrage de Whedon cité plus haut. Son humour décontracté et son arrogance assumée apportaient une touche bienvenue dans tout ce « beau » monde qui se prenait un peu au sérieux. On retrouve ce même style qui le caractérise dans ce Iron Man 3 puisque la carte du gag est jouée à fond et le tandem qu’il forme avec sa partenaire Pepper est plutôt explosif et réussi. Malheureusement, on ne pourra pointer d’autres réussites notables dans ce dernier épisode de la trilogie qui souffre d’une intrigue assez minable et d’un « grand méchant » aussi bâclé que ridicule. Bien que celui-ci se laisse paresseusement regarder, à l’heure des comptes, on peut être assuré qu’il ne tiendra pas la comparaison avec les mastodontes de Nolan voire le très attendu Man of Steel qui sortira en salles en juin. - critique proposée par Wilyrah.
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(critique) LES CROODS
| CHRIS SANDERS | ANIMATION | USA | 92 MIN | 10 AVRIL 2013 | avec les voix de EMMA STONE, NICOLAS CAGE |
LORSQUE LA CAVERNE OÙ ILS VIVENT DEPUIS TOUJOURS EST DÉTRUITE ET LEUR UNIVERS FAMILIER RÉDUIT EN MIETTES, LES CROODS SE RETROUVENT OBLIGÉS D’ENTREPRENDRE LEUR PREMIER GRAND VOYAGE EN FAMILLE. ENTRE CONFLITS GÉNÉRATIONNELS ET BOULEVERSEMENTS SISMIQUES, ILS VONT DÉCOUVRIR UN NOUVEAU MONDE FASCINANT, REMPLI DE CRÉATURES FANTASTIQUES, ET UN FUTUR AU-DELÀ DE TOUT CE QU’ILS AVAIENT IMAGINÉ. Après Dragons et Lilo & Stitch, le réalisateur Chris Sanders (qui avait fait ses armes chez Disney en signant les scénarios de Mulan, Le Roi Lion, Aladdin ou encore La Belle et la Bête, rien que ça) signe un nouveau long-métrage d’animation réussi avec Les Croods. Jusqu’alors, les créations Dreamworks n’avaient que rarement été des succès, restant dans l’ombre de la grosse et brillante machine Pixar. Toutefois, la filiale de Disney semble s’essouffler dernièrement s’enfermant dans des suites sans imagination (Cars 2…) ou des nouveautés peu enthousiasmantes (Rebelle) et ce film pourrait bien permettre à son concurrent de s’engouffrer dans la brèche. De son côté, la franchise L’âge de glace est définitivement passée du mauvais côté (le dernier volet signant sa mort artistique au profit de la stratégie économique). The Croods c’est tout ce que Rebelle et L’âge de glace 4 n’ont pas réussi : un personnage féminin au caractère aventureux et bien trempé, un récit écolo-historique attachant et irrésistiblement drôle et des petites bestioles bien délirantes.
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(critique) STOKER
| PARK CHAN WOOK | FANTASTIQUE, THRILLER | USA | 100 MIN | 1ER MAI 2013 | MIA WASIKOWSKA, NICOLE KIDMAN |
APRÈS LA MORT DE SON PÈRE DANS UN ÉTRANGE ACCIDENT DE VOITURE, INDIA, UNE ADOLESCENTE, VOIT UN ONCLE DONT ELLE IGNORAIT L’EXISTENCE, VENIR S’INSTALLER AVEC ELLE ET SA MÈRE. RAPIDEMENT, LA JEUNE FILLE SE MET À SOUPÇONNER L’HOMME D’AVOIR D’AUTRES MOTIVATIONS QUE CELLE DE LES AIDER. LA MÉFIANCE S’INSTALLE, MAIS L’ATTIRANCE AUSSI… Pour son premier métrage sur le sol américain, le talentueux cinéaste sud-coréen Park Chan Wook (Old Boy, Lady Vengeance) porte à l’écran un scénario de Wentworth Miller (oui on parle bien de l’acteur de Prison Break) qui attendait dans les cartons depuis 2010. Force est de constater que l’attente a été récompensée et que la collaboration a été un succès lorsque l’on découvre Stoker, projeté hier en exclusivité pour quelques privilégiés. En effet, dès les premières minutes, on constate que la patte du cinéaste est sublimée par une direction artistique remarquable. Tout est éclatant, soigné et travaillé : photographie somptueuse, mise en scène experte, cadrages exquis nous offrant d’innombrables plans dignes de grands tableaux, générique savamment élaboré d’une fluidité incroyable. Il ne faut que quelques secondes au spectateur pour comprendre qu’il va assister à cent minutes de plaisir cinématographique, un plaisir déviant empreint des douces folies d’un réalisateur qu’on ne présente plus – enfin, un réalisateur qu’on ne devrait plus avoir à présenter.
A l’écran, Mia Wasikowska est excellente. Sa présence captive, fascine et inquiète. Difficile de ne pas voir en elle une Mercredi Adams pré-adulte et farouche, à la sexualité naissante. Son personnage (India) est délicieusement ambigu et complexe. Celle-ci vit quelque peu déconnectée du monde, repliée dans ses pensées et ses fantasmes. Lorsque son oncle débarque après le décès brutal de son père, c’est un mélange de méfiance et d’attraction qui vont la pousser à essayer de percer le mystère de cet homme séduisant et intrigant, campé impeccablement par Matthew Goode (découvert dans le sublime A Single Man ou le savoureux Match Point). Pour former le dernier élément d’un trio malsain, le réalisateur a choisi la décrêpie Nicole Kidman, devenue désormais une parodie d’actrice avec son visage en décomposition, ses lèvres retouchées et sa superbe chevelure rousse – qui sied en revanche parfaitement à l’univers très coloré de Stoker. Il est difficile de parler de Stoker sans trop en dévoiler sur l’intrigue et, pour ne rien gâcher aux amateurs de Park Chan Wook, je ne peux que vous inviter à embarquer pour un voyage étrange, où Hitchcock viendrait s’insinuer dans les obsessions déviantes du cinéma sud-coréen. Un film plaisant, un long-métrage travaillé, une oeuvre fétichiste et esthétique, bourrée d’influences revendiquées, un conte de fées maléfique avec une marâtre dépressive et égoïste, un oncle trop gentil pour être honnête et une jeune et belle princesse en détresse qui cache bien son jeu. Rendez-vous en salles début Mai…
Clip promotionnel de Stoker – song by Emily Wells
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(critique) LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ
| SAM RAIMI | FANTASTIQUE | USA | 127 MIN | 13 MARS 2013 | JAMES FRANCO, MILA KUNIS, MICHELLE WILLIAMS |
LORSQUE OSCAR DIGGS, UN PETIT MAGICIEN DE CIRQUE SANS ENVERGURE À LA MORALITÉ DOUTEUSE, EST EMPORTÉ À BORD DE SA MONTGOLFIÈRE DEPUIS LE KANSAS POUSSIÉREUX JUSQU’À L’EXTRAVAGANT PAYS D’OZ, IL Y VOIT LA CHANCE DE SA VIE. TOUT SEMBLE TELLEMENT POSSIBLE DANS CET ENDROIT STUPÉFIANT COMPOSÉ DE PAYSAGES LUXURIANTS, DE PEUPLES ÉTONNANTS ET DE CRÉATURES SINGULIÈRES ! MÊME LA FORTUNE ET LA GLOIRE ! CELLES-CI SEMBLENT D’AUTANT PLUS SIMPLES À ACQUÉRIR QU’IL PEUT FACILEMENT SE FAIRE PASSER POUR LE GRAND MAGICIEN DONT TOUT LE MONDE ESPÈRE LA VENUE. SEULES TROIS SORCIÈRES, THÉODORA, EVANORA ET GLINDA SEMBLENT RÉELLEMENT DOUTER DE SES COMPÉTENCES… Sam Raimi, adulé par certains pour ces films d’horreur et sa trilogie Spiderman (qui souffrait pourtant de sacrées faiblesses), revient au cinéma avec une adaptation du célèbre magicien d’Oz, réclamée et produite par Disney. Raimi n’est pas le premier auteur de renom à collaborer avec la firme, Tim Burton ayant auparavant réalisé l’effroyable et vilain Alice aux pays des merveilles il y a quelques années. Cette nouvelle collaboration n’est malheureusement pas plus aboutie puisque ce Monde fantastique d’Oz souffre des mêmes défauts et de la même navrante pauvreté que le métrage précédemment cité : des effets visuels et spéciaux tellement laids qu’on serait prêt à se crever les yeux, des dialogues tellement stupides que l’on envisage de se percer volontairement les tympans, des personnages acidulés et sans relief, des acteurs tous plus mauvais les uns que les autres… Mila Kunis devrait en toute logique décrocher son Razzie award avec ce rôle qui pourrait la discréditer définitivement en tant qu’actrice, Rachel Weisz semble absolument ravie d’être là et Michelle Williams nous rappelle les meilleurs épisodes de Dawson, affublée d’un diadème doré made in Taïwan… Enfin, James Franco nous la joue comme aux Oscars en mode minimum syndical. Je ne pourrais pas terminer cet article sans mentionner ses effroyables costumes et maquillages ? Le(s) responsable(s) méritent la pendaison – avec leurs acolytes de Cloud Atlas- pour un travail bâclé digne des plus mauvaises séries TV des années 90, transformant Mila Kunis en Shrek hystérique et Michelle Williams en Barbie Princesse. Vous l’aurez compris, ce Monde d’Oz n’avait rien de fantastique, au contraire. Sam Raimi signe là un navet à la hauteur du Alice de Burton, venant dangereusement concurrencer Sublimes créatures au titre de plus mauvais film de l’année 2013.
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(critique) CLOUD ATLAS
| LANA & ANDY WACHOWSKI, TOM TYKWER | FANTASTIQUE, THRILLER | USA | 165 MIN | 13 MARS 2013 | TOM HANKS |
À TRAVERS UNE HISTOIRE QUI SE DÉROULE SUR CINQ SIÈCLES DANS PLUSIEURS ESPACES TEMPS, DES ÊTRES SE CROISENT ET SE RETROUVENT D’UNE VIE À L’AUTRE, NAISSANT ET RENAISSANT SUCCESSIVEMENT… TANDIS QUE LEURS DÉCISIONS ONT DES CONSÉQUENCES SUR LEUR PARCOURS, DANS LE PASSÉ, LE PRÉSENT ET L’AVENIR LOINTAIN, UN TUEUR DEVIENT UN HÉROS ET UN SEUL ACTE DE GÉNÉROSITÉ SUFFIT À ENTRAÎNER DES RÉPERCUSSIONS PENDANT PLUSIEURS SIÈCLES ET À PROVOQUER UNE RÉVOLUTION. TOUT, ABSOLUMENT TOUT, EST LIÉ. Lorsque Tom Tykwer (Le parfum) rencontre la soeur et l’un des frères Wachowski (Matrix, Speed Racer), on s’attend à un film forcément grandiloquent. Le pitch du film confirme d’ailleurs qu’il faudra ainsi s’attendre à une fresque mille-feuilles mixant l’ampleur scénaristique d’un Inception, les envolées lyriques d’un Mr Nobody et les considérations méta-physiques d’un Matrix. L’ambition est là et dès le départ le spectateur est parachuté dans un patchwork où se télescopent dans un sacré foutoir plusieurs récits et plusieurs périodes. Après presque une heure à essayer de démêler les noeuds et d’assembler les pièces du puzzle, on comprend progressivement que la démarche est vaine et qu’il faudra plutôt se laisser emporter sans réfléchir en se contentant d’un message honorable bien qu’assez simpliste : chaque acte, qu’il soit bon ou mauvais, a des répercussions sur les vies suivantes et sur l’humanité. Le spectateur baigne ainsi pendant près de trois heures dans un melting-pot composé d’un film historique, d’un mélo, d’un thriller politique 70′s, d’une comédie contemporaine, d’un film SF futuriste et d’un film d’aventure post-apocalyptique. Les trois auteurs ont mis la barre bien haute en voulant mélanger les genres et les influences dans le même long-métrage. Le pari était audacieux mais force est de reconnaître que le résultat n’est pas satisfaisant malgré une certaine réussite dans le montage qui relevait du travail de titan. On perçoit avec amertume que derrière les grands tirades guimauves et l’ambition formelle se cache en réalité plusieurs histoirettes simplistes et kitchissimes sans grand intérêt. Il faut dire que le casting (sacrément maniéré) n’aide pas beaucoup : Tom Hanks et Halle Berry jouent comme des pieds, affublés de maquillages relevant presque de l’insulte (en 2013, on accepte encore ça ?), tandis que Jim Sturgess et Doona Bae n’ont que trois expressions à leur arc… Seul Jim Broadbent s’en sort avec les honneurs, sauvé par sa force comique indiscutable. Certes (et forcément…) sur 165 minutes, il y a deux ou trois bonnes idées et quelques jolis moments à sauver. Toutefois, dans Cloud Atlas, il y a davantage à laisser qu’à prendre. Décevant.
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(critique) JACK ET LE CHASSEUR DE GEANTS
| BRYAN SINGER | FANTASTIQUE | USA | 110 MIN | 27 MARS 2013 | NICHOLAS HOULT, EWAN McGREGOR |
LORSQU’UN JEUNE FERMIER OUVRE PAR INADVERTANCE LA PORTE ENTRE NOTRE MONDE ET CELUI D’UNE REDOUTABLE RACE DE GÉANTS, IL NE SE DOUTE PAS QU’IL A RANIMÉ UNE GUERRE ANCIENNE… DÉBARQUANT SUR TERRE POUR LA PREMIÈRE FOIS DEPUIS DES SIÈCLES, LES GÉANTS SE BATTENT POUR RECONQUÉRIR LEUR PLANÈTE ET LE JEUNE HOMME, JACK, DOIT ALORS LIVRER LE COMBAT DE SA VIE POUR LES ARRÊTER. LUTTANT À LA FOIS POUR LE ROYAUME, SON PEUPLE ET L’AMOUR D’UNE PRINCESSE COURAGEUSE, IL AFFRONTE DES GUERRIERS INVINCIBLES DONT IL S’IMAGINAIT QU’ILS N’EXISTAIENT QUE DANS LES CONTES. L’OCCASION, POUR LUI, DE DEVENIR UNE LÉGENDE À SON TOUR. A peine a-t-on quitté Nicholas Hoult la semaine dernière en zombie amoureux d’une humaine que nous le retrouvons ici en fermier amoureux d’une princesse. Porté à l’écran par Bryan Singer, cette adaptation du célèbre conte Jack et le haricot magique nous transporte avec plus ou moins de réussite dans cette histoire, sans nous éblouir. Si l’on oublie cette introduction en image de synthèse visuellement très laide, le film est plutôt réussi dans son ensemble. On se laisse emporter dans cette aventure même si l’on n’échappe pas aux clichés du genre et on apprécie le parti pris de moderniser l’ambiance médiévale : oui, Jack porte une veste à capuche, le chevalier héroïque (campé par l’inégalable Ewan McGregor) arbore une coupe de cheveux des plus fashion, etc.
Jack le chasseur de géants reste avant tout un film très familial. On ne voit jamais une goutte de sang, les scènes de « dégustation » ne sont jamais montrées et les dialogues manquent cruellement de profondeur, l’ambiance reste agréable et drôle mais l’absence de souffle épique gâche le plaisir lorsqu’arrive la bataille finale. Quant au casting, exceptés Ewan Mcgregor et Bill Nighy (génial en géant à deux têtes), il se contente du strict minimum. Inégal mais plaisant, Jack le chasseur de géants remplit son rôle premier : nous divertir. - critique proposée par Thom Left.
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(critique) LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE
| ANTOINE FUQUA | ACTION | USA | 119 MIN | 20 MARS 2013 | GERARD BUTLER, MORGAN FREEMAN, AARON ECKHART |
MIKE BANNING, ANCIEN GARDE DU CORPS DU PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS, S’OCCUPE DÉSORMAIS DES BASSES BESOGNES DES SERVICES SECRETS. LORSQU’UN COMMANDO NORD-CORÉEN LANCE UNE ATTAQUE SUR LA MAISON BLANCHE, PRENANT EN OTAGE LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN ET SON FILS, IL SE RETROUVE SEUL À POUVOIR LEUR VENIR EN AIDE. DEUX ANS APRÈS AVOIR ÉTÉ TENU RESPONSABLE DE LA MORT ACCIDENTELLE DE LA PREMIÈRE DAME, IL VA POUVOIR FAIRE PREUVE DE SA LOYAUTÉ ET DE SA BRAVOURE. Précédemment, Antoine Fuqua s’était illustré avec deux polars plutôt bien ficelés, Training Day (qui avait valu une nomination aux Oscars pour Ethan Hawke) et L’élite de Brooklyn. Celui-ci revient sur grand écran avec La chute de la Maison Blanche, actioner porté par le costaud Gerard Butler. Si l’on ne s’attend pas à un grand film lorsque l’on se rend à la projection de celui-ci, on attend toutefois à être diverti. De ce point de vue là, il remplit sa mission. Mais à quel prix… En effet, pour être impliqué dans cette histoire rocambolesque et accepter ce divertissement musclé, il faudra fermer les yeux sur de très grosses invraisemblances, sur des effets spéciaux spectaculairement ratés (l’accident de la limo, celui de l’hélicoptère…) et sur l’interprétation douteuse de plusieurs personnages (la palme revenant au désastreux bad-guy coréen et au traitre Dylan McDermott). Antoine Fuqua nous avait habitué à de solides scénarios, réservant de bonnes surprises. Ici, tout est assez couru d’avance. L’intrigue est au niveau de la plus faible saison de 24 (et encore !), ce qui semble un peu léger pour un métrage sorti au cinéma. Sans grande imagination et très hollywoodien, La chute de la Maison Blanche montre ses muscles plutôt que ses neurones. Côté acteurs, aucune surprise non plus. Gerard Butler fait du Butler, Aaron Eckhart continue de se fourvoyer dans des nanars sans inspiration, Ashley Judd apparaît quelques minutes pour nous rappeler qu’elle est toujours en vie, Morgan Freeman confirme qu’il mange décidément à tous les râteliers. En revanche, on se demande de façon récurrente ce que Melissa Leo est venue faire dans cette série B facile et bourrine… Au final, pour vous divertir de façon fun, nous vous recommandons de vous tourner vers Le dernier rempart (qui use davantage de second degré) s’il est toujours en salles chez vous ou vers le récemment sorti Warm Bodies, sympathique romcom zombiesque sortie le même jour.
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(critique) WARM BODIES – RENAISSANCE
| JONATHAN LEVINE | COMEDIE-ROMANCE | USA | 97 MIN | 20 MARS 2013 | NICHOLAS HOULT, TERESA PALMER |
UN MYSTÉRIEUX VIRUS A DÉTRUIT TOUTE CIVILISATION. LES RESCAPÉS VIVENT DANS DES BUNKERS FORTIFIÉS, REDOUTANT LEURS ANCIENS SEMBLABLES DEVENUS DES MONSTRES DÉVOREURS DE CHAIR. R, UN MORT-VIVANT ROMANTIQUE, SAUVE CONTRE TOUTE ATTENTE JULIE, UNE ADORABLE SURVIVANTE, ET LA PROTÈGE DE LA VORACITÉ DE SES COMPAGNONS. AU FIL DES JOURS, LA JEUNE FEMME RÉVEILLE CHEZ LUI DES SENTIMENTS OUBLIÉS DEPUIS LONGTEMPS… ELLE-MÊME DÉCOUVRE CHEZ CE ZOMBIE DIFFÉRENT AUTRE CHOSE QU’UN REGARD VIDE ET DES GESTES DE MOMIE… La comédie zombiesque avait connu par le passé deux belles réussites avec Zombieland et Shaun of the Dead. La romance surnaturelle, elle, a été beaucoup ressassée lors de la dernière décennie, les producteurs cherchant inlassablement à occuper le terrain avec tous leurs produits fadasses (le dernier en date étant le lamentable Sublimes créatures). Egalement produit par la Summit, ce Warm Bodies écrit et réalisé par le jeune Jonathan Levine (50/50, Tous les garçons aiment Mandy Lane) rentre dans la case « amour entre un(e) humain(e) et un mort-vivant ». Toutefois, celui-ci ne cherche pas à susciter une génération entière (et éphémère) de groupies à boutons, complètement gaga du couple à l’écran. Jonathan Levine vise la comédie (et le bon sentiment, certes) et le décalage avec Warm Bodies en nous offrant un regard relativement inédit du film de zombie en suivant le sort de R, zombie doté d’une conscience et bientôt de sentiments. Levine veut s’amuser et amuser le spectateur. Il y arrive plutôt bien en général, même si toutes ses vannes ne fonctionnent pas forcément et que l’intrigue s’avère un peu trop légère. Il ne se prend pas au sérieux et paraît assumer son côté « facile » et farfelu. Les deux acteurs principaux, Nicholas Hoult (Skins, A single man) et Teresa Palmer, font le boulot sans être extraordinaires. Un film pastiche efficace et distrayant qui boxe dans la catégorie des séries B sympathiques qui ne nous servent rien de mieux (ou de moins bon) que ce que l’on en attendait. C’est déjà ça.
Le bleu du miroir
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